MANUELS SCOLAIRES

COURS DE FABRICATION DE MEUBLES, 4ÈME ANNÉE, OPTION MENUISERIE 🪑

Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC

0. PRÉLIMINAIRES

0.1. Objectifs Généraux du Cours

Ce programme vise l’acquisition de compétences techniques avancées pour la conception, la fabrication et l’installation de mobilier en bois massif et dérivés. Il prépare l’apprenant à maîtriser l’intégralité de la chaîne de production, de l’analyse du cahier des charges à la finition, en passant par l’usinage complexe et l’ornementation. L’enseignement privilégie l’autonomie professionnelle, la précision dimensionnelle et l’esthétique, permettant à l’élève de répondre aux exigences des marchés locaux de Kinshasa, Lubumbashi ou Kisangani, ainsi qu’aux standards de l’exportation.

0.2. Profil de Sortie de l’Apprenant

Au terme de cette quatrième année, l’élève démontre sa capacité à fabriquer des meubles à l’unité ou en série (petite, moyenne, grande). Il maîtrise les techniques d’assemblage traditionnelles et modernes, la pose de quincaillerie complexe et les procédés de finition (vernis, laques). Il possède les aptitudes nécessaires pour organiser son poste de travail, optimiser le débitage des essences congolaises précieuses comme le Wenge ou l’Afrormosia, et appliquer rigoureusement les normes de contrôle qualité. Il est apte à intégrer une menuiserie industrielle ou à évoluer comme artisan indépendant qualifié.

0.3. Méthodologie et Organisation Pédagogique

L’approche pédagogique articule étroitement les savoirs technologiques et la pratique en atelier. Chaque module débute par l’étude des documents techniques et se poursuit par des mises en situation réelle de fabrication. L’enseignant favorise les méthodes actives où l’élève résout des problèmes de conception et de gamme d’usinage. Les travaux pratiques occupent une place prépondérante, simulant les contraintes de productivité et de rentabilité propres aux entreprises du secteur bois en RDC. L’utilisation rationnelle des machines-outils et l’entretien de l’outillage constituent des axes transversaux permanents.

0.4. Consignes de Santé, Sécurité et Environnement 🦺

La sécurité en atelier constitue un impératif absolu. L’accès aux machines est conditionné au port strict des Équipements de Protection Individuelle (EPI) : lunettes, masques antipoussières, protections auditives et chaussures de sécurité. Les dispositifs de protection collective (carters, couteaux diviseurs, aspirations) doivent demeurer opérationnels. L’élève intègre les principes d’ergonomie pour prévenir les troubles musculosquelettiques liés à la manutention des lourdes pièces de bois. La gestion des déchets (copeaux, sciures, solvants) respecte les normes environnementales pour minimiser l’impact écologique de l’activité.

 

 

PARTIE 1 : PLANIFICATION, GESTION DE PRODUCTION ET TECHNOLOGIE DU MOBILIER 📋

Cette première partie établit les fondements théoriques et organisationnels nécessaires à la production rationnelle de mobilier. Elle couvre l’analyse typologique des ouvrages, l’élaboration des documents techniques indispensables à la fabrication et la gestion des processus industriels. L’élève apprend à structurer son travail, à évaluer les coûts de revient et à organiser l’atelier pour optimiser les flux de production, passant d’une logique purement artisanale à une approche semi-industrielle adaptée au contexte économique congolais.

Chapitre 1 : Identification et Analyse Technique des Ouvrages

1.1. Typologie et classification du mobilier

L’étude débute par une catégorisation précise des meubles selon leur fonction et leur destination. L’élève distingue le mobilier d’intérieur (armoires, lits, tables, chaises) du mobilier d’extérieur (bancs de jardin, transats) et du mobilier spécifique (bureaux, agencements de cuisine, mobilier scolaire). Cette classification intègre les contraintes liées à l’humidité ambiante, particulièrement pertinente dans les régions fluviales comme l’Équateur ou le Mai-Ndombe, influençant le choix des matériaux et des assemblages. L’analyse fonctionnelle permet de définir les critères d’ergonomie et d’usage pour chaque catégorie.

1.2. Lecture de plans et dessin de fabrication

La maîtrise du dessin technique appliqué au mobilier est indispensable. Ce sous-chapitre approfondit la lecture de plans d’ensemble, de vues éclatées et de détails d’assemblage à l’échelle 1:1. L’apprenant interprète les symboles normalisés, les coupes et les sections pour visualiser l’ouvrage en trois dimensions. Il réalise des croquis cotés et des plans sur règle, traduisant les intentions du designer ou du client en documents exploitables par l’atelier. La précision du tracé garantit la conformité dimensionnelle des pièces usinées.

