MANUELS SCOLAIRES

COURS DE PHYTOPATHOLOGIE, 3ÈME ANNÉE, OPTION AGRICULTURE GÉNÉRALE

Édition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC

Préliminaires

1. Vision et Finalités du Cours

Ce cours de phytopathologie vise à armer le futur technicien d’une compréhension scientifique des maladies des plantes, considérées comme l’une des contraintes majeures à la production agricole. La finalité est de former un praticien capable de diagnostiquer les problèmes sanitaires d’une culture, d’en identifier les causes, et de mettre en œuvre des stratégies de lutte efficaces, durables et respectueuses de l’environnement et de la santé humaine, afin de sécuriser les récoltes et d’améliorer les rendements.

2. Compétences Visées

Au terme de cette formation, l’élève sera en mesure de distinguer une plante saine d’une plante malade, de décrire les symptômes avec un vocabulaire technique précis, et d’identifier les grands groupes d’agents pathogènes (champignons, bactéries, virus, nématodes). Il maîtrisera les principes des différentes méthodes de lutte et sera capable de raisonner une stratégie de protection intégrée, en privilégiant les mesures préventives et les alternatives à la lutte chimique.

3. Approche Pédagogique

L’enseignement s’appuie sur une démarche active combinant des exposés théoriques, des observations au laboratoire (microscope) et de nombreuses applications sur le terrain. L’exploitation agricole de l’école et les champs environnants servent de support à l’apprentissage du diagnostic. Des herbiers de symptômes et des études de cas de maladies prévalentes en RDC, comme la striure brune du manioc dans le Haut-Uele ou la rouille du caféier dans les Kivu, ancrent les connaissances dans la réalité agronomique du pays.

4. Modalités d’Évaluation

L’évaluation est principalement axée sur la compétence de diagnostic. Elle inclut des interrogations sur la reconnaissance de symptômes à partir d’échantillons ou d’images, des évaluations pratiques sur la préparation d’une bouillie fongicide, et la rédaction de fiches de diagnostic. L’épreuve d’intégration semestrielle consiste, face à une culture présentant des symptômes, à poser un diagnostic probable, à en décrire le cycle épidémiologique et à proposer un plan de lutte intégrée hiérarchisé et justifié.

Partie 1 : Concepts Fondamentaux de la Phytopathologie 🔬

Cette première partie établit le langage et les concepts de base de la discipline. Elle définit ce qu’est une maladie végétale, en la distinguant d’un simple dommage, et introduit le « triangle de la maladie » comme un modèle conceptuel essentiel pour comprendre l’interaction complexe entre la plante, l’agent pathogène et l’environnement.

Chapitre 1 : Introduction à la Santé des Végétaux

1.1. Définitions et Concepts Clés

1.1.1. La Notion de Plante Saine et de Maladie

Une plante saine est définie comme celle qui accomplit normalement ses fonctions physiologiques. La maladie est présentée comme une altération de ces fonctions, résultant d’une irritation continue par un agent pathogène ou un facteur environnemental.

1.1.2. Symptômes et Signes

La distinction fondamentale est faite entre le symptôme (réaction visible de la plante à la maladie, ex: jaunissement, nécrose) et le signe (présence visible de l’agent pathogène lui-même, ex: mycélium, pustules).

1.1.3. Classification des Maladies

Les maladies sont classées en deux grands groupes : les maladies infectieuses ou parasitaires (causées par un agent biotique transmissible) et les maladies non-infectieuses ou abiotiques (causées par des facteurs environnementaux).

1.1.4. L’Impact Économique des Maladies

L’impact des maladies sur l’agriculture est quantifié à travers les pertes de rendement au champ, les pertes de qualité, les pertes post-récolte et les coûts liés à la mise en œuvre des méthodes de lutte.

