COURS D’ACTIVITÉS DE PROMOTION DE LA SANTÉ, 2ÈME ANNÉE MATERNELLE 🏥🍎
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
PRÉLIMINAIRES 📝
0.1. Note pédagogique à l’enseignant Ce manuel opérationnalise le domaine d’apprentissage « Activités de promotion de la santé » pour la deuxième année maternelle, conformément au Programme National de l’Enseignement Maternel (PNEM 2021). Il s’agit d’un guide pratique destiné à installer des habitudes de vie saines chez l’enfant de quatre ans. L’approche privilégie l’action concrète et la répétition quotidienne des gestes d’hygiène et de sécurité. L’enseignant trouvera ici des séquences structurées pour transformer les concepts abstraits de santé en comportements réflexes, en utilisant les ressources locales disponibles dans les écoles de la République Démocratique du Congo.
0.2. Objectifs généraux du cours Le cours vise l’acquisition d’une autonomie progressive dans les soins corporels et la préservation de la santé. Il a pour but d’amener l’apprenant à pratiquer correctement les règles d’hygiène corporelle et environnementale, à distinguer les aliments bénéfiques pour sa croissance et à adopter des comportements préventifs face aux maladies et aux accidents. Les activités proposées développent la responsabilité de l’enfant envers son propre corps et son environnement immédiat. L’enseignement valorise la consommation des produits locaux et l’acceptation des mesures sanitaires collectives.
0.3. Profil de sortie de l’élève Au terme de la deuxième année maternelle, l’élève exécute seul le lavage correct des mains et le brossage des dents. Il participe activement à l’entretien de la classe et identifie les aliments locaux favorisant sa croissance. Il cite les dangers liés aux objets tranchants et aux maladies courantes comme la malaria ou les mains sales. Il accepte sans crainte les visites médicales et la vaccination, et respecte les temps de repos nécessaires à son équilibre.
0.4. Méthodologie et routine sanitaire La méthodologie repose sur la démonstration, l’imitation et la répétition rituelle. Chaque journée débute par le contrôle de propreté et intègre des moments pratiques de lavage des mains avant les repas. L’enseignant utilise le matériel concret (savon, bassin, fruits) et des supports visuels pour illustrer les dangers invisibles (microbes). L’apprentissage se fait par l’exemple et le renforcement positif des bons comportements, en lien étroit avec les familles pour assurer la continuité éducative.
PREMIÈRE PARTIE : ÉDUCATION À L’HYGIÈNE CORPORELLE ET ENVIRONNEMENTALE 🧼🚰
Cette première partie établit les fondations de la santé par la propreté. Elle focalise l’attention sur l’entretien du corps, barrière première contre les infections, et sur l’assainissement du cadre de vie scolaire et domestique. Elle vise à automatiser les gestes de nettoyage et à développer une conscience aiguë de la salubrité, essentielle dans les zones urbaines comme Kinshasa ou rurales comme le Kwilu.
Chapitre 1 : Soins et propreté du corps
Ce chapitre traite des techniques de nettoyage corporel que l’enfant doit maîtriser ou comprendre pour assurer son hygiène personnelle quotidienne.
1.1. Lavage correct des mains au savon L’enfant apprend la technique rigoureuse du lavage des mains à l’eau courante et au savon. Il frotte la paume, le dos de la main et les espaces interdigitaux. L’enseignant insiste sur les moments clés : avant de manger, après avoir joué et après l’usage des toilettes. Cette pratique constitue le premier rempart contre les maladies des mains sales.
1.2. Entretien des cheveux et des oreilles L’élève intègre la nécessité de garder ses cheveux propres et coiffés pour éviter les parasites. Il apprend à nettoyer le pavillon de l’oreille avec douceur, sans introduire d’objets dans le conduit auditif. L’apprentissage valorise l’esthétique et le confort liés à une tête propre.
1.3. Brossage des dents et hygiène buccale L’enfant s’exerce au brossage des dents pour lutter contre la carie dentaire. Il apprend le mouvement vertical de la gencive vers la dent et l’importance de se rincer la bouche après les repas sucrés. L’enseignant explique le rôle de la brosse à dents personnelle et son entretien.
1.4. Propreté des vêtements et tenue L’élève apprend à prendre soin de ses habits pour éviter de les salir inutilement lors des jeux. Il distingue les vêtements propres des vêtements souillés nécessitant un lavage. Il développe le réflexe de protéger sa tenue lors des activités salissantes comme la peinture ou le repas.
Chapitre 2 : Entretien du cadre de vie
Ce chapitre responsabilise l’enfant face à la propreté de son environnement immédiat, l’impliquant activement dans les tâches collectives d’assainissement.
