COURS DE LANGUE CONGOLAISE, 6ÈME ANNÉE PRIMAIRE
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC.
PRÉLIMINAIRES
1. Avant-propos
Ce manuel de Langue Congolaise, destiné à l’élève de sixième année primaire, marque l’aboutissement du cycle primaire et la consolidation des compétences linguistiques dans l’une des langues nationales (Lingala, Swahili, Tshiluba, Kikongo) servant de véhicule de l’enseignement. Conformément au Programme National, cet outil vise à perfectionner la maîtrise de l’élève, en le faisant passer d’un usage fonctionnel à une utilisation plus analytique et culturelle de la langue. L’accent est mis sur la capacité à débattre de sujets de société, à comprendre les structures syntaxiques complexes (subordonnées), à apprécier la richesse lexicale (proverbes, synonymie) et à produire des écrits formels (lettres à l’autorité). Ce manuel est la passerelle entre la communication quotidienne et l’expression structurée.
2. Objectifs Généraux du Cours
Au terme de l’enseignement de la langue congolaise en sixième année, l’élève devra démontrer sa capacité à :
- S’exprimer oralement avec aisance et correction sur des sujets d’actualité, en intégrant le patrimoine culturel (proverbes).
- Lire, comprendre et analyser des textes variés, y compris des œuvres littéraires adaptées, en étant capable d’en produire un résumé ou un commentaire.
- Rédiger des textes personnels et fonctionnels (descriptifs, narratifs, lettres formelles) en respectant les normes orthographiques et grammaticales.
- Maîtriser les structures grammaticales complexes de la langue, incluant l’analyse fonctionnelle (compléments) et la syntaxe des phrases complexes (subordination).
- Utiliser un vocabulaire riche et précis, en comprenant les relations de sens (synonymes, antonymes) et la morphologie (formation des mots).
3. Compétences de Base Visées
Ce programme vise l’installation de trois compétences fondamentales, préparant l’élève à la fin du cycle primaire :
- Communiquer oralement dans un registre soutenu 🗣️: L’élève produit un discours oral structuré. Il est capable de commenter une visite (ex: une visite au barrage d’Inga), de rapporter les idées d’un exposé ou d’une émission radiodiffusée, et de participer à un débat sur des thèmes sociaux (paix, démocratie) en utilisant un vocabulaire approprié et en intégrant des éléments culturels comme les proverbes.
- Analyser des structures linguistiques complexes 🧠: L’élève décompose la langue pour en comprendre le fonctionnement. Il identifie les fonctions grammaticales (sujet, compléments, épithète) et les relations syntaxiques dans une phrase complexe (principale, subordonnée relative, complétive, circonstancielle). Cette compétence analytique lui permet de mieux structurer sa propre pensée.
- Produire des écrits formels et créatifs ✍️: L’élève maîtrise la communication écrite. Il sait rédiger une composition pour exprimer son point de vue personnel sur un événement. Il maîtrise également les codes de l’écriture formelle en étant capable de rédiger une lettre correcte et respectueuse à une autorité (directeur d’école, bourgmestre).
4. Mode d’Emploi à l’Intention de l’Enseignant
L’enseignant de sixième année est un médiateur culturel et un expert linguistique qui guide l’élève vers l’autonomie.
- Le Patrimoine Culturel comme Support 🏺: La langue congolaise est le véhicule de la culture. L’enseignant doit utiliser les proverbes, les contes et les fables (mentionnés au programme) non comme de simples exercices de lecture, mais comme des supports riches pour l’étude du vocabulaire, de la morale et de la syntaxe.
- De l’Analyse à la Production 🔄: Chaque leçon de grammaire ou de conjugaison doit déboucher sur une production. L’étude des propositions subordonnées (analyse) doit être immédiatement suivie d’exercices de rédaction où l’élève utilise ces structures pour complexifier ses phrases.
