MANUELS SCOLAIRES

COURS DE STÉNOGRAPHIE, 1ÈRE ANNÉE DU CYCLE TECHNIQUE (3ÈME DES HUMANITÉS), OPTION SECRÉTARIAT-ADMINISTRATION

Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC

PRÉLIMINAIRES

0.1. Note aux Enseignants et Pédagogues 👨‍🏫

Ce manuel constitue le socle fondamental de l’apprentissage de l’écriture rapide pour les élèves débutant le cycle des humanités techniques commerciales. Il transcrit les directives du Programme National en une méthodologie progressive, rigoureuse et adaptée aux réalités professionnelles de la République Démocratique du Congo. L’objectif dépasse la simple mémorisation de signes ; il vise l’acquisition d’un automatisme psychomoteur permettant de fixer la parole à la vitesse de la pensée. L’enseignant veillera à inculquer dès la première heure une discipline de fer concernant la régularité du trait et la précision phonétique.

0.2. Objectifs Généraux du Cours 🎯

L’enseignement de la sténographie en troisième année poursuit une ambition double : le développement de l’acuité auditive et la maîtrise de la graphie simplifiée. L’élève doit parvenir, au terme de cette année probatoire, à transcrire des textes courants à une vitesse initiale modérée, tout en garantissant une relecture immédiate et sans équivoque. Cette compétence demeure indispensable pour la prise de notes en réunion, la rédaction de procès-verbaux et l’organisation efficiente du travail administratif au sein des entreprises publiques et privées congolaises.

0.3. Matériel et Ergonomie du Poste de Travail ✏️

La qualité du sténogramme dépend intrinsèquement des outils utilisés. L’élève doit se munir d’un bloc de sténographie à spirale, dont le papier offre une glisse parfaite, et d’un crayon à mine graphitée (HB ou F) parfaitement taillé, ou d’un stylo à plume sténographique assurant les pleins et les déliés si le système l’exige. La posture corporelle au bureau exige une rectitude dorsale et un positionnement des bras favorisant la fluidité du mouvement, éléments cruciaux dans nos climats tropicaux où la fatigue physique survient rapidement.

0.4. Le Principe Phonétique Fondamental 👂

La sténographie repose sur une rupture totale avec l’orthographe grammaticale usuelle. L’écriture enregistre les sons entendus et non les lettres lues. Cette gymnastique intellectuelle oblige l’apprenant à décomposer chaque mot en phonèmes purs. Par exemple, le mot « Eaux » se réduit au simple son « o ». Cette approche phonétique prépare également l’élève à une meilleure écoute active, compétence transversale essentielle pour tout futur cadre administratif évoluant dans le contexte multilingue de la RDC.

PARTIE I : LES BASES FONDAMENTALES ET L’ALPHABET STÉNOGRAPHIQUE 🔡

L’acquisition de l’alphabet sténographique constitue l’étape critique où l’élève forge ses premiers réflexes graphiques. Cette première partie se consacre à l’étude des signes consonantiques et vocaliques élémentaires, en insistant sur la géométrie stricte des tracés. Chaque signe possède une direction, une dimension et une forme immuables qui garantissent la lisibilité du texte. L’ancrage local se manifeste par l’utilisation de toponymes et de patronymes congolais pour illustrer chaque nouvelle leçon.

CHAPITRE 1 : INTRODUCTION AU SYSTÈME ET LES CONSONNES DROITES

1.1. Le mécanisme de l’écriture sténographique ⚙️

La sténographie fonctionne comme un système géométrique rationnel. Elle utilise des segments de droite et des portions de cercle pour représenter les sons. La linéarité de l’écriture et le sens du tracé, généralement de gauche à droite et de haut en bas, assurent la fluidité. L’élève apprend ici à dissocier le son de la lettre orthographique, exercice mental préalable à toute transcription.

1.2. Les consonnes droites descendantes (P, B) ⬇️

Les sons bilabiaux explosifs P et B se traduisent par des traits obliques descendants vers la gauche. La distinction entre le son sourd (P) et le son sonore (B) s’opère souvent par une variation d’épaisseur ou de longueur selon le système Aimé-Paris ou Prévost-Delaunay adapté. Ces signes, fréquents dans des mots comme « Papa » ou « Boma », exigent une inclinaison constante de 45 degrés pour éviter toute confusion avec d’autres signes verticaux.

