MANUEL DE COURS : FABRICATION D’OUVERTURES ET REVÊTEMENTS, 4ÈME ANNÉE, OPTION MENUISERIE 🪵
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
0. PRÉLIMINAIRES
0.1. Objectifs Généraux du Cours
Le présent cours vise l’acquisition des compétences professionnelles nécessaires à la conception, la fabrication et l’installation d’ouvrages de menuiserie complexes. L’apprenant développe une maîtrise technique approfondie lui permettant de transformer le bois brut et ses dérivés en éléments fonctionnels du bâtiment, spécifiquement les ouvertures (portes, fenêtres) et les revêtements intérieurs (sols, murs, plafonds). L’enseignement privilégie l’autonomie dans l’analyse des cahiers des charges, la précision millimétrique des assemblages et le respect rigoureux des normes de sécurité industrielle. Le programme prépare directement à l’insertion professionnelle sur les chantiers congolais ou en atelier de production.
0.2. Profil de Sortie de l’Apprenant
Au terme de cette quatrième année, l’élève possède la capacité de réaliser intégralement des ouvrages de fermeture et d’habillage. Il maîtrise la lecture de plans d’architecture, le dimensionnement des escaliers et la sélection des essences de bois locales adaptées aux contraintes hygrométriques des différentes provinces de la RDC. Il démontre une dextérité avérée dans l’utilisation des machines-outils conventionnelles (toupie, dégauchisseuse, raboteuse) et des outils portatifs. Il adopte systématiquement une posture professionnelle caractérisée par le respect des délais, l’économie de la matière d’œuvre et la prévention des risques d’atelier.
0.3. Méthodologie et Organisation Pédagogique
L’approche pédagogique articule étroitement les savoirs technologiques et la pratique en atelier. Chaque séquence d’apprentissage débute par une étude théorique des concepts (technologie des matériaux, géométrie descriptive, dessin technique) immédiatement suivie d’une mise en application concrète. Les travaux pratiques occupent une place prépondérante, favorisant l’apprentissage par le geste et la résolution de problèmes techniques réels. L’enseignant valorise l’utilisation rationnelle des ressources forestières nationales, telles que le Limba, l’Iroko ou le Sipo, pour ancrer la formation dans la réalité économique locale.
0.4. Consignes de Santé et Sécurité au Travail 🦺
La sécurité constitue un axe transversal et permanent de ce module. L’accès aux machines-outils reste conditionné au port strict des équipements de protection individuelle (EPI) : lunettes de protection, protecteurs auditifs, masques respiratoires et chaussures de sécurité. Les dispositifs de protection collective des machines (carters, guides, couteaux diviseurs) doivent demeurer en place et fonctionnels. L’atelier doit maintenir un niveau de propreté exemplaire pour prévenir les risques d’incendie liés aux poussières de bois et les accidents par glissade. Chaque séance intègre un rappel des procédures d’arrêt d’urgence et des premiers secours spécifiques aux blessures par coupe.
PARTIE 1 : TECHNOLOGIE ET FABRICATION DES OUVERTURES EXTÉRIEURES ET INTÉRIEURES 🚪
Cette première partie consacre une étude approfondie à l’enveloppe du bâtiment et à la séparation des espaces intérieurs. Elle couvre l’intégralité du processus de création des portes et fenêtres, depuis l’analyse typologique jusqu’à la pose finale sur chantier. L’accent est mis sur la compréhension des fonctions d’étanchéité, de sécurité et d’esthétique que doivent remplir ces ouvrages. Les élèves apprennent à adapter leurs techniques de fabrication aux exigences climatiques locales, en tenant compte des variations dimensionnelles du bois dues à l’humidité.
CHAPITRE 1 : CLASSIFICATION ET CONCEPTION TECHNIQUE DES OUVERTURES
1.1. Typologie des ouvertures extérieures et intérieures
Cette section dresse un inventaire exhaustif des différents modèles d’ouvertures utilisés dans la construction civile en République Démocratique du Congo. L’analyse porte sur les portes d’entrée simples et doubles, les portes avec impostes fixes ou ouvrantes, ainsi que les portes cochères destinées aux grands édifices. L’étude s’étend aux fenêtres, distinguant les châssis vitrés fixes, les fenêtres à la française, les volets persiennés favorisant la ventilation naturelle, et les volets panneautés pour l’obscurcissement. Pour l’agencement intérieur, le cours détaille les spécificités des portes palières insonorisées, des portes de communication isoplanes et des portes coulissantes pour l’optimisation de l’espace.