2.1. Balayage et nettoyage de la classe L’enfant participe au balayage de la salle de classe en utilisant des balais adaptés à sa taille. Il apprend à rassembler la poussière sans la soulever et à utiliser la ramassette. Cette activité physique le connecte concrètement à la gestion des déchets.
2.2. Époussetage du mobilier scolaire L’élève utilise un chiffon propre ou humide pour épousseter sa table, sa chaise et les étagères de rangement. Il apprend à retirer la poussière des surfaces pour prévenir les allergies et maintenir un cadre de travail sain.
2.3. Ramassage des déchets et feuilles mortes L’apprentissage se prolonge dans la cour de récréation par le ramassage des papiers, des plastiques et des feuilles mortes. L’enfant distingue les déchets naturels des déchets artificiels et utilise les poubelles appropriées, contribuant à la lutte contre l’insalubrité.
2.4. Rangement du matériel pédagogique L’élève apprend à remettre chaque objet à sa place après usage pour faciliter le nettoyage des sols et des surfaces. Il comprend que l’ordre participe à l’hygiène générale en évitant l’accumulation de saleté dans les coins encombrés.
Chapitre 3 : Hygiène de l’eau et des aliments
Ce chapitre aborde les précautions nécessaires pour consommer l’eau et les aliments sans risque, prévenant les maladies d’origine hydrique et alimentaire.
3.1. Consommation d’eau potable L’enfant apprend à distinguer l’eau potable de l’eau non traitée. Il intègre l’interdiction de boire l’eau du robinet si elle n’est pas sûre, ou l’eau des rivières et des flaques. L’enseignant explique l’importance de boire de l’eau filtrée ou bouillie pour rester en bonne santé.
3.2. Lavage des fruits et légumes crus L’élève s’exerce à laver soigneusement les fruits (mangues, pommes) et les légumes consommés crus avant de les manger. Il comprend que la peau des fruits peut porter des poussières ou des germes invisibles qu’il faut éliminer à l’eau propre.
3.3. Hygiène des mains avant le repas L’apprentissage ritualise le lavage des mains spécifiquement avant toute prise alimentaire. L’enfant associe le geste de manger à la propreté absolue des mains, réduisant le risque d’ingestion de pathogènes.
3.4. Nettoyage des ustensiles après usage L’élève participe au nettoyage de son gobelet ou de son bol après le goûter. Il apprend à rincer son matériel pour éviter la prolifération des mouches et des microbes sur les restes alimentaires.
DEUXIÈME PARTIE : ÉDUCATION À LA NUTRITION ET ALIMENTATION SAINE 🥣🍌
Cette partie explore la diversité alimentaire de la RDC et son impact sur la croissance. Elle classe les aliments selon leur fonction nutritive et combat les mauvaises habitudes alimentaires. Elle vise à faire de l’enfant un promoteur des produits locaux riches et sains au sein de sa famille.
Chapitre 4 : Aliments énergétiques locaux
Ce chapitre identifie les aliments de base qui fournissent la force nécessaire pour jouer et apprendre, puisés dans l’agriculture congolaise.
4.1. Identification du riz et du maïs L’enfant reconnaît le riz et le maïs comme sources principales d’énergie. Il observe les grains crus et les plats cuisinés, comprenant leur rôle de « carburant » pour le corps.
4.2. Découverte du fufu et de la chikwangue L’élève identifie le fufu (manioc ou maïs) et la chikwangue (pain de manioc) comme des aliments de base essentiels. Il apprend que ces produits locaux, très consommés de Boma à Kisangani, calment la faim et donnent de la vigueur.
4.3. Place du pain et des tubercules L’apprentissage inclut le pain, les bananes plantains et le millet. L’enfant classe ces aliments dans la catégorie de ceux qui donnent de la force, diversifiant sa connaissance des sources de glucides.
4.4. Importance du petit-déjeuner énergétique L’enseignant explique la nécessité de consommer ces aliments énergétiques le matin pour être attentif en classe. L’enfant apprend à composer un début de journée nutritif évitant la fatigue précoce.
Chapitre 5 : Aliments constructeurs et protecteurs
Ce chapitre présente les aliments qui permettent au corps de grandir (protéines) et de se défendre (vitamines), valorisant la biodiversité locale.
5.1. Sources animales : Viande, poisson et chenilles L’enfant identifie la viande, le poulet, le poisson et les chenilles comme des aliments qui construisent le corps. Il découvre la valeur nutritive des insectes comestibles, ressource importante dans plusieurs provinces.
5.2. Sources végétales : Haricot, arachide et soja L’élève reconnaît les légumineuses (haricots, pois, soja, arachides) et les graines de courge comme des alternatives végétales pour la croissance. Il apprend que ces graines aident les muscles à se développer.
