MANUEL D’ACTIVITÉS PSYCHOMOTRICES, 3ÈME ANNÉE MATERNELLE
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
0. PRÉLIMINAIRES
0.1. Identité du Cours
📝 Intitulé : Activités Psychomotrices 🏫 Niveau : Troisième Année Maternelle (5 ans) 🎯 Domaine : Développement psychomoteur et social 🇨🇩 Tutelle : Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST)
0.2. Objectif Terminal d’Intégration
L’enfant de cinq ans, au terme de ce cycle, mobilise ses ressources motrices pour gérer son corps avec aisance, structurer son espace environnant et organiser son temps. Il coordonne ses mouvements simples et complexes dans des situations variées de la vie quotidienne congolaise, allant du jeu dans la cour de récréation à la participation aux tâches communautaires adaptées à son âge.
0.3. Approche Pédagogique
L’enseignement privilégie l’approche par les compétences. L’éducateur place l’enfant au centre de l’apprentissage par le jeu, la manipulation concrète et l’imitation. Les activités partent du « corps vécu » (l’action), traversent le « corps perçu » (la verbalisation et la conscience), pour atteindre le « corps représenté » (le graphisme et l’abstraction).
0.4. Matériel Didactique Recommandé
L’enseignant utilise des ressources locales et accessibles :
- Objets naturels : Cailloux du Kasaï, noix de palme de l’Équateur, bâtons de bois, lianes souples.
- Objets récupérés : Pneus usagés pour les parcours, cartons pour les puzzles, bouteilles plastiques pour le marquage.
- Instruments : Tam-tam, sifflets, tissus de couleurs vives (pagnes), cordes à sauter.
I. PREMIÈRE PARTIE : LE SCHÉMA CORPOREL ET LA LATÉRALITÉ
Cette première partie focalise l’attention pédagogique sur la conscience que l’enfant a de son propre corps. Elle vise la maîtrise des mouvements globaux, l’identification précise des parties corporelles et l’affirmation de la dominance latérale (gauche/droite). L’enfant apprend à dissocier ses mouvements et à contrôler son équilibre statique et dynamique.
Chapitre 1 : Le Corps Vécu et la Grande Motricité
Ce chapitre traite des mouvements qui engagent l’intégralité du corps. L’objectif consiste à affiner la coordination globale et l’aisance motrice dans l’environnement physique.
1.1. La Marche et ses Variantes
1.1.1. Marche libre et dirigée
Les élèves exercent la marche dans l’espace de la classe ou de la cour. L’éducateur varie les consignes : marche lente comme un éléphant du parc de la Garamba, marche rapide pour attraper le bus à Kinshasa, ou marche sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller un bébé.
1.1.2. Marche avec contraintes
L’exercice impose des obstacles ou des limitations. L’enfant marche en transportant un objet léger sur la tête sans le faire tomber, ou marche en suivant une ligne tracée au sol (corde, craie) simulant un pont de lianes au-dessus d’une rivière.
1.2. La Course et l’Endurance
1.2.1. Course de vitesse et d’arrêt
L’activité développe la réaction aux signaux sonores. Les enfants courent librement et s’immobilisent instantanément au coup de sifflet ou à l’arrêt du tam-tam (« Statue »).
1.2.2. Course d’évitement
Le jeu consiste à courir dans un espace délimité sans heurter ses camarades. Cela renforce la vigilance visuelle et l’anticipation des trajectoires d’autrui dans des zones peuplées comme les marchés de Lubumbashi.
1.3. Le Saut et l’Impulsion
1.3.1. Sauts en hauteur et en longueur
L’enfant expérimente le franchissement d’obstacles (bâtons, rigoles tracées au sol). Il apprend à réceptionner son saut en pliant les genoux pour amortir le choc, imitant l’atterrissage souple d’un chat.
1.3.2. Sauts rythmés
Les élèves enchaînent des sauts à pieds joints ou à cloche-pied en suivant un rythme frappé par l’enseignant. L’exercice favorise la coordination entre l’audition et la contraction musculaire.
1.4. L’Équilibre Corporel
1.4.1. Équilibre statique
L’élève maintient une posture immobile sur un pied (la cigogne) ou sur la pointe des pieds pendant une durée déterminée. La maîtrise de l’immobilité favorise la concentration.
1.4.2. Équilibre dynamique
L’enfant se déplace sur une surface étroite (poutre, banc retourné, bordure de trottoir sécurisée) en utilisant ses bras comme balancier pour stabiliser son centre de gravité.
Chapitre 2 : Le Corps Perçu et l’Identification
Ce chapitre permet à l’enfant de nommer, localiser et comprendre les fonctions des différentes parties de son corps, passant de l’action inconsciente à la connaissance consciente.
