MANUELS SCOLAIRES

COURS D’HISTOIRE, 6ÈME ANNÉE PRIMAIRE

Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC.

PRÉLIMINAIRES

1. Avant-propos

Ce manuel d’Histoire, destiné aux élèves de sixième année primaire, marque l’aboutissement de leur initiation aux sciences humaines à l’école de base. Conforme au Programme National, il déplace l’horizon d’étude de la RDC vers ses origines africaines et ses interactions précoces avec le reste du monde. L’objectif est de consolider la conscience historique de l’élève en lui faisant explorer les débuts de l’humanité, l’éclat des civilisations antiques comme l’Égypte, et les dynamiques complexes des migrations, avant d’aborder les périodes bouleversantes des grandes découvertes et de la traite négrière. Ce cours vise à équiper l’élève d’une compréhension structurée des racines profondes de l’Afrique et des événements majeurs qui ont façonné le monde contemporain.

2. Objectifs Généraux du Cours

Au terme de l’enseignement de l’histoire en sixième année, l’élève devra démontrer sa capacité à :

  • Localiser les premiers foyers de l’humanité en Afrique et décrire les modes de vie des premières civilisations (nomadisme et sédentarisme).
  • Décrire l’organisation et l’apport de la civilisation égyptienne antique à l’humanité.
  • Comparer les modes de vie et les croyances de l’Égypte ancienne avec ceux des anciens royaumes et empires du Congo (étudiés en 5ème année).
  • Expliquer les causes et les conditions des grandes découvertes européennes.
  • Analyser le phénomène de l’esclavage et de la traite négrière en Afrique et en RDC, en identifiant ses différentes formes et ses conséquences.

3. Compétences de Base Visées

Ce programme vise l’installation de trois compétences fondamentales, préparant l’élève à une analyse historique plus poussée :

  1. Comparer des civilisations 🏛️: L’élève dépasse la simple description pour mettre en parallèle deux grandes civilisations africaines (l’Égypte antique et les royaumes congolais précoloniaux). Il identifie des similitudes et des différences structurantes dans l’organisation politique, les pratiques religieuses et les modes de vie, démontrant une capacité d’analyse comparative.
  2. Analyser les migrations et les contacts 🗺️: L’élève explique les mouvements de populations (migrations Bantoues) et les premiers contacts religieux (Islam et Christianisme) en RDC. Il comprend que les sociétés ne sont pas statiques et analyse l’impact de ces rencontres sur les structures sociales et culturelles locales.
  3. Expliquer un phénomène historique complexe (La Traite) ⛓️: L’élève appréhende l’esclavage et la traite négrière comme un système organisé. Il identifie les acteurs, les causes (économiques) et les conséquences dévastatrices (dépopulation, déstructuration sociale) de la traite transatlantique et de la traite orientale, en contextualisant ce drame dans l’histoire de la RDC et de l’Afrique.

4. Mode d’Emploi à l’Intention de l’Enseignant

L’efficacité de ce manuel repose sur une pédagogie active qui suscite la réflexion critique de l’élève.

  • La Chronologie comme fil conducteur ⏳: L’enseignant doit constamment situer les faits sur une ligne du temps. La 6ème année couvrant une période immense (Préhistoire, Antiquité, XVe-XVIIIe siècles), l’élève doit pouvoir visualiser l’antériorité (l’Égypte avant les royaumes congolais) et la simultanéité (la traite orientale et les débuts de la traite atlantique).
  • La Carte comme support d’analyse 🌍: L’enseignement de l’histoire en 6ème est indissociable de la géographie. L’enseignant utilisera des cartes pour montrer les foyers de l’humanité, la vallée du Nil, les axes de migration Bantoue, les routes des explorateurs et les circuits de la traite (commerce triangulaire).
  • La Comparaison comme outil pédagogique : Pour le chapitre 5, l’enseignant doit réactiver les connaissances de la 5ème année (Empires Luba, Royaume Kongo). Il utilisera des tableaux comparatifs (pouvoir politique, religion, art) pour structurer l’analyse de l’élève entre l’Égypte et le Congo précolonial.
  • Sources et Documentation 📜: L’enseignant s’appuiera sur des documents variés (récits, images d’art égyptien ou Kongo, schémas d’outils préhistoriques) pour rendre l’histoire vivante et concrète, en sortant de la simple narration magistrale.