1.2. Le Vocabulaire du Phytopathologiste

1.2.1. Les Termes liés à l’Agent Causal

Les définitions de pathogène, parasite, saprophyte, virulence et agressivité sont établies pour décrire les caractéristiques de l’agent causal.

1.2.2. Les Termes liés au Processus Infectieux

Le vocabulaire décrivant les étapes de l’infection est présenté : contamination, pénétration, incubation, invasion et sporulation.

1.2.3. Les Termes liés à la Plante Hôte

Les notions de sensibilité, de résistance (verticale, horizontale) et de tolérance sont définies pour caractériser la réaction de la plante face à un pathogène.

1.2.4. Les Termes liés à la Lutte

Le vocabulaire de la protection des plantes est introduit : prophylaxie, éradication, traitement préventif, traitement curatif, et matières actives des pesticides.

Chapitre 2 : Le Triangle de la Maladie et l’Épidémiologie

2.1. Le Triangle de la Maladie

2.1.1. L’Hôte Susceptible

Le premier sommet du triangle est la plante hôte, dont la sensibilité à la maladie peut varier en fonction de son patrimoine génétique, de son stade de développement et de son état physiologique.

2.1.2. Le Pathogène Virulent

Le deuxième sommet est l’agent pathogène, qui doit être présent, virulent et en quantité suffisante (inoculum) pour pouvoir initier une infection.

2.1.3. L’Environnement Favorable

Le troisième sommet est l’environnement, dont les conditions (température, humidité, pH du sol) doivent être favorables au développement du pathogène et à l’infection.

2.1.4. L’Interaction des Facteurs

Le principe central est expliqué : une maladie ne se déclare que si les trois conditions sont réunies simultanément. Les stratégies de lutte viseront donc à agir sur au moins un des trois sommets de ce triangle.

2.2. Principes d’Épidémiologie

2.2.1. Définition de l’Épidémiologie

L’épidémiologie végétale est définie comme l’étude du développement des maladies au sein d’une population de plantes, dans le temps et dans l’espace.

2.2.2. Le Cycle de la Maladie (Cycle Infectieux)

Le cycle de vie d’un pathogène est décrit, depuis sa phase de conservation (survie en l’absence de l’hôte) jusqu’à sa dissémination et l’infection de nouvelles plantes.

2.2.3. La Conservation de l’Inoculum

Les différentes manières dont les pathogènes survivent entre deux cultures sont listées : dans le sol, sur les résidus de culture, dans les semences, ou sur des hôtes alternatifs.

2.2.4. La Dissémination des Pathogènes

Les modes de dispersion des agents pathogènes sont étudiés : par le vent (spores de champignons), par la pluie (bactéries), par les insectes (virus), par les outils ou par les semences infectées.

Partie 2 : Les Agents Pathogènes Biotiques 🦠

Cette partie explore en détail les différents types d’organismes vivants capables de provoquer des maladies chez les plantes. Pour chaque groupe, leurs caractéristiques biologiques, leur mode d’action et les types de symptômes qu’ils occasionnent sont décrits, fournissant les bases pour leur identification.

Chapitre 3 : Les Champignons Phytopathogènes

3.1. Biologie des Champignons

3.1.1. Caractéristiques Générales

Les champignons sont présentés comme des organismes eucaryotes, hétérotrophes, constitués de filaments (mycélium) et se reproduisant par des spores.

3.1.2. Nutrition et Pénétration

Leur mode de nutrition par absorption et les différentes stratégies de pénétration dans les tissus de la plante (directe, via les stomates ou les blessures) sont expliqués.

3.1.3. Reproduction et Dissémination

La production d’un très grand nombre de spores et leur dissémination efficace, principalement par le vent et l’eau, expliquent la capacité des maladies fongiques à se propager rapidement.

3.1.4. Les Grandes Classes de Champignons

Une classification simplifiée des grands groupes de champignons phytopathogènes (Oomycètes, Ascomycètes, Basidiomycètes) est présentée.