1.3. Élaboration de la feuille de débit et de nomenclature

L’optimisation de la matière d’œuvre constitue un enjeu économique majeur. L’élève apprend à établir une feuille de débit rigoureuse, listant chaque pièce avec ses cotes brutes et finies. Il calcule les surcotes d’usinage nécessaires pour le corroyage et la mise à longueur. La nomenclature recense l’ensemble des composants, incluant les panneaux dérivés (contreplaqué, MDF) et le bois massif. Cette étape prépare l’approvisionnement et permet de minimiser les chutes, valorisant ainsi des essences coûteuses comme le Bubinga ou le Padouk.

1.4. Estimation des coûts et documents commerciaux

La viabilité d’un projet repose sur une estimation financière exacte. Ce module forme l’élève à l’élaboration du devis quantitatif et estimatif. Il calcule le volume de bois nécessaire (cubage), la surface de finition et le temps de main-d’œuvre. Il intègre les coûts des fournitures (colles, vernis), de la quincaillerie et de l’amortissement des machines. La rédaction du bon de commande et de la feuille de fourniture complète cette formation à la gestion, préparant le futur menuisier aux réalités commerciales des ateliers de Goma ou de Matadi.

Chapitre 2 : Organisation de la Production et des Postes de Travail

2.1. Planification et ordonnancement des tâches

La production efficace exige une organisation temporelle rigoureuse. L’élève s’approprie les techniques de planification, établissant un calendrier des opérations (diagramme de Gantt simplifié). Il identifie le chemin critique et séquences les phases de fabrication : débit, usinage, montage, finition. Cette compétence permet de respecter les délais de livraison, cruciaux pour les commandes institutionnelles ou privées. La gestion des temps morts et la coordination entre les différents postes de travail sont analysées pour fluidifier la production.

2.2. Gestion des types de production (Unitaire et Série)

Le menuisier doit adapter ses méthodes au volume de commande. Ce sous-chapitre distingue la fabrication unitaire, typique de l’artisanat d’art, de la production en série (petite, moyenne, grande). L’élève apprend à concevoir des gabarits d’usinage et des montages pour la répétitivité des tâches. Il étudie les principes du travail à la chaîne pour les grandes séries, comme la fabrication de bancs pupitres pour les écoles, optimisant les réglages machines pour traiter des lots importants de pièces identiques.

2.3. Aménagement ergonomique de l’atelier

L’efficacité du travail dépend de la configuration spatiale de l’atelier. L’étude porte sur l’implantation rationnelle des établis, des machines stationnaires et des zones de stockage. L’élève analyse les flux de circulation des matériaux et des personnes pour réduire les déplacements inutiles et les risques d’accident. L’organisation prend en compte l’évacuation des déchets, l’éclairage naturel et artificiel, ainsi que la ventilation nécessaire lors de l’usage de produits volatils, créant un environnement de travail sain et productif.

2.4. Maintenance préventive de l’outil de production

La disponibilité des équipements garantit la continuité de la production. L’élève acquiert les notions de maintenance de premier niveau : nettoyage quotidien, graissage des paliers, vérification des courroies et affûtage des outils de coupe. Il apprend à détecter les signes avant-coureurs de panne (vibrations, bruits anormaux) sur les raboteuses ou les toupies. La gestion du stock de pièces d’usure et d’outils tranchants (lames de scie, fers de dégauchisseuse) est abordée pour éviter les arrêts de production intempestifs.

Chapitre 3 : Technologie des Matériaux et Procédés d’Usinage

3.1. Sélection des essences et panneaux dérivés

Le choix du matériau détermine la durabilité et l’esthétique du meuble. L’élève approfondit ses connaissances dendrologiques, sélectionnant les essences appropriées selon les contraintes mécaniques et visuelles. Il étudie les propriétés du Kambala pour le mobilier extérieur ou du Limba pour l’agencement intérieur. L’utilisation des panneaux de particules, de fibres (MDF) et de contreplaqués est détaillée, incluant les techniques de placage de chants pour masquer les coupes. La compatibilité entre les matériaux et les colles est vérifiée.

