COURS D’AMÉLIORATION DES PLANTES, 3ÈME ANNÉE, OPTION AGRICULTURE GÉNÉRALE
Édition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
Préliminaires
1. Vision et Finalités du Cours
Ce cours initie l’élève à la science et à l’art de l’amélioration des plantes, discipline au cœur du progrès agricole. La finalité est de former un futur technicien capable de comprendre les mécanismes de l’hérédité et de la sélection, et d’appliquer les techniques de base pour identifier, choisir et multiplier les plantes les plus performantes. Il s’agit de poser les fondations pour une agriculture plus productive, plus résiliente et mieux adaptée aux défis de la RDC.
2. Compétences Visées
Au terme de cette formation, l’apprenant maîtrisera les principes de la génétique végétale, les modes de reproduction des plantes et les principales méthodes de sélection. Il sera capable de définir des objectifs de sélection pertinents, de réaliser les opérations techniques d’une hybridation contrôlée (émasculation, pollinisation), de mettre en place une sélection massale et de comprendre les schémas de production de semences certifiées.
3. Approche Pédagogique
La démarche pédagogique articule étroitement des exposés théoriques sur les bases de la génétique avec des travaux pratiques intensifs. La parcelle expérimentale de l’école devient un laboratoire à ciel ouvert pour l’observation de la variabilité, la réalisation de croisements sur des cultures à cycle court comme le maïs ou le haricot, et la pratique de la sélection. Des études de cas sur les succès de l’INERA, comme la sélection de variétés de manioc résistantes à la mosaïque, illustrent concrètement l’impact de la discipline.
4. Modalités d’Évaluation
L’évaluation combine le contrôle des connaissances théoriques et l’appréciation des compétences pratiques. Elle inclut des interrogations sur les lois de l’hérédité, des évaluations pratiques sur la maîtrise des gestes techniques (ex: émasculation d’une fleur de maïs) et la tenue d’un cahier d’expérimentation. L’épreuve d’intégration semestrielle consiste à élaborer un protocole de sélection simple pour une population végétale donnée, en justifiant la méthode choisie et les critères de sélection.
Partie 1 : Fondements de la Génétique et de la Reproduction Végétale 🧬
Cette partie fondamentale pose le socle théorique indispensable à toute démarche d’amélioration. Elle explore les lois de la transmission des caractères héréditaires, la structure de la fleur et les mécanismes de la reproduction, qui conditionnent entièrement le choix des stratégies de sélection.
Chapitre 1 : Introduction à l’Hérédité Végétale
1.1. Les Supports de l’Hérédité
1.1.1. La Cellule Végétale et le Noyau
Une révision de la structure de la cellule végétale est effectuée, en mettant l’accent sur le noyau qui contient l’information génétique.
1.1.2. Les Chromosomes, Porteurs des Gènes
Les chromosomes sont présentés comme les structures filamenteuses qui portent les gènes. Les notions de ploïdie (diploïde, polyploïde) sont introduites.
1.1.3. Le Gène, Unité d’Information
Le gène est défini comme un segment d’ADN codant pour un caractère spécifique (couleur de la fleur, hauteur de la tige). La notion d’allèles (versions différentes d’un même gène) est expliquée.
1.1.4. Génotype et Phénotype
La distinction fondamentale est faite entre le génotype (constitution génétique d’un individu) et le phénotype (expression observable de ces gènes, influencée par l’environnement).
1.2. Les Lois de Mendel
1.2.1. Le Monohybridisme
La première loi de Mendel (uniformité des hybrides de première génération, F1) et la deuxième loi (ségrégation des caractères en deuxième génération, F2) sont expliquées à travers l’étude de la transmission d’un seul caractère.
1.2.2. Dominance et Récessivité
Les concepts d’allèle dominant (qui s’exprime en F1) et d’allèle récessif (qui est masqué) sont illustrés par des exemples simples.
1.2.3. Le Dihybridisme
La troisième loi de Mendel (ségrégation indépendante des caractères) est abordée en étudiant la transmission simultanée de deux couples de gènes.
