MANUELS SCOLAIRES

COURS D’ACTIVITÉS SENSORIELLES, 3ÈME ANNÉE MATERNELLE

Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC

0. PRÉLIMINAIRES

0.1. Préface et Note Pédagogique 📝

Ce manuel constitue un guide didactique fondamental pour l’éducateur de la troisième année maternelle en République Démocratique du Congo. Il s’aligne rigoureusement sur le Programme National de l’Enseignement Maternel (PNEM) révisé en 2021, visant le développement intégral de l’enfant de cinq ans. L’éducation sensorielle représente la porte d’entrée de l’intelligence chez le jeune enfant, permettant de structurer sa perception du monde par l’affinement méthodique de ses cinq sens. Ce cours dépasse la simple manipulation pour atteindre des opérations mentales de discrimination, de classification et de mémorisation, préparant directement aux apprentissages fondamentaux de l’école primaire.

0.2. Objectifs Généraux du Cours 🎯

L’enseignement des activités sensorielles en troisième maternelle vise l’acquisition d’une perception fine et analytique de l’environnement. L’apprenant doit devenir capable d’isoler une qualité sensorielle spécifique, de la nommer et de la classer. Le programme ambitionne de développer la mémoire sensorielle (visuelle, auditive, tactile, kinesthésique), d’affiner la discrimination des nuances (couleurs, sons, textures, saveurs) et de favoriser l’autonomie par la maîtrise des gestes moteurs liés aux sensations. L’objectif ultime réside dans l’organisation structurée des perceptions pour faciliter l’abstraction ultérieure.

0.3. Méthodologie et Approche Didactique 🧠

La démarche pédagogique privilégie l’expérience concrète et l’activité propre de l’enfant. L’enseignant adopte une posture de médiateur, organisant l’environnement pour susciter l’exploration active. La progression suit les trois temps de la pédagogie active : l’association (percevoir et apparier), la reconnaissance (identifier parmi d’autres) et la nomination (verbaliser la qualité perçue). Les séances alternent entre exploration libre, jeux dirigés et exercices de consolidation, ancrés dans les réalités culturelles et matérielles des différentes provinces de la RDC.

0.4. Matériel Didactique et Ressources Locales 🎒

La mise en œuvre de ce programme requiert la constitution d’un matériel sensoriel riche et diversifié, puisé dans l’environnement immédiat. L’enseignant rassemble des collections d’objets naturels (graines du Kasaï, pierres du Katanga, essences de bois de l’Équateur) et manufacturés (tissus, bouteilles, emballages). L’utilisation de matériaux de récupération et de ressources locales garantit la faisabilité des activités sur tout le territoire national, tout en valorisant le patrimoine congolais. Le matériel doit être esthétique, propre et sécurisé pour inviter à la manipulation.

1. PREMIÈRE PARTIE : LES SENS DE LA DISCRIMINATION À DISTANCE (VUE ET OUÏE) 👀👂

Cette première partie se consacre à l’affinement des sens qui permettent à l’enfant d’appréhender son environnement sans contact physique direct : la vue et l’ouïe. Elle structure la perception visuelle par la maîtrise des couleurs, des formes et de l’organisation spatiale, compétences prérequises essentielles à la lecture et à l’écriture. Parallèlement, elle développe l’acuité auditive nécessaire à la conscience phonologique et à l’attention, fondamentales pour les futurs apprentissages linguistiques. L’approche méthodique transforme le regard passif en observation active et l’audition simple en écoute analytique.

1.1. Chapitre 1 : Discrimination et Organisation Visuelle

Ce chapitre traite de la capacité de l’enfant à percevoir, distinguer et organiser les informations visuelles. Il s’agit d’entraîner l’œil à repérer des détails fins, à identifier des similitudes et à structurer l’espace graphique.

1.1.1. Identification et classification des couleurs

L’enfant consolide la maîtrise des couleurs fondamentales et découvre les nuances secondaires et neutres. Le programme impose l’identification précise du noir, blanc, rouge, bleu, jaune, violet, orange, vert, gris et brun. Les activités incluent des jeux de tri de tissus (pagnes wax) ou d’objets naturels (fleurs, feuilles) collectés dans la cour de l’école, permettant d’associer le nom de la couleur à sa perception chromatique réelle.

1.1.2. Discrimination des formes et des ressemblances

Cette section exerce l’enfant à isoler la forme des objets indépendamment de leur couleur ou de leur taille. L’enseignant propose des exercices de « jumeaux » où l’élève doit apparier des éléments rigoureusement identiques parmi un ensemble hétéroclite. L’observation porte sur les contours, les motifs et les orientations spatiales, utilisant par exemple des silhouettes d’animaux de la faune congolaise ou des formes géométriques planes.