PARTIE I : AUX ORIGINES DE L’HUMANITÉ ET DES CIVILISATIONS

Cette première partie est consacrée à la Préhistoire et à l’Antiquité, enracinant l’histoire de l’élève dans le continent africain, berceau de l’humanité. L’élève explorera l’évolution des premiers humains, de la vie nomade de chasseur-cueilleur à la sédentarisation permise par l’agriculture. Cette évolution culmine avec l’étude de l’une des plus brillantes civilisations mères : l’Égypte antique, dont l’organisation et les apports seront analysés en détail.

Chapitre 1 : L’Aube de l’Humanité en Afrique

Ce chapitre explore les périodes les plus reculées de la Préhistoire, en se concentrant sur l’Afrique comme point de départ de l’aventure humaine et sur le mode de vie paléolithique.

1.1. Les Berceaux Africains de l’Humanité 🗺️

Aperçu du contenu

Cette section fondamentale établit l’Afrique comme le berceau de l’humanité. L’élève apprendra à localiser sur une carte les principaux foyers où les plus anciens restes d’hominidés ont été découverts, en se concentrant sur l’Afrique de l’Est (la vallée du Rift, notamment en Éthiopie, au Kenya et en Tanzanie) et en mentionnant les découvertes pertinentes sur le continent, y compris les traces potentielles dans la région des Grands Lacs, près de la RDC. L’objectif est de faire comprendre le concept d' »origine africaine commune » de tous les peuples.

1.2. Le Paléolithique : Vie des Chasseurs-Cueilleurs 🏹

Aperçu du contenu

L’élève étudie le mode de vie nomade, caractéristique de la plus longue période de la Préhistoire. Cette section décrit l’existence des premiers humains, entièrement dépendante des ressources naturelles. L’accent est mis sur les activités de subsistance définies par le programme : la cueillette de fruits, de racines et de baies (souvent assurée par les femmes), la chasse en groupe de petit et grand gibier, et la pêche près des cours d’eau. La vie est rythmée par la recherche de nourriture et l’absence d’habitat fixe.

1.3. L’Organisation Sociale et les Premières Croyances 👨‍👩‍👧‍👦

Aperçu du contenu

Cette leçon examine comment ces groupes nomades s’organisaient. L’élève découvre la structure de base : le clan ou la horde, un petit groupe familial élargi nécessaire à la survie collective (chasse en groupe, protection). L’habitat est temporaire (abris sous roche, huttes précaires). L’élève explore également les premières manifestations spirituelles, comme les rites funéraires (ensevelissement des morts) et l’art pariétal (peintures dans les grottes), qui témoignent des premières interrogations de l’homme face à son environnement et à la mort.

1.4. L’Apparition des Premiers Outils Techniques 🔨

Aperçu du contenu

L’élève étudie les premières inventions techniques (armes et outils) qui définissent l’évolution humaine. Cette section retrace la progression technologique, en partant des premiers galets aménagés (choppers) jusqu’aux bifaces symétriques du Paléolithique inférieur, puis aux outils plus spécialisés (racloirs, pointes de flèches en pierre taillée, harpons en os). L’élève comprend que la fabrication d’outils est le premier acte technique qui distingue l’homme des autres primates et lui permet de s’adapter à son milieu.

Chapitre 2 : La Révolution Néolithique et les Premières Techniques

Ce chapitre analyse le plus grand bouleversement de la Préhistoire : le passage à la sédentarisation, marqué par la maîtrise de l’agriculture, de l’élevage et le développement de nouveaux savoir-faire.