2.1. Connaissance de la Tête
2.1.1. Identification des organes sensoriels
L’enfant localise et nomme les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, les sourcils et le menton. L’enseignant utilise le jeu du miroir ou des comptines locales pour renforcer le vocabulaire.
2.1.2. Mobilité du visage
Les exercices de mimiques faciales (sourire, grimace, étonnement) permettent de dissocier les muscles du visage et de comprendre le rôle de la tête dans l’expression des émotions.
2.2. Connaissance du Tronc et du Dos
2.2.1. Localisation des parties centrales
L’élève identifie la poitrine, le ventre, le dos, les épaules et le nombril. Il apprend à différencier le devant du derrière sur son propre corps.
2.2.2. Souplesse de la colonne vertébrale
Des mouvements d’inclinaison, de rotation et de flexion du buste aident l’enfant à percevoir la mobilité de son tronc, essentiel pour les activités agricoles ou domestiques.
2.3. Connaissance des Membres Supérieurs
2.3.1. Segmentation du bras
L’apprentissage distingue l’épaule, le coude, le poignet et la main. L’enfant réalise des mouvements isolés : tourner seulement le poignet (comme pour visser) ou plier seulement le coude.
2.3.2. Motricité fine des doigts
Les jeux de doigts (comptines, ombres chinoises) exercent la dissociation des phalangettes. L’enfant nomme chaque doigt (pouce, index, etc.) et les utilise pour des tâches précises comme le tri de graines de haricot.
2.4. Connaissance des Membres Inférieurs
2.4.1. Segmentation de la jambe
L’élève identifie la hanche, la cuisse, le genou, le mollet, la cheville et le pied. Il comprend le rôle de chaque articulation dans la marche et la course.
2.4.2. Perception plantaire
L’enfant marche pieds nus sur différentes textures (sable fin, nattes, herbe) pour affiner la sensibilité de la voûte plantaire et améliorer ses appuis au sol.
Chapitre 3 : Latéralité et Dominance
Ce chapitre guide l’enfant vers la reconnaissance et l’affirmation de son côté dominant (gaucher ou droitier) et l’initie aux concepts de droite et de gauche sur soi et sur autrui.
3.1. Découverte de la Main Dominante
3.1.1. Observation spontanée
L’enseignant propose des tâches ne nécessitant pas d’apprentissage préalable (ramasser un objet, se brosser les dents, lancer une balle) et observe quelle main l’enfant utilise naturellement.
3.1.2. Renforcement de la dominance
Des exercices de graphisme, de découpage et de lancer visent à stabiliser le choix de la main scripte pour préparer l’écriture. L’enseignant respecte la gaucherie si elle est naturelle.
3.2. Latéralité des Membres Inférieurs
3.2.1. Le pied d’appel
L’enfant tire dans un ballon ou saute à cloche-pied. L’observation permet de déterminer le pied dominant, qui n’est pas toujours du même côté que la main dominante (latéralité croisée).
3.2.2. Jeux de cloche-pied
Les parcours de marelle tracés dans le sable obligent l’enfant à soutenir son poids sur une seule jambe, renforçant la musculature et la conscience du côté fort.
3.3. Distinction Gauche-Droite sur Soi
3.3.1. Le repère corporel (Bracelet)
L’enseignant place un repère visuel (chardon, bracelet de laine, élastique) sur le poignet gauche de chaque élève. Les consignes se réfèrent à ce repère : « Levez la main du bracelet ».
3.3.2. Commandes croisées simples
L’élève exécute des consignes impliquant le croisement de la ligne médiane : « Touche ton oreille droite avec ta main gauche ». Cela stimule la coordination interhémisphérique.
3.4. Transposition sur Autrui
3.4.1. Le jeu du miroir
Deux enfants se font face et imitent les gestes de l’autre. Ils découvrent que la droite de l’un correspond à la gauche de l’autre, introduisant la relativité de la position spatiale.
3.4.2. Positionnement en file
Dans une file indienne, l’enfant identifie qui est devant et qui est derrière, et apprend à orienter ses mouvements en fonction de la direction du groupe.
II. DEUXIÈME PARTIE : LA STRUCTURATION SPATIALE
Cette partie développe la capacité de l’enfant à se situer dans l’espace, à situer les objets les uns par rapport aux autres et à organiser l’espace graphique. Elle est fondamentale pour l’apprentissage futur de la géométrie, de la lecture et de l’écriture.
Chapitre 4 : L’Espace Immédiat et Vécu
L’enfant explore l’espace physique qui l’entoure directement. Il apprend à s’y mouvoir avec aisance et sécurité.