5.3. Fruits protecteurs locaux L’apprentissage focalise sur les fruits locaux : orange, ananas, mangue, pomme. L’enfant comprend que ces fruits protègent contre les maladies et doivent être consommés régulièrement pour leurs vitamines.
5.4. Légumes feuilles : Pondu et amarante L’élève identifie les légumes verts comme le pondu (feuilles de manioc), l’amarante, l’épinard et l’oseille. Il apprend que ces feuilles vertes nettoient le corps et renforcent la santé globale.
Chapitre 6 : Habitudes alimentaires et sensibilisation
Ce chapitre lutte contre la malbouffe et encourage l’adoption de régimes sains basés sur les ressources communautaires.
6.1. Limitation des sucreries et boissons gazeuses L’enfant apprend les méfaits de l’excès de sucre, des bonbons et des boissons gazeuses sur les dents et la santé. Il intègre la règle de limiter ces produits plaisirs pour privilégier les aliments naturels.
6.2. Prévention de l’obésité et des caries L’enseignant explique le lien entre la consommation excessive de sucre et les caries dentaires ou la prise de poids excessive. L’élève comprend que bien manger, c’est aussi savoir dire non aux excès.
6.3. Valorisation des produits locaux L’apprentissage encourage la fierté de consommer les produits du terroir congolais. L’enfant devient un agent de sensibilisation, capable d’influencer sa communauté sur l’importance de manger local plutôt que des produits importés transformés.
6.4. Régularité et diversité des repas L’élève intègre la nécessité de manger un peu de tout chaque jour. Il apprend à apprécier la variété dans son assiette, combinant l’aliment de base (fufu) avec une sauce (légume/viande) et un fruit.
TROISIÈME PARTIE : PRÉVENTION DES MALADIES ET SÉCURITÉ PHYSIQUE 💉⛔
Cette dernière partie traite de la protection active de la santé. Elle aborde la prévention des pathologies infectieuses par l’hygiène et la vaccination, ainsi que la prévention des accidents corporels par la prudence. Elle vise à sécuriser le développement de l’enfant dans un environnement parfois hostile.
Chapitre 7 : Prévention des maladies infectieuses
Ce chapitre explique les mécanismes de transmission des maladies courantes et les moyens de s’en prémunir au quotidien.
7.1. La maladie des mains sales L’enfant comprend le lien direct entre les mains souillées et les maux de ventre ou la diarrhée. Il renforce sa motivation pour le lavage des mains comme moyen principal de couper la chaîne de transmission des microbes.
7.2. Lutte contre la malaria L’élève identifie le moustique comme vecteur de la malaria. Il apprend l’importance de dormir sous une moustiquaire imprégnée et de détruire les gîtes larvaires (eaux stagnantes) autour de la maison et de l’école.
7.3. Prévention des épidémies : Ebola et Covid-19 L’apprentissage aborde les gestes barrières spécifiques aux grandes épidémies connues en RDC (Ebola, Covid-19). L’enfant apprend à ne pas toucher les fluides corporels, à respecter la distanciation si nécessaire et à signaler tout malaise à un adulte.
7.4. Hygiène de la bouche et des dents L’élève approfondit la prévention des affections buccales. Il comprend que le brossage régulier empêche les microbes d’attaquer les dents et prévient la douleur dentaire, garantissant un sourire sain.
Chapitre 8 : Soins médicaux et hygiène intime
Ce chapitre dédramatise le contact avec le système de santé et installe les bases de l’autonomie aux toilettes.
8.1. Acceptation de la vaccination L’enfant apprend que les vaccins sont des boucliers qui empêchent les maladies graves de l’attaquer. L’enseignant valorise le courage lors des campagnes de vaccination et explique leur rôle protecteur pour toute la classe.
8.2. Collaboration lors du contrôle médical L’élève comprend l’importance de se laisser examiner par le médecin ou l’infirmier pour vérifier sa croissance. Il apprend à ne pas avoir peur de la blouse blanche et à coopérer lors des pesées ou des mesures.
8.3. Usage correct du pot et des toilettes L’apprentissage vise l’autonomie et la propreté lors de l’élimination. L’enfant s’exerce à utiliser correctement le pot ou le vase, à s’essuyer seul et à laisser l’endroit propre pour le suivant.
8.4. Signalement des symptômes L’élève apprend à exprimer clairement son état physique : « j’ai chaud », « j’ai mal au ventre ». Il comprend qu’il doit prévenir immédiatement l’enseignant ou le parent dès qu’il ne se sent pas bien pour être soigné vite.
Chapitre 9 : Sécurité physique et équilibre de vie
Ce chapitre prévient les traumatismes physiques et promeut un mode de vie équilibré entre activité et repos.