2.1. Le Sédentarisme : Naissance de l’Agriculture 🌾

Aperçu du contenu

Cette section explique le concept de sédentarisme, c’est-à-dire le fait de s’établir durablement en un lieu fixe. L’élève comprend que ce changement majeur est rendu possible par l’invention de l’agriculture : l’observation des cycles de la nature conduit l’homme à semer, entretenir et récolter ses propres plantes (blé et orge au Proche-Orient, mil et sorgho au Sahel, igname en Afrique de l’Ouest). Cette maîtrise de la production alimentaire marque la fin du nomadisme de subsistance et la naissance des premiers villages.

2.2. La Domestication et le Développement de l’Élevage 🐑

Aperçu du contenu

Parallèlement à l’agriculture, l’élève étudie la naissance de l’élevage. Il apprend que certains groupes ont commencé à capturer, apprivoiser et élever des animaux (chèvres, moutons, bœufs, porcs) pour disposer d’une réserve de nourriture (viande, lait), de matériaux (laine, cuir) et d’une force de travail (traction). L’élevage devient une seconde source d’alimentation stable, renforçant le sédentarisme et modifiant le rapport de l’homme à la faune sauvage.

2.3. L’Artisanat : Poterie, Tissage et Métallurgie 🏺

Aperçu du contenu

La sédentarisation libère du temps et favorise l’émergence de nouvelles techniques artisanales. L’élève découvre trois innovations majeures : la poterie (fabrication de récipients en argile cuite pour stocker les grains et les liquides), le tissage (utilisation de fibres végétales ou animales pour créer des tissus) et, plus tardivement, la métallurgie (d’abord le cuivre, puis le bronze et enfin le fer), qui révolutionne la fabrication des outils, des armes et des parures, et devient un marqueur de puissance.

2.4. La Transformation des Modes de Vie 🏘️

Aperçu du contenu

Cette leçon synthétise l’impact de la révolution néolithique. L’élève comprend que l’agriculture et l’élevage entraînent une augmentation de la population (meilleure alimentation) et la création des premiers villages permanents. La société se complexifie : l’accumulation de surplus alimentaires crée des inégalités, la division du travail s’accentue (agriculteurs, artisans, guerriers) et une organisation politique (chefs de village) devient nécessaire pour gérer la vie collective.

Chapitre 3 : La Civilisation Égyptienne Antique

Ce chapitre est une étude de cas approfondie de la première grande civilisation historique africaine. L’élève explore son origine, son organisation sociale et politique, ses croyances religieuses et son héritage culturel exceptionnel.

3.1. Origine et Cadre Géographique : Le Don du Nil 🏞️

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L’élève étudie la naissance de l’Égypte, intimement liée à son fleuve. Il localise l’Égypte dans le Nord-Est de l’Afrique, le long de la vallée du Nil. Il comprend que le fleuve est la source de toute vie : ses crues annuelles déposent un limon fertile (terre noire) qui permet des récoltes abondantes dans un environnement désertique. Le Nil sert aussi d’axe de communication principal, unifiant le pays (Haute et Basse-Égypte) et permettant le transport des hommes et des matériaux.

3.2. Le Mode de Vie : Organisation Sociale et Politique 👑

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Cette section décrit la structure très hiérarchisée de la société égyptienne. Au sommet se trouve le Pharaon, considéré comme un dieu vivant, détenteur de tous les pouvoirs (politique, militaire, religieux). L’élève découvre les différentes classes sociales : les prêtres (très puissants), les scribes (administrateurs qui maîtrisent l’écriture), les soldats, les artisans et, à la base, la masse des paysans (fellahs) dont le travail agricole nourrit toute la civilisation.

3.3. Croyances et Pratiques Religieuses ⚱️

Aperçu du contenu

L’élève explore l’univers religieux complexe des anciens Égyptiens. Il apprend qu’ils étaient polythéistes (croyant en de nombreux dieux comme Râ, Osiris, Isis). L’accent est mis sur l’importance de la vie après la mort, qui explique les pratiques de la momification (visant à préserver le corps pour l’éternité) et la construction de tombeaux monumentaux (mastabas, puis pyramides) pour protéger le pharaon et ses richesses dans l’au-delà.