3.2. Procédés de débitage et de corroyage

La transformation du bois brut commence par le débitage. L’élève maîtrise l’utilisation de la scie à ruban et de la scie circulaire à déligner pour obtenir des avivés. Il pratique le corroyage sur la dégauchisseuse pour dresser une face et un chant de référence, puis sur la raboteuse pour calibrer l’épaisseur et la largeur. L’accent est mis sur l’orientation des fibres pour éviter les éclats et le respect des cotes avec une tolérance millimétrique, assurant la géométrie parfaite des pièces avant les assemblages.

3.3. Techniques de profilage et de façonnage

Le meuble requiert souvent des formes complexes et des moulures. Ce sous-chapitre traite de l’utilisation de la toupie et de la défonceuse pour réaliser des rainures, des feuillures, des languettes et des profils décoratifs (quarts-de-rond, doucines). L’élève apprend à utiliser les guides, les entraîneurs et les dispositifs de sécurité pour usiner des pièces droites ou courbes (chantournement). La réalisation de gabarits pour le travail au roulement à billes permet de reproduire des formes identiques sur des séries de pieds de table ou de dossiers de chaises.

3.4. Usinages spéciaux et queues d’aronde

L’assemblage des tiroirs et des caissons exige des usinages spécifiques. L’enseignement se focalise sur la réalisation des queues d’aronde (manuelles ou à la machine), gage de solidité et de qualité traditionnelle. L’élève pratique également les entailles pour les ferrures, les perçages de précision pour les tourillons et les lamellos. La maîtrise des machines à mortaiser (à chaîne, à bédane ou à mèche) est renforcée pour exécuter des assemblages tenon-mortaise parfaitement ajustés, essentiels à la stabilité des structures de sièges ou de tables.

 

 

PARTIE 2 : FABRICATION, ASSEMBLAGE ET ORNEMENTATION DU MOBILIER 🛠️

Cette seconde partie constitue le cœur du métier, où la matière transformée devient ouvrage. Elle aborde les techniques d’assemblage structurel, l’intégration des éléments mobiles et décoratifs, ainsi que la pose des accessoires fonctionnels. L’élève développe sa dextérité manuelle et son sens artistique, apprenant à marier la robustesse de la construction avec la finesse des ornements, valorisant le patrimoine culturel congolais à travers la sculpture et la marqueterie.

Chapitre 4 : Techniques d’Assemblage et de Montage

4.1. Réalisation des liaisons structurelles

La solidité du meuble repose sur la qualité de ses liaisons. L’élève met en œuvre les différents types d’assemblages étudiés : tenons et mortaises (bâtards, à épaulement), enfourchements, et assemblages à mi-bois. Il adapte le choix de la liaison aux contraintes mécaniques subies par le meuble (traction, compression, cisaillement). La précision de l’ajustement est contrôlée pour garantir un assemblage « gras » favorisant la tenue de la colle. Les techniques de renforcement par chevilles ou équerres invisibles sont également abordées.

4.2. Montage des caissons et structures

L’assemblage des sous-ensembles forme le corps du meuble. Ce sous-chapitre détaille les procédures de montage à blanc pour vérifier l’équerrage et les dimensions. L’élève procède à l’encollage définitif des carcasses d’armoires, des commodes ou des bibliothèques, utilisant des serre-joints et des presses à cadre. Il veille à la planéité des façades et à la perpendicularité des parois. Le montage des fonds de meubles en feuillure ou en rainure est réalisé pour assurer la rigidité (contreventement) de l’ensemble de la structure.

4.3. Ajustage des parties mobiles (portes et tiroirs)

Le fonctionnement fluide des ouvrants est un critère de qualité majeur. L’élève apprend à ajuster les portes (battantes, coulissantes) et les tiroirs dans leurs logements respectifs. Il réalise les jeux fonctionnels nécessaires (2 à 3 mm) pour compenser les variations hygrométriques du bois sans compromettre l’esthétique. Le réglage des coulisses de tiroirs, qu’elles soient en bois traditionnel ou métalliques modernes, est pratiqué pour assurer un glissement doux et silencieux. L’alignement des façades de tiroirs est contrôlé avec rigueur.

4.4. Préparation des surfaces avant finition

La qualité de la finition dépend de la préparation du support. L’élève effectue le ponçage progressif des surfaces, passant des grains grossiers aux grains fins pour éliminer les traces d’usinage, les colles excédentaires et les fibres relevées. Il pratique le brossage pour ouvrir les pores si nécessaire ou le bouche-porage pour obtenir des surfaces lisses. Le raclage manuel est enseigné pour les bois durs à contrefil difficile. Un dépoussiérage méticuleux clôture cette phase, laissant le bois prêt à recevoir les produits de protection et d’embellissement.