9.1. Dangers des objets tranchants et pointus L’enfant identifie les objets interdits de manipulation : couteaux, lames de rasoir, éclats de verre, pointes. Il apprend à ne pas jouer avec ces objets pour éviter les coupures et les blessures graves.
9.2. Prévention des accidents lors des jeux L’élève intègre les règles de sécurité dans la cour : éviter les jeux violents, les bousculades et les bagarres. Il apprend à jouer sans mettre en danger son intégrité physique ni celle de ses camarades.
9.3. Pratique régulière de l’exercice physique L’apprentissage valorise le mouvement. L’enfant comprend que courir, sauter et bouger chaque jour renforce son cœur et ses muscles. L’enseignant encourage la participation active aux séances de gymnastique.
9.4. Respect du sommeil et du repos L’élève apprend que le corps a besoin de sommeil pour grandir et récupérer des forces. Il respecte les moments de calme en classe et comprend la nécessité de se coucher tôt le soir pour être en forme le lendemain.
ANNEXES 📂
A.1. Pyramide alimentaire des produits locaux Un schéma illustré classant les aliments congolais (fufu, makemba, pondu, poisson) selon leur groupe nutritif (énergie, construction, protection), servant de référence visuelle pour l’équilibre des repas.
A.2. Protocole illustré du lavage des mains Une série d’images séquentielles montrant les étapes du lavage des mains (mouiller, savonner, frotter, rincer, sécher) à afficher près des points d’eau de l’école.
A.3. Calendrier de brossage des dents Un outil individuel à emporter à la maison permettant à l’enfant de colorier une case chaque fois qu’il se brosse les dents matin et soir, favorisant l’implication familiale.
A.4. Grille d’observation de l’hygiène et santé Un outil pour l’enseignant permettant d’évaluer l’état de propreté de l’enfant à l’arrivée (cheveux, vêtements) et son autonomie dans les gestes sanitaires (lavage des mains, usage du pot).
COURS D’ACTIVITÉS DE LANGAGE, 3ÈME ANNÉE MATERNELLE, CYCLE PRÉSCOLAIRE
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
0. PRÉLIMINAIRES
0.1. Préface et Note aux Enseignants
Ce manuel constitue un outil didactique fondamental destiné aux éducateurs de la troisième année maternelle en République Démocratique du Congo. L’ouvrage s’aligne rigoureusement sur le Programme National de l’Enseignement Maternel (PNEM) révisé en 2021 et vise à standardiser les pratiques pédagogiques sur l’étendue du territoire national. La maîtrise de la langue orale et l’initiation progressive à l’écrit représentent les piliers de cette année terminale du cycle préscolaire, préparant directement l’enfant à l’entrée en première année primaire. L’enseignant trouvera ici des directives claires pour transformer sa classe en un laboratoire vivant de communication.
0.2. Objectifs Généraux du Cours
L’enseignement dispensé dans ce module poursuit l’objectif terminal d’amener l’enfant de cinq ans à utiliser le langage comme un outil de pensée, de communication et de création. L’apprenant doit acquérir la capacité de comprendre des messages complexes, d’exprimer sa pensée avec clarté et de structurer son discours en respectant les règles syntaxiques de base. Le cours vise également à développer la conscience phonologique et à éveiller l’intérêt pour le code écrit à travers des activités ludiques et fonctionnelles ancrées dans le quotidien congolais.
0.3. Approche Pédagogique et Méthodologique
La méthodologie préconisée repose sur l’approche par les compétences et privilégie la pédagogie active. L’apprentissage de la langue s’effectue en situation réelle de communication, excluant toute mémorisation mécanique dénuée de sens. L’enseignant agit comme un médiateur qui stimule la prise de parole spontanée et organise des interactions structurées entre pairs. Les activités alternent entre des moments d’expression libre, des ateliers dirigés et des jeux symboliques, favorisant ainsi l’intégration naturelle des structures linguistiques.
0.4. Matériel Didactique et Ressources Locales
La mise en œuvre de ce programme requiert l’utilisation créative des ressources disponibles dans l’environnement immédiat de l’école. L’enseignant exploite des objets réels, des images découpées dans des magazines, des marionnettes fabriquées avec des matériaux de récupération (calebasses, tissus, papiers mâchés) et des instruments sonores locaux. L’usage de supports visuels variés, tels que des photos de scènes de vie à Kinshasa ou des paysages du Kongo Central, enrichit le contexte d’apprentissage et stimule l’imaginaire des élèves.