3.2. Exemples de Maladies Fongiques

3.2.1. Les Rouilles et les Charbons

Les rouilles (pustules poudreuses orange) et les charbons (masses de spores noires), qui affectent principalement les céréales, sont décrits.

3.2.2. Les Mildiou et les Oïdium

La distinction est faite entre les mildious (feutrage blanc sur la face inférieure des feuilles) et les oïdiums (poudre blanche sur la face supérieure), deux maladies foliaires majeures.

3.2.3. Les Anthracnoses et les Trachéomycoses

L’anthracnose, qui provoque des taches nécrotiques sur les feuilles et les fruits (ex: sur le manguier), et les trachéomycoses (ou fusarioses vasculaires), qui bouchent les vaisseaux de la plante et provoquent un flétrissement (ex: maladie de Panama du bananier), sont présentées.

3.2.4. Les Fontes de Semis et les Pourritures Raciculaires

Les maladies qui affectent les jeunes plantules en pépinière (fontes de semis) et celles qui provoquent la pourriture des racines sur les plantes adultes sont étudiées.

Chapitre 4 : Les Bactéries et Phytoplasmes

4.1. Les Bactéries Phytopathogènes

4.1.1. Caractéristiques des Bactéries

Les bactéries sont présentées comme des organismes procaryotes unicellulaires, se multipliant très rapidement par division cellulaire.

4.1.2. Pénétration et Dissémination

Leur incapacité à pénétrer directement les tissus est soulignée : elles pénètrent par des ouvertures naturelles (stomates) ou des blessures. La pluie (éclaboussures) est leur principal agent de dissémination.

4.1.3. Symptômes Typiques des Bactérioses

Les symptômes caractéristiques sont décrits : taches huileuses ou grasses sur les feuilles (graisse du haricot), chancres avec exsudats bactériens, et pourritures molles malodorantes sur les tubercules et les fruits.

4.1.4. Le Flétrissement Bactérien

Le flétrissement bactérien, causé par la multiplication de la bactérie dans les vaisseaux du xylème, est expliqué, avec l’exemple de la maladie de Moko du bananier.

Chapitre 5 : Les Virus et Viroïdes Végétaux

5.1. La Nature des Virus

5.1.1. Des Parasites Intracellulaires Obligatoires

Les virus sont définis comme des entités non cellulaires, constituées d’un acide nucléique (ADN ou ARN) et d’une coque protéique, incapables de se multiplier en dehors d’une cellule vivante.

5.1.2. La Réplication Virale

Le processus par lequel le virus détourne la machinerie de la cellule hôte pour produire de nouvelles particules virales est expliqué de manière simplifiée.

5.1.3. La Transmission par Vecteurs

La particularité des virus est leur mode de transmission : ils dépendent d’un vecteur (le plus souvent un insecte piqueur-suceur comme un puceron ou une mouche blanche) pour être inoculés d’une plante à l’autre.

5.1.4. La Transmission par la Semence et le Matériel Végétal

La transmission par les semences et, surtout, par le matériel de multiplication végétative (boutures, greffons) est présentée comme un mode de dissémination majeur pour de nombreuses maladies virales.

5.2. Les Symptômes des Viroses

5.2.1. Les Mosaïques et les Marbrures

Les symptômes les plus courants sont décrits : l’alternance de zones vert clair et vert foncé sur les feuilles, formant des motifs de mosaïque ou de marbrures. La mosaïque africaine du manioc en est l’exemple le plus connu en RDC.

5.2.2. Le Jaunissement et le Rabougrissement

Le jaunissement généralisé du feuillage et un ralentissement ou un arrêt de la croissance (rabougrissement, nanisme) sont également des symptômes fréquents des viroses.

5.2.3. Les Déformations d’Organes

Les déformations des feuilles (enroulement, crispation), des tiges ou des fruits sont présentées comme d’autres manifestations possibles d’une infection virale.