- Contextualisation Maximale 🇨🇩: Les sujets d’expression (orale et écrite) doivent être ancrés dans la réalité de l’élève. Discuter de la démocratie (Source 223) prend son sens après une élection scolaire ; commenter un voyage peut concerner un trajet en train Lubumbashi-Kamina ou une traversée du fleuve à Boma.
- L’Écrit Formel ✉️: La rédaction de lettres aux autorités est un objectif clé. L’enseignant doit insister sur les formules de politesse, la clarté de l’objet de la demande et la structure du texte, préparant ainsi l’élève à des démarches citoyennes concrètes.
PARTIE I : MAÎTRISE DE L’ORAL ET DE LA LECTURE (EXPRESSION ET COMPRÉHENSION)
Cette première partie est consacrée au perfectionnement de la communication orale et de la compréhension approfondie des textes. L’élève apprend à utiliser la langue congolaise pour aborder des sujets complexes et d’actualité, en dépassant le simple cadre factuel pour entrer dans l’analyse et le commentaire critique. Parallèlement, il affine ses compétences en lecture pour saisir l’essence d’une œuvre complète et en apprécier les richesses culturelles, comme les proverbes.
Chapitre 1 : Fondements de l’Expression Orale
Ce chapitre vise à développer l’aisance de l’élève dans la prise de parole structurée, en l’amenant à commenter des faits de société et à rendre compte d’expériences vécues ou de documents lus.
1.1. Communiquer sur des Sujets d’Actualité 🗣️
Aperçu du contenu
L’élève apprend à mobiliser la langue congolaise pour discuter de concepts sociétaux modernes et pertinents, tels que stipulés par le programme. L’objectif est d’acquérir le vocabulaire spécifique et la capacité d’argumentation nécessaires pour débattre de thèmes comme le VIH/SIDA (prévention, lutte contre la stigmatisation), la paix (résolution des conflits, vivre-ensemble), la démocratie (processus électoral, rôle du citoyen) et le développement (initiatives locales, équité). L’enseignant organise des débats où l’élève s’exerce à exprimer un point de vue nuancé, par exemple sur l’importance de l’éducation des filles à Mbuji-Mayi.
1.2. Commenter des Faits (Visite, Radio, Télévision) 📻
Aperçu du contenu
Cette section développe la capacité d’analyse critique et de restitution de l’information. L’élève est entraîné à écouter activement (une émission de radio, un reportage télévisé) ou à observer attentivement (lors d’une visite, par exemple au port de Matadi ou dans un centre artisanal à Kananga) pour en extraire l’essentiel. En classe, il apprend à commenter ces faits, c’est-à-dire à non seulement décrire ce qu’il a vu ou entendu, mais aussi à donner son avis, à poser des questions pertinentes et à faire des liens avec d’autres connaissances, démontrant une compréhension active de l’information.
1.3. Produire un Compte Rendu Oral 🎙️
Aperçu du contenu
Allant plus loin que le simple commentaire, le compte rendu oral exige une structuration formelle du discours. L’élève apprend à organiser sa pensée pour rapporter fidèlement un événement, une lecture ou une réunion de classe. Il s’exerce à présenter le contexte, à résumer les points clés de manière chronologique ou thématique, et à conclure. Cette compétence technique, qui exige objectivité et clarté, prépare l’élève à des prises de parole fonctionnelles, comme rapporter les résultats d’un travail de groupe ou résumer une conférence.
1.4. Exposer le Contenu d’un Document Lu (Roman, Journal) 📰
Aperçu du contenu
Cette compétence lie la lecture à l’expression orale. L’élève est formé à présenter à la classe le contenu d’un document qu’il a lu seul (un chapitre de roman adapté, un article de journal local). L’exposé diffère du compte rendu par son aspect didactique : l’élève doit se comporter comme un « enseignant » temporaire, en expliquant l’intrigue ou l’information principale, en clarifiant les points difficiles et en suscitant l’intérêt de ses camarades. Cela renforce sa propre compréhension tout en développant son assurance à l’oral.
