COURS DE TRAVAUX PRATIQUES ÉLÉMENTAIRES, 1ÈRE ANNÉE, OPTION MENUISERIE
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
PRÉLIMINAIRES
0.1. Objectifs généraux du cours
L’enseignement des travaux pratiques élémentaires en première année vise à doter l’apprenant des compétences manuelles fondamentales communes aux métiers du génie civil et du génie du bois. L’élève développe une dextérité précise dans la manipulation des outils de base, acquiert les réflexes de sécurité indispensables en atelier et intègre les normes de qualité rigoureuses exigées par l’industrie congolaise. Le programme prépare l’élève à exécuter des ouvrages simples en respectant les contraintes de temps et de matière.
0.2. Consignes de sécurité et hygiène (HSE)
La protection de l’intégrité physique constitue la priorité absolue dans les ateliers, nécessitant le port obligatoire des Équipements de Protection Individuelle (EPI) tels que les lunettes de sécurité, les gants adaptés et les chaussures de sécurité. L’atelier impose une discipline stricte concernant la circulation autour des établis, le rangement systématique des outils tranchants et la gestion des déchets comme la sciure ou les gravats pour prévenir les risques d’incendie et de chutes.
0.3. Organisation de l’atelier et maintenance
Une gestion rationnelle de l’espace de travail garantit l’efficacité de la production, impliquant l’élève dans la responsabilité de son poste de travail et de l’outillage collectif. La maintenance préventive des outils, incluant l’affûtage des fers et le graissage des mécanismes, fait partie intégrante de la formation pour assurer la longévité du matériel. L’organisation suit une logique industrielle où chaque minute et chaque mouvement sont optimisés.
0.4. Lecture de plans et métrologie de base
La réalisation conforme de tout ouvrage dépend de la capacité de l’artisan à interpréter correctement les dessins techniques et à transférer les cotes sur la matière avec une précision millimétrique. L’usage des instruments de mesure tels que le mètre pliant, le réglet et l’équerre doit devenir une seconde nature pour l’élève. La vérification dimensionnelle constante permet de détecter les erreurs avant qu’elles ne deviennent irréversibles.
PARTIE 1 : INITIATION AUX MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION ET IMPLANTATION
Cette première partie ancre l’apprentissage dans le tronc commun des métiers du bâtiment, fournissant au futur menuisier la compréhension essentielle de l’environnement de chantier dans lequel il interviendra, notamment les bases de la maçonnerie et du tracé au sol qui conditionnent la pose ultérieure des menuiseries. 🧱📏
Chapitre 1 : Production et caractérisation des éléments de maçonnerie
Ce chapitre initie l’élève à la fabrication des matériaux de base utilisés dans la construction, en mettant l’accent sur le respect des dosages et des temps de séchage pour garantir la solidité des structures.
1.1. Fabrication des agglomérés de ciment
L’élève apprend à doser, mélanger et mouler le béton pour produire des blocs pleins et creux, en utilisant les sables de rivière typiques comme ceux du fleuve Congo à Kinshasa ou des carrières du Katanga. La vibration correcte du moule et le curage des blocs sont étudiés pour assurer une résistance mécanique optimale conforme aux normes locales.
1.2. Confection des briques en terre stabilisée
La technique de production des briques en terre, cuites ou séchées au soleil, valorise les ressources argileuses disponibles dans les provinces comme le Kwilu ou le Nord-Kivu. L’apprenant maîtrise le malaxage de la terre, l’ajout éventuel de stabilisants comme la chaux ou le ciment, et le moulage manuel ou mécanique pour obtenir des éléments réguliers.
1.3. Taille et préparation des moellons
L’initiation à la taille de pierre permet à l’élève de comprendre la structure des matériaux durs, compétence utile pour les soubassements sur lesquels reposeront les ouvrages en bois. Le maniement de la massette et du ciseau à pierre développe la coordination œil-main et la précision de la frappe.
1.4. Contrôle qualité et stockage des matériaux
La vérification de la géométrie, de la dureté et de l’aspect de surface des éléments produits garantit la durabilité de l’ouvrage final. L’élève apprend à organiser le chantier de stockage pour protéger les matériaux contre les intempéries tropicales et l’humidité du sol.
Chapitre 2 : Techniques d’implantation et de tracé au sol
Ce chapitre fondamental enseigne la géométrie appliquée au terrain, permettant à l’élève de matérialiser les plans d’un ouvrage grandeur nature avec une précision rigoureuse.