4.1. Exploration de la Salle de Classe
4.1.1. Zones fonctionnelles
L’élève identifie et nomme les différents coins de la classe : le coin regroupement, les tables de travail, le coin jeux. Il apprend à circuler d’une zone à l’autre sans courir ni bousculer le mobilier.
4.1.2. Rangement et topologie
L’activité consiste à remettre chaque objet à sa place exacte (le ciseau dans le pot, le cahier dans l’armoire). Cela ancre la mémoire spatiale des lieux et des objets.
4.2. Occupation de l’Espace (Jeu de l’Aveugle)
4.2.1. Déplacement sans vue
Les yeux bandés, l’enfant se déplace dans un espace sécurisé en écoutant la voix de l’enseignant ou un son (clochette). Il développe sa représentation mentale de l’espace sans le support visuel.
4.2.2. Évitement d’obstacles
L’élève navigue entre des chaises ou des plots disposés dans la cour. Il ajuste sa trajectoire et évalue les distances pour ne pas entrer en collision avec les obstacles.
4.3. Notions de Situation (Dedans/Dehors)
4.3.1. Les cerceaux et les zones
Au signal « Dedans ! », les enfants sautent à l’intérieur de cerceaux ou de zones tracées à la craie. Au signal « Dehors ! », ils en sortent. Le jeu clarifie la frontière entre l’intérieur et l’extérieur.
4.3.2. Le volume et le contenant
L’enfant manipule des objets creux (boîtes, paniers tressés du Bandundu). Il place des jouets à l’intérieur, à l’extérieur ou sur le bord, verbalisant chaque position.
4.4. Notions de Position (Haut/Bas, Sur/Sous)
4.4.1. Grimper et descendre
L’utilisation de structures de jeux ou d’escaliers permet de vivre physiquement la notion de hauteur. L’enfant est « en haut » du toboggan ou « en bas » de l’arbre.
4.4.2. Placement d’objets
L’enseignant demande de placer le ballon « sous » la chaise ou le livre « sur » la table. La vérification est immédiate et visuelle, permettant l’autocorrection.
Chapitre 5 : Orientation et Direction
Ce chapitre traite des vecteurs et des sens de déplacement. L’enfant apprend à suivre un itinéraire et à comprendre les directions relatives.
5.1. Les Termes d’Orientation
5.1.1. Devant, Derrière, À Côté
L’élève se positionne par rapport à un camarade ou un objet fixe (le drapeau). Il apprend que ces notions sont relatives à la direction de son regard ou de son corps.
5.1.2. Loin et Près
L’enfant lance un objet (sac de graines) et verbalise s’il est tombé « près » ou « loin » de la cible. Il compare les distances entre différents points de la cour de récréation.
5.2. Les Itinéraires et Trajets
5.2.1. Suivre les flèches
Un parcours est balisé avec des flèches tracées au sol ou affichées sur les murs. L’enfant doit suivre le sens indiqué par la flèche, initiant la lecture de symboles directionnels.
5.2.2. Le petit poucet
L’élève trace un chemin avec des cailloux ou des graines pour aller d’un point A à un point B, puis tente de faire le chemin inverse en récupérant les objets.
5.3. Dictée d’Orientation
5.3.1. Déplacements sur consigne orale
L’enseignant donne des ordres séquentiels : « Fais deux pas en avant, tourne à gauche, fais un pas en arrière ». L’enfant doit mémoriser et exécuter la suite d’actions motrices.
5.3.2. Le robot téléguidé
Par deux, un enfant est le robot et l’autre le pilote. Le pilote touche l’épaule droite pour faire tourner le robot à droite, la tête pour avancer. Cela renforce la communication non-verbale des directions.
5.4. Labyrinthes et Parcours
5.4.1. Labyrinthes grandeur nature
Des couloirs sont matérialisés avec des bancs ou des cordes. L’enfant doit trouver la sortie. Cela sollicite la résolution de problèmes spatiaux et l’anticipation.
5.4.2. Parcours d’obstacles variés
L’enfant enchaîne ramper sous une table, enjamber une corde, contourner un piquet. Il adapte sa posture corporelle à la configuration de chaque obstacle.
Chapitre 6 : Organisation Spatiale et Graphique
Ce chapitre assure la transition entre l’espace tridimensionnel (réel) et l’espace bidimensionnel (feuille de papier, tableau), préparant directement aux activités scolaires.
6.1. Le Puzzle et la Reconstruction
6.1.1. Puzzles d’encastrement
L’enfant reconstitue une image découpée en plusieurs morceaux (4 à 12 pièces). Il analyse la forme des pièces et la continuité du dessin pour organiser l’ensemble cohérent.