5.2.4. L’Absence de Lutte Curative

Une caractéristique essentielle des viroses est rappelée : il n’existe pas de traitement « virucide » pour guérir une plante une fois qu’elle est infectée. La lutte est donc exclusivement préventive.

Partie 3 : Les Maladies Abiotiques et le Diagnostic 🩺

Cette partie traite des maladies qui ne sont pas causées par des organismes vivants, mais par des conditions environnementales défavorables. Elle se conclut par un chapitre sur la démarche de diagnostic, une compétence synthétique qui consiste à observer, analyser et déduire la cause la plus probable d’un problème sanitaire.

Chapitre 6 : Les Troubles Physiologiques et les Carences Nutritionnelles

6.1. Les Stress Climatiques

6.1.1. Les Dégâts dus au Froid et au Gel

Les symptômes de brûlures et de nécroses causés par des températures trop basses sont décrits, un problème pertinent dans les zones de haute altitude.

6.1.2. Les Dégâts dus à la Chaleur et à l’Insolation

Les brûlures solaires sur les fruits et les feuilles, ainsi que le flétrissement dû à des températures excessives, sont présentés.

6.1.3. Le Stress Hydrique (Sécheresse et Excès d’Eau)

Les symptômes du manque d’eau (flétrissement, enroulement des feuilles) et de l’excès d’eau (asphyxie racinaire, jaunissement) sont expliqués.

6.1.4. La Pollution de l’Air et du Sol

Les effets toxiques de certains polluants atmosphériques (SO2) ou de contaminants du sol (métaux lourds, salinité excessive) sont abordés.

6.2. Les Troubles Nutritionnels

6.2.1. Les Lois de la Nutrition Minérale

Les grandes lois qui régissent l’alimentation des plantes (loi du minimum de Liebig) sont rappelées pour comprendre la notion de facteur limitant.

6.2.2. Les Symptômes de Carence en Macronutriments

Les symptômes typiques de carence en azote (jaunissement des vieilles feuilles), phosphore (coloration violacée) et potassium (nécrose en bordure des feuilles) sont décrits.

6.2.3. Les Symptômes de Carence en Oligo-éléments

Les symptômes de carence en éléments mineurs, comme la chlorose ferrique (jaunissement des jeunes feuilles) dans les sols calcaires de la région des Grands Lacs, sont présentés.

6.2.4. Les Symptômes de Toxicité

L’excès de certains éléments (bore, manganèse) dans le sol peut également provoquer des symptômes de toxicité (brûlures, nécroses).

Chapitre 7 : Le Diagnostic Phytosanitaire

7.1. L’Analyse de la Situation

7.1.1. L’Examen de la Plante Individuelle

La démarche commence par une observation minutieuse de la plante malade : quelles parties sont affectées (racines, tige, feuilles) ? Quels sont les symptômes et les signes précis ?

7.1.2. L’Examen de la Population (Parcelle)

L’observation est ensuite élargie à l’ensemble de la parcelle : quelle est la répartition des plantes malades (homogène, en foyers, en lignes) ? Quel est le pourcentage de plantes atteintes ?

7.1.3. L’Analyse de l’Environnement et de l’Historique

L’agronome-enquêteur collecte des informations sur les conditions environnementales récentes (pluies, sécheresse) et sur l’historique de la parcelle (précédent cultural, traitements effectués).

7.1.4. L’Utilisation d’Outils d’Aide au Diagnostic

L’utilisation de loupes de terrain pour observer les signes, de guides d’identification et de clés de détermination simplifiées est encouragée.

7.2. L’Interprétation et la Conclusion

7.2.1. La Formulation d’Hypothèses

Sur la base de toutes les informations collectées, le technicien formule une ou plusieurs hypothèses sur la cause possible du problème (ex: champignon, carence, virus).

7.2.2. La Distinction entre Cause Primaire et Secondaire

Il est important de distinguer la cause primaire du problème (ex: une pourriture racinaire) des symptômes secondaires qui peuvent en découler (ex: un flétrissement).