1.1.3. Exercices sur les éléments manquants et superflus

L’analyse visuelle s’affine par la détection d’anomalies dans des images ou des objets. L’enfant identifie les lacunes dans un dessin incomplet (une chaise à trois pieds, un visage sans nez) et repère les éléments intrus ou « de trop » dans une composition (le surfait). Ces exercices de complétion et d’élimination développent l’esprit critique et l’attention au détail.

1.1.4. Association et coordination visio-motrice

L’apprentissage vise ici à coordonner la vision et le geste précis. L’élève réalise des appariements logiques entre des objets (la clé et le cadenas, la pirogue et la pagaie) et exécute des gestes correspondants à l’usage de l’objet visualisé. Cette section prépare graphiquement l’enfant en affinant le pilotage visuel de la main lors de tâches de précision.

1.2. Chapitre 2 : Mémoire Visuelle et Observation

Ce chapitre focalise sur la rétention des informations perçues visuellement. La mémoire visuelle constitue un pilier de l’apprentissage scolaire, notamment pour l’orthographe lexicale future.

1.2.1. Énumération après visualisation

L’enseignant présente une série d’objets ou d’images pendant un temps limité, puis les masque. L’enfant doit nommer de mémoire les éléments observés. La progression se fait par l’augmentation du nombre d’objets, passant de trois à une dizaine, en utilisant des items familiers comme des fruits locaux (mangues, safous, papayes) ou des fournitures scolaires.

1.2.2. Le jeu de Kim et la disparition d’objets

Cette activité ludique entraîne l’enfant à repérer la modification d’un ensemble visuel. Après observation d’une collection d’objets, l’un d’eux est retiré à l’insu de l’élève qui doit identifier l’élément manquant. Cette pratique renforce la concentration et la capacité à maintenir une image mentale stable.

1.2.3. Reproduction de modèles et de séquences

L’élève observe une disposition spatiale d’objets ou un enchaînement de perles colorées et doit le reproduire à l’identique. L’exercice sollicite l’analyse séquentielle et le respect de la topologie. Les modèles peuvent être construits avec des graines, des bâtonnets ou des bouchons, favorisant la structuration de l’espace de gauche à droite.

1.2.4. Le jeu de Memory à découvert

Contrairement au Memory classique, cette variante propose d’associer des paires d’images disposées face visible mais dispersées. L’enfant doit balayer visuellement l’espace pour reconnecter les éléments identiques. L’activité développe la stratégie d’exploration visuelle et la rapidité de traitement de l’information graphique.

1.3. Chapitre 3 : Perception et Discrimination Auditive

Ce chapitre aborde l’éducation de l’oreille, essentielle pour la communication et la sécurité. Il guide l’enfant vers une écoute active et discriminative des sons de son environnement.

1.3.1. Écoute et identification des bruits hétéroclites

L’enfant apprend à isoler et reconnaître des sons variés issus du quotidien ou de la nature. L’enseignant utilise des enregistrements ou produit des bruits réels (froissement de papier, versement d’eau, bruits de la ville comme les klaxons ou le marché). L’objectif est d’associer le stimulus sonore à sa source et à son agent producteur.

1.3.2. Reproduction de rythmes et de sons

Cette section lie l’audition à la production sonore. L’élève écoute une séquence rythmique frappée (mains, tambourin, tam-tam) et doit la reproduire fidèlement. L’exercice travaille la mémoire auditive immédiate et le sens du tempo, ancrant les bases de la musicalité et de la prosodie du langage.

1.3.3. Discrimination des intensités et des timbres

L’élève distingue les sons forts des sons faibles, les sons aigus des sons graves, et identifie les timbres de différents instruments ou voix. Des jeux de reconnaissance vocale (« Qui m’appelle ? ») ou d’instruments traditionnels (lokole, xylophone) permettent d’affiner la sensibilité aux nuances sonores.

1.3.4. Mémoire auditive et exécution de consignes

L’activité consiste à mémoriser une série de sons ou de mots entendus pour les restituer ou agir en conséquence. L’enseignant propose des consignes sonores complexes ou des suites de bruits que l’enfant doit décoder et exécuter motricement (ex: un coup de sifflet pour s’asseoir, deux pour courir). Cela renforce le lien auditivo-moteur.