1. PREMIÈRE PARTIE : COMMUNICATION ORALE ET SOCIALISATION 🗣️
Cette première partie consacre ses efforts au développement de l’élocution et à l’usage social du langage. Elle vise à transformer l’enfant en un interlocuteur actif, capable d’interagir avec ses pairs et les adultes dans le respect des normes socioculturelles. L’accent porte sur la libération de la parole, l’enrichissement lexical et la précision dans la description du monde environnant. L’enseignant y construit les fondations de la confiance en soi nécessaire à toute communication efficace.
1.1. Chapitre 1 : Expression Libre et Dialogue Structuré
Ce chapitre focalise l’attention sur la capacité de l’enfant à prendre la parole spontanément et à maintenir un échange cohérent. Il s’agit d’instaurer un climat de confiance propice à l’expression individuelle au sein du groupe.
1.1.1. L’entretien matinal et l’expression spontanée
L’enseignant organise quotidiennement des cercles de parole où chaque enfant raconte un événement vécu ou partage une émotion. Cette routine permet de valoriser le vécu de l’élève, qu’il vienne d’un quartier dense de Mbuji-Mayi ou d’une zone rurale du Kwilu. L’éducateur guide ces échanges pour passer du mot-phrase à des énoncés plus construits, encourageant l’enfant à dépasser la simple juxtaposition d’idées.
1.1.2. Le dialogue avec l’adulte et entre pairs
Les activités proposées ici structurent les interactions verbales en situations duelles ou en petits groupes. L’enfant apprend à poser des questions pertinentes, à écouter la réponse de son interlocuteur et à rebondir sur les propos entendus. Des jeux de rôle simulant des situations de la vie courante, comme une visite au centre de santé ou une conversation téléphonique fictive, servent de support à ces apprentissages.
1.1.3. L’appropriation des règles de politesse et de civilité
L’enseignement des codes sociaux occupe une place centrale dans la socialisation de l’enfant congolais. Ce module intègre l’apprentissage systématique des formules de salutation, de remerciement et d’excuse adaptées aux différents contextes culturels et hiérarchiques. L’élève intériorise l’importance du respect de la parole de l’autre et des tours de parole lors des échanges collectifs.
1.1.4. L’argumentation et la justification simple
L’enfant de cinq ans commence à développer une pensée logique qu’il doit apprendre à verbaliser. Les exercices invitent l’élève à expliquer ses choix, à justifier une préférence ou à défendre une opinion simple lors d’un débat de classe. L’enseignant propose des situations-problèmes, comme le choix d’un jeu collectif, obligeant les enfants à négocier et à argumenter pour trouver un consensus.
1.2. Chapitre 2 : Enrichissement Lexical et Définition des Objets
Ce chapitre traite de l’extension du vocabulaire actif et de la capacité à catégoriser le réel. Il vise la précision sémantique et la capacité à définir les éléments de l’environnement par leurs attributs fonctionnels et physiques.
1.2.1. Définition des objets par l’usage
L’élève apprend à identifier et à nommer les objets en précisant leur fonction utilitaire. Les activités manipulent des outils concrets issus du quotidien, tels que les ustensiles de cuisine ou les outils aratoires observés dans les champs du Sud-Kivu. L’enfant construit des phrases du type « La houe sert à cultiver la terre » ou « Le stylo sert à écrire », ancrant le vocabulaire dans l’action.
1.2.2. Description par les traits et qualités
Ce module exerce l’enfant à observer finement les caractéristiques physiques des êtres et des choses. Les élèves décrivent la texture, la forme, la couleur et la taille d’objets variés, comme les tissus pagnes vendus au marché de Kisangani ou les fruits tropicaux locaux. L’enrichissement des adjectifs qualificatifs permet d’affiner la perception et la restitution verbale de la réalité.
1.2.3. Association verbale utilité-qualité
L’enseignant propose des exercices cognitifs complexes où l’enfant doit relier un objet à sa fonction et à ses propriétés intrinsèques. Les jeux d’association demandent à l’élève d’expliquer pourquoi tel matériau convient à tel usage, par exemple la solidité du bois pour la construction de meubles. Cette gymnastique intellectuelle renforce la cohérence du discours descriptif.
1.2.4. Les jeux de devinettes et de définition
Les devinettes constituent un excellent moyen ludique pour vérifier la compréhension et la production de définitions. Un enfant décrit un objet caché sans le nommer, en utilisant ses caractéristiques et son usage, tandis que ses camarades tentent de l’identifier. Cette pratique mobilise l’ensemble du vocabulaire acquis et stimule la fluidité verbale.
1.3. Chapitre 3 : Structuration Syntaxique et Mémoire Auditive
Ce chapitre aborde la construction grammaticale de la phrase et le développement des capacités mnésiques auditives. Il prépare l’enfant à manipuler des structures langagières complexes et à retenir des informations séquentielles.
