COURS DE PHILOSOPHIE, 4ÈME ANNÉE, OPTION LATIN-PHILOSOPHIE
Édition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
🏛️ PRÉLIMINAIRES ET CADRE PÉDAGOGIQUE
0.1. Note Directrice et Finalité du Cours
Ce manuel constitue l’outil didactique de référence pour la classe terminale des Humanités (6ème), option Latin-Philosophie. Il synthétise l’ensemble du parcours philosophique du cycle secondaire et prépare spécifiquement les élèves aux épreuves de l’Examen d’État. L’enseignant exploitera ce contenu pour parachever la formation de l’esprit critique de l’apprenant, en l’amenant à une maîtrise autonome de la dissertation philosophique et du commentaire de texte. Le cours vise l’intégration des savoirs logiques, métaphysiques et éthiques pour analyser les enjeux complexes de la société congolaise contemporaine.
0.2. Compétences Terminales et Profil de Sortie
Au terme de cette année de maturité, l’élève démontre une capacité à problématiser et à résoudre des questions philosophiques majeures liées à l’existence, à la politique et à la science. Il maîtrise les courants de la philosophie contemporaine et les débats actuels de la philosophie africaine. Il élabore des jugements esthétiques et éthiques fondés, applicables aux défis de la bioéthique et de la gouvernance en RDC. L’apprenant manifeste une aptitude à l’abstraction conceptuelle et à l’argumentation rigoureuse, caractéristiques du profil Latin-Philosophie.
0.3. Méthodologie et Stratégies Didactiques
L’enseignement privilégie l’herméneutique critique et la méthode dialectique. Le cours s’articule autour de l’analyse approfondie des œuvres intégrales et des textes d’auteurs, favorisant le contact direct avec la pensée originale. L’enseignant organise des débats structurés sur des thématiques d’actualité, obligeant les élèves à mobiliser les concepts philosophiques pour décrypter le réel. La contextualisation culturelle est systématique, confrontant les paradigmes occidentaux aux sagesses africaines et aux réalités sociopolitiques des provinces de la RDC.
0.4. Dispositif d’Évaluation et Préparation à l’Exétat
Le système d’évaluation simule les conditions de l’Examen d’État. Les épreuves formatives incluent des dissertations régulières, des exercices de logique propositionnelle complexe et des analyses de textes philosophiques. L’évaluation sommative mesure la capacité de synthèse, la précision terminologique et la culture générale de l’élève. La grille de correction valorise la cohérence du raisonnement, la richesse des références doctrinales et la qualité de la langue française.
🧠 PARTIE I : HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE CONTEMPORAINE ET ÉPISTÉMOLOGIE
Cette première partie explore les développements récents de la pensée humaine et critique les fondements de la connaissance scientifique. Elle analyse les grands systèmes philosophiques du XIXe et XXe siècles et interroge la valeur, la méthode et les limites de la science.
Chapitre 1 : Les Courants de la Philosophie Contemporaine
1.1. L’Idéalisme Allemand et la Dialectique
L’élève analyse le système hégélien et la dialectique comme loi du devenir de la pensée et de l’histoire. Il étudie le mouvement de la thèse, de l’antithèse et de la synthèse. Le cours examine l’influence de Hegel sur la pensée politique moderne et la conception de l’État comme réalisation de la Raison absolue.
1.2. Le Matérialisme Historique et Dialectique
Ce module approfondit la pensée de Karl Marx et Friedrich Engels. L’élève décrypte les concepts d’infrastructure, de superstructure, de lutte des classes et d’aliénation. Il évalue l’impact du marxisme sur les mouvements révolutionnaires mondiaux et sur l’histoire politique de la RDC, notamment à travers les figures de Patrice Lumumba et Pierre Mulele.
1.3. L’Existentialisme et la Phénoménologie
L’enseignement aborde les philosophies de l’existence et de la conscience. L’élève étudie la méthode phénoménologique de Husserl (retour aux choses mêmes) et l’existentialisme de Sartre (l’existence précède l’essence, la liberté absolue, la responsabilité). La notion d’angoisse et d’authenticité chez Heidegger est également examinée.
1.4. Le Vitalisme et le Personnalisme
L’élève analyse le vitalisme de Bergson (l’élan vital, l’intuition, la durée) en opposition au mécanisme scientifique. Il étudie le personnalisme d’Emmanuel Mounier, qui valorise la personne humaine dans sa dimension communautaire et spirituelle, offrant une alternative à l’individualisme libéral et au collectivisme totalitaire.