Chapitre 2 : Parole, Culture et Tradition
Ce chapitre ancre la maîtrise de la langue dans son terreau culturel. L’élève explore les formes d’expression traditionnelles (proverbes, contes) qui véhiculent la sagesse et l’identité collective.
2.1. L’Art du Proverbe Congolais et Africain 🧠
Aperçu du contenu
Le programme met un accent particulier sur la maîtrise des proverbes congolais ou africains. L’élève apprend que le proverbe est une forme concise qui exprime une vérité morale ou une observation de bon sens. L’objectif n’est pas la simple mémorisation, mais la capacité à conter (raconter le contexte) et à expliquer le sens d’un proverbe. Par exemple, un proverbe Swahili ou Luba sera analysé pour sa signification littérale et sa portée philosophique, et l’élève s’exercera à l’utiliser à bon escient dans une discussion pour appuyer un argument.
2.2. Narration Orale (Récit, Conte, Fable) 📖
Aperçu du contenu
Cette section perfectionne l’art de la narration. L’élève consolide sa capacité à raconter des contes, des fables (récits avec des animaux) et des récits narratifs tirés du patrimoine oral. En sixième année, l’exigence porte sur la structure du récit (situation initiale, problème, péripéties, résolution) et sur la performance orale : l’élève doit savoir moduler sa voix, utiliser les silences et le gestuel pour captiver son auditoire, qu’il raconte une aventure de « Mbuta Nsoso » (Kikongo) ou un conte du Kasaï.
2.3. Débat et Discussion Dirigée (Argumentation) 🙋♂️
Aperçu du contenu
Le débat structuré est l’outil pédagogique privilégié pour développer l’expression orale. S’appuyant sur les sujets d’actualité (Chapitre 1), l’enseignant organise des discussions dirigées. L’élève apprend les règles de la prise de parole : écouter les autres sans interrompre, demander la parole, et formuler un argument (une opinion) soutenu par un exemple ou un proverbe. L’objectif est de passer de l’affirmation simple (« c’est bon ») à une argumentation construite (« je pense que c’est une bonne idée parce que… »).
2.4. Techniques de Prise de Parole (Voix, Intonation) 🎭
Aperçu du contenu
Cette section technique se concentre sur les aspects non verbaux et paraverbaux de la communication. L’élève prend conscience que comment il dit quelque chose est aussi important que ce qu’il dit. Des exercices spécifiques sont menés sur le volume de la voix (parler assez fort pour être entendu au fond de la classe sans crier), l’articulation (prononcer distinctement chaque syllabe) et l’intonation (faire monter ou descendre la voix pour exprimer une question, une affirmation ou une émotion), en lien direct avec la lecture expressive.
Chapitre 3 : Techniques de Lecture et Compréhension
Ce chapitre vise à former des lecteurs autonomes et efficaces, capables de lire silencieusement pour comprendre, d’oraliser un texte avec fluidité et d’analyser une œuvre complète.
3.1. Lecture Silencieuse et Compréhension de Texte 🤫
Aperçu du contenu
La lecture silencieuse est travaillée comme l’outil principal d’acquisition d’information. L’élève s’entraîne à lire des textes variés (narratifs, descriptifs, informatifs) à une vitesse suffisante tout en maintenant un haut niveau de compréhension. L’évaluation de cette compétence se fait par des questionnaires précis (QCM, questions ouvertes) qui vérifient la saisie des faits, l’identification des personnages, la chronologie des événements et la capacité à inférer le sens des mots inconnus grâce au contexte.