1.3.1. Construction de petites phrases cohérentes
L’objectif est d’amener l’enfant à produire des phrases complètes comportant un sujet, un verbe et des compléments. L’enseignant utilise des supports imagés représentant des actions claires pour susciter des productions syntaxiques correctes. Les élèves s’exercent à varier les verbes d’action et à utiliser correctement les pronoms personnels et les prépositions spatiales.
1.3.2. Répétition et mémorisation de séries de mots
La mémoire auditive, prérequis indispensable à la lecture, se travaille par la répétition de suites logiques et illogiques de mots. Les exercices incluent la mémorisation de listes d’achats fictives ou de noms d’animaux rencontrés dans les parcs nationaux comme la Garamba. Cette activité renforce la capacité de concentration et l’empan mnésique de l’enfant.
1.3.3. Expression des ressemblances et différences
L’élève développe son esprit d’analyse en verbalisant les similitudes et les distinctions entre deux objets ou images. En comparant par exemple un camion et une voiture, ou un palmier et un manguier, l’enfant utilise des connecteurs logiques comme « mais », « tandis que », « aussi que ». Ce travail de comparaison structure la pensée classificatoire.
1.3.4. Le langage explicite et le commentaire
Ce dernier module du chapitre invite l’enfant à produire un discours décontextualisé, compréhensible sans support visuel immédiat. L’élève commente une nouvelle entendue à la radio ou explique une règle de jeu à un camarade absent lors de l’explication initiale. Cette compétence marque le passage vers un langage d’évocation, essentiel pour la réussite scolaire ultérieure.
2. DEUXIÈME PARTIE : ÉVEIL À L’ÉCRIT ET PRÉ-LECTURE 📖
La deuxième partie du cours jette les bases cognitives et sensorielles nécessaires à l’apprentissage formel de la lecture et de l’écriture. Elle ne vise pas l’enseignement systématique du code alphabétique, mais le développement de la conscience phonologique, de l’orientation spatio-temporelle et de la compréhension du fonctionnement de l’écrit. L’enfant découvre que la langue orale peut être codée et que les signes graphiques portent du sens.
2.1. Chapitre 4 : Discrimination Auditive et Orthophonie
Ce chapitre se concentre sur l’analyse sonore de la langue. L’enfant apprend à écouter, à isoler et à manipuler les sons, développant ainsi une conscience phonologique aiguisée indispensable au décodage futur.
2.1.1. Identification et localisation des sons
Les exercices proposés entraînent l’enfant à repérer la source et la nature d’un son dans l’environnement ou dans les mots. L’enseignant utilise des lotos sonores ou des jeux d’écoute active où l’élève doit identifier des bruits familiers de la ville de Lubumbashi ou de la savane. La localisation spatiale de la source sonore affine la perception auditive globale.
2.1.2. Perception de la longueur et de l’intensité des sons
L’élève apprend à distinguer les sons longs des sons courts, ainsi que les variations d’intensité. Des activités musicales et rythmiques permettent de matérialiser ces concepts abstraits. L’enfant associe des gestes corporels à la durée des sons vocaliques, préparant ainsi la distinction entre les syllabes orales.
2.1.3. Répétition de sons et phonèmes spécifiques
Ce module vise la correction articulatoire et la discrimination fine des phonèmes proches. L’enseignant propose des comptines et des virelangues mettant en jeu des sonorités spécifiques de la langue française et des langues nationales. L’attention se porte sur la prononciation claire et la distinction entre des sons comme [b] et [p] ou [d] et [t].
2.1.4. Reconnaissance de sons dans les mots
L’enfant s’exerce à repérer la présence d’un son cible à l’intérieur de mots présentés oralement ou par images. Les jeux de « chasse aux sons » invitent les élèves à trouver tous les objets de la classe dont le nom contient le son [a] ou [i]. Cette activité constitue le premier pas vers l’analyse segmentale de la parole.
2.2. Chapitre 5 : Structuration Spatio-Temporelle
La maîtrise de l’espace et du temps conditionne l’accès à la lecture linéaire et à la compréhension narrative. Ce chapitre propose des activités pour organiser la perception visuelle et la chronologie des événements.
2.2.1. Orientation spatiale et directionnalité
La lecture s’effectuant de gauche à droite et de haut en bas, l’enfant doit intégrer ces sens de progression. Les exercices de tracé, de rangement d’objets sur une étagère ou de disposition de jetons suivent rigoureusement cette directionnalité. L’enseignant veille à ce que l’organisation de l’espace graphique sur la feuille respecte ces conventions.