1.2. Lecture de plans et terminologie normalisée
La maîtrise du dessin technique appliqué aux ouvertures constitue le socle de la fabrication. Les élèves apprennent à identifier et nommer chaque composant d’une menuiserie : dormant, ouvrant, traverse, montant, jet d’eau, parclose et couvre-joint. L’enseignement se focalise sur l’interprétation des coupes verticales et horizontales pour comprendre les principes d’étanchéité à l’air et à l’eau (rejingots, feuillures à verre, gueules de loup). Les symboles normalisés de sens d’ouverture (main droite, main gauche, tirant, poussant) font l’objet d’exercices pratiques pour éviter toute erreur lors de la mise en production.
1.3. Élaboration des documents de fabrication et devis
La rationalisation de la production exige une préparation administrative rigoureuse. Ce sous-chapitre guide les apprenants dans la rédaction des feuilles de débit, documents essentiels pour optimiser la découpe des avivés et minimiser les chutes. Ils apprennent à établir des feuilles de fourniture listant la quincaillerie nécessaire (paumelles, serrures, crémones). Le cours aborde également l’établissement de devis quantitatifs et estimatifs, calculant le volume de bois (cubage) et le temps de main-d’œuvre requis. Cette compétence gestionnaire permet aux futurs artisans d’évaluer le coût de revient exact d’un ouvrage.
1.4. Techniques de traçage et épure grandeur nature 📏
Le passage du plan papier à la réalité matière nécessite le traçage de l’épure. Les élèves réalisent sur règle ou sur panneau de contreplaqué le dessin grandeur réelle des coupes et des assemblages de l’ouvrage. Cette étape cruciale permet de vérifier la cohérence des dimensions, de définir précisément les arasements et de positionner les quincailleries. L’enseignement insiste sur la précision du trait (usage du trusquin et du couteau à tracer) et sur l’utilisation de gabarits pour les pièces courbes ou répétitives, garantissant l’interchangeabilité des éléments dans une production en série.
CHAPITRE 2 : PROCÉDÉS D’USINAGE ET D’ASSEMBLAGE
2.1. Sélection des essences et débitage des composants
Le choix du matériau détermine la durabilité de l’ouverture. Les élèves étudient les critères de sélection des bois pour menuiserie extérieure (résistance aux champignons, stabilité dimensionnelle), privilégiant des essences comme l’Afrormosia ou le Padouk. Pour l’intérieur, des bois comme le Limba blanc ou le Kambala sont analysés. La pratique du débitage se concentre sur l’orientation des cernes de croissance (quartier, faux-quartier) pour limiter le tuilage et le gauchissement des montants et traverses. L’utilisation sécurisée de la scie à ruban et de la scie circulaire à déligner est renforcée.
2.2. Corroyage, profilage et calibrage des pièces
Cette phase technique transforme les ébauches brutes en pièces finies aux dimensions exactes. L’enseignement détaille les séquences d’usinage : dégauchissage pour obtenir une face et un chant de référence, rabotage pour la mise à épaisseur et toupillage pour le profilage des moulures et des feuillures. Une attention particulière est portée au réglage des machines pour éviter les traces d’outils et les éclats (contre-fil). Les élèves apprennent à usiner les profils complexes d’étanchéité, tels que les moutons et les gueules de loup pour les fenêtres à deux vantaux, en utilisant les protecteurs et les entraîneurs automatiques.
2.3. Réalisation des assemblages structurels
La solidité de l’ouverture repose sur la qualité de ses liaisons. Ce sous-chapitre explore les techniques d’assemblage traditionnelles et modernes : tenons et mortaises (passants, borgnes, à épaulement), enfourchements pour les bâtis de tête, et coupes d’onglet renforcées. L’étude inclut l’utilisation de la tenonneuse et de la mortaiseuse à chaîne ou à bédane carré. Les élèves pratiquent l’ajustement précis des assemblages (« gras » de tenon) pour garantir une tenue mécanique optimale après collage. Les techniques de chevillage à la tire, souvent utilisées en restauration ou en menuiserie d’art, sont également abordées.