1.2.4. Applications en Amélioration
L’importance des lois de Mendel est soulignée : elles permettent de prédire les résultats des croisements et de comprendre comment de nouvelles combinaisons de caractères peuvent apparaître.
Chapitre 2 : Biologie Florale et Mécanismes de Reproduction
2.1. L’Anatomie de la Fleur
2.1.1. Les Pièces Stériles
Les pièces protectrices de la fleur, le calice (sépales) et la corolle (pétales), sont décrites en détail, en soulignant leur rôle dans l’attraction des pollinisateurs.
2.1.2. L’Androcée : l’Organe Mâle
L’androcée, constitué des étamines (filet et anthère), est présenté comme la partie produisant le pollen, qui contient les gamètes mâles.
2.1.3. Le Gynécée : l’Organe Femelle
Le gynécée (ou pistil), composé du stigmate, du style et de l’ovaire contenant les ovules, est décrit comme la partie femelle de la fleur.
2.1.4. Types de Fleurs
La classification des fleurs est présentée : fleurs hermaphrodites (bisexuées), et fleurs unisexuées (mâles ou femelles), pouvant être portées sur la même plante (monoïque, comme le maïs) ou sur des plantes différentes (dioïque, comme le papayer).
2.2. Pollinisation et Fécondation
2.2.1. La Pollinisation
Le processus de pollinisation, défini comme le transport du pollen des anthères vers le stigmate, est expliqué en distinguant la pollinisation directe (autogamie) de la pollinisation croisée (allogamie).
2.2.2. Les Agents de Pollinisation
Les différents vecteurs de la pollinisation sont étudiés : le vent (anémogamie), les insectes (entomogamie), l’eau (hydrogamie) et d’autres animaux.
2.2.3. La Fécondation
La fécondation est décrite comme la fusion du gamète mâle contenu dans le grain de pollen avec le gamète femelle (oosphère) contenu dans l’ovule, conduisant à la formation du zygote.
2.2.4. De la Fleur au Fruit
La transformation de la fleur après la fécondation est expliquée : l’ovule se développe en graine et l’ovaire en fruit, assurant la protection et la dissémination des semences.
Partie 2 : Les Principes et Outils de l’Amélioration 🌱
Cette deuxième partie définit le cadre de travail de l’améliorateur. Elle précise les objectifs recherchés, explore les sources de la diversité génétique indispensable à toute sélection, et décrit le matériel et les infrastructures nécessaires pour mener à bien un programme d’amélioration.
Chapitre 3 : Les Objectifs de l’Amélioration des Plantes
3.1. Améliorer la Productivité
3.1.1. Le Rendement au Champ
L’augmentation du rendement (en tonnes par hectare) est présentée comme l’objectif historique et principal de l’amélioration, en agissant sur ses composantes (nombre d’épis par plante, nombre de grains par épi, etc.).
3.1.2. La Précocité
La sélection de variétés à cycle plus court est expliquée comme un moyen d’esquiver les fins de saison sèches ou de permettre plusieurs cycles de culture par an.
3.1.3. L’Adaptation aux Contraintes Abiotiques
La création de variétés tolérantes aux stress environnementaux est abordée : tolérance à la sécheresse, à l’acidité des sols (un enjeu majeur dans la cuvette centrale), à la salinité, etc.
3.1.4. L’Architecture de la Plante
La modification de l’architecture de la plante est présentée comme un levier d’amélioration : sélection de tiges courtes et solides pour résister à la verse chez les céréales, ou d’un port compact pour faciliter la récolte.
3.2. Améliorer la Résistance et la Qualité
3.2.1. La Résistance aux Maladies
La sélection de variétés résistantes aux principales maladies (virales, fongiques, bactériennes) est expliquée comme la méthode de lutte la plus efficace et la plus durable. L’exemple des variétés de manioc résistantes à la mosaïque développées par l’INERA est emblématique.