3.4. L’Apport de l’Égypte à l’Humanité 📜

Aperçu du contenu

Cette leçon synthétise l’héritage exceptionnel laissé par l’Égypte. L’élève identifie plusieurs apports majeurs : l’invention de l’écriture (les hiéroglyphes), une architecture monumentale en pierre (pyramides, temples de Karnak ou Louxor), des avancées significatives en mathématiques (géométrie pour mesurer les champs après les crues) et en astronomie (calendrier solaire de 365 jours), ainsi que des connaissances médicales avancées (chirurgie, pharmacopée).

PARTIE II : PEUPLES, RELIGIONS ET CIVILISATIONS

Cette deuxième partie fait le lien entre l’Antiquité et les dynamiques internes de la RDC avant la période coloniale. L’élève étudie les grands mouvements de populations qui ont façonné le continent, en particulier la migration Bantoue. Il est ensuite amené à développer une compétence d’analyse en comparant la civilisation égyptienne étudiée avec les grands royaumes congolais (vus en 5ème année). Enfin, il analyse l’arrivée des premières religions monothéistes (Christianisme et Islam) sur le territoire congolais.

Chapitre 4 : Les Grandes Migrations Africaines

Ce chapitre se concentre sur les mouvements de populations qui ont dessiné la carte ethnolinguistique actuelle de l’Afrique subsaharienne, avec un focus sur l’expansion Bantoue.

4.1. Les Causes des Migrations (Climatiques, Démographiques) 🏜️

Aperçu du contenu

L’élève examine pourquoi les peuples se déplacent sur de longues distances. Les causes principales sont identifiées : les changements climatiques (comme l’assèchement du Sahara il y a des millénaires, forçant les populations à chercher des terres plus fertiles), la pression démographique (l’augmentation de la population dans un village obligeant les jeunes générations à chercher de nouvelles terres), les conflits internes ou les guerres. L’élève comprend la migration comme une stratégie d’adaptation.

4.2. L’Expansion des Bantous dans le Bassin du Congo 🚶‍♂️

Aperçu du contenu

Cette section retrace l’une des plus grandes migrations de l’histoire. L’élève apprend à localiser le foyer d’origine des Bantous (région des Grassfields, entre le Cameroun et le Nigeria). Il suit leurs lents déplacements, sur plusieurs siècles, vers le Sud et l’Est. Il comprend que ces migrations ont conduit les peuples bantous à s’installer massivement dans le Bassin du Congo, formant la base de la plupart des populations actuelles de la RDC.

4.3. L’Introduction de la Métallurgie du Fer 🔥

Aperçu du contenu

L’élève découvre le vecteur technologique clé de l’expansion bantoue : la métallurgie du fer. Les migrants bantous possédaient le secret de la fabrication du fer (dans des bas-fourneaux), leur donnant une supériorité décisive. Leurs outils en fer (haches, houes) leur permettaient de défricher la forêt dense plus efficacement que les outils en pierre des premiers habitants (Pygmées), et leurs armes en fer (lances, flèches) assuraient leur supériorité militaire.

4.4. Conséquences des Migrations : Assimilation et Coexistence 🤝

Aperçu du contenu

Cette leçon analyse l’impact de l’arrivée des Bantous dans le Bassin du Congo. L’élève étudie les interactions avec les populations autochtones, principalement les Pygmées (chasseurs-cueilleurs). Il comprend qu’il y a eu des échanges culturels (les Bantous apprenant la connaissance de la forêt), une assimilation partielle, mais aussi un refoulement progressif des Pygmées dans les zones de forêt profonde. La culture bantoue (agriculture, métallurgie, langue) s’impose et structure la région.

Chapitre 5 : Comparaison des Civilisations (Égypte et Royaumes Congolais)

Ce chapitre développe une compétence d’analyse critique en mettant en miroir l’Égypte antique (Chapitre 3) et les grands royaumes et empires congolais (vus en 5ème année).