2.4. Montage, ferrage et contrôle qualité en atelier
L’assemblage final concrétise le processus de fabrication. Les élèves procèdent au montage à blanc pour valider les équerrages et les dimensions avant l’encollage définitif sous presse ou dormants. Le ferrage consiste à entailler les emplacements des paumelles, des serrures à encastrer et des systèmes de verrouillage avec une haute précision. Le cours insiste sur le contrôle qualité rigoureux : vérification des jeux de fonctionnement (2 à 3 mm), planéité des vantaux et fluidité des mécanismes. Une préparation de surface soignée (ponçage progressif, égrenage) clôture la phase d’atelier avant l’expédition.
CHAPITRE 3 : INSTALLATION ET POSE SUR CHANTIER 🏗️
3.1. Méthodologie de pose des précadres et bâtis dormants
La liaison entre la maçonnerie et la menuiserie assure la stabilité de l’ouvrage. Les élèves étudient les différentes techniques de fixation : pose sur précadre scellé lors du gros œuvre, pose en tunnel ou pose en feuillure. Ils apprennent à utiliser les pattes de scellement, les vis vérins et les chevilles à expansion adaptées aux murs en briques cuites, en blocs de ciment ou en pisé. L’utilisation du niveau à bulle et du fil à plomb est primordiale pour garantir la verticalité (aplomb) et l’horizontalité (niveau) parfaites du dormant, conditions sine qua non du bon fonctionnement des ouvrants.
3.2. Ajustage, mise en jeu et fixation des vantaux
Une fois le bâti fixé, les vantaux doivent être installés et réglés. Ce sous-chapitre traite des opérations d’ajustage sur chantier pour compenser les éventuelles déformations ou irrégularités. Les apprenants pratiquent le réglage des paumelles (fiches 3D) pour aligner les ouvrants et assurer une compression uniforme des joints d’étanchéité. Ils vérifient le bon engagement des pênes dans les gâches et la douceur de la manœuvre des poignées. L’installation des butées de porte et des arrêts de volets complète la mise en service fonctionnelle.
3.3. Travaux de vitrerie et étanchéité périphérique
L’intégration des vitrages confère à la fenêtre ses performances d’isolation et de luminosité. Le cours couvre les techniques de découpe du verre simple et du verre imprimé, ainsi que la manipulation sécurisée des vitrages isolants. La pose s’effectue soit par bain de mastic (méthode traditionnelle), soit par parcloses bois avec joints élastomères ou bandes de mousse imprégnée. L’étanchéité périphérique entre le dormant et le mur est traitée avec soin, utilisant des mastics acryliques ou silicones pour prévenir toute infiltration d’eau ou d’air, garantissant le confort thermique des occupants.
3.4. Réception des ouvrages et maintenance
La relation client s’achève par la réception des travaux. Les élèves apprennent à conduire une inspection finale, vérifiant l’absence de défauts d’aspect, le fonctionnement des serrures et la propreté du chantier. Ils sont formés à rédiger un procès-verbal de réception. Le module aborde également les conseils de maintenance à prodiguer à l’utilisateur : fréquence de renouvellement des finitions (vernis, peintures), lubrification des quincailleries et nettoyage des vitres. Cette approche sensibilise les futurs artisans à la durabilité et au service après-vente.
PARTIE 2 : CONCEPTION ET RÉALISATION DES ESCALIERS EN BOIS 🪜
Cette seconde partie aborde l’un des domaines les plus complexes et nobles de la menuiserie : l’escalier. Elle exige une grande rigueur géométrique et une parfaite vision dans l’espace. Les élèves passent de la théorie du balancement des marches à la fabrication pratique, intégrant les notions de confort de marche, de sécurité des usagers et d’esthétique architecturale. L’étude couvre les types d’escaliers les plus courants dans l’habitat congolais, mettant l’accent sur la solidité structurelle et l’ergonomie.