7.2.3. La Confirmation par l’Analyse en Laboratoire

Pour les cas difficiles, le recours à un laboratoire spécialisé pour isoler et identifier formellement l’agent pathogène est présenté comme la seule méthode de confirmation certaine.

7.2.4. La Proposition de Mesures de Lutte

Le diagnostic se conclut par une recommandation de mesures de gestion adaptées à la cause identifiée, marquant le passage de l’analyse à l’action.

Partie 4 : Les Méthodes de Lutte Contre les Maladies 🛡️

Cette partie, au cœur des compétences du technicien, présente l’arsenal des méthodes disponibles pour gérer les maladies des plantes. Elle est structurée pour aller des méthodes les plus préventives et les moins interventionnistes (réglementation, pratiques culturales) aux méthodes curatives comme la lutte chimique, en insistant sur leur intégration.

Chapitre 8 : La Lutte Réglementaire et Prophylactique

8.1. La Lutte Réglementaire

8.1.1. La Quarantaine Végétale

Le principe de la quarantaine est expliqué : des mesures légales pour empêcher l’introduction de nouveaux pathogènes sur un territoire (contrôles aux frontières).

8.1.2. La Certification Sanitaire

La production et la commercialisation de semences et de plants certifiés, garantis exempts de certains pathogènes, sont présentées comme une mesure réglementaire essentielle.

8.1.3. L’Éradication Obligatoire

Dans certains cas, la loi peut imposer l’arrachage et la destruction des plantes atteintes par une maladie particulièrement dangereuse pour stopper sa propagation.

8.1.4. L’Homologation des Pesticides

Le processus par lequel les produits phytosanitaires doivent être évalués et autorisés (homologation) avant leur mise sur le marché est décrit comme une mesure de protection de l’agriculteur et de l’environnement.

8.2. Les Mesures Prophylactiques

8.2.1. Le Choix de la Parcelle

Le choix d’un terrain bien drainé et aéré pour éviter les maladies favorisées par l’humidité est une mesure de prévention de base.

8.2.2. L’Utilisation de Matériel Végétal Sain

Le fait de commencer la culture avec des semences ou des boutures saines est réaffirmé comme la première et la plus importante des mesures de lutte.

8.2.3. L’Hygiène et le Nettoyage

La désinfection des outils (sécateurs), le nettoyage du matériel agricole et l’élimination des débris de culture infectés sont des gestes prophylactiques simples et efficaces.

8.2.4. L’Élimination des Sources d’Inoculum

La destruction des plantes sauvages hôtes ou des repousses de culture qui peuvent servir de réservoir au pathogène est une autre mesure de prévention importante.

Chapitre 9 : La Lutte Culturale et Physique

9.1. La Lutte Culturale

9.1.1. La Rotation des Cultures

La rotation des cultures est présentée comme une méthode très efficace pour rompre le cycle des pathogènes qui survivent dans le sol, en alternant des cultures sensibles et non sensibles.

9.1.2. Le Travail du Sol

Le labour peut aider à enfouir les résidus de culture infectés et à exposer les formes de conservation des pathogènes au soleil, bien que son impact doive être pesé par rapport à la conservation des sols.

9.1.3. La Gestion de la Densité et de l’Orientation

Une densité de semis optimale et une bonne orientation des rangs de culture pour favoriser la circulation de l’air et un séchage rapide du feuillage sont expliquées.

9.1.4. La Gestion de la Fertilisation et de l’Irrigation

Une fertilisation équilibrée (un excès d’azote rend les plantes plus sensibles) et une irrigation qui évite de mouiller le feuillage (irrigation au goutte-à-goutte) peuvent réduire la pression des maladies.

9.2. La Lutte Physique

9.2.1. Le Traitement par la Chaleur

Les techniques de traitement des semences à l’eau chaude ou de solarisation du sol (couverture avec un plastique transparent) pour tuer les pathogènes par la chaleur sont décrites.