2. DEUXIÈME PARTIE : LES SENS DU CONTACT IMMÉDIAT (TOUCHER, GOÛT, ODORAT) ✋👅👃

Cette seconde partie explore les sens qui nécessitent une proximité physique ou chimique avec l’objet : le tactile, le gustatif et l’olfactif. Ces sens, souvent relégués au second plan dans l’éducation formelle, jouent pourtant un rôle crucial dans la connaissance de la matière, la sécurité alimentaire et l’hygiène. Le programme vise à verbaliser ces sensations souvent intuitives et à structurer le vocabulaire sensoriel de l’enfant (rugueux, lisse, acide, amer, parfumé). L’approche valorise la découverte des textures, des saveurs locales et des odeurs caractéristiques des terroirs congolais.

2.1. Chapitre 4 : Exploration Tactile et Stéréognosie

Ce chapitre développe la sensibilité cutanée et la capacité de la main à informer le cerveau sur les qualités de la matière. Il éduque le toucher actif pour en faire un outil de connaissance précis.

2.1.1. Discrimination des textures et états de surface

L’enfant explore par le toucher des contrastes variés : lisse et rugueux, doux et piquant, dur et mou. L’enseignant constitue des panneaux tactiles ou des collections de matériaux (velours, toile de jute, écorces d’arbres, galets de rivière) que l’élève manipule pour classer selon la sensation tactile dominante.

2.1.2. Perception thermique et baryque

Cette section affines la perception de la température et du poids par le toucher. L’élève manipule des flacons contenant de l’eau à différentes températures (tiède, froide, chaude sécurisée) et classe des objets selon leur poids (lourd/léger) sans utiliser la vue. L’utilisation de matériaux comme le bois, le métal ou la pierre permet de ressentir les différences de conductivité thermique.

2.1.3. Reconnaissance stéréognosique (Le sac à mystères)

L’activité emblématique du « sac à surprises » prive l’enfant de la vue pour focaliser son attention sur le toucher. L’élève plonge la main dans un sac et doit identifier des objets familiers (clé, cuillère, géométries en bois) uniquement par palpation. Cet exercice favorise la construction de l’image mentale de l’objet à partir d’informations tactiles.

2.1.4. Exercices tactilo-moteurs

L’enfant exécute des gestes précis guidés par la sensation tactile. Il peut s’agir de suivre un tracé en relief avec le doigt, de trier des graines (haricots, maïs, arachides) les yeux bandés ou d’apparier des étoffes de même texture. Cette coordination renforce la motricité fine sous contrôle tactile.

2.2. Chapitre 5 : Éducation Gustative

Ce chapitre éveille le goût et structure la reconnaissance des saveurs. Il joue un rôle préventif majeur en apprenant à distinguer les substances comestibles des produits dangereux.

2.2.1. Identification des saveurs fondamentales

L’élève apprend à reconnaître et nommer les saveurs de base : sucré, salé, acide et amer. L’enseignant propose des dégustations de solutions diluées ou d’aliments types (canne à sucre, sel, citron, ndungu/piment doux ou quinine en trace infime) pour isoler chaque sensation gustative.

2.2.2. Reconnaissance des aliments et boissons locaux

L’activité ancre l’éducation sensorielle dans le patrimoine culinaire. Les enfants goûtent et identifient les yeux fermés des aliments courants de leur région : morceaux de fruits (ananas, banane), légumes cuits, ou boissons locales (jus de gingembre doux, lait). Cela enrichit le vocabulaire alimentaire et valorise la diversité des produits congolais.

2.2.3. Discrimination fine des goûts

L’exercice consiste à distinguer des nuances entre des produits proches ou à apparier des saveurs identiques. L’enfant compare par exemple différentes variétés de fruits ou classe des aliments du plus sucré au moins sucré. Cette pratique affine le palais et l’attention gustative.

2.2.4. Sécurité et hygiène alimentaire

Au-delà du plaisir, ce module enseigne la prudence. L’enfant apprend à ne jamais goûter un produit inconnu sans l’aval de l’adulte. L’enseignant présente visuellement (sans dégustation) les produits dangereux ou avariés pour apprendre à les rejeter, intégrant ainsi les règles d’hygiène et de sécurité domestique.

2.3. Chapitre 6 : Éducation Olfactive

Ce chapitre traite de l’odorat, sens de la mémoire et de l’alerte. Il vise à affiner la discrimination des odeurs et à développer le vocabulaire olfactif souvent pauvre.

2.3.1. Reconnaissance et identification des odeurs

L’enfant exerce son nez à reconnaître des substances variées cachées dans des flacons opaques perforés. L’enseignant utilise des produits à forte signature olfactive comme le café, le savon, l’ail, ou des fleurs locales (frangipanier). L’objectif est d’associer l’odeur à son nom et à sa source.