CHAPITRE 4 : TYPOLOGIE ET TERMINOLOGIE DES ESCALIERS
4.1. Vocabulaire technique et normes de confort
L’escalier possède un langage technique spécifique que l’élève doit maîtriser. Ce sous-chapitre définit précisément les termes : giron, hauteur de marche, emmarchement, ligne de foulée, trémie, échappée de tête, limon, crémaillère et main courante. La relation de Blondel () est étudiée comme règle fondamentale pour calculer le confort d’un escalier. Les normes de sécurité concernant la hauteur des garde-corps et l’espacement des barreaux sont explicitées pour prévenir les chutes, particulièrement celles des enfants.
4.2. Caractéristiques de l’escalier à la française
Modèle traditionnel par excellence, l’escalier à la française se caractérise par des marches et contremarches encastrées dans deux limons latéraux. L’étude technique détaille sa conception, sa robustesse et son esthétique fermée qui permet d’utiliser l’espace sous l’escalier pour des placards. Les élèves analysent les assemblages spécifiques, notamment l’entaillage des limons et le bouvetage entre marche et contremarche. Ce type d’escalier est souvent privilégié dans les habitations de standing à Kinshasa ou Lubumbashi pour son aspect massif et sécurisant.
4.3. Spécificités de l’escalier à l’anglaise et autres variantes
À l’inverse du modèle français, l’escalier à l’anglaise présente des marches posées sur des crémaillères, laissant les contremarches (si elles existent) en retrait ou absentes. Ce design offre une légèreté visuelle appréciée dans l’architecture contemporaine. Le cours aborde également l’échelle de meunier pour les accès aux combles et les escaliers hélicoïdaux (en colimaçon) pour les espaces réduits. La comparaison entre les différents types permet à l’apprenant de conseiller judicieusement le client en fonction de l’espace disponible et du style recherché.
4.4. Relevé de mesures sur site et analyse de la trémie
La fabrication d’un escalier commence impérativement par un relevé précis sur chantier. Les élèves apprennent à mesurer la hauteur à monter (sol fini à sol fini), les dimensions de la trémie (ouverture dans le plafond), le reculement de départ et d’arrivée. Ils doivent identifier les contraintes physiques telles que les poutres, les fenêtres ou les radiateurs qui pourraient interférer avec l’ouvrage. L’usage du niveau laser ou du cordeau est enseigné pour vérifier la planéité des sols et l’aplomb des murs, données essentielles pour le calcul ultérieur.
CHAPITRE 5 : DIMENSIONNEMENT ET TRAÇAGE
5.1. Calculs de dimensionnement et ligne de foulée
Sur la base des mesures relevées, l’élève procède au calcul rigoureux de l’escalier. Il détermine le nombre de marches nécessaires en divisant la hauteur totale par une hauteur de marche idéale (environ 17-18 cm), puis ajuste le giron pour respecter la formule de Blondel. La détermination de la ligne de foulée, axe théorique où marche l’utilisateur (situé à 50 cm de la main courante), est cruciale pour assurer un pas constant et confortable tout au long de la montée, y compris dans les virages.
5.2. Techniques de balancement des marches
Pour les escaliers tournants (quart tournant ou demi-tournant), le balancement des marches est indispensable pour assurer la sécurité et le confort dans le virage. Ce sous-chapitre enseigne les méthodes géométriques (méthode de la herse, méthode des trapèzes) pour répartir progressivement l’angle du virage sur plusieurs marches. L’objectif est de conserver une largeur de giron constante sur la ligne de foulée tout en évitant des marches trop étroites côté jour (collet) qui seraient dangereuses. C’est une compétence de haut niveau en géométrie descriptive.
5.3. Traçage de l’épure et élévation des limons
Le traçage de l’escalier s’effectue généralement grandeur nature sur une aire de traçage ou sur des panneaux de contreplaqué bon marché. Les élèves tracent la vue en plan pour positionner les marches balancées, puis développent l’élévation des limons et des crémaillères. Cette étape complexe permet de visualiser les courbes des limons, de définir les coupes des marches et de prévoir les assemblages avec les poteaux d’angle. La précision du trait (au millimètre près) garantit la fluidité des courbes et la parfaite jonction des éléments.