3.2. Lecture Courante et Expliquée (Textes narratifs, Fables) 🗣️
Aperçu du contenu
La lecture courante (ou oralisée) vise la fluidité et l’exactitude. L’élève lit à haute voix des textes comme des contes, des fables ou des légendes. L’enseignant se concentre sur la correction des fautes de prononciation et le respect de la ponctuation. La dimension expliquée signifie qu’après la lecture, l’élève doit être capable de reformuler avec ses propres mots le contenu du passage lu, d’expliquer les intentions des personnages ou la morale de la fable, démontrant ainsi qu’il n’a pas seulement déchiffré, mais aussi compris.
3.3. Lecture Expressive et Correction Phonétique 🎙️
Aperçu du contenu
La lecture expressive est l’étape supérieure de l’oralisation. L’élève apprend à devenir « l’interprète » du texte. Il doit moduler sa voix, son ton et son rythme pour transmettre les émotions (joie, tristesse, colère) ou les intentions des personnages dans un dialogue. Cette compétence est étroitement liée à la correction phonétique et à la maîtrise de l’intonation (tons en Lingala ou Tshiluba). L’enseignant utilise la lecture modèle et la correction collective pour affiner la performance de l’élève.
3.4. Lecture et Résumé d’une Œuvre Littéraire 📚
Aperçu du contenu
En sixième année, l’élève est initié à la lecture suivie d’une œuvre littéraire complète (ou d’extraits significatifs) écrite en langue congolaise (ex: un roman jeunesse, un recueil de nouvelles). L’objectif est de développer l’endurance de lecture et la capacité de synthèse. Après la lecture, l’élève doit être capable de résumer l’intrigue principale par écrit ou à l’oral, d’identifier le thème central et de donner son appréciation personnelle sur l’œuvre, faisant ainsi ses premiers pas dans l’analyse littéraire.
PARTIE II : STRUCTURE ET MÉCANISMES DE LA LANGUE (GRAMMAIRE ET CONJUGAISON)
Cette deuxième partie constitue le cœur analytique du programme de sixième année. L’élève y déconstruit méthodiquement la langue congolaise pour en maîtriser les rouages les plus complexes. Il étudie en profondeur la morphologie (structure des mots) et l’analyse fonctionnelle (rôle des mots dans la phrase). Il aborde ensuite la syntaxe des phrases complexes (subordination) et termine par une maîtrise approfondie de la conjugaison, y compris les nuances temporelles et les verbes pronominaux.
Chapitre 4 : Grammaire (Analyse Grammaticale de Base)
Ce chapitre se concentre sur l’identification et la structure des groupes de mots, en particulier le groupe nominal et le groupe verbal, en respectant la logique des langues bantoues.
4.1. Le Groupe Nominal : Classes et Catégories 📦
Aperçu du contenu
L’élève approfondit sa compréhension du système des classes nominales, qui est le pilier des langues bantoues. Il révise l’identification des classes (ex: Classe 1 mo-, Classe 2 ba-) et leur rôle dans l’accord grammatical. L’analyse s’affine en distinguant les catégories (personnes, choses) que ces classes représentent. L’élève comprend comment la classe d’un nom (ex: ki-ti, « chaise » en Swahili) détermine la forme de tous les mots qui s’y rapportent (adjectifs, pronoms).
4.2. Le Groupe Nominal : Structure (Préfixe, Suffixe, Radical) 🧩
Aperçu du contenu
L’analyse morphologique permet de disséquer le nom. L’élève apprend à identifier les trois composantes structurelles : le radical (le porteur de sens, ex: -ntu pour « personne »), le préfixe (le marqueur de classe, ex: mo- ou ba-) et le suffixe (ou extension finale, moins fréquent pour le nom mais essentiel pour les verbes). L’étude du thème nominal (radical + suffixe) permet de comprendre les liens de dérivation entre les mots (ex: ko-lota « rêver » et ndo-to « rêve » en Lingala).