2.1. Matérialisation des alignements et droites
L’utilisation des jalons et des cordeaux permet de tracer des lignes directrices parfaitement rectilignes sur des terrains variés. L’élève s’exerce à aligner visuellement plusieurs points sur de longues distances, une compétence prérequise pour l’installation de clôtures ou de grands bâtis.
2.2. Traçage des perpendiculaires et angles remarquables
La maîtrise du théorème de Pythagore (règle du 3-4-5) sur le terrain est indispensable pour élever des perpendiculaires et tracer des angles de 30°, 45° et 60° nécessaires aux architectures complexes. L’élève manipule l’équerre de maçon et le décamètre pour implanter les axes principaux d’un bâtiment.
2.3. Tracé des courbes et formes géométriques complexes
La réalisation de cercles, d’ellipses et de polygones réguliers au sol prépare l’élève à implanter des ouvrages décoratifs ou des escaliers balancés. L’utilisation du cordeau comme compas géant exige une grande stabilité et une coordination d’équipe.
2.4. Nivellement et établissement des traits de niveau
L’apprentissage du niveau à bulle et du niveau à eau (niveau à tuyau) permet de définir des plans horizontaux parfaits et de transférer des hauteurs de référence sur le chantier. Cette compétence est cruciale pour assurer que les planchers et les linteaux seront parfaitement horizontaux.
Chapitre 3 : Réalisation des ouvrages de maçonnerie élémentaire
La construction de murs simples permet à l’élève de synthétiser les compétences de production et d’implantation, en élevant des structures verticales stables et esthétiques.
3.1. Construction de murs en briques cuites
L’élève apprend l’appareillage des briques, le croisement des joints et l’utilisation du fil à plomb pour monter des murs parfaitement verticaux. La gestion de l’épaisseur des joints de mortier est essentielle pour l’esthétique et la solidité de la maçonnerie, comme on l’observe dans les constructions coloniales réhabilitées à Lubumbashi.
3.2. Élévation de murs en agglomérés de ciment
La manipulation des blocs de béton, plus lourds, exige des techniques de pose ergonomiques et un ajustement précis à la massette. L’élève réalise des murs droits et des retours d’angle, en veillant à la planéité des faces pour faciliter les enduits ultérieurs ou la pose de lambris.
3.3. Maçonnerie de moellons et fondations
La mise en œuvre des pierres naturelles pour les fondations ou les murs de soutènement apprend à l’élève à gérer des formes irrégulières et à utiliser le mortier pour combler les vides. Cette technique robuste est couramment utilisée dans les zones accidentées comme Bukavu.
3.4. Finition des joints et nettoyage de l’ouvrage
Le jointoiement soigneux protège le mortier de liaison et améliore l’aspect visuel du mur, nécessitant l’usage de fers à joints spécifiques. Le nettoyage final du chantier inculque la rigueur professionnelle et le respect du travail accompli.
PARTIE 2 : TECHNOLOGIE DU BOIS ET OUTILLAGE MANUEL
Cette partie marque l’entrée spécifique dans l’univers de la menuiserie, focalisant l’apprentissage sur la connaissance intime de la matière ligneuse congolaise et la maîtrise des outils manuels qui constituent le prolongement de la main de l’artisan. 🌲🔨
Chapitre 4 : Étude technologique des essences forestières de la RDC
La RDC possédant l’une des plus grandes diversités dendrologiques au monde, ce chapitre forme l’élève à identifier et sélectionner les bois en fonction de leurs propriétés pour des usages spécifiques.
4.1. Anatomie et structure macroscopique du bois
L’étude de la coupe transversale du tronc révèle l’aubier, le duramen, les cernes de croissance et les rayons ligneux, expliquant le comportement du bois lors du séchage. L’élève apprend à distinguer les bois nerveux des bois stables en observant leur structure interne.
4.2. Propriétés physiques et mécaniques des bois
La densité, la dureté, l’élasticité et la rétractabilité sont analysées pour comprendre pourquoi on utilise le Wenge pour le parquet et le Fromager pour le coffrage. Des tests simples en atelier permettent de classer les essences selon leur résistance aux chocs et à l’usure.
4.3. Classification et identification des essences locales
L’élève apprend à reconnaître visuellement et tactilement les essences commerciales majeures comme le Sapele, l’Iroko (Kambala), le Limba et l’Afrormosia. Cette connaissance est vitale pour éviter les erreurs de choix de matériaux dans les projets de menuiserie à Kisangani ou à Matadi.
