COURS D’INITIATION AU TRAVAIL MANUEL, 4ÈME ANNÉE PRIMAIRE
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
Préliminaires
0.1. Introduction Générale au Cours
Ce programme d’initiation au travail manuel pour la quatrième année primaire marque une étape significative dans le développement des compétences pratiques et entrepreneuriales de l’élève. L’accent est mis sur l’application de techniques plus complexes dans divers domaines (agriculture, élevage, artisanat) et introduit les concepts fondamentaux de la gestion de projet et de l’organisation coopérative. L’élève passe de la simple exécution de tâches à une participation active à la planification et à la réalisation de projets communautaires.
0.2. Objectifs Pédagogiques du Degré Moyen
Conformément au programme national, ce cours vise à amener l’élève à traiter avec succès les situations qui lui demandent de s’intégrer dans l’organisation des travaux d’utilité publique. Il doit pouvoir exprimer sa pensée par l’activité manuelle, participer aux travaux productifs de la collectivité scolaire et de la famille (jardinage, élevage), et exécuter des petits travaux de bricolage, de modelage, de tressage et de couture, tout en s’initiant à la conduite d’un projet coopératif.
0.3. Compétences Visées à la fin de l’année
À l’issue de cette année, l’élève doit être capable d’entretenir un jardin scolaire en utilisant du compost fait maison. Il saura réaliser des petits travaux d’artisanat (modelage d’un pot, tressage d’une natte), de couture (points de base) et de construction (bâtir un poulailler simple). Il sera capable de fabriquer des outils de base pour la pêche ou la chasse (nasse, piège simple). Enfin, il pourra participer à la conduite d’un micro-projet et expliquer les principes de base d’une coopérative (buts, organisation, droits et devoirs).
0.4. Matériel Didactique et Approche Pédagogique
L’enseignement est éminemment pratique et basé sur la méthode de projet. Les outils agricoles de base (houes, râteaux, arrosoirs) sont indispensables, tout comme les matériaux locaux (argile, lianes, paille, bois). L’enseignant favorise le travail en groupe pour les projets de construction et de jardinage. La cour de l’école devient le principal laboratoire pour l’élevage, le compostage et les cultures. Des visites chez des artisans locaux (potiers, tisserands) sont encouragées pour observer les techniques professionnelles.
PARTIE 1. TECHNIQUES DE PRODUCTION ET D’EXPLOITATION DU MILIEU
Cette première partie se concentre sur les compétences fondamentales liées à la production alimentaire et à l’exploitation durable des ressources de l’environnement immédiat. Les élèves apprennent les gestes pratiques de l’agriculture (entretien du jardin, compostage), les bases de la construction d’abris pour le petit élevage (basse-cour), ainsi que les techniques traditionnelles de fabrication d’outils pour la chasse et la pêche.
CHAPITRE 1. ENTRETIEN DES ESPACES ET TECHNIQUES AGRICOLES
Ce chapitre est consacré à l’aménagement et à l’exploitation productive de l’environnement scolaire et domestique. L’élève acquiert les compétences nécessaires pour entretenir la propreté de la cour et pour gérer un jardin potager, de la préparation du sol à la culture effective des plantes.
1.1. La Préparation du Sol et le Compostage
🪴 L’acquisition des compétences agronomiques débute par la sélection et la préparation du terrain. L’élève apprend à identifier un emplacement adéquat pour un jardin scolaire, en considérant l’exposition au soleil et l’accès à un point d’eau. La section centrale se focalise sur la préparation du sol, incluant le désherbage et l’amendement. L’accent est mis sur la fabrication de fumier ou de compost, une technique écologique cruciale. L’élève apprend à collecter les déchets organiques (épluchures de manioc, restes de repas, feuilles mortes) et à les disposer en tas pour obtenir, par décomposition, un engrais naturel riche qui améliore la fertilité du sol sans coût financier.
1.2. Techniques de Culture des Légumes et des Fleurs
Les élèves appliquent leurs connaissances en préparant des planches de culture. Ils apprennent les techniques de semis et de repiquage pour des légumes courants (amarante, oseille, aubergines) adaptés au climat local, que ce soit à Mbandaka ou dans le Kasaï. Parallèlement, l’aspect esthétique est développé par la culture de plantes ornementales et de fleurs, destinées à embellir la cour de l’école ou la salle de classe, introduisant ainsi la notion d’horticulture.