2.2.2. Rangement et sériation d’objets
L’élève apprend à ordonner des éléments selon des critères définis, développant la logique séquentielle. Les activités de tri et de classement d’objets par taille, couleur ou forme préparent à la reconnaissance des lettres et des mots. L’utilisation de graines, de cailloux ou de bouchons collectés localement rend ces exercices concrets et manipulables.
2.2.3. Chronologie et reconstitution d’histoires
La compréhension du récit repose sur la capacité à ordonner les événements dans le temps. L’enfant remet en ordre des images séquentielles racontant une activité quotidienne, comme la préparation du fufu ou le trajet vers l’école. L’usage des connecteurs temporels « d’abord », « ensuite », « enfin » est systématiquement encouragé lors de la verbalisation.
2.2.4. Achèvement de phrases et anticipation
Ce module stimule la capacité d’anticipation sémantique et syntaxique. L’enseignant commence une phrase que l’enfant doit terminer logiquement, ou raconte une histoire dont les élèves doivent inventer la fin. Cet exercice développe la compréhension implicite et la créativité narrative.
2.3. Chapitre 6 : Contact avec l’Écrit et Lecture d’Images
Ce chapitre familiarise l’enfant avec les supports de l’écrit et le décodage des images, qui constituent une première forme de lecture symbolique.
2.3.1. Observation et lecture d’images
L’image fixe est utilisée comme un support riche pour le langage et l’interprétation. Les élèves décrivent des scènes complexes, émettent des hypothèses sur les intentions des personnages et imaginent les dialogues. L’enseignant choisit des visuels ancrés dans la culture congolaise pour garantir l’intérêt et la compréhension immédiate du contexte.
2.3.2. Reconnaissance globale du prénom et de mots familiers
L’enfant apprend à reconnaître son prénom et ceux de ses camarades écrits en script ou en capitales d’imprimerie. L’étiquetage des objets de la classe et l’utilisation de cartes-mots permettent une imprégnation visuelle progressive. L’objectif est la reconnaissance globale de la forme du mot, sans passer par le déchiffrage lettre par lettre.
2.3.3. Lecture par images et pictogrammes
L’enseignant introduit des systèmes de codage simples où des images ou des pictogrammes remplacent les mots. Les enfants « lisent » des recettes de cuisine imagées ou des règles de vie de la classe représentées par des symboles. Cette activité fait comprendre que le signe graphique véhicule un message précis et constant.
2.3.4. Association image-mot et répétition de sons
Les exercices relient le mot oral, son image et sa représentation écrite. L’enfant associe une étiquette-mot à l’objet correspondant ou regroupe des images dont les noms commencent par la même syllabe. Ce travail renforce le lien entre le signifiant sonore, le signifié visuel et le code graphique.
3. TROISIÈME PARTIE : EXPRESSION ARTISTIQUE ET DRAMATIQUE 🎭
La troisième partie exploite la dimension esthétique et ludique du langage. À travers les contes, le théâtre et la poésie, l’enfant explore les émotions, l’imaginaire et la musicalité de la langue. Ces activités favorisent l’aisance corporelle, la mémorisation et l’appropriation culturelle des traditions orales de la RDC.
3.1. Chapitre 7 : L’Univers du Conte et de la Narration
Le conte constitue un vecteur privilégié pour la transmission des valeurs et le développement de l’imaginaire. Ce chapitre guide l’enseignant dans l’art de raconter et de faire raconter.
3.1.1. Le conte improvisé à partir d’objets
L’enseignant stimule la créativité en demandant aux enfants d’inventer une petite histoire à partir d’un objet tiré d’un « sac à malices ». Un simple coquillage ramassé à Moanda ou un morceau de tissu peut devenir le point de départ d’une aventure extraordinaire. L’exercice développe la fluidité narrative et la capacité à structurer un récit spontané.
3.1.2. Récits de faits réels et vécus
L’élève apprend à rapporter avec fidélité un événement réel, en respectant la vérité des faits. Le récit d’une excursion scolaire ou d’une fête familiale permet de travailler la précision du vocabulaire et la chronologie. L’enseignant veille à ce que l’enfant distingue clairement le réel de l’imaginaire.
3.1.3. Contes traditionnels et folklore congolais
Ce module valorise le patrimoine culturel en introduisant les contes issus des différentes provinces de la RDC. Les histoires mettant en scène la tortue et le léopard, ou les épopées des ancêtres, sont racontées puis réappropriées par les enfants. Cette transmission orale renforce l’identité culturelle et offre des structures narratives classiques rassurantes.
3.1.4. Canevas de mots et création collective
L’enseignant propose une liste de mots imposés (par exemple : forêt, rivière, pirogue, crocodile) que les enfants doivent intégrer dans une histoire collective. Cette contrainte ludique oblige les élèves à faire preuve d’agilité mentale et à construire des liens logiques entre des éléments disparates pour créer un sens global.