4.3. Les Déterminants du Nom (Adjectifs) 🎨
Aperçu du contenu
L’élève étudie les mots qui qualifient ou déterminent le nom. Il se concentre sur les adjectifs qualificatifs (ex: -nene « grand », -bi « mauvais ») et leur accord obligatoire avec la classe du nom qu’ils qualifient. Il étudie également les adjectifs démonstratifs (ex: uyu « ceci », oyo « celui-ci »), les possessifs (ex: na ngai « mon/à moi ») et leur place par rapport au nom.
4.4. Le Groupe Verbal (Pronoms Personnels et Thème Verbal) 🏃
Aperçu du contenu
Cette section analyse la structure du verbe. L’élève identifie les pronoms personnels (formes sujet, ex: na-, o-, a- en Lingala) qui sont souvent fusionnés avec le verbe. Il apprend à isoler le thème verbal (radical + extension finale) et à reconnaître les suffixes verbaux (ou extensions) qui modifient le sens du verbe (ex: applicatif -el-, causatif -is-, passif -am-). L’élève comprend que le verbe congolais est un mot complexe porteur de nombreuses informations.
Chapitre 5 : Grammaire (Analyse Fonctionnelle)
Ce chapitre passe de l’identification (nature) à l’analyse (fonction). L’élève apprend à déterminer le rôle que joue chaque groupe de mots dans la construction du sens de la phrase.
5.1. Identification des Fonctions (Sujet et Base Verbale) 📝
Aperçu du contenu
L’analyse fonctionnelle commence par l’identification des deux piliers de la phrase : le sujet (ou groupe sujet), qui indique qui fait ou subit l’action (ex: Mama azali kolamba), et la base (ou groupe verbal), qui exprime l’action ou l’état (ex: Mama azali kolamba loso). L’élève s’exerce à segmenter des phrases simples pour isoler ces deux fonctions principales, qui constituent le noyau de la phrase déclarative.
5.2. Les Fonctions (Attribut et Épithète) 🏷️
Aperçu du contenu
L’élève apprend à distinguer deux fonctions liées à la qualification. L’épithète est un adjectif ou un groupe de mots qui qualifie directement un nom (ex: ndako molayi « une longue maison »). L’attribut qualifie le sujet, mais par l’intermédiaire d’un verbe d’état (comme « être » : ndako ezali molayi « la maison est longue »). La distinction entre ces deux fonctions est essentielle pour une analyse précise de la phrase.
5.3. Les Compléments d’Objet (Direct et Indirect) 🎯
Aperçu du contenu
L’élève identifie les compléments essentiels qui complètent le sens du verbe. Le complément d’objet direct (COD) est reconnu comme le groupe de mots qui répond à la question « quoi ? » ou « qui ? » après le verbe (ex: Papa asombi likala « Papa a acheté du charbon« ). Le complément d’objet indirect (COI) est introduit par une préposition (ex: Pesa na mama « Donne à maman« ). La maîtrise de ces fonctions est vitale pour comprendre la transitivité des verbes.
5.4. Les Compléments Circonstanciels (Lieu, Temps, Manière, Cause) 🌍
Aperçu du contenu
Cette section est consacrée aux compléments non essentiels qui enrichissent la phrase en précisant les circonstances de l’action. L’élève apprend à identifier et à nommer les compléments circonstanciels en posant les bonnes questions : de lieu (Où ? ex: na zando « au marché »), de temps (Quand ? ex: lobi « hier »), de manière (Comment ? ex: malembe « lentement ») et de cause (Pourquoi ? ex: po azali na nzala « parce qu’il a faim »).
Chapitre 6 : Grammaire (Types et Structures de Phrases)
Ce chapitre élève l’analyse au niveau de la phrase entière, en étudiant les différents types de phrases simples et en introduisant la syntaxe complexe des propositions subordonnées.
6.1. Types de Phrases Simples (Impérative, Exclamative) 🗣️
Aperçu du contenu
L’élève révise et consolide sa capacité à identifier les différents types de phrases simples selon l’intention du locuteur. Il étudie la structure de la phrase impérative (utilisée pour donner un ordre, ex: Kanga porte! « Ferme la porte! ») et de la phrase exclamative (utilisée pour exprimer une émotion forte, ex: Mbula ezali konoko makasi! « Comme il pleut fort! »). Il s’exerce à transformer des phrases déclaratives en ces différents types.