5.4. Confection des gabarits d’usinage
Une fois l’épure validée, les formes sont transférées sur des gabarits rigides (en carton fort ou contreplaqué mince). Ces gabarits servent à tracer les contours de découpe sur le bois massif et à guider l’usinage des entailles de marches dans les limons (si utilisation d’une défonceuse avec bague de copiage). L’enseignement souligne l’importance d’organiser et d’étiqueter soigneusement ces gabarits pour éviter toute confusion entre les éléments gauches et droits, ou entre les différentes marches d’un escalier balancé qui sont toutes uniques.
CHAPITRE 6 : FABRICATION ET POSE D’ESCALIER
6.1. Débit, collage et façonnage des composants
La fabrication débute par la sélection de plateaux de bois sec et sans défauts majeurs. Les élèves réalisent le débit et le corroyage des marches, contremarches et limons. Pour les pièces larges ou courbes (limons), ils pratiquent le collage à plat joint ou à dents multiples pour reconstituer la largeur nécessaire tout en assurant la stabilité. Le façonnage des nez de marche, le calibrage des épaisseurs et le découpage des formes selon les gabarits sont exécutés à la scie à ruban et à la toupie. Le ponçage de finition est effectué avant l’assemblage pour faciliter l’accès à toutes les surfaces.
6.2. Assemblage à blanc et ajustements
Avant le transport sur chantier, un pré-montage complet ou partiel est réalisé en atelier. Les élèves assemblent les volées de marches dans les limons, vérifient les équerrages et l’emboîtement correct des tenons dans les mortaises des poteaux. Cette étape permet de détecter et de corriger les éventuelles erreurs de traçage ou d’usinage. C’est le moment d’ajuster les queues d’aronde ou les vissages cachés. L’escalier est ensuite démonté en sous-ensembles transportables, numérotés pour faciliter la pose finale.
6.3. Ancrage, scellement et fixation sur site
La pose de l’escalier est une opération délicate qui requiert force et précision. Le cours décrit les méthodes de levage et de positionnement des volées. Les élèves apprennent à fixer solidement la première marche au sol et le limon de tête à la trémie (chevêtre). Les techniques de scellement chimique ou mécanique dans les murs d’échiffre sont détaillées. L’importance du calage pour rattraper les faux-niveaux du sol et éviter les grincements futurs est soulignée. La stabilité de l’ensemble doit être absolue pour supporter les charges dynamiques de circulation.
6.4. Pose des garde-corps et finitions
La sécurité de l’escalier est assurée par la pose de la rampe et du garde-corps d’étage. Les apprenants installent les poteaux, la main courante et les balustres (ou lisses horizontales) en respectant les normes d’espacement. Les assemblages sont souvent collés et chevillés pour une résistance maximale. La finition sur site comprend le bouchage des trous de fixation à la cire ou à la pâte à bois, un ponçage final de raccord et l’application d’un vitrificateur ou d’une huile haute résistance pour protéger le bois de l’usure due au piétinement.
PARTIE 3 : REVÊTEMENTS DE SOLS, MURS ET PLAFONDS 🏠
Cette troisième partie traite de l’habillage des surfaces brutes du bâtiment pour en améliorer l’esthétique, le confort thermique et acoustique. Elle couvre les techniques traditionnelles de parqueterie ainsi que les méthodes modernes de lambrissage et de création de faux-plafonds. L’enseignement met en valeur les qualités décoratives des bois congolais, jouant sur les teintes, les veinages et les calepinages pour créer des ambiances intérieures chaleureuses et personnalisées.
CHAPITRE 7 : LES SOLS EN BOIS (PARQUETS)
7.1. Préparation du support et techniques de solivage
La longévité d’un parquet dépend de la qualité de son support. Les élèves apprennent à diagnostiquer l’état de la dalle (planéité, humidité). Pour une pose clouée traditionnelle, ils installent un réseau de lambourdes (solives) scellées ou flottantes sur des cales résilientes pour l’isolation phonique. L’espacement des lambourdes est calculé en fonction de l’épaisseur du parquet (généralement 40 à 50 cm). Pour la pose collée, le cours aborde les techniques de ragréage pour obtenir une surface parfaitement lisse et l’application de primaires d’accrochage.
