COURS D’ACTIVITÉS DE LANGAGE, 3ÈME ANNÉE MATERNELLE, CYCLE PRÉSCOLAIRE
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
0. PRÉLIMINAIRES
0.1. Préface et Note aux Enseignants
Ce manuel constitue un outil didactique fondamental destiné aux éducateurs de la troisième année maternelle en République Démocratique du Congo. L’ouvrage s’aligne rigoureusement sur le Programme National de l’Enseignement Maternel (PNEM) révisé en 2021 et vise à standardiser les pratiques pédagogiques sur l’étendue du territoire national. La maîtrise de la langue orale et l’initiation progressive à l’écrit représentent les piliers de cette année terminale du cycle préscolaire, préparant directement l’enfant à l’entrée en première année primaire. L’enseignant trouvera ici des directives claires pour transformer sa classe en un laboratoire vivant de communication.
0.2. Objectifs Généraux du Cours
L’enseignement dispensé dans ce module poursuit l’objectif terminal d’amener l’enfant de cinq ans à utiliser le langage comme un outil de pensée, de communication et de création. L’apprenant doit acquérir la capacité de comprendre des messages complexes, d’exprimer sa pensée avec clarté et de structurer son discours en respectant les règles syntaxiques de base. Le cours vise également à développer la conscience phonologique et à éveiller l’intérêt pour le code écrit à travers des activités ludiques et fonctionnelles ancrées dans le quotidien congolais.
0.3. Approche Pédagogique et Méthodologique
La méthodologie préconisée repose sur l’approche par les compétences et privilégie la pédagogie active. L’apprentissage de la langue s’effectue en situation réelle de communication, excluant toute mémorisation mécanique dénuée de sens. L’enseignant agit comme un médiateur qui stimule la prise de parole spontanée et organise des interactions structurées entre pairs. Les activités alternent entre des moments d’expression libre, des ateliers dirigés et des jeux symboliques, favorisant ainsi l’intégration naturelle des structures linguistiques.
0.4. Matériel Didactique et Ressources Locales
La mise en œuvre de ce programme requiert l’utilisation créative des ressources disponibles dans l’environnement immédiat de l’école. L’enseignant exploite des objets réels, des images découpées dans des magazines, des marionnettes fabriquées avec des matériaux de récupération (calebasses, tissus, papiers mâchés) et des instruments sonores locaux. L’usage de supports visuels variés, tels que des photos de scènes de vie à Kinshasa ou des paysages du Kongo Central, enrichit le contexte d’apprentissage et stimule l’imaginaire des élèves.
1. PREMIÈRE PARTIE : COMMUNICATION ORALE ET SOCIALISATION 🗣️
Cette première partie consacre ses efforts au développement de l’élocution et à l’usage social du langage. Elle vise à transformer l’enfant en un interlocuteur actif, capable d’interagir avec ses pairs et les adultes dans le respect des normes socioculturelles. L’accent porte sur la libération de la parole, l’enrichissement lexical et la précision dans la description du monde environnant. L’enseignant y construit les fondations de la confiance en soi nécessaire à toute communication efficace.
1.1. Chapitre 1 : Expression Libre et Dialogue Structuré
Ce chapitre focalise l’attention sur la capacité de l’enfant à prendre la parole spontanément et à maintenir un échange cohérent. Il s’agit d’instaurer un climat de confiance propice à l’expression individuelle au sein du groupe.
1.1.1. L’entretien matinal et l’expression spontanée
L’enseignant organise quotidiennement des cercles de parole où chaque enfant raconte un événement vécu ou partage une émotion. Cette routine permet de valoriser le vécu de l’élève, qu’il vienne d’un quartier dense de Mbuji-Mayi ou d’une zone rurale du Kwilu. L’éducateur guide ces échanges pour passer du mot-phrase à des énoncés plus construits, encourageant l’enfant à dépasser la simple juxtaposition d’idées.
1.1.2. Le dialogue avec l’adulte et entre pairs
Les activités proposées ici structurent les interactions verbales en situations duelles ou en petits groupes. L’enfant apprend à poser des questions pertinentes, à écouter la réponse de son interlocuteur et à rebondir sur les propos entendus. Des jeux de rôle simulant des situations de la vie courante, comme une visite au centre de santé ou une conversation téléphonique fictive, servent de support à ces apprentissages.