1.3. Entretien Quotidien du Jardin Scolaire
Un jardin productif exige un entretien constant. L’élève apprend les gestes essentiels pour assurer la croissance des plantes : l’arrosage régulier (matin ou soir), le sarclage (retirer les mauvaises herbes qui concurrencent les cultures) et le binage (casser la croûte superficielle du sol pour favoriser l’infiltration de l’eau). Cette routine développe la patience, le sens de l’observation et la responsabilité.
1.4. Assainissement de la Cour et de la Parcelle
Au-delà du jardin, l’entretien de l’espace de vie (cour d’école, parcelle familiale) est abordé comme un travail manuel essentiel. L’élève participe activement au balayage, au désherbage des abords des bâtiments, et à la gestion des déchets (mise en place de poubelles, évacuation vers le site de compostage). Cette compétence vise à développer un environnement sain et ordonné, en lien avec le cours d’éducation à la santé.
CHAPITRE 2. CONSTRUCTION D’ABRIS POUR LE PETIT ÉLEVAGE
Ce chapitre initie l’élève aux techniques de construction simples pour abriter les animaux. L’objectif est de concevoir et de réaliser une basse-cour fonctionnelle en utilisant des matériaux locaux, en se concentrant sur les besoins spécifiques de la volaille et du petit bétail.
2.1. Conception et Plan d’une Basse-Cour
🐇 Avant de construire, l’élève apprend à planifier. L’enseignant guide la classe dans la conception d’un plan simple pour une basse-cour. Ce plan doit prévoir des zones distinctes en fonction des animaux (poules, canards, pigeons, lapins, cobayes), en tenant compte de leurs besoins spécifiques (espace, aération, protection contre les prédateurs et les intempéries). L’élève apprend à penser l’organisation spatiale avant d’agir.
2.2. Identification des Matériaux de Construction Locaux
La réalisation du projet repose sur l’utilisation ingénieuse des ressources disponibles. L’élève apprend à identifier et à collecter les matériaux de construction locaux : bois ou bambou pour l’ossature, paille ou feuilles de palmier pour la toiture, lianes ou ficelles pour les assemblages, et terre (argile) pour le torchis éventuel des murs. Cette démarche favorise l’autonomie et réduit les coûts.
2.3. Techniques d’Assemblage des Structures (Clôture et Abri)
🔨 Ce module se concentre sur l’acte de bâtir l’abri pour le petit élevage, en utilisant des techniques d’assemblage simples adaptées aux matériaux locaux. L’élève apprend à fixer des poteaux en bois dans le sol pour former le cadre de la structure. L’accent est mis sur la réalisation d’un enclos sécurisé, en utilisant des techniques de liage avec des lianes ou du fil de fer pour attacher des grillages ou des lattes de bambou. La construction de la toiture est abordée, en insistant sur l’importance de l’étanchéité.
2.4. Aménagement Intérieur (Mangeoires, Pondoirs, Clapiers)
Une fois la structure principale érigée, l’élève apprend à aménager l’intérieur pour le bien-être des animaux. Il fabrique des équipements spécifiques : des mangeoires et des abreuvoirs (par exemple, à partir de bambous coupés ou de boîtes de conserve recyclées), des pondoirs (nids) pour les poules, et des clapiers (cages spécifiques) pour les lapins ou les cobayes, en veillant à leur propreté et à leur accessibilité.
CHAPITRE 3. FABRICATION D’OUTILS DE PÊCHE ET DE CHASSE
Ce chapitre explore les techniques artisanales traditionnelles de subsistance. L’élève apprend à fabriquer des outils fonctionnels pour la pêche et la chasse, en valorisant les savoir-faire locaux et les matériaux naturels comme le bois, les lianes et les fibres végétales.