7.2. Pose de parquets à l’anglaise et joints perdus
Le parquet à l’anglaise, avec ses lames parallèles de longueurs variables (coupe perdue) ou fixes (coupe de pierre), est le plus courant. Les élèves pratiquent la pose des lames, en veillant au serrage énergique pour éliminer les jours entre les frises. Ils apprennent à gérer le joint de dilatation périphérique (8 à 10 mm) le long des murs, indispensable pour permettre au bois de « travailler » sans tuiler. La technique du clouage en biais dans la languette (pose cachée) est privilégiée pour l’esthétique. L’utilisation de bois très durs comme le Wenge ou l’Ebene demande des pré-perçages spécifiques.
7.3. Réalisation de motifs complexes (Hongrie, Bâton rompu)
Pour les ouvrages de prestige, les motifs décoratifs sont enseignés. Le point de Hongrie (lames coupées à onglet à 45° ou 50°) et le bâton rompu (lames rectangulaires posées à angle droit) exigent une précision d’usinage et de traçage extrême. Les élèves apprennent à démarrer la pose par l’axe central de la pièce (la ligne de partage) pour garantir la symétrie du motif. La gestion des raccords avec les seuils de portes et les foyers de cheminée fait partie des compétences avancées développées dans ce sous-chapitre.
7.4. Ponçage, traitement et vitrification
Une fois le parquet posé, la finition est déterminante. Les élèves utilisent la ponceuse à parquet (à bande et bordureuse) pour obtenir une surface parfaitement plane et lisse, passant successivement des grains gros aux grains fins. Le cours présente les différents produits de finition : les vitrificateurs (vernis) polyuréthanes ou à l’eau pour une protection durable et facile d’entretien, les huiles dures pour un aspect naturel et réparable, et les cires pour une finition traditionnelle. Les protocoles d’application (nombre de couches, égrenage intermédiaire) sont pratiqués pour assurer un résultat professionnel.
CHAPITRE 8 : HABILLAGE MURAL ET CLOISONS
8.1. Pose de lambris de hauteur et d’appui
Le lambris habille les murs pour les protéger et les décorer. Les élèves distinguent les lambris de soubassement (hauteur d’appui) des lambris toute hauteur. Ils installent l’ossature de tasseaux perpendiculairement au sens de pose des lames de bois, en ménageant une circulation d’air derrière le revêtement pour éviter la condensation et la pourriture. La pose des lames s’effectue par clouage invisible (clips ou pointes tête homme dans la rainure). Le cours insiste sur le démarrage de niveau et la gestion des coupes d’ajustement dans les angles entrants et sortants.
8.2. Construction de cloisons sèches et séparations
Pour moduler l’espace intérieur, le menuisier réalise des cloisons légères. Le cours détaille la construction d’ossatures en bois ou l’utilisation de systèmes de profils métalliques pour recevoir des panneaux de bois, de contreplaqué ou de plaques de plâtre. L’intégration des blocs-portes dans la cloison est un point clé. Les élèves apprennent à rigidifier la structure par des entretoises et à prévoir les passages de gaines électriques. Les cloisons mobiles ou amovibles, permettant une flexibilité des espaces de bureaux, sont également abordées.
8.3. Pose des plinthes, cimaises et corniches
Les éléments de finition assurent la transition esthétique entre les parois. Les élèves pratiquent la découpe et la pose des plinthes au sol (pour cacher le joint de dilatation du parquet), des cimaises à mi-hauteur (protection des murs contre les chocs de chaises) et des corniches au plafond. La maîtrise de la boîte à onglets ou de la scie à onglet radiale est indispensable pour réaliser des coupes d’angle parfaites (coupes d’onglet, coupes à contre-profil). La fixation se fait par collage mastic ou clouage discret.