3.2.2. La Résistance aux Ravageurs
De même, la recherche de résistances génétiques aux insectes ravageurs (foreurs de tige, pucerons, etc.) est présentée comme une alternative à l’usage des pesticides.
3.2.3. La Qualité Technologique et Commerciale
Les objectifs de qualité sont détaillés : aptitude à la transformation (qualité boulangère du blé), longue conservation (aptitude au stockage des tubercules d’igname), ou aspect visuel pour le marché (couleur, forme des fruits).
3.2.4. La Qualité Nutritionnelle
L’amélioration de la valeur nutritive des aliments est abordée : enrichissement en protéines (maïs de qualité protéique), en vitamines (manioc biofortifié en provitamine A) ou en oligo-éléments.
Chapitre 4 : La Variabilité Génétique, Matière Première de la Sélection
4.1. Sources de Variabilité
4.1.1. Les Ressources Phytogénétiques Locales
Les variétés paysannes et les populations locales sont présentées comme un réservoir immense et précieux de diversité génétique, parfaitement adapté aux conditions locales.
4.1.2. Les Centres d’Origine et de Diversité
La notion de centre d’origine des plantes cultivées est introduite, expliquant que ces zones géographiques abritent la plus grande diversité génétique pour une espèce donnée.
4.1.3. L’Introduction de Matériel Exotique
L’introduction de variétés ou de lignées provenant d’autres pays ou continents est expliquée comme un moyen d’enrichir le pool génétique disponible pour la sélection.
4.1.4. La Mutagenèse et les Biotechnologies
La création de variabilité par des méthodes artificielles (mutations induites) et les outils des biotechnologies modernes sont brièvement introduits en ouverture sur les techniques avancées.
4.2. Gestion et Utilisation de la Variabilité
4.2.1. La Prospection et la Collecte
Les missions de prospection pour collecter les ressources phytogénétiques dans les champs des agriculteurs avant leur disparition (érosion génétique) sont décrites.
4.2.2. La Conservation des Ressources Génétiques
Les méthodes de conservation sont présentées : la conservation in situ (dans le milieu naturel ou à la ferme) et ex situ (en chambre froide pour les graines, ou en collection au champ pour les plantes à multiplication végétative).
4.2.3. La Caractérisation et l’Évaluation
Le travail d’étude et de description (caractérisation) des collections de ressources génétiques est expliqué, afin d’identifier les individus porteurs de gènes d’intérêt pour les programmes de sélection.
4.2.4. La Création de Populations de Base
L’élève apprend que l’améliorateur crée souvent des populations synthétiques en croisant de nombreux parents pour générer une large variabilité génétique au sein de laquelle il pourra ensuite sélectionner.
Chapitre 5 : Matériel et Infrastructures de l’Améliorateur
5.1. Les Outils de Terrain
5.1.1. Le Matériel de Pollinisation
Le petit matériel indispensable est décrit : pinces fines, ciseaux, alcool pour la désinfection, étiquettes, et sachets en papier cristal ou en tissu pour l’isolement des fleurs.
5.1.2. Les Instruments de Mesure
Les outils pour la prise de données objectives au champ sont présentés : règles pour mesurer la hauteur, pieds à coulisse pour les diamètres, et balances de précision pour peser les récoltes.
5.1.3. Le Carnet de Sélection
L’importance de la tenue d’un carnet de terrain rigoureux pour noter toutes les observations, les mesures et les décisions de sélection est soulignée comme la mémoire du programme.
5.1.4. Les Outils de Récolte et de Conditionnement
Le matériel pour la récolte manuelle des micro-parcelles (sachets en papier, enveloppes) et pour le conditionnement des semences (égreneurs manuels, nettoyeurs-séparateurs de laboratoire) est décrit.
5.2. Les Infrastructures de Recherche
5.2.1. La Parcelle d’Expérimentation
Les exigences pour une bonne parcelle d’essai sont listées : terrain homogène, sécurisé, avec un accès à l’eau si nécessaire pour l’irrigation d’appoint.
