MANUELS SCOLAIRES

COURS DE PRATIQUE PROFESSIONNELLE, 4ÈME ANNÉE, OPTION PLOMBERIE

Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC

PRELIMINAIRES

0.1. Objectifs Généraux du Cours

Ce programme de pratique professionnelle pour la quatrième année vise à consolider les acquis manuels fondamentaux initiés en troisième année et à introduire les techniques d’assemblage complexes. Le but est de transformer l’élève en un ouvrier qualifié capable de préparer, façonner et assembler les réseaux de tuyauterie en autonomie partielle. L’enseignement focalise sur la précision du geste, la conformité aux plans d’exécution et le respect strict des normes de sécurité sur chantier.

0.2. Compétences Techniques Visées

À la fin de cette année de formation, l’apprenant maîtrisera le cintrage à froid et à chaud des tubes en acier galvanisé et en cuivre. Il sera apte à réaliser des assemblages étanches par filetage, collage et polyfusion sur les matériaux synthétiques modernes (PPR, PVC). La compétence s’étend à la lecture in situ des plans d’installation et à la pose de réseaux d’évacuation respectant les pentes réglementaires, compétences indispensables pour les chantiers résidentiels et industriels.

0.3. Stratégie Pédagogique et Matériel

L’apprentissage s’effectue exclusivement en atelier et sur des zones de simulation de chantier. La méthode pédagogique privilégie la démonstration par le maître, suivie de la répétition guidée puis autonome par l’élève. L’équipement requis comprend les établis avec étaux à tubes, les filières à cliquet, les cintreuses hydrauliques type Mingori et les machines à souder le PPR. Les exercices simulent des conditions réelles rencontrées de Kinshasa à Lubumbashi, incluant le travail en espace restreint.

0.4. Prérequis Opérationnels

L’accès à ce niveau suppose une maîtrise des outils de mesure et de traçage, ainsi qu’une connaissance des propriétés physiques des matériaux de base (acier, PVC). L’élève doit démontrer une aptitude à l’organisation de son poste de travail et une compréhension des règles d’hygiène et sécurité (EPI) enseignées au niveau précédent.

PARTIE 1 : FAÇONNAGE ET PRÉPARATION DES TUYAUTERIES MÉTALLIQUES 🛠️

Cette première partie consacre le développement de la dextérité manuelle sur les matériaux traditionnels. Elle traite de la transformation de la matière brute en éléments de réseau prêts à l’assemblage. L’élève acquiert ici la maîtrise des techniques de coupe, de filetage et de déformation plastique des tubes, garantissant la précision dimensionnelle indispensable à la réussite des installations hydrauliques rigides.

CHAPITRE 1 : ORGANISATION ET DÉBITAGE DES MATÉRIAUX

1.1. Préparation du poste de travail et sécurité

L’efficacité commence par l’organisation. Ce module impose le rangement méthodique de l’établi, la vérification de l’état des outils de coupe et le port obligatoire des Équipements de Protection Individuelle (lunettes, gants, chaussures de sécurité). L’élève apprend à sécuriser sa zone d’intervention, simulant un environnement de chantier occupé comme dans les constructions denses de la commune de la Gombe.

1.2. Techniques de mesure et de traçage sur tubes

La précision du débitage conditionne la qualité de l’assemblage. Les élèves pratiquent le report des cotes du plan vers le tube (cotes brutes vs cotes finies), en tenant compte des pertes au filetage ou à l’emboîtement. L’usage du mètre ruban, de la pointe à tracer et de l’équerre est standardisé pour minimiser les chutes de matériaux coûteux.

1.3. Coupe des tubes acier et cuivre

L’élève exerce la coupe perpendiculaire parfaite, condition sine qua non pour un filetage ou une soudure correcte. L’enseignement couvre l’utilisation de la scie à métaux manuelle pour les petits diamètres et du coupe-tube à molette pour le cuivre. Les exercices incluent la gestion des bavures internes et externes via l’alésoir, garantissant la fluidité du passage de l’eau.

1.4. Cintrage manuel et hydraulique des tubes acier

Ce sous-chapitre développe la compétence de former des coudes sans raccord. L’élève apprend à utiliser la cintreuse hydraulique (par exemple pour du tube 3/4″ ou 1″) pour réaliser des baïonnettes, des chapeaux de gendarme et des coudes à 90°. Le calcul du retrait et de la fibre neutre est appliqué directement sur la pièce pour obtenir des cotes précises après détente du métal.