5.1. Comparaison des Modes de Vie : Organisation Politique ⚖️

Aperçu du contenu

L’élève compare les structures du pouvoir. Il identifie une similitude clé : le caractère sacré du pouvoir. Le Pharaon était un dieu-roi, tandis que le Mani Kongo (Royaume Kongo) ou le Mulopwe (Empire Luba) détenaient un pouvoir absolu, légitimé par les ancêtres et les esprits, entouré de rituels complexes. Il note aussi des différences d’échelle (l’Égypte unifiée par un fleuve, les empires congolais étant des fédérations de chefferies) et d’administration (scribes en Égypte, notables et conseils à la cour Luba ou Kongo).

5.2. Comparaison des Modes de Vie : Organisation Économique 🌾

Aperçu du contenu

Cette section compare les bases économiques. L’élève reconnaît une base commune : l’agriculture. Cependant, l’agriculture égyptienne était une agriculture céréalière irriguée (blé, orge) dépendante de la crue du Nil et très centralisée par l’État. Les économies congolaises (Kongo, Luba, Kuba) reposaient sur l’agriculture vivrière (igname, sorgho, palmier) adaptée à la forêt ou la savane, complétée par l’artisanat (tissus de raphia au Kasaï) et un commerce (sel, fer, cuivre) structuré autour de tributs payés au souverain.

5.3. Comparaison des Croyances et Pratiques Religieuses 🙏

Aperçu du contenu

L’élève analyse les systèmes de croyances. Il compare le polythéisme égyptien (panthéon complexe, dieux zoomorphes comme Anubis ou Horus) avec les religions traditionnelles congolaises. Il note des convergences : la croyance en un Dieu créateur lointain (Nzambi a Mpungu au Kongo) et l’importance fondamentale du culte des ancêtres (les ancêtres royaux chez les Luba, les ancêtres familiaux) qui agissent comme intermédiaires. Il oppose la momification égyptienne (préservation du corps physique) aux rites funéraires congolais (préservation du lien social avec le défunt).

5.4. Comparaison des Arts et des Techniques 🎨

Aperçu du contenu

Cette leçon compare les productions matérielles et artistiques. L’art égyptien est monumental (pyramides, temples en pierre), rigide et tourné vers l’éternité et les dieux. L’art congolais (masques Pende, statuaire Luba, fétiches Kongo) est principalement réalisé en bois (matériau périssable), plus expressionniste, et fonctionnel (lié aux rites d’initiation, à la justice ou à la protection magique). Les deux civilisations maîtrisaient cependant la métallurgie (or, cuivre) et un artisanat de cour très raffiné (ex: art Kuba).

Chapitre 6 : L’Arrivée des Monothéismes en RDC

Ce chapitre explore les premiers contacts de la RDC avec les deux grandes religions monothéistes (le Christianisme et l’Islam) bien avant la colonisation belge, et analyse leur implantation.

6.1. La Pénétration du Christianisme par l’Ouest ✝️

Aperçu du contenu

L’élève étudie l’arrivée du Christianisme par l’embouchure du fleuve Congo. Il apprend que ce contact a eu lieu dès la fin du XVe siècle avec l’arrivée des explorateurs portugais (Diego Cao). L’accent est mis sur la conversion du roi du Kongo, Nzinga a Nkuwu (devenu João Ier), et de son fils Nzinga Mbemba (Afonso Ier), qui a fait du catholicisme la religion d’État. L’élève analyse cette conversion comme un acte à la fois politique (alliance avec le Portugal) et religieux, menant à un syncrétisme (mélange) avec les croyances locales.