5.2.2. La Serre et la Case de Végétation
La serre est présentée comme un outil pour réaliser des croisements à contre-saison, protéger les plantes des intempéries et contrôler plus finement les conditions de culture.
5.2.3. Le Laboratoire de Traitement des Semences
Un aperçu est donné des équipements de laboratoire pour l’analyse de la qualité des semences : étuves pour mesurer l’humidité, et germoirs pour tester la faculté germinative.
5.2.4. Les Chambres Froides
Les chambres froides sont décrites comme des infrastructures essentielles pour la conservation à long terme des ressources génétiques sous forme de semences.
Partie 3 : Les Méthodes de Sélection 🔬
C’est le cœur technique de la discipline. Cette partie détaille les différentes stratégies et méthodes que l’améliorateur met en œuvre pour identifier les meilleurs individus au sein d’une population et pour créer de nouvelles variétés performantes, en fonction du mode de reproduction de la plante.
Chapitre 6 : La Sélection dans les Populations Existantes
6.1. La Sélection Massale
6.1.1. Principe de la Sélection Massale
Cette méthode, la plus ancienne et la plus simple, est expliquée : elle consiste à choisir les plus belles plantes (phénotype) dans une population, à récolter leurs semences en mélange, et à ressemer ce mélange pour constituer la génération suivante.
6.1.2. Sélection Massale Positive et Négative
La distinction est faite entre la sélection positive (choix des meilleurs) et la sélection négative ou épuratoire (élimination des individus non conformes).
6.1.3. Avantages et Limites
Les avantages (simplicité, faible coût) et les limites (faible efficacité pour les caractères peu héritables, influence de l’environnement) de la sélection massale sont analysés.
6.1.4. Applications Pratiques
Son utilisation pour l’amélioration de populations locales ou le maintien de la pureté variétale est illustrée, par exemple pour améliorer une population de maïs paysan dans la province du Maniema.
6.2. La Sélection Conservatrice
6.2.1. Objectif de la Sélection Conservatrice
L’objectif est de maintenir les caractéristiques et la pureté d’une variété déjà existante, en éliminant les hors-types apparus par mutation ou par croisement accidentel.
6.2.2. La Production de Semences de Pré-base
La sélection conservatrice est présentée comme l’étape initiale de la production de semences de haute qualité (semences de pré-base ou G0).
6.2.3. La Méthode de la Lignée Unique
Une méthode rigoureuse est décrite, consistant à multiplier la variété à partir d’une seule plante typique, garantissant ainsi une homogénéité maximale.
6.2.4. Le Rôle des Stations de Recherche
Le rôle des institutions comme l’INERA et son Service National des Semences (SENASEM) dans la réalisation de la sélection conservatrice pour les variétés homologuées est souligné.
Chapitre 7 : L’Hybridation et la Sélection Créatrice
7.1. Le Principe de l’Hybridation
7.1.1. Créer de la Variabilité par Croisement
L’hybridation contrôlée est définie comme le croisement entre deux parents choisis pour leurs caractères complémentaires, dans le but de créer de nouvelles combinaisons de gènes dans leur descendance.
7.1.2. Le Choix des Parents (Géniteurs)
L’étape cruciale du choix des parents est expliquée : un parent peut apporter le haut rendement, l’autre la résistance à une maladie.
7.1.3. L’Effet d’Hétérosis (Vigueur Hybride)
Le phénomène d’hétérosis, où l’hybride F1 est souvent plus vigoureux et plus productif que ses deux parents, est introduit.
7.1.4. L’Utilisation des Variétés Hybrides F1
L’utilisation directe des semences hybrides F1 en grande culture est expliquée, en précisant que l’agriculteur doit racheter ses semences chaque année car la F2 perd cette vigueur.
7.2. La Sélection Généalogique
7.2.1. Le Principe de la Sélection Généalogique
Cette méthode, qui suit l’hybridation, est décrite : elle consiste à sélectionner les meilleures plantes individuellement en F2, puis à suivre leurs descendances (lignées) séparément sur plusieurs générations.