9.2.2. L’Utilisation de Barrières Physiques

L’utilisation de filets anti-insectes pour protéger les pépinières des insectes vecteurs de virus est un exemple de lutte physique.

9.2.3. Le Paillage Plastique

Le paillage du sol avec des films plastiques peut limiter les contaminations par les éclaboussures de pluie et modifier le microclimat au niveau du sol.

9.2.4. L’Élimination Manuelle

Le retrait et la destruction manuels des premières feuilles ou plantes atteintes (émondage, émondage) peuvent ralentir la progression d’une épidémie.

Chapitre 10 : La Lutte Génétique et Biologique

10.1. La Lutte Génétique

10.1.1. L’Utilisation de Variétés Résistantes

L’utilisation de variétés génétiquement résistantes aux maladies est présentée comme la méthode de lutte la plus économique, la plus efficace et la plus respectueuse de l’environnement.

10.1.2. Les Mécanismes de la Résistance

Une introduction simple aux mécanismes de défense des plantes (barrières physiques, réactions chimiques) est faite.

10.1.3. Les Limites de la Résistance

Le risque de contournement de la résistance par l’évolution de nouvelles races de l’agent pathogène est expliqué, soulignant la nécessité d’une création variétale continue.

10.1.4. La Gestion des Variétés Résistantes

Des stratégies pour préserver la durabilité des résistances, comme l’utilisation de mélanges de variétés ou de « pyramidage » de gènes, sont évoquées.

10.2. La Lutte Biologique

10.2.1. Le Principe de la Lutte Biologique

La lutte biologique est définie comme l’utilisation d’organismes vivants (antagonistes) pour limiter les populations d’un agent pathogène.

10.2.2. Les Mécanismes d’Action

Les différents mécanismes (compétition, antibiose, parasitisme) par lesquels un agent de lutte biologique peut contrôler un pathogène sont expliqués.

10.2.3. Exemples d’Agents de Lutte Biologique

Des exemples sont donnés, comme l’utilisation de champignons du genre Trichoderma pour lutter contre les pathogènes du sol, ou de bactéries comme Bacillus subtilis.

10.2.4. La Stimulation des Antagonistes Indigènes

L’apport de compost et de matière organique de qualité est présenté comme un moyen de favoriser les populations de micro-organismes bénéfiques naturellement présents dans le sol.

Chapitre 11 : La Lutte Chimique

11.1. Les Produits Phytosanitaires

11.1.1. Définition et Classification

Un pesticide est défini comme une substance destinée à protéger les végétaux. Les grandes familles sont classées selon leur cible : fongicides, bactéricides, nématicides, etc.

11.1.2. La Composition d’un Produit Commercial

La distinction est faite entre la matière active (la molécule qui a l’effet biocide) et les adjuvants (qui améliorent l’efficacité de la formulation).

11.1.3. Les Modes d’Action

Les différents modes d’action sont expliqués : les produits de contact (qui agissent en surface) et les produits systémiques (qui pénètrent et circulent dans la plante).

11.1.4. Le Risque de Résistance

L’utilisation répétée du même produit chimique peut conduire à la sélection de souches de pathogènes résistantes, rendant le traitement inefficace. La nécessité d’alterner les familles chimiques est soulignée.

11.2. L’Utilisation Raisonnée et Sécuritaire

11.2.1. Le Positionnement du Traitement

La différence entre traitement préventif (avant l’apparition des symptômes) et curatif (après) est rappelée. La lutte raisonnée vise à traiter uniquement lorsque le seuil de nuisibilité est atteint.

11.2.2. Le Calcul des Doses et la Préparation de la Bouillie

La méthode pour lire une étiquette, calculer la dose de produit par hectare et préparer correctement le mélange dans le pulvérisateur est enseignée.