CHAPITRE 2 : TRAITEMENT DES EXTRÉMITÉS ET FILETAGE

2.1. Filetage manuel à la filière

Le raccordement vissé reste la norme en RDC pour l’acier galvanisé. L’élève apprend à réaliser des filetages coniques (norme BSPT) à l’aide de la filière à tête interchangeable. L’accent est mis sur l’effort progressif, la lubrification constante à l’huile de coupe et la vérification de la longueur du filet pour assurer la compatibilité avec les raccords.

2.2. Utilisation de la machine à fileter électrique

Pour les chantiers d’envergure comme les immeubles de bureaux, la rapidité est essentielle. Ce module forme à l’utilisation de la fileteuse électrique sur trépied. L’apprenant maîtrise le réglage des peignes, la coupe intégrée et l’ébavurage machine, produisant des séries de mamelons et de tubes filetés à cadence industrielle.

2.3. Préparation des collets battus sur cuivre

Le façonnage du cuivre recuit nécessite délicatesse. L’élève s’exerce à réaliser des collets battus à la dudgeonnière ou à la matrice à frapper. La qualité de la portée plate est vérifiée pour garantir l’étanchéité avec les joints plats, technique courante pour les raccordements de robinetterie sanitaire et de chauffe-eaux.

2.4. Emboîture et calibrage des tubes cuivre

Afin de limiter l’usage de manchons, l’élève apprend à élargir l’extrémité d’un tube pour y emboîter le suivant (emboîture). L’utilisation de la pince à expandre et du mandrin permet de réaliser des assemblages cuivre-cuivre par capillarité, préparant le terrain pour les techniques de brasage abordées ultérieurement.

CHAPITRE 3 : PRÉFABRICATION DE MANIFOLDS ET NOURRICES

3.1. Conception et traçage de collecteurs

L’élève fabrique des nourrices de distribution à partir de tubes de gros diamètre (2″ ou plus). L’exercice consiste à tracer les axes de piquage avec régularité et précision géométrique. Cette compétence est cruciale pour les chaufferies et les locaux techniques des hôtels à Kisangani ou Bukavu.

3.2. Perçage et piquage des tubes

L’exécution des trous de piquage demande rigueur. L’apprenant utilise la perceuse à colonne ou portative avec des scies cloches adaptées au métal. La technique de l’extrusion (collet repoussé) peut être initiée pour renforcer la zone de raccordement avant soudure ou brasage.

3.3. Assemblage à blanc et contrôle dimensionnel

Avant l’assemblage définitif, un montage à blanc est réalisé. L’élève vérifie l’alignement des axes, la perpendicularité des départs et l’entraxe des sorties. Ce contrôle qualité préventif évite les reprises coûteuses sur site et inculque une culture de l’excellence professionnelle.

3.4. Protection anticorrosion des pièces façonnées

Une fois les pièces métalliques travaillées, leur protection est impérative. Le cours enseigne l’application de peintures antirouille (minium) sur les zones filetées exposées et les parties ayant subi une chauffe, garantissant la longévité de l’ouvrage face à l’humidité tropicale.

PARTIE 2 : TECHNOLOGIES D’ASSEMBLAGE ET MATÉRIAUX DE SYNTHÈSE 🧬

Cette partie aborde la modernisation du métier avec l’intégration massive des matériaux synthétiques et des techniques d’étanchéité avancées. Elle marque la transition vers les standards actuels de la construction en RDC, où le PVC et le PPR dominent le marché résidentiel. L’élève développe une polyvalence technique lui permettant d’intervenir aussi bien sur des réseaux vétustes que sur des installations neuves.

CHAPITRE 4 : ASSEMBLAGES MÉCANIQUES ET ÉTANCHÉITÉ

4.1. L’étanchéité par filasse et pâte à joint

Technique ancestrale mais irremplaçable, le joint à la filasse de chanvre est maîtrisé. L’élève apprend à griffer le filet, enrouler la filasse dans le sens du vissage et appliquer la pâte à joint (Gebajoint). La quantité doit être dosée pour assurer l’étanchéité immédiate sans forcer excessivement sur les raccords femelles fragiles.

4.2. L’usage du Téflon et des résines anaérobies

Pour les raccords fins ou les circuits de gaz, le ruban PTFE (Téflon) est privilégié. L’élève pratique l’application correcte (nombre de tours, tension) et découvre les résines de blocage modernes. La distinction des usages selon la nature du fluide et la température est clairement établie.

4.3. Raccords à compression et bicônes

L’assemblage démontable sur tubes lisses (cuivre, multicouche) est étudié. L’apprenant s’exerce au serrage des raccords à bague (olive) et à compression, veillant à ne pas écraser le tube ni déformer l’écrou. Cette technique est essentielle pour les réparations rapides et les raccordements de robinetterie sous lavabo.