3.1. Fabrication de Nasses (Vannerie Appliquée)
🐟 L’élève apprend la technique de fabrication d’une nasse, un piège à poissons très répandu dans les régions lacustres ou fluviales (comme près du fleuve Congo ou des lacs du Kivu). En utilisant des lattes de bambou flexibles ou des tiges de rotin, il apprend à tresser une structure en forme d’entonnoir qui permet au poisson d’entrer mais l’empêche de ressortir. Cette compétence combine la vannerie et la compréhension du comportement animal.
3.2. Montage de Filets Simples et Lignes de Pêche
Cette section aborde la fabrication d’autres outils de pêche. L’élève apprend les nœuds de base pour monter un petit filet de pêche (épervier) ou pour réparer un filet endommagé. Il s’exerce également à fabriquer une ligne de pêche simple (canne en bambou, fil, flotteur en liège ou bois léger, et hameçon), un outil essentiel pour la pêche individuelle.
3.3. Fabrication d’Armes de Chasse Traditionnelles (Lances, Flèches)
L’élève étudie la fabrication d’outils de chasse de base, en se concentrant sur la lance et l’arc. Il apprend à choisir un bois droit et solide pour le manche de la lance, et à tailler une pointe (en bois dur ou en métal récupéré) qu’il fixe solidement. De même, il apprend à fabriquer un arc simple et des flèches, en prêtant attention à l’équilibre et à l’empennage pour assurer la stabilité du tir.
3.4. Techniques de Pose de Pièges Simples
La compétence ne réside pas seulement dans la fabrication mais aussi dans l’utilisation. L’élève apprend les principes de base pour la pose de pièges destinés au petit gibier (oiseaux, rongeurs). Il étudie le piège à collet (un nœud coulant) et le piège à assommoir, en apprenant à les camoufler et à les placer stratégiquement sur les sentiers de passage des animaux, tout en étant sensibilisé à la nécessité de ne pas surexploiter la faune.
PARTIE 2. TECHNIQUES ARTISANALES ET DE FABRICATION MANUELLE
Cette deuxième partie est dédiée au développement de la dextérité fine et du sens artistique de l’élève. Elle couvre un large éventail de techniques artisanales, allant du travail de la terre (modelage) et du bois (bricolage), au tressage des fibres végétales (vannerie), et se conclut par l’initiation aux travaux d’aiguille, ouvrant la voie aux arts textiles (couture, tricot).
CHAPITRE 4. LE BRICOLAGE, LE MODELAGE ET LE BOIS
Ce chapitre regroupe les activités de « petits travaux » qui demandent à la fois de l’ingéniosité (bricolage) et un sens de la forme (modelage). L’élève apprend à réparer, à transformer des matériaux bruts (argile, bois) et à créer des objets utilitaires ou décoratifs.
4.1. Bricolage et Réparation Simple d’Objets
🛠️ Cette compétence vise à développer l’autonomie et l’esprit d’initiative. L’élève apprend à ne pas jeter ce qui est cassé mais à tenter de le réparer. Les exercices de bricolage portent sur des réparations simples du mobilier scolaire (reclouer une latte de banc, resserrer une vis) ou la fabrication de petits objets utilitaires (cale-livres, petite étagère simple) à partir de planches de bois de récupération.
4.2. Collecte et Préparation de l’Argile
Le modelage commence par la recherche de la matière première. L’élève apprend à identifier les sols argileux dans son environnement (près des rivières ou des termitières). Il s’exerce ensuite aux techniques de préparation de l’argile : le nettoyage (retirer cailloux et racines) et le pétrissage (malaxer la terre avec un peu d’eau) pour obtenir une pâte souple, homogène et sans bulles d’air, prête à être travaillée.
4.3. Techniques de Modelage (Pots, Statuettes)
🏺 L’élève apprend les techniques de base du modelage de l’argile. Il explore la technique du colombin (rouler des boudins d’argile et les superposer pour monter un pot) et le modelage dans la masse (partir d’une boule d’argile pour sculpter une forme, comme une petite statuette d’animal ou un personnage). Cette activité développe la motricité fine et la perception des volumes.