1.1.3. L’appropriation des règles de politesse et de civilité
L’enseignement des codes sociaux occupe une place centrale dans la socialisation de l’enfant congolais. Ce module intègre l’apprentissage systématique des formules de salutation, de remerciement et d’excuse adaptées aux différents contextes culturels et hiérarchiques. L’élève intériorise l’importance du respect de la parole de l’autre et des tours de parole lors des échanges collectifs.
1.1.4. L’argumentation et la justification simple
L’enfant de cinq ans commence à développer une pensée logique qu’il doit apprendre à verbaliser. Les exercices invitent l’élève à expliquer ses choix, à justifier une préférence ou à défendre une opinion simple lors d’un débat de classe. L’enseignant propose des situations-problèmes, comme le choix d’un jeu collectif, obligeant les enfants à négocier et à argumenter pour trouver un consensus.
1.2. Chapitre 2 : Enrichissement Lexical et Définition des Objets
Ce chapitre traite de l’extension du vocabulaire actif et de la capacité à catégoriser le réel. Il vise la précision sémantique et la capacité à définir les éléments de l’environnement par leurs attributs fonctionnels et physiques.
1.2.1. Définition des objets par l’usage
L’élève apprend à identifier et à nommer les objets en précisant leur fonction utilitaire. Les activités manipulent des outils concrets issus du quotidien, tels que les ustensiles de cuisine ou les outils aratoires observés dans les champs du Sud-Kivu. L’enfant construit des phrases du type « La houe sert à cultiver la terre » ou « Le stylo sert à écrire », ancrant le vocabulaire dans l’action.
1.2.2. Description par les traits et qualités
Ce module exerce l’enfant à observer finement les caractéristiques physiques des êtres et des choses. Les élèves décrivent la texture, la forme, la couleur et la taille d’objets variés, comme les tissus pagnes vendus au marché de Kisangani ou les fruits tropicaux locaux. L’enrichissement des adjectifs qualificatifs permet d’affiner la perception et la restitution verbale de la réalité.
1.2.3. Association verbale utilité-qualité
L’enseignant propose des exercices cognitifs complexes où l’enfant doit relier un objet à sa fonction et à ses propriétés intrinsèques. Les jeux d’association demandent à l’élève d’expliquer pourquoi tel matériau convient à tel usage, par exemple la solidité du bois pour la construction de meubles. Cette gymnastique intellectuelle renforce la cohérence du discours descriptif.
1.2.4. Les jeux de devinettes et de définition
Les devinettes constituent un excellent moyen ludique pour vérifier la compréhension et la production de définitions. Un enfant décrit un objet caché sans le nommer, en utilisant ses caractéristiques et son usage, tandis que ses camarades tentent de l’identifier. Cette pratique mobilise l’ensemble du vocabulaire acquis et stimule la fluidité verbale.
1.3. Chapitre 3 : Structuration Syntaxique et Mémoire Auditive
Ce chapitre aborde la construction grammaticale de la phrase et le développement des capacités mnésiques auditives. Il prépare l’enfant à manipuler des structures langagières complexes et à retenir des informations séquentielles.
1.3.1. Construction de petites phrases cohérentes
L’objectif est d’amener l’enfant à produire des phrases complètes comportant un sujet, un verbe et des compléments. L’enseignant utilise des supports imagés représentant des actions claires pour susciter des productions syntaxiques correctes. Les élèves s’exercent à varier les verbes d’action et à utiliser correctement les pronoms personnels et les prépositions spatiales.
1.3.2. Répétition et mémorisation de séries de mots
La mémoire auditive, prérequis indispensable à la lecture, se travaille par la répétition de suites logiques et illogiques de mots. Les exercices incluent la mémorisation de listes d’achats fictives ou de noms d’animaux rencontrés dans les parcs nationaux comme la Garamba. Cette activité renforce la capacité de concentration et l’empan mnésique de l’enfant.
1.3.3. Expression des ressemblances et différences
L’élève développe son esprit d’analyse en verbalisant les similitudes et les distinctions entre deux objets ou images. En comparant par exemple un camion et une voiture, ou un palmier et un manguier, l’enfant utilise des connecteurs logiques comme « mais », « tandis que », « aussi que ». Ce travail de comparaison structure la pensée classificatoire.