Chapitre 2 : Épistémologie et Philosophie des Sciences
2.1. Nature et Classification des Sciences
L’élève définit la science comme un savoir objectif, méthodique et vérifiable. Il maîtrise la classification des sciences : sciences formelles (mathématiques, logique), sciences de la nature (physique, biologie) et sciences humaines (sociologie, psychologie). Il distingue la connaissance scientifique de la connaissance vulgaire et de la connaissance philosophique.
2.2. Méthode et Vérité dans les Sciences de la Nature
Ce module détaille la démarche expérimentale (observation, hypothèse, vérification, loi). L’élève étudie les concepts de déterminisme, d’induction et de déduction. Il analyse les critères de validité scientifique selon Karl Popper (falsifiabilité) et la notion de rupture épistémologique chez Gaston Bachelard. Des exemples tirés de la recherche médicale à l’INRB illustrent ces processus.
2.3. Spécificité des Sciences Humaines
L’enseignement examine les difficultés épistémologiques des sciences ayant l’homme pour objet. L’élève analyse la distinction entre « expliquer » (recherche des causes) et « comprendre » (interprétation du sens). Il discute les problèmes de l’objectivité et de l’implication du chercheur, pertinents pour l’analyse sociologique des phénomènes urbains à Kinshasa ou Lubumbashi.
2.4. La Valeur de la Science et ses Limites
L’élève interroge la portée de la connaissance scientifique. Il critique le scientisme qui prétend résoudre tous les problèmes humains par la science. Il analyse les limites internes de la science (incertitude, provisoire) et ses limites externes (incapacité à fonder des valeurs morales). La complémentarité entre science et philosophie est affirmée.
Chapitre 3 : Philosophie du Langage et Logique Appliquée
3.1. Langage, Pensée et Réalité
L’élève explore la relation triangulaire entre le mot, l’idée et la chose. Il analyse les fonctions du langage (communication, expression, représentation). Il étudie les thèses structuralistes (Saussure) sur le signe linguistique (signifiant/signifié) et l’arbitraire du signe. La diversité linguistique de la RDC est valorisée comme richesse conceptuelle.
3.2. Logique Propositionnelle et Argumentation
Ce module renforce les acquis de logique formelle. L’élève manipule les connecteurs logiques, les tables de vérité et les règles d’inférence valide. Il analyse les structures de l’argumentation rhétorique et détecte les sophismes dans les discours politiques et médiatiques.
3.3. Herméneutique et Interprétation
L’enseignement initie à l’art de l’interprétation des textes et des symboles. L’élève comprend la nécessité de l’herméneutique pour accéder au sens caché des mythes, des textes sacrés et des œuvres philosophiques. L’application à l’exégèse des proverbes et contes traditionnels du Kasaï ou de l’Équateur est encouragée.
3.4. Communication et Intersubjectivité
L’élève analyse les conditions de la communication authentique. Il étudie les obstacles à la compréhension mutuelle (préjugés, bruit, idéologie). Il examine la théorie de l’agir communicationnel d’Habermas et l’éthique de la discussion, essentielles pour la construction d’un espace public démocratique en RDC.
🌍 PARTIE II : PHILOSOPHIE AFRICAINE ET POLITIQUE
Cette deuxième partie approfondit l’identité philosophique africaine et analyse les enjeux du pouvoir et de la société. Elle confronte les théories politiques aux réalités postcoloniales et propose des pistes pour une renaissance africaine.
Chapitre 4 : Genèse et Débats de la Philosophie Africaine
4.1. La Critique de l’Ethnophilosophie
L’élève réexamine le débat fondateur sur l’existence d’une philosophie africaine. Il analyse la critique radicale de Paulin Hountondji et Marcien Towa envers l’ethnophilosophie, considérée comme une vision du monde collective et inconsciente. Il distingue la philosophie au sens strict (réflexion individuelle critique) de la sagesse populaire.
4.2. Les Courants de la Philosophie Africaine Contemporaine
Ce module cartographie les tendances actuelles. L’élève identifie le courant herméneutique (Okere, Nkombe Oleko), le courant critique et scientifique, et le courant politique. Il étudie les œuvres de philosophes congolais majeurs comme Elungu Pene Elungu et Mudimbe V.Y., qui repensent l’épistémologie et l’identité africaine.
4.3. La Philosophie de la Renaissance Africaine
L’enseignement aborde les perspectives d’avenir. L’élève analyse les conditions d’une renaissance culturelle, politique et économique du continent. Il discute les concepts de « Consciencisme » (Nkrumah) et d’ « Ujamaa » (Nyerere) comme tentatives de synthèse entre tradition et modernité. Le rôle de la jeunesse congolaise dans cette renaissance est souligné.