7.2.2. La Gestion des Générations de Ségrégation
Le travail de l’améliorateur de la génération F2 à la génération F6-F7 est détaillé : observation, notation, sélection au sein des lignées et entre les lignées.
7.2.3. La Fixation des Caractères
Le but est d’atteindre l’homozygotie pour les gènes d’intérêt, afin d’obtenir des lignées pures, stables et homogènes qui pourront devenir de nouvelles variétés.
7.2.4. Applications chez les Plantes Autogames
La sélection généalogique est présentée comme la méthode de choix pour l’amélioration des plantes autogames comme le riz, le haricot ou le soja.
Partie 4 : Techniques Spécifiques et Évaluation des Variétés 📈
Cette partie se veut très pratique. Elle détaille les gestes techniques précis de l’hybridation, aborde les stratégies spécifiques aux plantes qui ne se multiplient pas par graines, et explique comment les nouvelles variétés sont testées de manière rigoureuse avant d’être proposées aux agriculteurs.
Chapitre 8 : Les Opérations Techniques de l’Hybridation
8.1. Préparation et Réalisation du Croisement
8.1.1. Le Matériel de l’Hybrideur
Le petit matériel indispensable est à nouveau passé en revue dans un contexte pratique : pinces fines, ciseaux, alcool, étiquettes, et sachets pour l’isolement.
8.1.2. L’Émasculation (Castration)
La technique de l’émasculation est détaillée : elle consiste à retirer les étamines de la fleur choisie comme parent femelle avant qu’elle ne libère son propre pollen, pour éviter l’autofécondation.
8.1.3. La Collecte et la Conservation du Pollen
Les méthodes pour récolter le pollen sur le parent mâle au bon stade de maturité et pour le conserver brièvement (au sec et au frais) sont expliquées.
8.1.4. La Pollinisation Contrôlée
Le geste précis de la pollinisation, qui consiste à déposer le pollen récolté sur le stigmate de la fleur préalablement émasculée, est enseigné.
8.2. Suivi du Croisement
8.2.1. L’Isolement des Fleurs
L’importance de protéger la fleur pollinisée avec un sachet pour empêcher toute contamination par du pollen étranger est soulignée.
8.2.2. L’Étiquetage
Un étiquetage rigoureux de chaque fleur hybridée est présenté comme essentiel, en y notant la date, le nom des parents (femelle x mâle).
8.2.3. La Récolte des Graines Hybrides F1
La récolte, la gestion et le conditionnement des précieuses graines F1 issues du croisement sont décrits.
8.2.4. L’Exemple du Maïs
L’hybridation chez le maïs est prise comme un cas d’école pratique, car ses fleurs mâles (panicule) et femelles (épi) sont séparées, ce qui simplifie l’émasculation.
Chapitre 9 : Amélioration des Plantes à Multiplication Végétative
9.1. La Sélection Clonale
9.1.1. Spécificités de ces Plantes
Les caractéristiques des plantes multipliées par voie végétative (manioc, patate douce, banane, canne à sucre) sont rappelées : la descendance d’un individu (un clone) est génétiquement identique à la plante mère.
9.1.2. Le Principe de la Sélection Clonale
La méthode consiste à repérer des plantes exceptionnelles (clones têtes de série) dans une population hétérogène, puis à les multiplier végétativement pour évaluer leur performance et leur stabilité.
9.1.3. Les Étapes de la Sélection Clonale
Les différentes étapes sont décrites : sélection des plants initiaux, multiplication en pépinière, essais comparatifs des différents clones sur plusieurs années.
9.1.4. L’Assainissement Sanitaire
Pour ces plantes, la transmission des maladies virales par le matériel de plantation est un problème majeur. Les techniques de culture in vitro (culture de méristèmes) pour régénérer des plants sains sont introduites.
9.2. Application à des Cultures Congolaises
9.2.1. L’Amélioration du Manioc
Le cas de l’amélioration du manioc est détaillé, montrant comment la sélection clonale a permis de développer des variétés à haut rendement et résistantes aux maladies, transformant l’agriculture dans des provinces comme le Kongo Central.