1.3.4. Le langage explicite et le commentaire
Ce dernier module du chapitre invite l’enfant à produire un discours décontextualisé, compréhensible sans support visuel immédiat. L’élève commente une nouvelle entendue à la radio ou explique une règle de jeu à un camarade absent lors de l’explication initiale. Cette compétence marque le passage vers un langage d’évocation, essentiel pour la réussite scolaire ultérieure.
2. DEUXIÈME PARTIE : ÉVEIL À L’ÉCRIT ET PRÉ-LECTURE 📖
La deuxième partie du cours jette les bases cognitives et sensorielles nécessaires à l’apprentissage formel de la lecture et de l’écriture. Elle ne vise pas l’enseignement systématique du code alphabétique, mais le développement de la conscience phonologique, de l’orientation spatio-temporelle et de la compréhension du fonctionnement de l’écrit. L’enfant découvre que la langue orale peut être codée et que les signes graphiques portent du sens.
2.1. Chapitre 4 : Discrimination Auditive et Orthophonie
Ce chapitre se concentre sur l’analyse sonore de la langue. L’enfant apprend à écouter, à isoler et à manipuler les sons, développant ainsi une conscience phonologique aiguisée indispensable au décodage futur.
2.1.1. Identification et localisation des sons
Les exercices proposés entraînent l’enfant à repérer la source et la nature d’un son dans l’environnement ou dans les mots. L’enseignant utilise des lotos sonores ou des jeux d’écoute active où l’élève doit identifier des bruits familiers de la ville de Lubumbashi ou de la savane. La localisation spatiale de la source sonore affine la perception auditive globale.
2.1.2. Perception de la longueur et de l’intensité des sons
L’élève apprend à distinguer les sons longs des sons courts, ainsi que les variations d’intensité. Des activités musicales et rythmiques permettent de matérialiser ces concepts abstraits. L’enfant associe des gestes corporels à la durée des sons vocaliques, préparant ainsi la distinction entre les syllabes orales.
2.1.3. Répétition de sons et phonèmes spécifiques
Ce module vise la correction articulatoire et la discrimination fine des phonèmes proches. L’enseignant propose des comptines et des virelangues mettant en jeu des sonorités spécifiques de la langue française et des langues nationales. L’attention se porte sur la prononciation claire et la distinction entre des sons comme [b] et [p] ou [d] et [t].
2.1.4. Reconnaissance de sons dans les mots
L’enfant s’exerce à repérer la présence d’un son cible à l’intérieur de mots présentés oralement ou par images. Les jeux de « chasse aux sons » invitent les élèves à trouver tous les objets de la classe dont le nom contient le son [a] ou [i]. Cette activité constitue le premier pas vers l’analyse segmentale de la parole.
2.2. Chapitre 5 : Structuration Spatio-Temporelle
La maîtrise de l’espace et du temps conditionne l’accès à la lecture linéaire et à la compréhension narrative. Ce chapitre propose des activités pour organiser la perception visuelle et la chronologie des événements.
2.2.1. Orientation spatiale et directionnalité
La lecture s’effectuant de gauche à droite et de haut en bas, l’enfant doit intégrer ces sens de progression. Les exercices de tracé, de rangement d’objets sur une étagère ou de disposition de jetons suivent rigoureusement cette directionnalité. L’enseignant veille à ce que l’organisation de l’espace graphique sur la feuille respecte ces conventions.
2.2.2. Rangement et sériation d’objets
L’élève apprend à ordonner des éléments selon des critères définis, développant la logique séquentielle. Les activités de tri et de classement d’objets par taille, couleur ou forme préparent à la reconnaissance des lettres et des mots. L’utilisation de graines, de cailloux ou de bouchons collectés localement rend ces exercices concrets et manipulables.
2.2.3. Chronologie et reconstitution d’histoires
La compréhension du récit repose sur la capacité à ordonner les événements dans le temps. L’enfant remet en ordre des images séquentielles racontant une activité quotidienne, comme la préparation du fufu ou le trajet vers l’école. L’usage des connecteurs temporels « d’abord », « ensuite », « enfin » est systématiquement encouragé lors de la verbalisation.
2.2.4. Achèvement de phrases et anticipation
Ce module stimule la capacité d’anticipation sémantique et syntaxique. L’enseignant commence une phrase que l’enfant doit terminer logiquement, ou raconte une histoire dont les élèves doivent inventer la fin. Cet exercice développe la compréhension implicite et la créativité narrative.