6.2. Types de Phrases Simples (Présentatif, Interro-négative) ❓
Aperçu du contenu
L’élève explore des structures plus spécifiques. Le présentatif (ex: Tala muana na ngai « Voici mon enfant ») est étudié pour sa fonction de mise en évidence. La phrase interro-négative (qui combine une question et une négation, ex: Okei kofinga te? « N’es-tu pas allé à la pêche? ») est analysée pour la nuance de sens qu’elle apporte (étonnement, reproche). L’élève apprend à manipuler ces formes à l’oral et à l’écrit.
6.3. La Phrase Complexe : Proposition Principale et Subordonnée 🔗
Aperçu du contenu
C’est une étape majeure de la grammaire de 6ème année. L’élève apprend à identifier une phrase complexe comme une phrase contenant plusieurs verbes conjugués. Il apprend à la segmenter en propositions. Il identifie la proposition principale (celle qui « commande ») et la proposition subordonnée (celle qui « dépend » de la principale et ne peut exister seule). Cette distinction est la base de l’analyse syntaxique avancée.
6.4. Identification des Subordonnées (Relative, Complétive, Circonstancielle) 🔍
Aperçu du contenu
L’élève apprend à différencier les trois principaux types de propositions subordonnées, en fonction de leur rôle et de leur mot introducteur. La subordonnée relative (introduite par un pronom relatif) est identifiée comme une expansion du nom (équivalente à un adjectif). La subordonnée complétive (souvent introduite par « que ») est analysée comme un complément essentiel du verbe (souvent COD). Enfin, la subordonnée circonstancielle est étudiée pour son rôle de complément de phrase, indiquant le temps, la cause, le but ou la condition de l’action principale.
Chapitre 7 : Conjugaison (Maîtrise des Verbes)
Ce chapitre est dédié à la maîtrise complète du système verbal, en insistant sur l’utilisation correcte des temps et des modes en situation de communication, y compris dans les phrases complexes.
7.1. Conjugaison des Verbes d’Action aux Modes et Temps Courants 🏃♀️
Aperçu du contenu
L’élève consolide sa capacité à conjuguer les verbes d’action usuels (manger, aller, faire, voir…) aux modes et temps courants. L’accent est mis sur la précision de la conjugaison à l’indicatif (présent, passé, futur) et à l’impératif, en veillant à la maîtrise parfaite des affixes (préfixes personnels, infixes temporels) qui caractérisent la conjugaison bantoue. L’élève doit pouvoir utiliser ces formes verbales sans erreur dans des phrases simples en situation de communication.
7.2. Ligne du Temps (Simultanéité, Antériorité, Postériorité) ⏳
Aperçu du contenu
La conjugaison est mise au service de la chronologie. L’élève apprend à utiliser la ligne du temps pour exprimer des relations temporelles complexes. Il étudie comment marquer la simultanéité (deux actions en même temps), l’antériorité (une action avant une autre) et la postériorité (une action après une autre). Cela implique souvent l’utilisation de temps composés ou de constructions spécifiques que l’élève apprend à maîtriser (ex: « Avant qu’il ne parte… », « Pendant qu’il mangeait… »).
7.3. Application dans des Phrases Complexes 🔄
Aperçu du contenu
Cette section fait la synthèse entre le Chapitre 6 et le Chapitre 7. L’élève apprend à appliquer sa connaissance de la chronologie (antériorité, etc.) spécifiquement dans les phrases complexes. Il s’exerce à conjuguer correctement les verbes des propositions principales et subordonnées pour que la relation de temps entre les deux actions soit logique et grammaticalement correcte (concordance des temps). Par exemple, il apprend à gérer le temps du verbe dans une subordonnée circonstancielle de temps.