Chapitre 5 : Décoration, Sculpture et Marqueterie

5.1. Conception et tracé des motifs ornementaux

L’ornementation ajoute une valeur esthétique et culturelle au meuble. L’élève s’initie à la conception de motifs décoratifs, inspirés de la tradition congolaise ou des styles classiques (Louis XV, Art Déco). Il reporte les dessins sur les pièces de bois à l’aide de calques ou de gabarits. Le choix de l’emplacement des décors (traverses hautes, panneaux de portes, pieds) est étudié pour équilibrer la composition visuelle sans fragiliser la structure. La maîtrise du trait permet de guider précisément les outils de sculpture ou de découpe.

5.2. Techniques de sculpture sur bois

La sculpture donne du relief au mobilier. Ce sous-chapitre forme l’élève au maniement des gouges, fermoirs et burins. Il réalise des moulures de tête, des motifs en bas-relief (feuillages, rosaces) et des sculptures en ronde-bosse pour les pieds de style (pied biche, pied tourné). Il apprend à « lire » le fil du bois pour sculpter sans arracher la matière, exploitant la densité des essences locales comme l’Ébène ou le bois rouge. Le modelé et la finition de la sculpture sont soignés pour accrocher la lumière et dynamiser la surface.

5.3. Marqueterie et incrustation

La marqueterie joue sur le contraste des couleurs et des textures des bois. L’élève apprend à découper et assembler des placages de différentes essences pour créer des motifs géométriques (frisage) ou figuratifs. Il utilise la scie à chantourner ou le couteau de marqueteur pour découper les pièces selon la technique « élément par élément » ou « boulle ». L’incrustation de filets de bois clair ou de nacre dans la masse est pratiquée pour souligner les lignes du meuble. Le collage sous presse et le ponçage fin révèlent l’éclat des compositions.

5.4. Placage et habillage des chants

Le placage permet d’utiliser des bois précieux sur des supports stables et économiques. L’enseignement couvre les techniques de jointage des feuilles de placage (au papier gommé ou au fil thermocollant) et leur collage sur des panneaux de particules ou de contreplaqué. L’élève utilise la presse à plaquer ou la technique au fer chaud pour les petites surfaces. L’habillage des chants (alèses) en bois massif est réalisé avant ou après le placage des faces, assurant une finition soignée et une protection contre les chocs sur les arêtes.

Chapitre 6 : Quincaillerie d’Ameublement et Vitrerie

6.1. Choix et pose des systèmes de rotation

Les ferrures articulent les parties mobiles. L’élève sélectionne les charnières et paumelles adaptées au type d’ouverture (recouvrement, rentrante) et au poids des portes. Il pratique l’entaillage précis pour les charnières traditionnelles et le perçage pour les charnières invisibles à boîtier. Le réglage tridimensionnel des charnières modernes est maîtrisé pour aligner parfaitement les portes. L’installation de pivots pour les portes escamotables ou les plateaux tournants complète cette compétence technique.

6.2. Installation des systèmes de fermeture et de verrouillage

La sécurité et le maintien des fermetures sont assurés par les serrures et loqueteaux. Ce sous-chapitre traite de la pose de serrures en applique, à entailler ou à espagnolette pour les grandes armoires. L’élève réalise les mortaises pour les boîtiers de serrure et les têtières, veillant à la propreté des entailles. Il installe les gâches sur les montants, ajustant leur position pour garantir un verrouillage franc sans jeu excessif. La pose de loqueteaux magnétiques ou à bille est également abordée pour les portes sans clé.

6.3. Pose des organes de préhension et accessoires

Les poignées et boutons finalisent le style du meuble et assurent son ergonomie. L’élève apprend à tracer les axes de perçage avec précision, utilisant des gabarits pour garantir la symétrie sur les façades de tiroirs ou les paires de portes. Il installe divers accessoires d’aménagement intérieur : tringles penderie, supports d’étagères (taquets), range-couverts ou paniers coulissants. La fixation solide de ces éléments est vérifiée pour supporter les charges d’utilisation quotidienne.