2.3. Chapitre 6 : Contact avec l’Écrit et Lecture d’Images
Ce chapitre familiarise l’enfant avec les supports de l’écrit et le décodage des images, qui constituent une première forme de lecture symbolique.
2.3.1. Observation et lecture d’images
L’image fixe est utilisée comme un support riche pour le langage et l’interprétation. Les élèves décrivent des scènes complexes, émettent des hypothèses sur les intentions des personnages et imaginent les dialogues. L’enseignant choisit des visuels ancrés dans la culture congolaise pour garantir l’intérêt et la compréhension immédiate du contexte.
2.3.2. Reconnaissance globale du prénom et de mots familiers
L’enfant apprend à reconnaître son prénom et ceux de ses camarades écrits en script ou en capitales d’imprimerie. L’étiquetage des objets de la classe et l’utilisation de cartes-mots permettent une imprégnation visuelle progressive. L’objectif est la reconnaissance globale de la forme du mot, sans passer par le déchiffrage lettre par lettre.
2.3.3. Lecture par images et pictogrammes
L’enseignant introduit des systèmes de codage simples où des images ou des pictogrammes remplacent les mots. Les enfants « lisent » des recettes de cuisine imagées ou des règles de vie de la classe représentées par des symboles. Cette activité fait comprendre que le signe graphique véhicule un message précis et constant.
2.3.4. Association image-mot et répétition de sons
Les exercices relient le mot oral, son image et sa représentation écrite. L’enfant associe une étiquette-mot à l’objet correspondant ou regroupe des images dont les noms commencent par la même syllabe. Ce travail renforce le lien entre le signifiant sonore, le signifié visuel et le code graphique.
3. TROISIÈME PARTIE : EXPRESSION ARTISTIQUE ET DRAMATIQUE 🎭
La troisième partie exploite la dimension esthétique et ludique du langage. À travers les contes, le théâtre et la poésie, l’enfant explore les émotions, l’imaginaire et la musicalité de la langue. Ces activités favorisent l’aisance corporelle, la mémorisation et l’appropriation culturelle des traditions orales de la RDC.
3.1. Chapitre 7 : L’Univers du Conte et de la Narration
Le conte constitue un vecteur privilégié pour la transmission des valeurs et le développement de l’imaginaire. Ce chapitre guide l’enseignant dans l’art de raconter et de faire raconter.
3.1.1. Le conte improvisé à partir d’objets
L’enseignant stimule la créativité en demandant aux enfants d’inventer une petite histoire à partir d’un objet tiré d’un « sac à malices ». Un simple coquillage ramassé à Moanda ou un morceau de tissu peut devenir le point de départ d’une aventure extraordinaire. L’exercice développe la fluidité narrative et la capacité à structurer un récit spontané.
3.1.2. Récits de faits réels et vécus
L’élève apprend à rapporter avec fidélité un événement réel, en respectant la vérité des faits. Le récit d’une excursion scolaire ou d’une fête familiale permet de travailler la précision du vocabulaire et la chronologie. L’enseignant veille à ce que l’enfant distingue clairement le réel de l’imaginaire.
3.1.3. Contes traditionnels et folklore congolais
Ce module valorise le patrimoine culturel en introduisant les contes issus des différentes provinces de la RDC. Les histoires mettant en scène la tortue et le léopard, ou les épopées des ancêtres, sont racontées puis réappropriées par les enfants. Cette transmission orale renforce l’identité culturelle et offre des structures narratives classiques rassurantes.
3.1.4. Canevas de mots et création collective
L’enseignant propose une liste de mots imposés (par exemple : forêt, rivière, pirogue, crocodile) que les enfants doivent intégrer dans une histoire collective. Cette contrainte ludique oblige les élèves à faire preuve d’agilité mentale et à construire des liens logiques entre des éléments disparates pour créer un sens global.
3.2. Chapitre 8 : Dramatisation et Jeux de Rôles
Le jeu dramatique permet à l’enfant d’incarner des personnages et de vivre la langue à travers le corps et l’émotion. Il favorise l’extériorisation et la communication non verbale.