4.4. Fabrication de Jouets (Poupées, Figurines)
L’aspect créatif du travail manuel est ici central. L’élève utilise divers matériaux (argile, bois tendre, chutes de tissu, fil de fer, paille) pour fabriquer ses propres jouets. La fabrication de poupées (en tissu ou en épi de maïs) ou de petites voitures (en fil de fer) permet à l’élève d’appliquer les techniques de bricolage, de couture simple et de modelage de manière ludique et personnelle.
CHAPITRE 5. INITIATION AU TRESSAGE ET À LA VANNERIE
Ce chapitre valorise un art traditionnel majeur en RDC. L’élève découvre le potentiel des fibres végétales (paille, lianes, feuilles de palmier) et apprend les techniques de base du tressage pour réaliser des objets plats (nattes) et des objets en volume (paniers).
5.1. Identification et Préparation des Fibres Végétales
La qualité du tressage dépend de la préparation des matériaux. L’élève apprend à identifier, collecter et préparer les fibres disponibles dans son milieu. Cela inclut le séchage de la paille ou des feuilles de raphia, le rouissage de certaines lianes pour les assouplir, ou le fendage des feuilles de palmier en lanières régulières. Il peut aussi apprendre des techniques de teinture naturelle simples.
5.2. Techniques de Tressage à Plat (Nattes)
🧺 L’élève s’initie au tressage à plat, dont l’application la plus courante est la natte. Il apprend le principe de l’entrelacement perpendiculaire (fils de chaîne et fils de trame) pour créer une surface souple et résistante. Cet exercice exige de la patience, de la régularité dans la tension des fibres et de la précision dans les motifs, un savoir-faire essentiel à Lubumbashi comme à Bumba.
5.3. Techniques de Vannerie (Paniers Simples)
Le tressage en volume (vannerie) est ensuite abordé pour fabriquer des contenants. L’élève apprend à créer le fond du panier (souvent en étoile) puis à monter les parois verticales en entrelacant des fibres plus souples autour de montants rigides. Il s’exerce à fabriquer des objets simples comme des petits paniers ou des corbeilles à papier pour la classe.
5.4. Finition des Objets Tressés
Un objet tressé n’est terminé qu’après la finition. L’élève apprend les techniques pour « arrêter » le tressage proprement, en rentrant ou en nouant les fibres terminales pour éviter que l’objet ne se défasse. Il peut aussi ajouter des anses (poignées) à son panier ou décorer la natte en intégrant des fibres de couleurs différentes pour créer des motifs géométriques.
CHAPITRE 6. INITIATION AUX TRAVAUX D’AIGUILLE
Ce chapitre introduit les élèves (filles et garçons) aux arts textiles. Il pose les fondations de la couture, du tricot, du crochet et de la broderie, en se concentrant sur la maîtrise des gestes de base, la manipulation de l’aiguille et la création de points simples.
6.1. Initiation à la Couture (Points de Base)
🪡 L’élève apprend les rudiments de la couture manuelle. L’apprentissage commence par enfiler une aiguille et faire un nœud. Il s’exerce ensuite à réaliser les points fondamentaux sur des chutes de tissu : le point avant (pour bâtir), le point arrière (plus solide, pour assembler) et le point de côté (pour les ourlets simples). Le raccommodage (poser une pièce, coudre un bouton) est une application directe de cette compétence.
6.2. Initiation au Tricotage (Montage des Mailles)
En utilisant des aiguilles à tricoter (souvent en bois ou en bambou) et de la laine, l’élève découvre le tricotage. La première étape cruciale est le montage des mailles, c’est-à-dire la création de la première rangée de boucles sur l’aiguille. Il apprend ensuite le point mousse (toutes les mailles tricotées à l’endroit), qui permet de réaliser de petits carrés (pour une couverture) ou une écharpe simple.
6.3. Initiation au Crochetage (Point de Chaînette)
Le crochetage est une autre technique de création textile utilisant un seul crochet. L’élève apprend le geste de base : tenir le crochet et le fil, et réaliser le point de chaînette. Cette « tresse » de base est le point de départ de presque tous les ouvrages au crochet (napperons, bonnets). L’élève s’exerce à faire des chaînettes longues et régulières.