9.2.2. L’Amélioration de la Banane
La sélection de rejets performants et sains chez le bananier plantain est présentée comme une forme de sélection clonale pratiquée par les agriculteurs.
9.2.3. L’Amélioration de la Canne à Sucre
La sélection de clones de canne à sucre pour leur richesse en sucre et leur résistance aux maladies est évoquée, en lien avec les industries sucrières.
9.2.4. La Création de Variabilité par Croisement
Même chez ces plantes, la création de nouvelles variétés passe par une phase d’hybridation sexuée pour générer de la diversité, suivie ensuite par la sélection clonale des meilleurs descendants.
Chapitre 10 : L’Évaluation des Variétés
10.1. Les Dispositifs Expérimentaux
10.1.1. La Nécessité de l’Évaluation Comparative
L’importance de comparer les nouvelles créations (lignées, clones) à des variétés de référence (témoins) déjà cultivées est expliquée pour mesurer le progrès génétique.
10.1.2. Le Dispositif en Blocs Complets Randomisés
Ce dispositif expérimental classique est présenté comme un moyen de comparer les variétés de manière objective, en neutralisant l’effet de l’hétérogénéité du terrain.
10.1.3. La Gestion de la Parcelle d’Essai
La rigueur nécessaire dans la gestion des essais est soulignée : préparation homogène du sol, respect des densités, entretien identique pour toutes les variétés.
10.1.4. La Prise de Données (Notations)
Les différents types de données à collecter au cours de l’essai sont listés : notes de vigueur, dates de floraison, sensibilité aux maladies, composantes du rendement, et enfin, la pesée de la récolte de chaque micro-parcelle.
10.2. L’Analyse et la Diffusion
10.2.1. L’Analyse Statistique des Résultats
Le rôle des statistiques (analyse de la variance) est introduit comme l’outil qui permet de déterminer si les différences de rendement observées entre les variétés sont réelles (significatives) ou dues au hasard.
10.2.2. Les Essais Multilocaux
La nécessité de tester les meilleures variétés dans différents sites (essais multilocaux), représentatifs des diverses zones agro-écologiques du pays (ex: un essai à Mvuazi au Kongo Central, un autre à Gandajika au Kasaï), est expliquée pour évaluer leur stabilité et leur adaptation.
10.2.3. Les Tests en Milieu Paysan
L’étape finale de l’évaluation, qui consiste à faire tester les variétés les plus prometteuses par les agriculteurs eux-mêmes dans leurs propres champs, est présentée comme un gage de leur adoption future.
10.2.4. L’Homologation et l’Inscription au Catalogue
Le processus officiel d’homologation d’une nouvelle variété, après validation de ses performances (DHS : Distinction, Homogénéité, Stabilité) et de sa valeur agronomique (VAT), est décrit comme la condition préalable à sa diffusion à grande échelle.
Partie 5 : Production de Semences et Diffusion du Progrès Génétique 📤
Cette dernière partie fait le lien entre la recherche en amélioration et le monde agricole. Elle explique comment une nouvelle variété, une fois créée, est multipliée à grande échelle selon un schéma rigoureux pour garantir sa qualité, et comment elle est diffusée pour bénéficier au plus grand nombre d’agriculteurs.
Chapitre 11 : Les Schémas de Production de Semences
11.1. Les Catégories de Semences
11.1.1. L’Importance de la Qualité des Semences
L’utilisation de semences de qualité (pureté variétale, bonne faculté germinative, état sanitaire irréprochable) est présentée comme un facteur déterminant pour la réussite d’une culture.
11.1.2. Le Matériel Parental et les Semences de Pré-base (G0)
La production des premières générations de semences, sous la responsabilité directe de l’obtenteur (le sélectionneur), est expliquée. C’est le noyau de départ.
11.1.3. Les Semences de Base (G1, G2, G3…)
La multiplication des semences de pré-base par des établissements semenciers spécialisés pour produire les semences de base est décrite.