2.3.2. Classification des odeurs (Agréable / Désagréable)

Cette section travaille la subjectivité et la catégorisation. Les élèves trient les odeurs selon qu’ils les trouvent plaisantes (parfums, fruits mûrs) ou repoussantes (aliments pourris, ordures). Cette distinction binaire permet d’introduire les notions de fraîcheur et de qualité de l’environnement.

2.3.3. Discrimination et paires olfactives

L’exercice de mise en paire demande une grande concentration. L’enfant dispose de deux séries de flacons et doit retrouver les deux contenants qui possèdent la même odeur (ex: retrouver les deux flacons sentant la vanille parmi d’autres). Cela développe la discrimination fine et la mémoire olfactive immédiate.

2.3.4. L’odorat comme signal d’alerte

L’enseignement met l’accent sur la fonction protectrice de l’odorat. L’élève apprend à identifier les odeurs signalant un danger potentiel, comme la fumée, le brûlé ou les produits chimiques ménagers. L’enseignant simule des situations où l’odorat permet de prévenir un accident ou d’éviter un aliment impropre à la consommation.

3. TROISIÈME PARTIE : LE SENS KINESTHÉSIQUE ET L’INTÉGRATION SENSORIELLE 💪🧩

La troisième partie aborde le sens kinesthésique, ou la perception du corps en mouvement et de l’effort musculaire. Contrairement aux autres sens qui captent des informations externes, la kinesthésie informe sur l’état interne, la position, la force et la résistance. Ce domaine est crucial pour le contrôle moteur, l’habileté manuelle et l’autonomie physique. Les activités proposées lient la sensation musculaire à l’efficacité du geste, permettant à l’enfant d’ajuster sa force pour agir sur la matière (visser, couper, porter). Cette partie intègre également la synthèse de toutes les perceptions pour une action coordonnée.

3.1. Chapitre 7 : Perception de la Force et de la Résistance

Ce chapitre éduque la « mémoire des muscles ». Il permet à l’enfant de conscientiser l’effort nécessaire pour accomplir une action et d’ajuster son tonus musculaire en fonction de l’objet manipulé.

3.1.1. Appréciation du poids et perception baryque

L’enfant manipule des objets de volumes identiques mais de poids différents (tablettes baryques) pour sentir la pression exercée sur la main. Il classe les objets du plus léger au plus lourd. L’utilisation de paniers remplis de charges variables (coton, pierres, sable) permet de vivre physiquement la notion de densité et de gravité.

3.1.2. Adaptation de la force musculaire (Pousser, Tirer, Soulever)

Les activités physiques proposées demandent de doser l’énergie. L’élève expérimente la différence d’effort entre pousser un meuble lourd et une chaise légère, ou tirer une corde avec résistance. L’enseignant guide la prise de conscience de la tension musculaire nécessaire pour vaincre l’inertie ou la résistance de la matière.

3.1.3. Exercices de tension et relâchement

Cette section apprend le contrôle volontaire du tonus. Par des jeux de « poupée de chiffon » ou de « soldat de bois », l’enfant alterne entre rigidité et détente complète. Cette maîtrise est indispensable pour éviter la fatigue graphique et favoriser une posture adéquate lors des activités scolaires.

3.1.4. Perception de la résistance des matériaux

L’élève manipule des matériaux aux propriétés mécaniques différentes : élastiques, pâte à modeler, argile, fil de fer. Il ressent la résistance à la déformation (élasticité, plasticité, rigidité) et apprend à moduler sa force pour modeler ou transformer la matière sans la rompre.

3.2. Chapitre 8 : Activités Kinesthésiques Manuelles

Ce chapitre applique la perception kinesthésique aux tâches de la vie pratique et scolaire. Il développe l’habileté manuelle fine par des gestes techniques précis nécessitant un ajustement constant de la force.

3.2.1. Le vissage et le dévissage

L’activité de vissage sollicite la rotation du poignet et la coordination des doigts avec une force graduée. L’enseignant propose des flacons de tailles variées, des boulons et écrous de gros calibre. L’enfant doit serrer suffisamment pour fermer, mais pas trop pour pouvoir rouvrir, exerçant ainsi son contrôle kinesthésique fin.

3.2.2. L’épluchage et le découpage

Ces gestes utilitaires demandent une maîtrise de la pression et de la direction. L’élève s’exerce à éplucher des fruits (bananes, oranges) ou à découper du papier et du carton. Il doit sentir la résistance de la peau ou du matériau pour adapter la pression des ciseaux ou des doigts, évitant d’écraser le fruit ou de déchirer le papier.