4.4. Rationalité et Savoirs Endogènes
L’élève valorise les systèmes de connaissances traditionnels. Il analyse la rationalité propre aux techniques thérapeutiques, agricoles et métallurgiques ancestrales (ex: les forgerons du Katanga). Il réfléchit à l’intégration de ces savoirs endogènes dans la science moderne pour un développement autocentré.
Chapitre 5 : Philosophie Politique et Gouvernance
5.1. L’État et la Souveraineté
L’élève définit l’État comme l’institution détentrice du monopole de la violence légitime. Il analyse les attributs de la souveraineté interne et externe. Il examine la crise de l’État postcolonial en RDC et les défis de la restauration de l’autorité étatique sur l’ensemble du territoire national.
5.2. Démocratie, Droits de l’Homme et Justice
Ce module approfondit les fondements de la société démocratique. L’élève étudie les principes de l’État de droit, de la séparation des pouvoirs et du respect des libertés fondamentales. Il analyse les mécanismes de la justice transitionnelle et de la réconciliation nationale, en référence aux conflits dans l’Est du pays.
5.3. Pouvoir Traditionnel et Modernité Politique
L’enseignement confronte les systèmes politiques coutumiers aux institutions républicaines. L’élève analyse le rôle des chefs coutumiers et des structures traditionnelles (Mwami, Chef de terre) dans la gouvernance locale. Il réfléchit à l’articulation harmonieuse entre tradition et modernité pour une stabilité politique durable.
5.4. Géopolitique et Mondialisation
L’élève situe la RDC dans le concert des nations. Il analyse les enjeux de la mondialisation, les rapports Nord-Sud et la place de l’Afrique dans la géopolitique mondiale. Il examine les questions de souveraineté économique et de gestion des ressources naturelles stratégiques (minerais, forêts, eau).
Chapitre 6 : Culture, Identité et Altérité
6.1. Identité Culturelle et Acculturation
L’élève définit la culture comme mode de vie et système de valeurs. Il analyse les processus d’acculturation, d’aliénation culturelle et de syncrétisme. Il discute la tension entre l’enracinement dans la tradition et l’ouverture à la modernité universelle.
6.2. Négritude et Affirmation de Soi
Ce module étudie le mouvement de la Négritude (Senghor, Césaire). L’élève analyse la revendication de la dignité de l’homme noir et la réhabilitation des valeurs de civilisation africaines. Il examine les critiques formulées contre la Négritude (Tigritude de Soyinka) et sa pertinence actuelle.
6.3. Interculturalité et Dialogue des Civilisations
L’enseignement promeut l’éthique de la rencontre. L’élève analyse l’interculturalité comme dialogue enrichissant entre les peuples. Il critique le repli identitaire et le choc des civilisations. La RDC, mosaïque de 450 ethnies, est présentée comme un laboratoire du vivre-ensemble et de l’unité dans la diversité.
6.4. L’Homme Africain face à la Modernité Technologique
L’élève réfléchit à l’impact de la technoscience sur la société africaine. Il analyse les défis de l’appropriation technologique et les risques de dépendance. Il plaide pour une modernité maîtrisée qui respecte l’humanisme africain et l’environnement.
⚖️ PARTIE III : ÉTHIQUE APPLIQUÉE ET PROBLÈMES MÉTAPHYSIQUES
Cette troisième partie aborde les questions concrètes de la conduite humaine face aux défis contemporains et les interrogations ultimes sur le sens de l’existence. Elle prépare l’élève à agir de manière responsable et à penser le fondement de la réalité.
Chapitre 7 : Bioéthique et Éthique de l’Environnement
7.1. Principes et Enjeux de la Bioéthique
L’élève maîtrise les principes fondamentaux de la bioéthique : respect de la personne, bienfaisance, justice. Il analyse les dilemmes moraux posés par les avancées médicales (transplantation d’organes, procréation assistée). Il examine ces questions à la lumière du droit congolais et des valeurs culturelles locales.
7.2. Éthique de la Vie et de la Mort
Ce module traite des questions limites. L’élève analyse les débats sur l’avortement, l’euthanasie et la peine de mort. Il confronte les arguments libéraux aux conceptions traditionnelles et religieuses de la sacralité de la vie (Bomi). Le respect de la dignité humaine du début à la fin de l’existence est affirmé.
7.3. Écologie et Responsabilité envers la Nature
L’enseignement aborde la crise environnementale. L’élève analyse la responsabilité de l’homme envers la biosphère et les générations futures (principe responsabilité de Hans Jonas). Il étudie le rôle crucial de la forêt du Bassin du Congo pour l’équilibre climatique mondial et les impératifs du développement durable.