6.2. L’Expansion de l’Islam par l’Est ☪️

Aperçu du contenu

Cette section analyse la pénétration de l’Islam par l’Est du territoire congolais. L’élève apprend que l’Islam est arrivé (principalement au XIXe siècle, mais avec des contacts antérieurs) via les commerçants « arabes » ou swahilis (comme Tippo-Tip) venus de la côte orientale (Zanzibar). Ils établissent des comptoirs commerciaux (Kasongo, Nyangwe au Maniema) pour le commerce de l’ivoire et des esclaves. L’Islam s’implante dans ces zones, convertissant des chefs locaux et s’intégrant aux réseaux commerciaux.

6.3. Les Acteurs de la Diffusion (Missionnaires, Commerçants) 🌍

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L’élève identifie les vecteurs de ces nouvelles religions. Pour le Christianisme, ce sont les missionnaires (prêtres portugais, italiens) qui accompagnaient les explorateurs et s’installaient à la cour du roi Kongo pour baptiser et enseigner. Pour l’Islam, ce sont les commerçants et les chefs de caravanes. L’élève comprend que la religion n’arrive jamais seule, mais est portée par des acteurs ayant aussi des objectifs économiques (commerce) ou politiques (alliances).

6.4. Syncrétisme et Résistances Locales (Ex: Kimpa Vita) 🌀

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Cette leçon examine comment les religions étrangères ont été reçues. L’élève découvre le concept de syncrétisme : le mélange des nouvelles croyances (un seul Dieu) avec les anciennes (culte des ancêtres, esprits). Il étudie aussi les résistances ou les tentatives d’appropriation, comme le mouvement de Dona Beatriz Kimpa Vita au début du XVIIIe siècle dans le royaume Kongo, qui prêchait un christianisme « africain » (Jésus né à Mbanza Kongo) pour restaurer l’unité politique du royaume, montrant la complexité de l’implantation religieuse.

PARTIE III : LE GRAND BOULEVERSEMENT : DÉCOUVERTES ET TRAITE NÉGRIÈRE

Cette troisième et dernière partie marque une rupture dans l’histoire de la RDC et de l’Afrique. Elle analyse les événements mondiaux qui ont mis fin à l’isolement relatif du continent. L’élève étudie les « Grandes Découvertes » européennes qui ont rendu possible le contact transocéanique, puis explore en profondeur le phénomène tragique de l’esclavage et de la traite négrière, en distinguant ses différentes formes et en analysant son organisation et ses conséquences dévastatrices.

Chapitre 7 : L’Europe et les « Grandes Découvertes »

Ce chapitre explore le contexte, les motivations et les moyens techniques qui ont poussé les navigateurs européens, principalement portugais et espagnols, à explorer les côtes africaines et à ouvrir les routes mondiales.

7.1. Les Causes des Explorations (Économiques et Politiques) 💰

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L’élève recherche les motivations des voyages européens à la fin du XVe siècle. La cause principale est économique : la chute de Constantinople (1453) bloque la route terrestre de la soie et des épices vers l’Asie. Les Européens cherchent donc une nouvelle route maritime pour contourner les empires ottoman et arabe et commercer directement avec l’Inde. Il y a aussi une motivation politique et religieuse : étendre l’influence du christianisme et trouver des alliés.

7.2. Les Conditions Techniques (Boussole, Caravelle) 🧭

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Cette section analyse les conditions qui ont rendu ces voyages possibles. L’élève étudie les innovations techniques cruciales : la boussole (pour s’orienter en haute mer), l’astrolabe (pour calculer la latitude) et surtout la caravelle. Ce nouveau type de navire, plus solide, plus maniable et capable de naviguer contre le vent (grâce à ses voiles triangulaires), permet aux Portugais d’affronter l’Océan Atlantique et de longer les côtes africaines, voyage jusqu’alors jugé impossible.

7.3. Les Explorateurs Portugais et les Côtes Africaines ⛵

Aperçu du contenu

L’élève suit la progression méthodique des navigateurs portugais le long des côtes de l’Afrique. Il identifie les étapes clés : Bartolomeu Dias qui atteint le Cap de Bonne-Espérance (pointe Sud de l’Afrique) en 1488, prouvant que le contournement est possible. Puis Vasco de Gama qui, en 1498, contourne l’Afrique, atteint l’Inde et ouvre la route maritime des épices. L’élève situe dans ce contexte l’arrivée de Diego Cao à l’embouchure du fleuve Congo en 1482.