7.4. Conjugaison des Verbes Pronominaux 🙋
Aperçu du contenu
L’élève étudie la catégorie spécifique des verbes pronominaux, c’est-à-dire les verbes qui se conjuguent avec un pronom réfléchi (ex: se laver, se parler). En langue congolaise, cela correspond souvent à l’infixe réflexif (-mi- en Lingala, -di- en Tshiluba). L’élève apprend à conjuguer ces verbes (ex: ko-misokola « se laver ») à tous les temps et modes usuels en situation de communication, en veillant à la place correcte de l’infixe réfléchi par rapport aux autres affixes verbaux.
PARTIE III : PRODUCTION ÉCRITE ET VOCABULAIRE (RÉDACTION ET LEXIQUE)
Cette dernière partie est l’aboutissement de tout le programme. L’élève mobilise l’ensemble de ses compétences (orales, lexicales, grammaticales) pour produire des textes écrits cohérents, corrects et personnels. L’accent est mis sur l’enrichissement du vocabulaire comme outil de précision de la pensée, et sur le développement de la rédaction, en passant de l’expression d’un point de vue personnel au commentaire de texte et à la correspondance formelle.
Chapitre 8 : Vocabulaire et Orthographe
Ce chapitre vise à enrichir le stock lexical de l’élève et à garantir la correction de son écriture par la maîtrise de l’orthographe d’usage et de la dictée.
8.1. Vocabulaire (Synonymes, Homonymes, Antonymes) 📚
Aperçu du contenu
L’élève explore les relations de sens entre les mots pour affiner son expression. L’étude est tirée de textes, contes ou proverbes. Il apprend à identifier et à utiliser des synonymes (mots de sens proche, pour éviter les répétitions), des antonymes (mots de sens contraire, pour exprimer l’opposition) et des homonymes (mots de même prononciation mais de sens différents, ex: likolo « ciel » / likolo « sur »). L’objectif est de choisir le mot juste en fonction du contexte.
8.2. Copie, Prononciation et Mémorisation de Mots ✍️
Aperçu du contenu
Cette section renforce l’orthographe d’usage par la mémoire visuelle et auditive. L’élève s’exerce à copier correctement des mots ou des textes, en prêtant une attention méticuleuse à l’orthographe. Il apprend à prononcer les mots difficiles, car une bonne prononciation aide à une bonne orthographe. La mémorisation de l’orthographe des mots-outils et des termes courants est une compétence de base qui est systématiquement entraînée.
8.3. Particularités Orthographiques de la Langue Congolaise 📖
Aperçu du contenu
L’élève étudie les règles orthographiques spécifiques à la langue congolaise enseignée. Cela inclut, par exemple, l’usage correct des tons (s’ils sont notés dans la graphie officielle), la gestion des consonnes prénasalisées (mb, nd, ng), l’orthographe des extensions verbales, ou les règles d’élision et de liaison entre les mots. L’objectif est de dépasser l’écriture phonétique « intuitive » pour adopter l’orthographe standardisée.
8.4. La Dictée (Phrases et Textes) 🖊️
Aperçu du contenu
La dictée est l’exercice de synthèse qui évalue à la fois la compréhension orale (saisie des mots), l’orthographe d’usage (mémorisation) et l’orthographe grammaticale (accords de classe). En sixième année, l’élève passe de la dictée de mots à la dictée de phrases complètes, puis à des textes étudiés (dictée préparée) ou nouveaux, mais simples. La correction collective de la dictée sert de leçon d’orthographe appliquée.
Chapitre 9 : Rédaction et Production de Textes
Ce chapitre est l’aboutissement du programme d’écriture. L’élève apprend à structurer sa pensée pour produire différents types de textes, du plus personnel (point de vue) au plus formel (lettre à l’autorité).