7.4. Éthique des Affaires et du Travail
L’élève applique la morale au domaine économique. Il analyse les valeurs de probité, de transparence et de justice sociale dans le monde du travail. Il critique la corruption et l’exploitation, plaidant pour une économie au service de l’homme.
Chapitre 8 : Esthétique et Philosophie de l’Art
8.1. L’Art, le Beau et le Jugement Esthétique
L’élève définit l’esthétique comme philosophie du beau. Il analyse la nature de l’expérience esthétique et les critères du jugement de goût. Il distingue le beau de l’utile et de l’agréable. Il étudie les catégories esthétiques (le sublime, le tragique, le comique).
8.2. Fonctions et Significations de l’Art
Ce module examine le rôle de l’art dans la société. L’élève analyse les fonctions religieuse, sociale, politique et thérapeutique de l’art. Il étudie l’art comme langage symbolique et comme dévoilement de la vérité.
8.3. Esthétique Africaine et Art Congolais
L’enseignement approfondit les spécificités de l’art africain. L’élève analyse le lien entre l’art et la force vitale, le symbolisme des masques et de la statuaire (ex: art Kuba, Luba, Mangbetu). Il étudie la musique congolaise moderne (Rumba) comme expression identitaire et patrimoine culturel immatériel.
8.4. Art et Engagement Politique
L’élève réfléchit sur la responsabilité de l’artiste. Il analyse l’art engagé qui dénonce les injustices et éveille les consciences. Il examine la littérature et la musique congolaises comme vecteurs de critique sociale et de mobilisation citoyenne.
Chapitre 9 : Métaphysique et Théodicée
9.1. Le Problème de l’Être et de l’Existence
L’élève synthétise les grandes questions ontologiques. Il interroge le sens de l’être, la différence entre essence et existence, et le mystère de la contingence. Il confronte les ontologies occidentales (être statique) et l’ontologie bantoue (être comme force dynamique).
9.2. L’Absolu et la Question de Dieu
Ce module aborde la théodicée rationnelle. L’élève analyse les preuves de l’existence de Dieu et les critiques de ces preuves (Kant). Il examine les attributs divins et le rapport entre raison et foi. La conception de Dieu dans les religions traditionnelles africaines est intégrée à la réflexion.
9.3. Le Problème du Mal et de la Souffrance
L’enseignement affronte le scandale du mal. L’élève analyse les différentes formes de mal (métaphysique, physique, moral). Il étudie les réponses philosophiques et théologiques au problème de la souffrance de l’innocent. Il réfléchit sur la liberté humaine comme condition de la possibilité du mal moral.
9.4. La Destinée Humaine et le Sens de la Vie
L’élève conclut le cours par une réflexion sur la finalité de l’existence. Il analyse les conceptions de la mort, de l’immortalité de l’âme et du bonheur. Il élabore une synthèse personnelle sur le sens de la vie, intégrant les sagesses philosophiques et les valeurs humanistes pour orienter son action future.
📎 ANNEXES ET BOÎTE À OUTILS
A.1. Glossaire Philosophique Terminal
Un répertoire exhaustif définissant les concepts clés du programme de terminale (Aliénation, Dialectique, Existentialisme, Falsifiabilité, Herméneutique, Phénoménologie, Transcendance, etc.). Ce lexique assure la précision terminologique requise pour l’Examen d’État.
A.2. Méthodologie Avancée de la Dissertation
Un guide stratégique pour l’épreuve de dissertation : techniques de problématisation, construction du plan dialectique, rédaction de l’introduction et de la conclusion, gestion du temps d’examen. Des exemples de sujets types traités et corrigés illustrent la méthode.
A.3. Recueil de Textes Philosophiques Majeurs
Une anthologie sélective d’extraits d’œuvres incontournables (Platon, Descartes, Kant, Hegel, Sartre, Tempels, Hountondji, Mudimbe). Ces textes servent de support aux exercices de commentaire et d’analyse critique.
A.4. Chronologie Comparée de la Philosophie
Un tableau synoptique mettant en parallèle les grandes époques de la philosophie occidentale et les moments clés de la pensée et de l’histoire africaine. Il permet de situer les auteurs et les courants dans leur contexte temporel.
A.5. Fiches de Révision par Auteur
Des fiches synthétiques résumant la pensée, les concepts clés et les œuvres principales des philosophes au programme. Ces outils facilitent la mémorisation et la révision rapide avant les épreuves.