7.4. La « Découverte » de l’Amérique et le Partage du Monde 🌎

Aperçu du contenu

Cette leçon aborde la conséquence imprévue de ces explorations. L’élève apprend que Christophe Colomb, cherchant l’Asie par l’Ouest, « découvre » l’Amérique en 1492 pour le compte de l’Espagne. Cette découverte entraîne une rivalité entre l’Espagne et le Portugal, réglée par le Traité de Tordesillas (1494) qui « partage » le monde en deux zones d’influence. Ce moment marque le début de la domination européenne sur les océans et les autres continents.

Chapitre 8 : L’Esclavage et la Traite en Afrique et en RDC

Ce chapitre définit l’esclavage et analyse les différentes formes de traite qui ont affecté le continent, en se concentrant sur les dynamiques internes et la traite orientale.

8.1. Définition et Formes de l’Esclavage Traditionnel en Afrique ⛓️

Aperçu du contenu

L’élève apprend à définir l’esclavage comme la condition d’un individu privé de sa liberté et devenu la propriété d’un autre. Il étudie l’existence d’une forme d’esclavage « interne » ou « traditionnel » en Afrique (y compris dans les royaumes congolais) bien avant l’arrivée des Européens. Les esclaves étaient souvent des prisonniers de guerre, des personnes endettées ou des criminels. L’élève comprend que leur statut était parfois différent (possibilité d’intégration, de mariage), contrastant avec l’esclavage « chose » de la traite atlantique.

8.2. L’Organisation de la Traite Orientale (Arabo-Musulmane) 🌍

Aperçu du contenu

Cette section se concentre sur la traite orientale (ou « arabe »), qui a duré plusieurs siècles et a profondément affecté l’Est de la RDC. L’élève identifie les acteurs (commerçants arabes ou swahilis), les zones de capture (Maniema, Kasaï, région des Grands Lacs) et les routes commerciales (caravanes) qui menaient les captifs vers les marchés de Zanzibar et de la côte Est, pour être ensuite envoyés au Moyen-Orient et en Asie.

8.3. La Traite Atlantique au Royaume Kongo 🇨🇩

Aperçu du contenu

L’élève étudie les débuts de la traite atlantique sur le territoire de la RDC. Il apprend que les Portugais, installés au Kongo et en Angola, ont rapidement transformé leurs relations commerciales. Au lieu de l’ivoire ou du cuivre, ils se sont mis à exiger des esclaves pour leurs plantations au Brésil. L’élève analyse comment la demande européenne a détourné l’esclavage traditionnel pour en faire un commerce de masse, provoquant des guerres intestines et la déstabilisation du royaume Kongo.

8.4. Les Acteurs et Méthodes de Capture 💥

Aperçu du contenu

Cette leçon examine qui capturait les esclaves et comment. L’élève comprend que les Européens et les Arabes restaient sur les côtes ou dans leurs comptoirs. La capture elle-même était majoritairement le fait d’intermédiaires africains : des chefs locaux, des rois ou des « guerriers-marchands » (comme les Yaka ou les Lunda) qui organisaient des razzias et des guerres contre leurs voisins pour obtenir des captifs. Ces captifs étaient ensuite échangés contre des produits manufacturés (fusils, tissus, alcool).

Chapitre 9 : La Traite Transatlantique et ses Conséquences

Ce chapitre final se concentre sur le « commerce triangulaire », la plus grande déportation de l’histoire, en analysant son mécanisme, les conditions de l’exportation et son impact durable.