11.2.3. La Sécurité de l’Applicateur

L’importance capitale du port des Équipements de Protection Individuelle (EPI) lors de la manipulation et de l’application des pesticides est mise en avant.

11.2.4. La Protection de l’Environnement et du Consommateur

Les règles pour protéger l’environnement (gestion des fonds de cuve, protection des points d’eau) et le consommateur (respect du Délai Avant Récolte – DAR) sont expliquées.

Partie 5 : Études de Cas et Gestion Intégrée 🧩

Cette dernière partie est la synthèse de tout le cours. À travers l’étude de maladies concrètes et majeures pour l’agriculture congolaise, l’élève apprend à mobiliser toutes ses connaissances pour construire une stratégie de protection intégrée, combinant de manière intelligente et hiérarchisée les différentes méthodes de lutte.

Chapitre 12 : Études de Cas sur les Cultures Majeures en RDC

12.1. La Mosaïque Africaine du Manioc

12.1.1. Symptômes et Impact

Les symptômes caractéristiques de cette virose (mosaïque foliaire, déformations, rabougrissement) et son impact dévastateur sur les rendements de la culture de base en RDC sont décrits.

12.1.2. L’Agent Causal et son Vecteur

Le complexe de virus (genre Begomovirus) et son insecte vecteur, la mouche blanche Bemisia tabaci, sont présentés.

12.1.3. Stratégies de Lutte Intégrée

La stratégie de lutte, qui a fait ses preuves, est détaillée : utilisation massive de variétés résistantes issues de la recherche (INERA), combinée à la sélection et la multiplication de boutures saines.

12.1.4. Le Défi de la Striure Brune

Une nouvelle menace virale, la maladie de la striure brune du manioc, est présentée pour illustrer la nécessité d’une surveillance et d’une recherche continues.

12.2. La Fusariose Vasculaire du Bananier (Maladie de Panama)

12.2.1. Symptômes et Dégâts

Les symptômes de ce champignon du sol (Fusarium oxysporum) sont décrits : jaunissement et flétrissement des feuilles, et brunissement des vaisseaux conducteurs visibles à la coupe du pseudo-tronc.

12.2.2. L’Agent Pathogène et sa Conservation

La biologie du champignon, capable de survivre des décennies dans le sol sous forme de chlamydospores, explique la difficulté de la lutte.

12.2.3. Méthodes de Gestion

Les méthodes de gestion sont présentées : la prophylaxie (éviter la dispersion de terre infestée), l’utilisation de vitroplants sains, et surtout, la recherche de variétés résistantes, la lutte chimique étant inefficace.

12.2.4. La Menace de la Race Tropicale 4 (TR4)

La menace que représente la nouvelle race TR4, qui attaque la variété Cavendish (banane dessert d’exportation), est évoquée comme un enjeu phytosanitaire mondial.

Chapitre 13 : Études de Cas sur les Cultures de Rente et Céréales

13.1. La Rouille du Caféier

13.1.1. Importance de la Maladie

La rouille orangée (Hemileia vastatrix), qui provoque une défoliation précoce et une chute drastique des rendements, est présentée comme la principale maladie du caféier Arabica à travers le monde.

13.1.2. Cycle du Champignon

Le cycle du champignon, favorisé par l’humidité et des températures modérées, est expliqué.

13.1.3. Gestion de la Rouille

La gestion intégrée est décrite : utilisation de variétés résistantes, pratiques culturales (taille pour l’aération, fertilisation équilibrée) et application raisonnée de fongicides à base de cuivre ou systémiques.

13.1.4. L’Exemple de la Province de l’Équateur

La pertinence de la lutte contre les maladies du caféier Robusta, comme la trachéomycose, est soulignée pour la relance de la filière dans les zones de basse altitude comme la province de l’Équateur.