11.1.4. Les Semences Certifiées (R1, R2)
Les semences certifiées, issues de la multiplication des semences de base par des agriculteurs-multiplicateurs agréés, sont présentées comme les semences commerciales destinées à la grande production.
11.2. Le Cas du Matériel Végétal
11.2.1. La Production de Boutures Saines
Le schéma de multiplication pour les plantes comme le manioc est expliqué : à partir de plants sains issus de laboratoire, on établit des parcs à bois de base pour produire des boutures certifiées.
11.2.2. La Production de Plants en Pépinière
Pour certaines cultures (arbres fruitiers, caféiers), le schéma inclut le passage par une pépinière agréée qui produit de jeunes plants de qualité pour les planteurs.
11.2.3. La Lutte contre la Dégénérescence
La nécessité de renouveler régulièrement le matériel de plantation, même pour les clones, est expliquée afin de lutter contre l’accumulation de maladies virales.
11.2.4. La Notion de Certification
Le concept de certification est étendu au matériel végétal, garantissant à l’acheteur son origine génétique et son état sanitaire.
Chapitre 12 : Le Contrôle et la Certification des Semences
12.1. Le Processus de Certification
12.1.1. Le Rôle du Service Officiel de Contrôle
Le rôle d’une entité comme le SENASEM est expliqué : il supervise l’ensemble du processus pour garantir à l’agriculteur la qualité des semences qu’il achète.
12.1.2. Le Contrôle aux Champs
Les inspections réalisées au champ chez les agriculteurs-multiplicateurs pour vérifier l’isolement des parcelles, la pureté variétale et l’état sanitaire de la culture sont décrites.
12.1.3. L’Échantillonnage et l’Analyse au Laboratoire
Le prélèvement d’échantillons sur les lots de semences après récolte et les analyses réalisées en laboratoire (test de germination, pureté spécifique, humidité) sont expliqués.
12.1.4. L’Étiquetage et le Conditionnement
L’apposition d’une étiquette officielle sur les sacs de semences certifiées, mentionnant la variété, la catégorie et les résultats des analyses, est présentée comme le passeport de qualité du produit.
12.2. La Législation Semencière
12.2.1. L’Utilité d’une Loi Semencière
L’existence d’une législation nationale sur les semences est présentée comme un cadre nécessaire pour réguler le secteur, protéger les agriculteurs et promouvoir l’investissement.
12.2.2. Le Catalogue National des Variétés
Le catalogue officiel, qui liste toutes les variétés dont la commercialisation est autorisée dans le pays, est décrit comme un outil de référence.
12.2.3. La Protection des Obtentions Végétales (COV)
Le concept de Certificat d’Obtention Végétale est introduit comme une forme de « brevet » qui protège les droits de l’obtenteur d’une nouvelle variété et encourage l’innovation.
12.2.4. La Lutte contre la Fraude
Les mécanismes de contrôle et de répression de la commercialisation de semences de contrefaçon ou de mauvaise qualité sont abordés.
Chapitre 13 : La Diffusion du Progrès Génétique
13.1. Les Acteurs de la Diffusion
13.1.1. Le Rôle de la Recherche Publique (INERA)
Le rôle de l’INERA est réaffirmé comme le principal créateur de variétés améliorées adaptées au contexte congolais, avec ses centres spécialisés comme celui de Yangambi dans la Tshopo.
13.1.2. Les Établissements Semenciers
Le rôle des entreprises publiques ou privées dans la multiplication à grande échelle et la commercialisation des semences est expliqué.
13.1.3. Les Projets de Développement et les ONG
L’implication des projets et des ONG dans la promotion et la distribution des nouvelles variétés auprès des communautés rurales est mise en avant.
13.1.4. Le Rôle des Services de Vulgarisation
L’importance des services de vulgarisation agricole pour informer et former les agriculteurs à l’utilisation correcte des nouvelles variétés et des itinéraires techniques associés est soulignée.