3.2.3. Les exercices d’enfilage et de laçage

L’enfilage de perles ou le laçage de chaussures requiert une précision visio-motrice et une gestion fine de la tension du fil. L’enfant apprend à tenir l’aiguille ou le lacet avec la force adéquate et à tirer le fil avec une tension constante pour aligner les éléments. Ces activités préparent directement à la tenue de l’outil scripteur.

3.2.4. Jeux d’empreintes et de grattage

L’enfant exerce une pression sur une surface pour laisser une trace (pâte à modeler, sable humide) ou gratte une surface pour révéler une couleur. Il expérimente le lien direct entre l’intensité de sa force musculaire et le résultat visible (empreinte profonde ou superficielle), affinant ainsi sa modulation gestuelle.

3.3. Chapitre 9 : Mémoire Kinesthésique et Latéralité

Ce dernier chapitre consolide l’intégration du schéma corporel et la mémoire du geste. Il assure que les mouvements appris deviennent automatiques et fluides.

3.3.1. Reproduction de gestes sans contrôle visuel

L’enfant doit reproduire une posture ou un mouvement de main qu’on lui a fait prendre passivement, sans regarder. L’enseignant place les bras de l’enfant dans une position précise, puis demande à l’élève de la maintenir ou de la refaire seul. Cela développe la proprioception, c’est-à-dire la connaissance de la position de son corps dans l’espace.

3.3.2. Mémoire des séquences motrices

L’activité consiste à enchaîner une série de mouvements appris (ex: « moulinet » des bras, enroulement de fil). L’élève doit se souvenir de l’enchaînement musculaire et le reproduire avec fluidité. Ces exercices, comme les comptines à gestes complexes, renforcent l’automatisation des praxies.

3.3.3. Reconnaissance et usage de la latéralité

Bien que transversale, la latéralité est ici abordée sous l’angle sensoriel. L’enfant identifie sa main dominante par des tâches de force et de précision (lancer, découper). Il apprend à distinguer sa gauche de sa droite sur son propre corps en associant des sensations kinesthésiques (le côté qui porte le bracelet, le côté fort).

3.3.4. Exécution de gestes sur consigne tactile

L’enseignant trace une forme ou un chiffre dans le dos ou la paume de l’enfant, qui doit ensuite reproduire ce mouvement dans l’espace ou sur papier. Cet exercice de transfert intermodal (du tactile au kinesthésique) vérifie la bonne intégration mentale du geste et la sensibilité proprioceptive.

ANNEXES

Annexe 1 : Grille d’Évaluation des Compétences Sensorielles 📊

Cette annexe fournit à l’enseignant un outil standardisé pour observer et noter les progrès de chaque élève. Elle se présente sous forme de tableau à double entrée, listant les compétences spécifiques (ex: « Discerne les couleurs secondaires », « Identifie 3 odeurs distinctes ») et les niveaux d’acquisition. Elle permet un suivi individualisé et l’identification des éventuels troubles sensoriels nécessitant une orientation médicale (daltonisme, hypoacousie).

Annexe 2 : Liste du Matériel Sensoriel de Base (Contexte RDC) 📦

Ce document recense les objets indispensables à la conduite des activités, en privilégiant les ressources locales et gratuites. Il propose des équivalences pour les écoles rurales : calebasses pour les boîtes à sons, graines de maïs/haricots pour le tri, tissus pagnes pour les couleurs, argile pour le modelage. Cette liste garantit que chaque enseignant, quel que soit le budget de l’école, puisse constituer un « coin sensoriel » riche et fonctionnel.

Annexe 3 : Fiches Techniques de Fabrication de Matériel 🛠️

Cette section offre des tutoriels simples pour la création de matériel didactique par l’enseignant. Elle explique comment fabriquer des « boîtes à odeurs » avec des pots de récupération, des « tablettes rugueuses » avec du sable collé sur carton, ou des « flacons thermiques ». Ces fiches encouragent l’autonomie pédagogique et la créativité didactique.

Annexe 4 : Précautions d’Hygiène et de Sécurité ⚠️

Un guide concis rappelant les normes impératives lors des activités sensorielles, particulièrement pour le goût et l’odorat. Il liste les plantes toxiques courantes en RDC à éviter, les protocoles de nettoyage du matériel (embouts de sifflets, cuillères de dégustation) et les règles de surveillance pour prévenir l’ingestion de petits objets lors des manipulations tactiles.