9.1. Composition Écrite (Exprimer son point de vue) 💡
Aperçu du contenu
L’élève apprend à rédiger une composition écrite structurée pour exprimer ses opinions, ses croyances ou ses préférences. Sur un sujet donné (ex: « Pourquoi préférez-vous vivre à la campagne ou en ville ? »), l’élève doit être capable de formuler une introduction, de développer un ou deux arguments logiques (en s’appuyant sur son expérience) et de rédiger une conclusion simple. L’accent est mis sur la clarté de l’argumentation et la correction de la langue.
9.2. Commentaire Écrit (Événement vécu, Proverbe, Conte) 📜
Aperçu du contenu
Le commentaire écrit demande un niveau d’abstraction supérieur. L’élève apprend à analyser un support donné (un événement vécu, un proverbe, un conte ou une fable) pour en dégager le sens profond. Par exemple, à partir d’un proverbe, il doit d’abord expliquer son sens littéral, puis son sens figuré (la morale), et enfin l’illustrer par un exemple concret. Cet exercice développe l’esprit d’analyse et la capacité à interpréter.
9.3. Rédaction d’un Texte Narratif ou Descriptif 🏞️
Aperçu du contenu
L’élève perfectionne sa maîtrise des deux types de textes fondamentaux. Il s’exerce à la rédaction narrative (raconter un événement, un voyage, un souvenir d’enfance) en veillant à la chronologie, à l’utilisation correcte des temps du passé et aux connecteurs logiques. Il pratique également la rédaction descriptive (décrire un lieu, une personne, un animal) en apprenant à organiser sa description (du général au particulier) et à utiliser un vocabulaire riche (adjectifs, compléments).
9.4. Rédaction d’une Lettre à une Autorité ✉️
Aperçu du contenu
C’est une compétence civique et linguistique essentielle. L’élève apprend les codes de la correspondance formelle pour rédiger une lettre à une autorité (scolaire, civile comme le Bourgmestre, ou religieuse). Il étudie la structure : la date et le lieu, l’objet de la lettre, la formule d’appel respectueuse (ex: « Monsieur le Directeur »), le corps de la lettre (exposé clair et poli d’une demande ou d’un fait), la formule de politesse finale et la signature. Des exemples, comme une demande d’audience au chef de quartier à Likasi, sont analysés et imités.
ANNEXES
Annexe 1 : Tableaux de Grammaire (Classes et Accords)
Cette annexe fournit un tableau récapitulatif des classes nominales de la langue congolaise étudiée. Elle montre le préfixe du nom (singulier/pluriel) et les préfixes d’accord correspondants pour les adjectifs et les verbes (pronoms sujets). Cet outil sert de référence grammaticale constante pour assurer la correction des accords dans les productions écrites.
Annexe 2 : Tableaux de Conjugaison (Verbes Types)
Un mémento de conjugaison présentant les verbes types (verbes d’action, verbes d’état) aux modes et temps courants étudiés en 6ème année. Il inclut également un exemple de conjugaison d’un verbe pronominal (avec infixe réflexif) et des verbes irréguliers courants, servant de guide pour les exercices de conjugaison et de rédaction.
Annexe 3 : Lexique Thématique et Proverbes
Cette section propose un lexique thématique (vocabulaire de la démocratie, de la santé, de l’environnement) pour enrichir l’expression orale et écrite de l’élève. Elle contient également une collection de dix à quinze proverbes essentiels de la culture congolaise, avec leur traduction littérale et leur explication, pour être utilisés dans les leçons de culture et de rédaction.
Annexe 4 : Modèles de Rédaction
Cette annexe fournit des modèles structurels pour les productions écrites clés du programme. Elle offre un exemple de canevas pour un commentaire de proverbe (sens littéral, sens figuré, exemple), un plan pour un texte narratif (situation initiale, problème, résolution) et, surtout, un modèle de mise en page et de formulation pour une lettre formelle à une autorité.