6.4. Découpe et intégration des éléments verriers

Le verre apporte transparence et légèreté. L’enseignement couvre la prise de mesures des volumes verriers (cotes feuillure moins le jeu), la découpe du verre clair ou imprimé et le façonnage des arêtes (abattage des carres) pour éviter les coupures. L’élève installe les vitrages dans les châssis de portes ou les plateaux de table, utilisant des parcloses en bois ou des mastics spécifiques. Il veille au calage correct du vitrage pour éviter les contraintes mécaniques pouvant entraîner la bris, assurant une fixation sûre et esthétique.

 

 

PARTIE 3 : FINITION, CONTRÔLE QUALITÉ ET INSTALLATION 🎨

Cette dernière partie consacre l’aboutissement du processus de fabrication. Elle traite de la protection et de l’embellissement des surfaces, conférant au meuble son aspect définitif et sa résistance aux agressions. Elle inclut les procédures rigoureuses de contrôle qualité, de conditionnement et d’installation chez le client, garantissant la satisfaction de l’utilisateur et la pérennité de l’ouvrage dans son environnement final.

Chapitre 7 : Traitements de Surface et Finitions

7.1. Préparation des mélanges et choix des produits

La réussite de la finition dépend de la chimie des produits. L’élève apprend à identifier et sélectionner les produits adaptés : vernis (cellulosiques, polyuréthanes, à l’eau), laques, huiles, cires et teintes. Il maîtrise les dosages des composants (base, durcisseur, diluant) et la viscosité des mélanges pour une application optimale. La compatibilité entre les fonds (bouche-pores, apprêts) et les couches de finition est vérifiée. Les règles de stockage et de manipulation des produits inflammables ou toxiques sont strictement appliquées.

7.2. Application des teintes et fonds durs

La mise en teinte personnalise le bois et harmonise les nuances. Ce sous-chapitre enseigne l’application des teintes à l’eau, à l’alcool ou aux solvants, par essuyage ou pulvérisation, pour révéler le veinage sans masquer la texture. L’application des fonds durs ou bouche-pores prépare la surface en bloquant la pénétration des vernis, assurant une finition garnie et lisse. L’égrenage entre les couches est pratiqué systématiquement pour éliminer les aspérités et favoriser l’accroche chimique ou mécanique des couches suivantes.

7.3. Techniques de vernissage et de laquage

L’application des couches de finition protège et sublime le meuble. L’élève s’exerce aux différentes techniques : au pinceau ou à la mèche pour les vernis tampons traditionnels, et au pistolet pneumatique pour les vernis industriels. Il apprend à régler le jet, la pression d’air et le débit de produit pour obtenir un film tendu, sans coulures ni peau d’orange. La réalisation de finitions mates, satinées ou brillantes est maîtrisée. Le laquage opaque demande une préparation de surface irréprochable et une application multicouche soignée.

7.4. Patines et effets décoratifs spéciaux

Pour les meubles de style ou contemporains, des effets spéciaux sont requis. L’enseignement aborde les techniques de patine pour vieillir artificiellement le bois ou donner du relief aux moulures (céruse, glacis). L’élève expérimente les effets de décapage partiel, les finitions craquelées ou les aspects métal. Ces techniques permettent de valoriser des bois communs ou de répondre à des demandes esthétiques spécifiques. Le lustrage final à la cire ou au polish apporte la touche ultime de douceur et de brillance.

Chapitre 8 : Contrôle Qualité et Conditionnement

8.1. Vérification dimensionnelle et esthétique

La qualité doit être validée avant la livraison. L’élève procède à un contrôle exhaustif du meuble fini : vérification des cotes hors-tout, équerrage des caissons, planéité des surfaces. Il inspecte l’aspect visuel pour détecter les défauts de finition (grains, manques, différences de brillance) et les défauts du bois. Le fonctionnement des parties mobiles (tiroirs, portes, serrures) est testé à nouveau. Une fiche de contrôle est remplie pour attester la conformité de l’ouvrage aux spécifications du client et aux standards de l’atelier.

8.2. Correction des défauts et retouches

Les anomalies détectées doivent être corrigées. Ce sous-chapitre forme l’élève aux techniques de retouche : comblement des petits éclats à la cire dure ou au mastic, raccord de vernis ou de teinte, ajustement fin des quincailleries. Il apprend à intervenir localement sans altérer l’ensemble de la finition. La capacité à analyser les causes des défauts (problème d’usinage, de collage, de finition) permet de mettre en place des actions correctives pour les productions futures, inscrivant l’élève dans une démarche d’amélioration continue.