13.2. Stratégies de Promotion
13.2.1. Les Champs de Démonstration
L’installation de parcelles de démonstration, où les agriculteurs peuvent visualiser et comparer les performances d’une nouvelle variété par rapport à leurs variétés locales, est présentée comme un outil de vulgarisation très efficace.
13.2.2. Les Journées Portes Ouvertes
L’organisation de visites de stations de recherche ou de champs de multiplicateurs est décrite comme un moyen de diffuser l’information et de convaincre les agriculteurs.
13.2.3. Les Médias et Supports de Communication
L’utilisation de la radio rurale, de fiches techniques et de vidéos pour promouvoir les nouvelles variétés est évoquée.
13.2.4. L’Implication des Organisations Paysannes
Le rôle des coopératives et associations d’agriculteurs comme relais efficaces pour la diffusion de l’information et la distribution des semences est mis en exergue.
Chapitre 14 : Bilan, Éthique et Perspectives
14.1. Synthèse et Impact
14.1.1. Récapitulatif des Méthodes
Un tableau synthétique comparant les différentes méthodes de sélection (massale, généalogique, clonale) avec leurs avantages, leurs inconvénients et leurs domaines d’application est proposé.
14.1.2. L’Impact de l’Amélioration des Plantes
L’impact concret de l’amélioration sur l’agriculture congolaise est illustré par des exemples de gains de rendement et de stabilisation de la production obtenus grâce aux variétés améliorées.
14.1.3. Les Limites et les Défis
Les défis actuels sont discutés : la lenteur du processus de sélection, la nécessité de conserver la biodiversité, et l’enjeu du changement climatique qui demande de créer des variétés toujours plus adaptées.
14.1.4. L’Interaction Génotype x Environnement
La notion complexe que la meilleure variété n’est pas la même partout (une variété performante à Goma peut ne pas l’être à Kananga) est introduite pour nuancer le concept de « super-variété ».
14.2. Éthique et Avenir de l’Amélioration
14.2.1. La Conservation de la Biodiversité
La responsabilité de l’améliorateur de ne pas appauvrir la diversité génétique en ne promouvant qu’un petit nombre de variétés est soulignée.
14.2.2. La Sélection Participative
Le concept de sélection participative, où les agriculteurs sont associés au processus de sélection dès les premières étapes, est présenté comme une approche plus inclusive et efficace.
14.2.3. Le Débat sur les OGM
Une introduction neutre et factuelle au débat sur les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) est proposée, en définissant ce qu’ils sont et en présentant les principaux arguments en leur faveur et en leur défaveur.
14.2.4. Ouverture sur l’Avenir
Le cours se conclut en ouvrant des perspectives sur les futurs outils de l’amélioration, comme la sélection assistée par marqueurs moléculaires, qui seront abordés dans les cycles supérieurs.
Annexes
1. Schémas de Biologie Florale
Cette annexe propose un aperçu de planches illustrées détaillant l’anatomie de différents types de fleurs (hermaphrodite simple, fleur de graminée, fleur de légumineuse, fleurs unisexuées du maïs), afin de faciliter la compréhension des manipulations pour l’hybridation.
2. Protocoles Pratiques pour l’Hybridation
Des fiches protocolaires détaillent, étape par étape, la séquence des opérations pour réaliser un croisement contrôlé sur deux plantes modèles : le maïs (facile à manipuler) et le haricot (plante autogame nécessitant une émasculation délicate).
3. Exemple de Schéma de Sélection Généalogique
Un schéma visuel retrace le déroulement d’un programme de sélection généalogique sur plusieurs générations, depuis le croisement initial (P1 x P2) jusqu’à l’obtention des lignées pures en F7, illustrant le travail de sélection et de suivi à chaque étape.
4. Glossaire des Termes de la Génétique et de l’Amélioration
Une liste alphabétique des termes techniques et scientifiques utilisés dans le cours (Allèle, Homozygote, Hétérosis, Lignée, Clone, etc.) est fournie avec des définitions claires et concises pour consolider le vocabulaire de l’élève.