6.4. Initiation à la Broderie (Points Décoratifs)
La broderie est présentée comme l’art de « dessiner » avec du fil sur un tissu. L’élève apprend à tendre un tissu sur un tambour à broder (ou un cerceau artisanal). Il s’initie ensuite à des points décoratifs simples comme le point de tige (pour suivre un tracé) et le point de croix (pour remplir une surface), lui permettant de personnaliser un mouchoir ou un morceau de tissu.
PARTIE 3. ORGANISATION DU TRAVAIL ET INITIATION À LA GESTION
Cette troisième partie marque une évolution conceptuelle majeure : l’élève n’est plus seulement un exécutant, il devient un organisateur. Il apprend à structurer le travail collectif en planifiant un projet de sa conception à son évaluation. Il découvre également le modèle de la coopérative comme outil d’organisation économique et sociale, en étudiant ses buts et ses principes démocratiques.
CHAPITRE 7. INTRODUCTION À LA CONDUITE DE PROJET
Ce chapitre initie l’élève à la gestion de projet. L’objectif est de lui apprendre qu’un travail réussi (comme la construction du poulailler ou la création du jardin) nécessite une réflexion préalable, une planification des tâches, un suivi rigoureux et une évaluation finale.
7.1. Identification d’un Besoin et Définition d’un Projet
📈 Tout projet naît d’un besoin ou d’un problème. L’élève apprend à identifier un besoin dans son environnement scolaire (ex: « La cour n’est pas belle », « Nous n’avons pas de légumes pour la cantine »). À partir de ce constat, la classe définit collectivement un projet clair et réalisable pour y répondre (ex: « Projet d’embellissement de la cour », « Projet de jardin potager »).
7.2. Planification du Projet (Étapes, Outils, Budget)
Une fois le projet défini, l’élève participe à sa planification. L’enseignant guide la classe pour décomposer le projet en étapes logiques (ex: 1. Nettoyer le terrain, 2. Préparer le compost, 3. Acheter les graines, 4. Semer). L’élève apprend à lister les outils nécessaires pour chaque étape et à établir un budget simple (prévoir le coût des graines, des outils manquants, etc.).
7.3. Exécution et Suivi des Activités
C’est la phase de réalisation pratique, où les élèves exécutent les tâches planifiées. L’enseignant introduit la notion de « suivi » : vérifier régulièrement que le travail avance comme prévu (le calendrier est-il respecté ? Les tâches sont-elles bien faites ?). Le suivi permet d’identifier les problèmes (ex: manque d’eau, outils cassés) et de les corriger rapidement.
7.4. Évaluation des Résultats du Projet
À la fin du projet, la classe procède à l’évaluation. L’élève apprend à comparer les résultats obtenus avec les objectifs fixés au départ (ex: « Avons-nous récolté assez de légumes ? »). L’évaluation permet d’identifier ce qui a bien fonctionné (la qualité du compost) et ce qui peut être amélioré pour le prochain projet (mieux organiser l’arrosage).
CHAPITRE 8. LA COOPÉRATIVE SCOLAIRE : DÉFINITION ET BUTS
Ce chapitre introduit un modèle spécifique d’organisation collective : la coopérative. L’élève découvre cet outil comme un moyen de mettre en commun les efforts pour atteindre des objectifs éducatifs, économiques et sociaux que personne ne pourrait atteindre seul.
8.1. Définition de la Coopérative
🤝 L’élève apprend la définition simple d’une coopérative : c’est un groupement de personnes qui s’unissent volontairement pour gérer une « entreprise » leur appartenant collectivement. Dans le cadre scolaire, c’est l’association des élèves pour gérer ensemble les projets productifs de l’école (le jardin, l’élevage) de manière démocratique.
8.2. Les Buts Éducatifs de la Coopérative
Le premier but de la coopérative scolaire est pédagogique. L’élève comprend qu’elle sert à « apprendre en faisant ». En participant à la coopérative, il développe des compétences pratiques (agronomie, gestion) mais aussi des valeurs civiques (responsabilité, solidarité, démocratie, honnêteté dans la gestion de la caisse).