4.4. Brides et joints plats pour gros diamètres

Dans l’industrie minière du Katanga ou les usines de traitement d’eau, les brides sont omniprésentes. Le cours couvre la préparation des surfaces de joint, le choix du matériau du joint (caoutchouc, fibre, klingerit) et la technique de serrage en croix des boulons pour une compression homogène.

CHAPITRE 5 : TRAVAIL DES MATÉRIAUX SYNTHÉTIQUES (PVC & PPR)

5.1. Coupe, chanfreinage et collage du PVC pression

Le PVC pression exige une préparation minutieuse. L’élève apprend à couper le tube, à réaliser un chanfrein conique pour chasser la colle vers l’intérieur et à décaper les surfaces au solvant. L’application de la colle et l’emboîtement sans torsion constituent le cœur de la pratique pour les réseaux d’adduction froide.

5.2. Soudure par polyfusion du PPR (Polypropylène)

Le PPR est le standard actuel pour l’eau chaude et froide sanitaire. L’élève utilise la polyfusaderm (machine à souder) en respectant scrupuleusement les temps de chauffe, d’assemblage et de refroidissement spécifiques à chaque diamètre (20, 25, 32 mm). La réalisation de réseaux complexes avec tés et coudes valide l’acquis.

5.3. Assemblage du PVC évacuation à joint lèvre

Pour les réseaux d’assainissement, l’assemblage par joint caoutchouc est pratiqué. L’élève s’entraîne à lubrifier les abouts et les joints, à insérer le tube à fond puis à le retirer de 1 cm pour permettre la dilatation thermique, prévenant ainsi les déformations des colonnes de chute dans les immeubles hauts.

5.4. Réparation et piquage sur réseaux existants

Le plombier doit savoir intervenir sur l’existant. Ce module enseigne l’utilisation des manchons de dilatation (coulisse) pour insérer une dérivation ou réparer une fuite sur une conduite PVC scellée, simulant des interventions de maintenance courante dans les cités de Matadi.

CHAPITRE 6 : SUPPORTAGE ET FIXATION DES RÉSEAUX

6.1. Tracé de parcours et alignement laser

Avant de fixer, il faut tracer. L’élève utilise le cordeau à tracer (bleu) et le niveau laser pour matérialiser les axes de pose sur les murs et plafonds. La notion d’esthétique industrielle (parallélisme, équerrage) est intégrée comme critère de qualité indispensable.

6.2. Techniques de perçage et chevillage

Selon le support (brique cuite, bloc ciment, béton vibré), la technique de fixation varie. L’élève sélectionne la mèche et la cheville adaptées (expansion, nylon, chimique). L’exercice pratique consiste à fixer solidement des colliers supportant des charges lourdes (tubes remplis d’eau) sans éclater le support maçonné.

6.3. Pose de colliers et respect des entraxes

Le fluage des tubes synthétiques impose des distances de supportage strictes. L’élève apprend à positionner les colliers fixes (points d’ancrage) et les colliers glissants (points de dilatation) selon les abaques techniques, garantissant la stabilité du réseau face aux variations de température.

6.4. Isolation thermique et phonique des colliers

Pour éviter les ponts thermiques et la transmission de bruits, l’élève pose des colliers isophoniques (avec garniture caoutchouc). Cette pratique est essentielle dans les constructions résidentielles de standing à Kinshasa pour assurer le confort acoustique des occupants.

PARTIE 3 : MISE EN ŒUVRE DES INSTALLATIONS SANITAIRES 🚿

Cette dernière partie projette l’élève dans la réalité du chantier de second œuvre. Elle synthétise les compétences de façonnage et d’assemblage pour réaliser des installations fonctionnelles complètes. De la pose des colonnes d’alimentation à l’installation finale des appareils sanitaires, l’élève apprend à coordonner son travail avec la structure du bâtiment et à livrer un ouvrage testé et opérationnel.

CHAPITRE 7 : INSTALLATION DES RÉSEAUX D’ADDUCTION

7.1. Pose de colonnes montantes et dérivations

L’élève réalise l’installation d’une colonne montante traversant plusieurs niveaux fictifs. Il positionne les tés de dérivation à hauteur réglementaire, installe les vannes d’arrêt d’appartement et assure la verticalité parfaite de l’ouvrage, gérant les passages de dalles et les fixations murales.

7.2. Distribution encastrée et sous gaine

La protection des tubes encastrés est vitale. L’élève pratique le gainage des tubes cuivre ou PER avant leur incorporation dans les murs ou les chapes. Il apprend à fixer les sorties de cloison (boîtiers d’attente) avec précision pour qu’elles correspondent exactement aux cotes de la robinetterie de finition.