9.1. Le Mécanisme du « Commerce Triangulaire » 📐

Aperçu du contenu

L’élève étudie le circuit économique de la traite transatlantique. Il apprend à dessiner et à expliquer le « commerce triangulaire » :

  1. Europe vers Afrique : Les navires négriers quittent l’Europe (France, Angleterre, Portugal) chargés de « pacotille » (fusils, tissus, verroterie).
  2. Afrique vers Amérique : Sur les côtes africaines (ex: Loango, au nord du fleuve Congo), ils échangent ces marchandises contre des esclaves capturés.
  3. Amérique vers Europe : Les navires traversent l’Atlantique (le « Middle Passage ») et vendent les esclaves dans les plantations des Amériques (Brésil, Caraïbes, États-Unis). Ils repartent en Europe chargés de produits coloniaux (sucre, café, coton).

9.2. L’Exportation vers l’Amérique : Le « Middle Passage » 🚢

Aperçu du contenu

Cette section décrit les conditions effroyables de l’exportation des esclaves vers l’Amérique. L’élève étudie la traversée de l’Atlantique (le « Passage du Milieu »). Les captifs étaient enchaînés, entassés dans l’entrepont des navires négriers dans des conditions d’hygiène épouvantables, souffrant de la faim, de la soif et des maladies. L’élève comprend que la mortalité durant cette traversée, qui durait plusieurs semaines, était extrêmement élevée.

9.3. Les Conséquences Démographiques et Sociales en Afrique 📉

Aperçu du contenu

L’élève analyse l’impact dévastateur de la traite sur le continent africain. La conséquence démographique est une saignée humaine massive (estimation de millions de déportés), privant le continent de ses forces vives (jeunes hommes et femmes). Les conséquences sociales et politiques sont la déstructuration des sociétés, l’augmentation des guerres (provoquées par la demande de captifs et la diffusion des fusils), l’effondrement d’empires (comme le royaume Kongo) et l’insécurité permanente.

9.4. L’Abolition de la Traite et de l’Esclavage 🚫

Aperçu du contenu

Cette dernière leçon étudie la fin de la traite légale. L’élève apprend que l’abolition (l’interdiction) a été un long processus au XIXe siècle, motivé par des raisons humanitaires (mouvements abolitionnistes en Europe), religieuses, mais aussi économiques (début de la révolution industrielle, rendant l’esclavage moins rentable). Il identifie les dates clés de l’abolition de la traite, puis de l’esclavage lui-même dans les colonies, marquant la fin de ce système, même si ses conséquences structurelles perdurent.

ANNEXES

Annexe 1 : Ligne du Temps Chronologique

Cette annexe fournit une frise chronologique détaillée couvrant l’ensemble du programme de 6ème année. Elle permet à l’élève de visualiser la profondeur du temps historique, en situant les grandes périodes (Paléolithique, Néolithique), la durée de la civilisation égyptienne, l’époque des migrations bantoues, et la période tragique de la traite négrière (XVe-XIXe siècles) par rapport aux autres événements mondiaux.

Annexe 2 : Cartes Historiques de Référence

Une collection de cartes indispensables pour la compréhension du cours :

  • Carte des foyers de la Préhistoire en Afrique.
  • Carte de l’Égypte antique (la vallée du Nil).
  • Carte des migrations Bantoues dans le Bassin du Congo.
  • Carte des circuits de la traite (Orientale et commerce triangulaire).

Annexe 3 : Textes et Documents Sources

Cette section propose de courts extraits de documents historiques (adaptés au niveau de l’élève) pour illustrer le cours. Elle peut inclure des descriptions de la société égyptienne par des voyageurs anciens, des extraits de récits de missionnaires au royaume Kongo, ou des témoignages poignants d’esclaves sur les conditions de la capture et de la traversée, afin de donner une dimension humaine à l’histoire.

Annexe 4 : Lexique des Termes Clés

Un glossaire définissant de manière simple et précise les termes techniques et les concepts nouveaux introduits en 6ème année. L’élève y trouvera les définitions de : Nomadisme, Sédentarisme, Préhistoire, Civilisation, Pharaon, Hiéroglyphe, Polythéisme, Métallurgie, Migration, Syncrétisme, Traite Négrière, Commerce Triangulaire, Abolition.