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MANUELS SCOLAIRES

COURS DE ’ÉCONOMIE POLITIQUE, 1ÈRE ANNÉE, OPTION LATIN-PHILOSOPHIE

Programme et Fiches Pédagogiques Officiels

Edition 2025 - Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC.
Code du document : FPGN8397
Domaine : Enseignement Secondaire Général
Option : Latin-Philosophie
Année d'étude : 1ère année des humanités
Nombre d'heures annuelle : 60 heures
📂 Compétences Visées, Objectifs Globaux & Prérequis

L'admission à ce cours requiert des compétences fondamentales et non une expertise préalable en économie. L'élève doit démontrer :

  • Maîtrise des opérations arithmétiques de base : Calcul de pourcentages, de ratios et application de la règle de trois, indispensables pour analyser les variations de prix ou la répartition de la valeur ajoutée.
  • Capacité de lecture analytique : Aptitude à extraire l'information principale d'un texte informatif simple, comme un court article de presse ou une notice explicative.
  • Raisonnement logique élémentaire : Capacité à suivre une chaîne de causalité simple (si le prix augmente, la demande tend à baisser) et à identifier des relations entre des phénomènes observés.
  • Conscience de l'environnement socio-économique : Une connaissance empirique des réalités locales (prix au marché, existence de différents métiers, rôle de la monnaie) constitue le socle sur lequel le cours bâtira un savoir structuré.
📂 Méthodologie Didactique Recommandée & Matériels

La doctrine méthodologique de ce programme repose sur le principe de l'induction pragmatique, adaptée aux conditions matérielles des établissements congolais.

  • Approche inductive : Chaque concept théorique (ex: loi de l'offre et de la demande) doit être introduit à partir d'une observation concrète et locale (ex: la fluctuation du prix du sac de maïs avant et après la récolte). L'enseignant part du fait pour construire la loi.
  • Pédagogie active et visuelle : L'usage systématique du tableau est central. L'enseignant doit y schématiser le circuit économique, tracer les courbes d'offre et de demande et visualiser les flux. L'interaction est constante, sollicitant les élèves pour fournir des exemples tirés de leur quotidien.
  • Matériel didactique essentiel : Le manuel scolaire constitue la référence structurante. L'enseignant l'augmente avec des supports simples : extraits de journaux locaux (ex: Le Potentiel, L'Avenir) pour illustrer l'inflation, étiquettes de produits pour analyser la TVA, et, si possible, des rapports simplifiés de la BCC ou de la FEC. L'objectif est de connecter la salle de classe à l'économie nationale avec des moyens accessibles.
📂 Ancrage Contextuel Doctrinal & Utilité Pratique en RDC

Ce programme est conçu comme un outil de décryptage de l'économie congolaise. Son ancrage national est structurel et non décoratif.

  • Analyse de la structure économique réelle : Le cours met en lumière la dualité de l'économie de la RDC : un secteur primaire extraverti (mines, pétrole) et un secteur tertiaire largement informel. L'étude de la faible industrialisation (secteur secondaire) et de la notion de Valeur Ajoutée permet à l'élève de comprendre les défis de la diversification économique.
  • Illustration par les institutions nationales : Les concepts sont systématiquement incarnés par des acteurs congolais : la BCC pour la politique monétaire, la SNEL comme exemple de monopole public, la FEC comme voix du patronat, l'OHADA pour le droit des affaires. L'élève apprend le fonctionnement de son propre écosystème économique.
  • Contexte démographique et social : L'étude du facteur travail est directement liée à la démographie congolaise (jeunesse de la population, dividende démographique potentiel) et aux défis de l'inadéquation entre formation et emploi, un enjeu national majeur.
📂 Valeurs Citoyennes EPST & Profil de Sortie de l'Élève

Au-delà des savoirs techniques, ce programme vise à forger une conscience citoyenne active et éclairée.

  • Culture de la responsabilité et de l'arbitrage : En internalisant les concepts de rareté et de coût d'opportunité, l'élève comprend que chaque décision, personnelle ou étatique, implique un renoncement. Cette prise de conscience est le fondement de la gestion rigoureuse des ressources, qu'elles soient familiales ou publiques.
  • Compréhension du contrat social : L'étude du circuit économique, des impôts et de la redistribution met en évidence le rôle de l'État et le lien entre contribution fiscale (TVA, impôt sur le revenu) et services collectifs (infrastructures, sécurité, éducation). Elle légitime le civisme fiscal comme pilier de la solidarité nationale.
  • Esprit critique face aux inégalités : L'analyse de la répartition des revenus (salaires, profits, rentes) et des mécanismes de redistribution dote l'élève d'outils pour analyser objectivement les inégalités sociales et évaluer la pertinence des politiques publiques visant à les réduire.
📂 Dispositifs d'Évaluation de Réussite & Remédiation

L'évaluation est conçue pour mesurer la capacité de l'élève à mobiliser les savoirs économiques pour analyser le réel. Elle est à la fois continue et sommative.