6.1.2. Reconstruction d’objets
À partir de blocs de construction ou de morceaux de carton, l’élève reproduit un modèle simple (une maison, un pont) présenté par l’enseignant, respectant l’agencement spatial des éléments.
6.2. Grilles et Tableaux (Topologie)
6.2.1. Repérage sur quadrillage
L’enfant place des jetons dans les cases d’un grand quadrillage tracé au sol ou sur table, selon un modèle. Il apprend les notions de ligne et de colonne.
6.2.2. Reproduction de motifs
Sur une feuille quadrillée à larges carreaux, l’élève colorie les cases pour reproduire un motif géométrique simple. C’est un prérequis essentiel pour l’écriture et le calcul.
6.3. Transparence et Superposition
6.3.1. Jeu de calque
L’enfant décalque une forme simple ou complète un dessin en repassant sur des traits en pointillés. Il apprend à coordonner son geste avec une trace visuelle existante.
6.3.2. Deviner le point d’arrivée
Sur un dessin de labyrinthe papier, l’enfant trace le chemin avec son doigt avant de le faire au crayon, anticipant le trajet et les impasses.
6.4. Occupation Significative de l’Espace
6.4.1. Le dessin narratif
L’élève dessine une scène (le marché, la famille) en organisant les éléments de manière logique : le ciel en haut, le sol en bas, les maisons posées sur le sol, respectant une certaine proportionnalité.
6.4.2. Collage structuré
L’enfant colle des gommettes ou des images découpées selon une consigne spatiale précise (coller les fleurs autour de la maison, les oiseaux au-dessus de l’arbre).
III. TROISIÈME PARTIE : L’ORIENTATION TEMPORELLE ET RYTHMIQUE
Cette partie traite de la perception et de l’organisation du temps. Contrairement à l’espace, le temps est abstrait et irréversible. L’enfant apprend à structurer la chronologie des événements, à évaluer les durées et à synchroniser ses mouvements sur des rythmes externes.
Chapitre 7 : Ordre, Succession et Chronologie
Ce chapitre aide l’enfant à comprendre que les événements se déroulent selon une séquence logique et irréversible.
7.1. Les Moments de la Journée
7.1.1. Matin, Midi, Soir
L’enfant associe des activités typiques à chaque moment : le lever et l’école pour le matin, le repas et le soleil haut pour midi, le retour à la maison et le sommeil pour le soir.
7.1.2. La frise de la journée
La classe construit une frise visuelle linéaire affichant les étapes de la journée scolaire. L’enfant déplace un curseur (pince à linge) au fur et à mesure que la journée avance.
7.2. Avant, Pendant, Après
7.2.1. Séquençage d’actions simples
L’enseignant décrit une action (se laver les mains). L’enfant verbalise ce qu’il faut faire avant (ouvrir le robinet, prendre le savon) et après (s’essuyer).
7.2.2. Images séquentielles
L’enfant remet dans l’ordre une série de 3 à 5 images racontant une histoire courte (la croissance d’une plante, la fabrication du pain). Il justifie son classement par la logique causale.
7.3. La Semaine et le Calendrier
7.3.1. La comptine des jours
Les enfants apprennent les jours de la semaine par des chants rythmés. Ils identifient le « jour d’école », le « jour du culte/église » (dimanche) ou le jour de repos.
7.3.2. Hier, Aujourd’hui, Demain
Chaque matin, lors du rituel, l’enfant nomme le jour présent, se rappelle du jour précédent et anticipe le jour suivant. L’utilisation d’un calendrier mural interactif est systématique.
7.4. Les Saisons et les Cycles
7.4.1. Saison sèche et Saison des pluies
L’observation de l’environnement (pluie, poussière, chaleur) permet de situer l’année dans son cycle climatique local. L’enfant associe les vêtements (parapluie, tricot) à la saison.
7.4.2. Les fêtes et événements
L’enfant repère les grandes fêtes (Noël, Indépendance, Anniversaires) comme des points de repère fixes qui reviennent cycliquement.
Chapitre 8 : Durée, Vitesse et Intervalle
Ce chapitre permet à l’enfant d’appréhender l’écoulement du temps et la vitesse d’exécution des actions.
8.1. Notion de Vitesse (Lent/Rapide)
8.1.1. Imitation animale
L’enfant se déplace « lentement comme une tortue » ou « vite comme une antilope ». Il module sa vitesse de déplacement volontairement sur consigne.