4.4. Défauts du bois et altérations biologiques
L’identification des nœuds, des gélivures, des attaques de champignons et d’insectes xylophages permet à l’élève de purger le bois et d’optimiser le débitage. La compréhension des agents de dégradation dicte les traitements préventifs nécessaires pour garantir la longévité des ouvrages.
Chapitre 5 : L’établi et les instruments de traçage
L’établi est le poste de commandement du menuisier ; ce chapitre enseigne son organisation et l’utilisation des instruments qui garantissent la géométrie des pièces.
5.1. Description et maintenance de l’établi de menuisier
L’élève découvre les fonctionnalités de la presse avant, de la presse arrière et des valets pour immobiliser fermement les pièces de bois sans les marquer. L’entretien de la planéité du plateau et le graissage des vis de presse sont des rituels quotidiens.
5.2. Instruments de mesure linéaire et de contrôle
Le maniement du mètre pliant, de la règle graduée et du pied à coulisse permet de relever et de contrôler les dimensions avec une précision de l’ordre du demi-millimètre. L’élève apprend à lire les graduations sans erreur de parallaxe.
5.3. Outils de traçage géométrique : équerres et fausses-équerres
L’utilisation de l’équerre à chapeau pour les tracés à 90° et de la fausse-équerre pour les angles quelconques est fondamentale pour la précision des assemblages. Le tracé au crayon de charpentier ou à la pointe à tracer doit être fin et net.
5.4. Le trusquin : réglage et utilisation
Le trusquin est l’outil indispensable pour tracer des lignes parallèles aux chants, définissant les arases et les joues des tenons. L’élève s’exerce à régler la pointe avec précision et à marquer le bois par une incision nette qui guidera l’outil de coupe.
Chapitre 6 : Les outils de coupe et de façonnage manuel
La dextérité dans le maniement des scies et des rabots distingue l’artisan qualifié ; ce chapitre détaille la gestuelle et la technologie de chaque outil manuel.
6.1. Scies égoïnes et scies à dos : choix et denture
L’élève apprend à distinguer les dentures pour le débit (coupe de long) et pour le tronçonnage (coupe de travers), ainsi que les scies à dos rigidifiées pour les assemblages précis. La géométrie des dents et la voie de la scie sont étudiées pour comprendre l’efficacité de coupe.
6.2. Rabots d’établi : varlope, riflard et rabot à recaler
Le réglage du contre-fer et de la lumière du rabot est crucial pour obtenir des copeaux fins et réguliers sans éclats. L’élève maîtrise la prise en main de la varlope pour dresser les grandes surfaces et du rabot à recaler pour les bois de bout.
6.3. Ciseaux à bois et bédanes : affûtage et frappe
La manipulation sécurisée des ciseaux à bois pour l’entaillage et du bédane pour le mortaisage exige une technique de frappe contrôlée au maillet. L’apprentissage de l’affûtage sur pierres à huile ou à eau garantit un tranchant rasoir indispensable pour un travail propre.
6.4. Outils de perçage et de finition manuelle
L’utilisation des vilebrequins, des chignoles et des mèches hélicoïdales permet de réaliser des perçages précis. L’élève découvre également les racloirs et les cales à poncer pour préparer les surfaces avant l’application des produits de finition.
PARTIE 3 : FAÇONNAGE ET ASSEMBLAGES ÉLÉMENTAIRES DU BOIS
Cette dernière partie est le cœur de la pratique professionnelle de première année, où l’élève transforme la matière brute en pièces calibrées et réalise ses premiers assemblages structuraux, synthétisant les connaissances technologiques et la maîtrise des outils. 🪚🪵
Chapitre 7 : Techniques de sciage manuel
Le sciage manuel reste une compétence de base incontournable pour les ajustements sur chantier et les travaux de précision, exigeant une posture corporelle stable et un guidage rectiligne de la lame.
7.1. Le sciage de long (débitage)
L’élève s’exerce à refendre des planches dans le sens du fil du bois, en maintenant la scie verticale et en suivant le trait de tracé malgré la résistance des fibres. Cette opération physique développe l’endurance musculaire et la régularité du mouvement.
7.2. Le sciage de travers (tronçonnage)
La coupe perpendiculaire au fil du bois pour mettre les pièces à longueur demande une attaque douce pour éviter les éclats en sortie de coupe. L’utilisation de la boîte à onglets est introduite pour garantir la perpendicularité parfaite des coupes.