  • Vérification des savoirs fondamentaux : Des interrogations régulières et écrites portent sur la définition précise des concepts clés (ex: PIB, inflation, capital fixe) et la restitution schématique des mécanismes (ex: circuit économique, formation du prix d'équilibre).
  • Évaluation de la compétence d'application : Les devoirs surveillés incluent des études de cas simples. Par exemple, l'analyse d'un court texte décrivant une hausse du prix du carburant, où l'élève doit identifier les conséquences sur l'offre, la demande et le pouvoir d'achat en utilisant le vocabulaire adéquat.
  • Mise en situation pratique : Une évaluation peut consister en une mini-enquête : relever le prix de trois produits de base sur le marché local pendant deux semaines et en analyser l'évolution. La réussite se mesure à la capacité de l'élève à utiliser les concepts du cours pour interpréter des données concrètes, avec rigueur et logique.
📂 Progression Annuelle et Plan de Cours Synthétique

La progression annuelle est structurée en trois parties séquentielles, correspondant aux trimestres scolaires, pour une assimilation graduelle des concepts.

  • Trimestre 1 : Les Fondations (Partie I)

    • Objectif : Maîtriser le vocabulaire et le cadre d'analyse de la science économique.
    • Contenus : Définition de l'économie, distinction micro/macro, théorie des besoins et des biens, identification des agents économiques et schématisation du circuit économique simplifié.
  • Trimestre 2 : La Création de Richesse (Partie II)

    • Objectif : Analyser le processus de production et la structure de l'économie congolaise.
    • Contenus : Étude des facteurs de production (nature, travail, capital), rôle de l'entreprise, calcul de la productivité et de la valeur ajoutée, analyse des secteurs d'activité en RDC.
  • Trimestre 3 : La Circulation et le Partage (Partie III)

    • Objectif : Comprendre les mécanismes d'échange, de financement et de répartition.
    • Contenus : Loi de l'offre et de la demande, formation des prix, fonctions de la monnaie, inflation, système bancaire, et répartition primaire et secondaire des revenus.
DE LA PRAXIS À LA THÉORIE : IMPÉRATIFS OPÉRATIONNELS EN RDC
Comment rendre le concept de coût d'opportunité tangible pour des élèves aux ressources limitées ?

Ancrez le concept dans la gestion de leur ressource la plus rare : le temps. Le choix d'étudier deux heures implique le renoncement à deux heures de jeu ou d'aide au commerce familial. Ce renoncement est le coût d'opportunité. Appliquez ensuite cela à l'État : le budget alloué à la réfection du Boulevard Lumumba à Kinshasa est un budget qui ne peut être alloué à la construction d'écoles au Kasaï. Cette approche illustre la définition de Lionel Robbins du problème économique comme l'allocation de moyens rares à des fins alternatives. Elle transforme une notion abstraite en une réalité d'arbitrage quotidien, parfaitement comprise dans le contexte congolais.

Comment expliquer la création monétaire par les banques sans matériel sophistiqué en classe ?

Utilisez une simulation dynamique au tableau noir. La BCC émet 10.000 FC (monnaie centrale). Un agent économique dépose cette somme à la banque A. Celle-ci garde 10% en réserve (1.000 FC) et prête les 9.000 FC restants à une entreprise. La masse monétaire est désormais de 19.000 FC (le dépôt initial plus le crédit). Ce mécanisme, dit multiplicateur de crédit, démontre la création de monnaie scripturale. Cette vision, où le crédit précède le dépôt, fut notamment mise en avant par Joseph Schumpeter pour qui le crédit bancaire est le moteur du financement de l'innovation et de l'investissement entrepreneurial.

Face à la prédominance de l'informel, comment illustrer la pertinence de la Valeur Ajoutée ?

Prenez l'exemple concret d'une vendeuse de pain au marché de la Liberté. Elle achète sa farine et sa levure (consommations intermédiaires) à 20.000 FC. Elle vend sa production de pains pour 35.000 FC. La richesse qu'elle a personnellement créée, sa Valeur Ajoutée, est de 15.000 FC. Cette somme lui sert à se payer (revenu du travail), à compenser l'usure de son four (amortissement) et à acheter plus de farine le lendemain (investissement). Ce concept, au cœur de la comptabilité nationale développée par Simon Kuznets, prouve que chaque acteur, même informel, crée de la richesse mesurable.

Comment aborder l'hyperinflation des années 90 sans démoraliser les élèves sur l'économie nationale ?

Présentez cet épisode non comme une fatalité, mais comme une étude de cas technique sur les fonctions de la monnaie. L'hyperinflation a détruit la fonction de réserve de valeur du Zaïre, forçant la dollarisation de l'économie. Expliquez sa cause principale : le financement monétaire des déficits publics, la fameuse "planche à billets". La leçon à retenir est positive : elle démontre l'importance cruciale d'une banque centrale indépendante pour garantir la stabilité des prix, un principe fondamental défendu par l'école monétariste de Milton Friedman. L'objectif est de former une génération consciente que la discipline monétaire est la condition de la confiance.

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