3.2.1. Saynètes dramatiques et improvisation
Les enfants mettent en scène de courtes situations, soit en reproduisant un conte connu, soit en improvisant sur un thème donné. Ils apprennent à moduler leur voix, à occuper l’espace scénique et à interagir avec leurs partenaires de jeu. L’enseignant encourage l’expression des émotions et la caractérisation des personnages par le geste et l’intonation.
3.2.2. Théâtre de marionnettes
La marionnette offre un support médiateur idéal pour les enfants timides. Caché derrière le castelet, l’élève ose prendre la parole et faire dialoguer son personnage. La fabrication et la manipulation de marionnettes à gaine ou à fils développent également la motricité fine et la coordination oeil-main.
3.2.3. Mimes et expression corporelle
Le langage du corps précède et accompagne le langage verbal. Les jeux de mime, où l’enfant doit faire deviner une action ou un métier sans parler, affinent l’expressivité gestuelle. L’association ultérieure de la parole au geste renforce la puissance communicative du message.
3.2.4. Mise en scène de situations sociales
Les jeux de rôles reproduisent des interactions sociales complexes, comme le règlement d’un conflit ou l’accueil d’un visiteur. Ces mises en situation permettent aux enfants d’expérimenter différents registres de langue et de comprendre les dynamiques relationnelles. L’enseignant guide la réflexion sur les comportements adaptés et les solutions pacifiques.
3.3. Chapitre 9 : Poésie, Récitation et Mémoire
Ce dernier chapitre cultive la sensibilité au rythme et à la sonorité de la langue. La mémorisation de textes poétiques enrichit le bagage linguistique et exerce la mémoire verbale.
3.3.1. Récitation de textes courts et comptines
L’apprentissage par cœur de comptines et de courts poèmes habitue l’enfant aux structures rythmiques et aux rimes. Le répertoire choisi puise dans la tradition orale enfantine locale et francophone. La répétition collective et individuelle favorise l’imprégnation syntaxique et phonétique.
3.3.2. Association parole et gestes
La récitation est systématiquement accompagnée de gestes illustratifs ou rythmiques. Cette approche multisensorielle facilite la mémorisation et aide l’enfant à comprendre le sens des mots. La coordination entre le dire et le faire structure le schéma corporel et la maîtrise temporelle.
3.3.3. Déclamation et expressivité
L’élève apprend à dire un texte avec intention, en variant le ton, le volume et le débit. L’enseignant insiste sur l’articulation soignée et la projection de la voix. La déclamation devant le groupe classe renforce l’assurance et prépare à la prise de parole en public.
3.3.4. Création poétique et jeux de rimes
L’enseignant initie les enfants à la création poétique simple en jouant avec les mots et les sons. Les élèves inventent des rimes, créent des allitérations ou composent de petites ritournelles. Cette activité ludique désacralise la langue et permet à l’enfant de s’approprier son pouvoir créateur.
ANNEXES
Annexe 1 : Grille d’Évaluation des Compétences Langagières
Cette annexe fournit un outil d’observation critérié pour mesurer les progrès de chaque élève. Elle détaille les indicateurs de réussite pour l’expression orale, la compréhension, la discrimination auditive et la participation aux activités collectives. La grille permet à l’enseignant de dresser un profil linguistique précis et d’ajuster ses interventions pédagogiques.
Annexe 2 : Répertoire de Contes et Comptines de la RDC
Ce document propose une sélection de textes issus du patrimoine oral des différentes provinces congolaises, adaptés au niveau de la troisième maternelle. Il inclut des contes en français et des suggestions pour l’intégration des langues nationales (Lingala, Swahili, Kikongo, Tshiluba) afin de valoriser le bilinguisme additif.
Annexe 3 : Guide de Fabrication de Matériel Didactique
Cette section offre des fiches techniques illustrées pour la confection de marionnettes, de jeux de loto, d’images séquentielles et d’instruments sonores à partir de matériaux de récupération locaux. Elle vise à autonomiser l’enseignant et à pallier le manque de matériel manufacturé dans certaines écoles.
Annexe 4 : Glossaire des Termes Pédagogiques
Un lexique concis définit les concepts clés utilisés dans le manuel, tels que « conscience phonologique », « latéralité », « mot-phrase » ou « situation-problème ». Cet outil de référence assure une compréhension commune du vocabulaire didactique par l’ensemble de la communauté éducative.