8.3. Les Buts Économiques (Autofinancement)
La coopérative a un objectif économique concret : l’autofinancement. L’élève apprend que la vente des produits du jardin ou de l’élevage (légumes, œufs, lapins) génère des revenus. Cet argent, géré collectivement, peut servir à acheter du matériel pour la classe (craies, livres), à financer une excursion ou à améliorer l’école, développant ainsi l’autonomie financière du groupe.
8.4. Les Buts Socioculturels (Entraide)
Enfin, la coopérative poursuit des buts sociaux et culturels. Elle renforce l’esprit de groupe et l’entraide : les membres travaillent ensemble pour un objectif commun. Elle peut aussi servir à organiser des activités culturelles (fêtes scolaires, achat d’instruments de musique) ou à financer une caisse de solidarité pour aider un élève en difficulté.
CHAPITRE 9. PRINCIPES D’ORGANISATION D’UNE COOPÉRATIVE
Ce dernier chapitre détaille les règles de fonctionnement qui rendent une coopérative juste et efficace. L’élève étudie les principes démocratiques fondamentaux ainsi que les droits et les devoirs de chaque membre, qui garantissent la transparence et la participation de tous.
9.1. Principes d’Adhésion et d’Apport en Capital
L’élève apprend deux principes de base. Le premier est l’adhésion libre et volontaire : personne ne peut être forcé à rejoindre la coopérative. Le second est l’apport en capital : pour devenir membre et financer le démarrage, chaque élève peut contribuer par une petite somme d’argent (cotisation) ou par un apport en nature (outils, graines), constituant ainsi le capital de départ.
9.2. Le Principe de Gestion Démocratique (« Un Homme, Une Voix »)
🗳️ Ce volet explore le fondement démocratique de la coopérative, résumé par l’adage « un membre, une voix ». L’élève comprend que, contrairement à une société où le pouvoir dépend de l’argent investi, dans une coopérative, chaque membre dispose d’un droit de vote égal lors de l’assemblée générale, peu importe son apport en capital. Cette règle garantit que les décisions (élire le comité, décider d’un achat) sont prises collectivement.
9.3. Les Droits des Membres
En tant que copropriétaire, chaque membre a des droits fondamentaux. L’élève apprend qu’il a le droit de vote et le droit d’être éligible au comité de gestion (président, trésorier, secrétaire). Il a également droit à un partage équitable des bénéfices (ristournes) à la fin de l’année, proportionnellement à sa participation ou à ses achats au sein de la coopérative.
9.4. Les Devoirs des Membres
En contrepartie de ses droits, le membre a des devoirs. L’élève apprend qu’il a le devoir de respecter les statuts (le règlement intérieur) de la coopérative. Il doit participer activement aux travaux, assister aux réunions pour prendre part aux décisions, et faire preuve d’honnêteté et de vigilance en aidant à choisir de bons dirigeants et à surveiller la gestion collective.
Annexes
Annexe 1. Fiches Techniques Simplifiées
Cette section propose des fiches illustrées pour les techniques clés du programme :
- Fiche 1 : Les étapes du compostage.
- Fiche 2 : Plan type d’un petit poulailler (vue de dessus et de côté).
- Fiche 3 : Schéma d’une nasse de pêche.
- Fiche 4 : Les points de base en couture (point avant, point arrière).
Annexe 2. Modèle de Budget pour un Projet Scolaire
Un exemple de tableau budgétaire simple pour un projet de jardinage, montrant les colonnes « Désignation » (ex: Achat de graines d’amarante, Achat d’un râteau), « Quantité », « Prix Unitaire », et « Prix Total », servant de modèle pour le chapitre sur la conduite de projet.
Annexe 3. Statuts Types d’une Coopérative Scolaire (Modèle Simplifié)
Un exemple de règlement intérieur simple pour une coopérative scolaire, listant les buts, les conditions d’adhésion, la composition du comité de gestion (président, secrétaire, trésorier élèves) et les règles de base pour les réunions et le partage des bénéfices.
Annexe 4. Lexique des Termes Techniques
Un glossaire définissant les mots nouveaux et techniques introduits en quatrième année : Bricolage, Modelage, Tressage, Vannerie, Compost, Basse-cour, Clapier, Nasse, Piège à collet, Tricotage, Crochetage, Projet, Coopérative, Ristourne, Statuts.