8.1.2. Accélération et décélération
Au son du tam-tam qui bat de plus en plus vite, les enfants accélèrent leurs mouvements. Quand le rythme ralentit, ils décélèrent jusqu’à l’arrêt complet.
8.2. Estimation de la Durée
8.2.1. Temps court et Temps long
L’enseignant propose des défis : rester en silence un « temps court », puis écouter une histoire un « temps long ». L’enfant exprime son ressenti sur la durée (l’attente parait longue, le jeu parait court).
8.2.2. Le sablier ou le chronomètre
L’utilisation de sabliers ou de chansons permet de matérialiser une durée fixe pour réaliser une tâche (ranger les jouets avant la fin de la chanson).
8.3. Simultanéité et Succession
8.3.1. Faire en même temps
Les enfants apprennent à effectuer des actions synchronisées : frapper dans les mains tous ensemble. Ils comprennent le concept « en même temps ».
8.3.2. Chacun son tour
Dans les jeux de relais, l’enfant doit attendre que le camarade ait fini son action pour commencer la sienne. Cela travaille la patience et la compréhension de la succession.
8.4. Tôt et Tard
8.4.1. La ponctualité
À travers des scénarios de jeux de rôle (arriver à l’école, prendre le train), l’enfant intègre les notions d’être en avance (tôt), à l’heure, ou en retard (tard).
8.4.2. Le cycle de la maturité
L’observation de fruits (mangues, papayes) permet de discuter du temps nécessaire pour qu’ils soient mûrs. Cueillir trop tôt (pas mûr) ou trop tard (pourri).
Chapitre 9 : Le Rythme et la Périodicité
Ce chapitre lie le temps à l’audition et au mouvement corporel par la structure répétitive du rythme.
9.1. Perception du Rythme
9.1.1. Écoute active
L’enfant écoute des séquences sonores simples (frappés de mains, sons de cloche) et identifie la régularité ou l’irrégularité du rythme.
9.1.2. Marche rythmique
Les enfants marchent en synchronisant leurs pas sur la pulsation d’un instrument à percussion ou d’un chant. C’est la base de la danse et de la coordination musicale.
9.2. Reproduction de Rythmes (Écho)
9.2.1. Frappés corporels
L’enseignant propose une formule rythmique simple (ex: Ta-Ta-Ta—Ta). Les enfants doivent la reproduire en frappant dans les mains ou sur les cuisses.
9.2.2. Rythmes instrumentaux
Utilisation de petits instruments de percussion (clave, maracas artisanaux) pour reproduire des structures rythmiques, favorisant l’écoute fine et la motricité des membres supérieurs.
9.3. Production de Rythmes (Créativité)
9.3.1. Invention de séquences
L’enfant invente son propre petit rythme et le propose à la classe qui doit l’imiter. Cela valorise l’initiative et la confiance en soi.
9.3.2. L’orchestre corporel
Le groupe classe est divisé : un groupe frappe les pieds (les basses), un autre claque des doigts. Ils créent une polyrythmie simple sous la direction de l’enseignant.
9.4. Graphisme Rythmique
9.4.1. Traduction graphique du son
L’enfant trace des traits sur le papier en suivant un rythme dicté : des points pour des sons brefs, des traits longs pour des sons tenus. C’est une pré-écriture musicale et scripturale.
9.4.2. Algorithmes visuels
L’élève crée des suites logiques de couleurs ou de formes (rond rouge, rond bleu, rond rouge…) qui correspondent à une structure rythmique visuelle répétitive.
ANNEXES
Annexe 1 : Compétences de Vie (CV) Appliquées
Dans le cadre des activités psychomotrices, les compétences suivantes sont transversalement développées :
- CV1 (Communication) : L’enfant verbalise ses actions (« Je suis sous la table ») et comprend les consignes complexes.
- CV5 (Collaboration) : Les jeux de parachute ou de construction collective exigent de coordonner ses mouvements avec ceux des autres.
- CV7 (Conscience à l’action) : L’enfant prend conscience de son corps pour agir efficacement sur son environnement physique.
- CV8 (Pensée critique) : L’enfant évalue la distance d’un saut ou la stabilité d’un empilement avant d’agir.
Annexe 2 : Objectifs de Développement Durable (ODD)
Le cours contribue directement aux ODD suivants :
- ODD 3 (Bonne santé et bien-être) : L’activité physique régulière combat la sédentarité, renforce le système cardiovasculaire et squelettique, et promeut une hygiène de vie saine dès l’enfance.
- ODD 4 (Éducation de qualité) : La psychomotricité est le socle des apprentissages fondamentaux. Structurer l’espace et le temps est un prérequis indispensable pour apprendre à lire, écrire et compter.