7.3. Installation de groupes de surpression (Hydrophores)

L’alimentation en eau discontinue nécessite des réserves. Ce module couvre l’installation hydraulique d’un groupe hydrophore : raccordement du réservoir tampon, de la pompe, du clapet anti-retour et du ballon vessie. L’élève assemble les pièces en garantissant l’accessibilité pour la maintenance future.

7.4. Épreuves de pression et rinçage

Avant de fermer les saignées, le réseau doit être testé. L’élève utilise la pompe d’épreuve manuelle pour mettre le circuit sous pression (1,5 fois la pression de service) et détecter les fuites. Le protocole de rinçage pour éliminer les débris et la limaille est exécuté rigoureusement.

CHAPITRE 8 : RÉSEAUX D’ÉVACUATION ET VENTILATION

8.1. Réalisation de collecteurs avec pente

L’évacuation gravitaire ne tolère aucune erreur de pente. L’élève assemble des collecteurs en PVC (Ø110, Ø125) en respectant une pente minimale de 1 à 2 cm/m. L’usage du niveau à bulle et le calage correct des tuyaux avant scellement sont exercés intensivement.

8.2. Pose de siphons de sol et regards

Dans les douches à l’italienne ou les buanderies, le siphon de sol est central. L’élève apprend à positionner le corps du siphon de manière à ce que la grille finale affleure parfaitement le niveau du carrelage fini, anticipant l’épaisseur de la chape et du revêtement.

8.3. Ventilation primaire et secondaire (Chute unique)

Pour éviter le désiphonnage, la ventilation est cruciale. L’élève installe les prolongations de colonnes en toiture (ventilation primaire) et les clapets aérateurs (Durgo) là où la sortie extérieure est impossible. Il comprend par la pratique l’importance de l’équilibre des pressions d’air dans le réseau.

8.4. Raccordement aux fosses septiques et égouts

L’évacuation finale vers le traitement est abordée. L’élève réalise les connexions d’entrée et de sortie d’une fosse septique ou d’un regard de raccordement à l’égout public, en veillant à l’étanchéité des traversées de paroi pour éviter la pollution des sols environnants.

CHAPITRE 9 : POSE D’APPAREILS SANITAIRES (BASE)

9.1. Installation de W.C. à poser et réservoirs

Le classique W.C. monobloc est installé. L’élève trace les points de fixation au sol, perce sans casser la céramique, réalise le raccordement à la pipe d’évacuation (souple ou rigide) et connecte le robinet d’arrêt. Le réglage du mécanisme de chasse pour économiser l’eau conclut la pose.

9.2. Montage de lavabos sur colonne et bâtis

La pose du lavabo demande précision. L’élève fixe les boulons scellés ou les chevilles, présente le lavabo, règle son horizontalité et installe la colonne ou le cache-siphon. Le raccordement de la robinetterie (flexibles) et du siphon (étanchéité bague) est réalisé avec soin.

9.3. Pose d’éviers de cuisine et raccordements

L’élève installe un évier sur meuble ou encastré. Il assure la découpe du plan de travail si nécessaire, fixe les pattes de serrage et connecte le vidage (bonde, trop-plein, siphon). Le raccordement des machines à laver (prise d’eau et évacuation) est intégré à l’exercice.

9.4. Joints de finition silicone et nettoyage

La touche finale est esthétique et fonctionnelle. L’élève apprend à réaliser des joints de silicone sanitaire lisses et réguliers autour des appareils (lavabos, éviers, W.C.) pour empêcher les infiltrations d’eau. Le nettoyage du chantier et la présentation de l’ouvrage fini au « client » (l’enseignant) clôturent la formation.

ANNEXES

A.1. Liste de l’outillage individuel du plombier

Un inventaire illustré des outils indispensables que chaque élève doit maîtriser et entretenir : clé à molette, pince multiprise, coupe-tube, niveau, mètre, jeu de clés plates, tournevis. Cette liste sert de référence pour la constitution de la boîte à outils professionnelle.

A.2. Pictogrammes de sécurité en atelier

Un rappel visuel des panneaux de signalisation obligatoires en RDC : port des lunettes, port des gants, interdiction de fumer (colles inflammables), danger électrique. Ce document renforce la culture de sécurité préventive.

A.3. Tableau des diamètres de perçage et chevillage

Un guide technique associant le type de support (brique, béton, plaque de plâtre), le diamètre de la vis, le diamètre de la cheville et le foret correspondant. Cet outil aide l’élève à choisir la fixation adéquate pour éviter les arrachements.

A.4. Fiche de contrôle qualité d’une installation

Un modèle de checklist utilisé pour l’auto-évaluation : « Pente respectée ? », « Absence de fuites ? », « Solidité des fixations ? », « Propreté des appareils ? ». Cette fiche habitue l’élève aux procédures de réception de travaux professionnelles.