8.4. Isolation acoustique et thermique intégrée
Le revêtement mural est l’occasion d’améliorer le confort de l’habitat. Ce sous-chapitre explique les principes de l’isolation thermique (réduction des pertes de chaleur) et acoustique (réduction des bruits aériens et d’impact). Les élèves apprennent à insérer des matériaux isolants (laine de roche, fibre de bois, liège) dans l’épaisseur de l’ossature des cloisons ou des doublages muraux avant la fermeture par le parement. La notion de pont thermique est explicitée pour garantir l’efficacité de l’isolation réalisée.
CHAPITRE 9 : PLAFONDS ET FAUX-PLAFONDS
9.1. Solivage et structures porteuses de plafond
Le plafond en bois nécessite une structure porteuse solide. Les élèves étudient le dimensionnement des solives en fonction de la portée et de la charge (poids propre du plafond). Ils apprennent à réaliser un solivage de niveau, en utilisant des suspentes réglables si le support existant est irrégulier. L’alignement parfait des solives est contrôlé au laser ou au cordeau pour garantir la planéité finale du plafond. Le traitement préventif des bois de structure contre les insectes xylophages est rappelé.
9.2. Réalisation de plafonds fixes en bois
Le plafond traditionnel en frisette ou en panneaux décoratifs apporte chaleur et élégance. Les techniques de pose (à joints perdus, à coupes de pierre) sont similaires à celles du parquet mais exécutées en hauteur, ce qui demande une organisation spécifique du poste de travail (échafaudages roulants). Les élèves apprennent à gérer les joints de dilatation périphériques masqués par des moulures d’angle. L’intégration de caissons en bois massif pour créer des plafonds à la française (poutres apparentes et planchers) est également étudiée.
9.3. Systèmes de plafonds suspendus et matériaux composites
Dans les bâtiments tertiaires (bureaux, commerces), les plafonds suspendus permettent le passage des réseaux techniques. Le cours présente les systèmes d’ossatures métalliques légères (T-bars) recevant des dalles de fibre minérale ou des panneaux de bois perforés pour la correction acoustique. Les élèves s’exercent au tracé du quadrillage de suspension et à la mise à niveau précise de l’ossature. La découpe des dalles de rive et l’intégration des luminaires encastrés font partie des compétences pratiques développées.
9.4. Finitions, traitements et intégration des équipements
La touche finale du plafond conditionne l’aspect de la pièce. Outre les vernis et peintures, le cours aborde les traitements ignifuges (résistance au feu) souvent exigés pour les plafonds des établissements recevant du public. Les élèves apprennent à collaborer avec les électriciens pour percer proprement les réservations destinées aux spots, lustres et bouches de ventilation. Le nettoyage final et la vérification de l’uniformité de l’aspect de surface concluent le module de formation sur les revêtements.
ANNEXES
A.1. Bibliographie et Ressources
Cette section recense les manuels techniques de référence, les normes congolaises et internationales (ISO) relatives au bois et à la construction, ainsi que les fiches techniques des fabricants de machines et de produits de finition. Elle oriente les élèves vers des ouvrages de dendrologie pour approfondir leur connaissance des essences forestières du Bassin du Congo.
A.2. Fiches Techniques des Essences de Bois Locales
Un recueil détaillé présentant les caractéristiques physico-mécaniques (densité, dureté, retrait, durabilité naturelle) des principales essences utilisées en menuiserie en RDC : Limba, Wenge, Iroko (Kambala), Sapelli, Sipo, Tiama, et Tola. Chaque fiche indique les usages recommandés (menuiserie extérieure, intérieure, parquets) et les précautions d’usinage.
A.3. Modèles de Documents Professionnels
Des exemples vierges et remplis de documents administratifs essentiels à la gestion de chantier : devis descriptif et estimatif, feuille de débit, bon de commande matière, fiche de suivi de fabrication, et procès-verbal de réception de travaux. Ces modèles servent de support aux exercices pratiques de gestion.
A.4. Glossaire Technique Illustré
Un lexique définissant les termes techniques spécifiques au métier de menuisier (ex: arasement, aboutage, contre-fil, élégie, feuillure, rainure, languette, trusquinage). Ce glossaire facilite la compréhension des consignes et la communication précise entre professionnels sur le chantier.