7.3. Le sciage curviligne et de contournement
L’utilisation de la scie à chantourner ou de la scie à guichet permet de découper des formes courbes pour des éléments décoratifs ou des pièces de forme. L’élève apprend à orienter la lame tangentiellement au tracé pour obtenir des courbes fluides.
7.4. Sécurité et ergonomie du sciage
L’adoption d’une position de travail ergonomique prévient les troubles musculo-squelettiques et améliore la précision. La sécurisation de la pièce de bois sur l’établi ou sur des tréteaux est impérative pour éviter tout dérapage de l’outil.
Chapitre 8 : Le corroyage manuel et la mise à dimensions
Le corroyage consiste à rendre une pièce de bois brute parfaitement parallélépipédique, une étape critique car elle conditionne la justesse de tous les usinages ultérieurs.
8.1. Dressage du parement (face de référence)
L’élève apprend à utiliser la varlope pour aplanir la première grande face de la pièce, en contrôlant la planéité à la règle et l’absence de gauchissement avec des bornes de visée. Cette face devient la référence SR1 (Surface de Référence 1).
8.2. Dressage du chant (rive de référence)
La mise d’équerre du chant par rapport au parement est réalisée au rabot, vérifiée systématiquement à l’équerre métallique sur toute la longueur. Ce chant devient la référence SR2, indispensable pour l’appui du guide de la scie ou de la toupie.
8.3. Mise d’épaisseur et de largeur (Contre-parement et Contre-chant)
À l’aide du trusquin réglé sur les dimensions finies, l’élève trace les lignes de coupe sur les faces opposées et rabote jusqu’au trait pour obtenir l’épaisseur et la largeur désirées. La régularité dimensionnelle est contrôlée au pied à coulisse.
8.4. Le recarrage des bouts
La mise à longueur précise et l’équerrage des extrémités des pièces nécessitent l’utilisation de la planche à recaler et d’un rabot finement réglé pour couper les fibres de bout sans les arracher, assurant des assemblages jointifs.
Chapitre 9 : Entaillage, mortaisage et assemblages de base
Ce chapitre introduit la logique constructive de la menuiserie par la réalisation d’assemblages simples mais fondamentaux pour la rigidité des ouvrages.
9.1. Réalisation d’entailles à mi-bois
L’assemblage à mi-bois, utilisé pour les croisements de pièces, apprend à l’élève à scier précisément à l’intérieur du trait et à évider la matière au ciseau à bois pour obtenir des surfaces planes qui s’ajustent sans jeu.
9.2. Technique du mortaisage manuel
Le creusement de mortaises au bédane est une compétence clé, exigeant de calibrer la largeur de la mortaise à l’outil et de contrôler la verticalité des parois. L’élève apprend à évacuer les copeaux régulièrement pour éviter le bourrage et l’échauffement de l’outil.
9.3. Façonnage des tenons
La découpe des tenons à la scie à dos nécessite une grande précision pour scier les joues et les arasements. L’ajustement du tenon dans la mortaise se fait progressivement à la râpe ou au ciseau pour obtenir un frottement gras garantissant la tenue de l’assemblage.
9.4. Assemblage à enfourchement simple
L’exécution d’un enfourchement pour les angles de cadres permet de combiner les techniques de sciage et de ciselage. L’élève réalise le collage et le chevillage de l’assemblage, découvrant l’importance du serrage pour la cohésion finale de l’ouvrage.
ANNEXES
A.1. Fiches techniques des bois locaux
Un répertoire détaillé des essences congolaises mentionnées dans le cours (Wenge, Limba, Tola, etc.) incluant leur densité, leur couleur, leur facilité d’usinage et leurs utilisations recommandées, servant de guide de référence rapide pour l’atelier.
A.2. Grilles d’évaluation des travaux pratiques
Des modèles de fiches d’évaluation permettant à l’enseignant et à l’élève de noter la précision dimensionnelle, la qualité des états de surface, le respect du temps alloué et la conformité aux règles de sécurité pour chaque exercice pratique.
A.3. Planches de dessins modèles
Une collection de dessins techniques cotés pour les exercices de la Partie 3, présentant des vues en plan, des élévations et des coupes d’assemblages standards, servant de support pour les exercices de lecture de plan et de réalisation.
A.4. Lexique technique français-lingala-swahili
Un glossaire trilingue des termes techniques de la menuiserie et de la construction pour faciliter la communication sur les chantiers et dans les ateliers à travers les différentes zones linguistiques de la RDC.