13.2. La Pyriculariose du Riz

13.2.1. Symptômes et Nuisibilité

Les symptômes de la pyriculariose (Magnaporthe oryzae), qui peuvent apparaître sur les feuilles (taches en forme de losange), les nœuds et les panicules (cassure du col), sont décrits. C’est la maladie la plus importante du riz.

13.2.2. Conditions Favorables

Les conditions favorisant les épidémies sont listées : fortes densités de semis, excès de fertilisation azotée, et alternance de périodes humides et de rosées matinales.

13.2.3. Méthodes de Lutte

La lutte intégrée combine l’utilisation de variétés tolérantes, la gestion de l’eau et de la fertilisation, et des traitements fongicides en cas de forte pression.

13.2.4. La Situation dans les Plaines Rizicoles

L’importance de la gestion de cette maladie dans les grands périmètres rizicoles, comme celui de la plaine de la Ruzizi, est mise en avant pour garantir la production nationale.

Chapitre 14 : L’Élaboration d’un Programme de Lutte Intégrée

14.1. Les Principes de la Lutte Intégrée (IPM)

14.1.1. Définition de la Lutte Intégrée

La lutte intégrée est définie comme une stratégie qui combine toutes les méthodes de lutte appropriées de manière compatible, afin de maintenir les populations de nuisibles en dessous du seuil de nuisibilité économique.

14.1.2. La Pyramide de la Lutte Intégrée

Le concept est présenté sous forme de pyramide : la base est la prévention (prophylaxie, lutte culturale), suivie par l’observation et le suivi, puis les interventions biologiques, et en dernier recours, au sommet, la lutte chimique.

14.1.3. La Notion de Seuil d’Intervention

Le seuil d’intervention est défini comme le niveau de population du nuisible (ou d’intensité de la maladie) à partir duquel une intervention de lutte est économiquement justifiée.

14.1.4. L’Approche Systémique

La lutte intégrée considère l’agrosystème dans sa globalité, en cherchant à favoriser les équilibres naturels et la biodiversité fonctionnelle.

14.2. Construction d’un Itinéraire de Protection

14.2.1. Le Diagnostic de la Situation de Départ

La première étape est de lister les principales contraintes phytosanitaires (maladies, ravageurs) pour une culture donnée dans une région spécifique.

14.2.2. La Hiérarchisation des Méthodes de Lutte

Pour chaque problème identifié, les différentes méthodes de lutte disponibles sont listées et hiérarchisées, en privilégiant toujours les mesures préventives.

14.2.3. L’Intégration des Pratiques

Un calendrier de protection est élaboré, intégrant de manière cohérente les différentes interventions tout au long du cycle de la culture.

14.2.4. L’Évaluation et l’Ajustement

La lutte intégrée est une démarche dynamique : l’efficacité du programme doit être évaluée à chaque campagne pour être ajusté et amélioré en continu.

Annexes

1. Guide d’Identification des Principales Maladies

Cette annexe propose un aperçu d’un guide illustré (herbier photographique) des symptômes des maladies les plus courantes pour les cultures majeures en RDC (manioc, maïs, haricot, bananier), afin de servir d’outil d’aide au diagnostic pour le technicien.

2. Clé de Détermination Simplifiée

Une clé de détermination dichotomique simple est fournie, guidant l’élève par une série de questions basées sur l’observation des symptômes (ex: « La maladie se présente-t-elle sous forme de poudre ? Oui/Non ») vers une hypothèse de diagnostic.

3. Tableau des Principales Matières Actives

Un tableau de synthèse présente les principales familles de fongicides et d’insecticides, en précisant pour chacune leur mode d’action (contact/systémique), leur spectre d’activité et les précautions d’emploi, pour une utilisation plus éclairée et sécuritaire.

4. Protocole de Préparation d’Extraits Végétaux

Des fiches recettes sont proposées pour la préparation artisanale de pesticides d’origine végétale (biopesticides), comme le purin d’ortie, l’extrait de neem ou la solution de piment et d’ail, offrant des alternatives écologiques pour la protection des jardins.