8.3. Emballage et protection pour le transport

Le transport expose le meuble à des risques de détérioration. L’élève étudie les méthodes de conditionnement adaptées : protection des angles par des coins en carton ou mousse, emballage sous film étirable ou bulle, mise en caisse pour les expéditions longue distance (par exemple de Kinshasa vers l’intérieur du pays). Il identifie les parties fragiles (vitres, poignées saillantes) nécessitant des protections spécifiques ou un démontage partiel. L’étiquetage clair des colis facilite la logistique et la reconnaissance des éléments à la livraison.

8.4. Stockage des produits finis

La gestion des stocks préserve la qualité des meubles en attente de livraison. L’étude porte sur les conditions environnementales du magasin de stockage : température stable, hygrométrie contrôlée, ventilation, protection contre la poussière et la lumière directe du soleil qui peut altérer les teintes. L’organisation du rangement (sur palettes, rayonnages cantilevers) doit éviter les déformations structurelles et permettre une rotation des stocks efficace (premier entré, premier sorti).

Chapitre 9 : Installation sur Site et Réception

9.1. Préparation du chantier d’installation

L’installation chez le client requiert une préparation minutieuse. L’élève apprend à vérifier l’accessibilité des lieux (cages d’escalier, ascenseurs), à protéger les sols et l’environnement existant du client. Il prépare l’outillage portatif nécessaire et les consommables de fixation. La coordination avec les autres corps d’état (électriciens pour les éclairages intégrés, plombiers pour les meubles sous-évier) est anticipée pour assurer une intervention fluide et sans conflits techniques.

9.2. Assemblage final et fixation au bâtiment

Le montage définitif concrétise le projet. L’élève assemble les éléments livrés en kit ou en sous-ensembles, suivant la notice de montage ou les plans. Il procède au calage de niveau des meubles, compensant les irrégularités du sol. La fixation murale des éléments hauts (éléments de cuisine, bibliothèques suspendues) est réalisée avec des chevilles adaptées à la nature du support (béton, brique, cloison creuse), garantissant la sécurité des utilisateurs face aux risques de basculement.

9.3. Raccordements et finitions sur place

L’intégration parfaite du meuble demande des ajustements in situ. Ce sous-chapitre couvre la pose des fileurs pour combler les espaces entre le meuble et les murs, la découpe des plinthes, et l’ajustement final des portes et tiroirs après la mise en charge. Les raccordements électriques des luminaires intégrés sont effectués ou vérifiés. Un nettoyage complet du meuble et de la zone d’intervention élimine toute trace de poussière ou d’emballage, laissant un chantier impeccable.

9.4. Livraison et conseils d’entretien au client

La relation commerciale s’achève par la réception des travaux. L’élève apprend à présenter le meuble au client, démontrant son bon fonctionnement et la qualité des finitions. Il prodigue les conseils d’entretien et d’usage : produits de nettoyage recommandés, précautions contre l’humidité ou la chaleur, maintenance des charnières. La signature du bon de livraison ou du procès-verbal de réception valide l’acceptation de l’ouvrage et déclenche les garanties, clôturant ainsi le cycle de fabrication.

 

 

ANNEXES

A.1. Bibliographie et Ressources Techniques

Une sélection rigoureuse d’ouvrages de référence sur l’ébénisterie, la technologie du bois et le design de mobilier. Elle inclut les catalogues des principaux fournisseurs de quincaillerie et de produits de finition disponibles en RDC, ainsi que les liens vers les normes ISO relatives à l’ameublement.

A.2. Fiches Techniques des Bois d’Ameublement Congolais

Un recueil détaillé présentant les caractéristiques esthétiques et mécaniques des essences locales précieuses : Wenge (noir veiné), Padouk (rouge), Afrormosia (brun doré), Limba (clair), et Bubinga (rosé). Chaque fiche précise la stabilité, la dureté, la facilité d’usinage et le rendu de finition, guidant le choix pour le mobilier haut de gamme.

A.3. Modèles de Documents de Gestion de Production

Des exemplaires types de feuille de débit, de gamme d’usinage, de fiche de coût de revient, de bon de commande et de fiche de contrôle qualité. Ces modèles servent de supports pédagogiques pour les exercices de gestion et d’organisation d’atelier.

A.4. Guide de Maintenance des Machines à Bois

Un manuel simplifié résumant les opérations d’entretien courant pour les machines standard (dégauchisseuse, raboteuse, toupie, scie à format). Il inclut des schémas de graissage, les procédures de changement d’outils et les consignes de sécurité spécifiques à chaque équipement.