3.2. Chapitre 8 : Dramatisation et Jeux de Rôles
Le jeu dramatique permet à l’enfant d’incarner des personnages et de vivre la langue à travers le corps et l’émotion. Il favorise l’extériorisation et la communication non verbale.
3.2.1. Saynètes dramatiques et improvisation
Les enfants mettent en scène de courtes situations, soit en reproduisant un conte connu, soit en improvisant sur un thème donné. Ils apprennent à moduler leur voix, à occuper l’espace scénique et à interagir avec leurs partenaires de jeu. L’enseignant encourage l’expression des émotions et la caractérisation des personnages par le geste et l’intonation.
3.2.2. Théâtre de marionnettes
La marionnette offre un support médiateur idéal pour les enfants timides. Caché derrière le castelet, l’élève ose prendre la parole et faire dialoguer son personnage. La fabrication et la manipulation de marionnettes à gaine ou à fils développent également la motricité fine et la coordination oeil-main.
3.2.3. Mimes et expression corporelle
Le langage du corps précède et accompagne le langage verbal. Les jeux de mime, où l’enfant doit faire deviner une action ou un métier sans parler, affinent l’expressivité gestuelle. L’association ultérieure de la parole au geste renforce la puissance communicative du message.
3.2.4. Mise en scène de situations sociales
Les jeux de rôles reproduisent des interactions sociales complexes, comme le règlement d’un conflit ou l’accueil d’un visiteur. Ces mises en situation permettent aux enfants d’expérimenter différents registres de langue et de comprendre les dynamiques relationnelles. L’enseignant guide la réflexion sur les comportements adaptés et les solutions pacifiques.
3.3. Chapitre 9 : Poésie, Récitation et Mémoire
Ce dernier chapitre cultive la sensibilité au rythme et à la sonorité de la langue. La mémorisation de textes poétiques enrichit le bagage linguistique et exerce la mémoire verbale.
3.3.1. Récitation de textes courts et comptines
L’apprentissage par cœur de comptines et de courts poèmes habitue l’enfant aux structures rythmiques et aux rimes. Le répertoire choisi puise dans la tradition orale enfantine locale et francophone. La répétition collective et individuelle favorise l’imprégnation syntaxique et phonétique.
3.3.2. Association parole et gestes
La récitation est systématiquement accompagnée de gestes illustratifs ou rythmiques. Cette approche multisensorielle facilite la mémorisation et aide l’enfant à comprendre le sens des mots. La coordination entre le dire et le faire structure le schéma corporel et la maîtrise temporelle.
3.3.3. Déclamation et expressivité
L’élève apprend à dire un texte avec intention, en variant le ton, le volume et le débit. L’enseignant insiste sur l’articulation soignée et la projection de la voix. La déclamation devant le groupe classe renforce l’assurance et prépare à la prise de parole en public.
3.3.4. Création poétique et jeux de rimes
L’enseignant initie les enfants à la création poétique simple en jouant avec les mots et les sons. Les élèves inventent des rimes, créent des allitérations ou composent de petites ritournelles. Cette activité ludique désacralise la langue et permet à l’enfant de s’approprier son pouvoir créateur.
ANNEXES
Annexe 1 : Grille d’Évaluation des Compétences Langagières
Cette annexe fournit un outil d’observation critérié pour mesurer les progrès de chaque élève. Elle détaille les indicateurs de réussite pour l’expression orale, la compréhension, la discrimination auditive et la participation aux activités collectives. La grille permet à l’enseignant de dresser un profil linguistique précis et d’ajuster ses interventions pédagogiques.
Annexe 2 : Répertoire de Contes et Comptines de la RDC
Ce document propose une sélection de textes issus du patrimoine oral des différentes provinces congolaises, adaptés au niveau de la troisième maternelle. Il inclut des contes en français et des suggestions pour l’intégration des langues nationales (Lingala, Swahili, Kikongo, Tshiluba) afin de valoriser le bilinguisme additif.
Annexe 3 : Guide de Fabrication de Matériel Didactique
Cette section offre des fiches techniques illustrées pour la confection de marionnettes, de jeux de loto, d’images séquentielles et d’instruments sonores à partir de matériaux de récupération locaux. Elle vise à autonomiser l’enseignant et à pallier le manque de matériel manufacturé dans certaines écoles.
Annexe 4 : Glossaire des Termes Pédagogiques
Un lexique concis définit les concepts clés utilisés dans le manuel, tels que « conscience phonologique », « latéralité », « mot-phrase » ou « situation-problème ». Cet outil de référence assure une compréhension commune du vocabulaire didactique par l’ensemble de la communauté éducative.