1.3. Les consonnes droites verticales (T, D) ⬇️

Les dentales T et D se représentent par une barre strictement verticale. La rigueur de la perpendicularité par rapport à la ligne d’écriture détermine la justesse de la lecture ultérieure. Des exercices intensifs de calligraphie sténographique sur des toponymes comme « Matadi » permettent à l’élève de stabiliser sa main et de maîtriser l’arrêt net du trait sur la ligne de base.

1.4. Les consonnes droites horizontales (K, G, Gue) ➡️

Les sons gutturaux K et G nécessitent un tracé horizontal, parallèle à la ligne d’écriture. L’élève doit apprendre à tracer ces signes sans lever le poignet, en assurant une glisse parfaite sur le papier. L’application immédiate sur des termes courants tels que « Gare » ou « Kwilu » ancre la mémorisation kinesthésique du geste horizontal, fondamental pour la vitesse future.

CHAPITRE 2 : LES CONSONNES COURBES ET LES LIQUIDES

2.1. Les courbes descendantes convexes (F, V) ⤵️

Les fricatives F et V empruntent la forme d’un quart de cercle convexe tracé de haut en bas. La courbure doit être franche et régulière pour ne pas être confondue avec une droite mal tracée. L’enseignant insistera sur la souplesse du poignet nécessaire pour former ces arcs, essentiels pour écrire des mots fréquents comme « Fleuve » ou « Kivu ».

2.2. Les courbes descendantes concaves (CH, J) ⤴️

Les chuintantes CH et J s’opposent géométriquement aux précédentes par leur concavité. Elles requièrent un mouvement inversé du poignet tout en conservant la direction descendante. La maîtrise de ces courbes permet la transcription rapide de termes juridiques et administratifs usuels tels que « Juge », « Chef » ou « Charge », omniprésents dans la correspondance officielle.

2.3. Les liquides ascendantes et descendantes (L, R) 🔄

Les consonnes liquides L et R présentent la particularité de pouvoir s’écrire dans différentes directions pour faciliter les liaisons. Le L s’élance souvent vers le haut, symbolisant l’élévation, tandis que le R peut être une droite ou une courbe selon le contexte graphique. Cette flexibilité introduit l’élève à la notion de « tracé optimal » pour écrire « Lualaba » ou « Route » sans casser le rythme.

2.4. Les nasales horizontales courbes (M, N) 〰️

Les sons nasaux M et N se représentent par des courbes horizontales, rappelant des ponts ou des cuvettes. La largeur de ces signes doit correspondre aux standards dimensionnels pour permettre des assemblages complexes. L’élève s’exerce sur des mots comme « Maman » ou « Nous » pour intégrer la fluidité horizontale courbe, essentielle pour les terminaisons verbales fréquentes.

CHAPITRE 3 : LES VOYELLES SIMPLES ET LEUR POSITIONNEMENT

3.1. Le système de représentation des voyelles (A, E, I) 🅰️

Les voyelles simples ne s’écrivent pas toujours par des signes distincts mais souvent par la position relative des consonnes ou par des signes diacritiques minuscules. Le son A peut exiger une position au-dessus de la ligne, le E sur la ligne, et le I traversant la ligne. Cette « vocalisation par position » accélère considérablement l’écriture en éliminant le tracé explicite de sons fréquents.

3.2. Les voyelles fermées et ouvertes (O, U, OU) 🅾️

Les sons O et OU, cruciaux dans la langue française, possèdent des signes propres, souvent de petits crochets ou cercles. La distinction auditive entre « Pauvre » et « Pour » doit se traduire instantanément par le signe adéquat. Des dictées de mots isolés permettent de vérifier la capacité de l’élève à discriminer ces sons et à leur attribuer la graphie correcte sans hésitation.

3.3. La règle de l’élision vocalique 🚫

En sténographie avancée, de nombreuses voyelles intermédiaires disparaissent. L’élève apprend dès maintenant à supprimer les voyelles muettes ou faibles à l’intérieur des mots. Écrire « Samdi » pour « Samedi » ou « R’nard » pour « Renard » constitue une première étape vers l’abréviation rationnelle, principe moteur de la prise de vitesse.

3.4. Les exercices de lecture et de vocalisation 📖

La capacité à relire est aussi vitale que celle d’écrire. Cette section propose des exercices de déchiffrage intensif où l’élève doit restituer le mot français correct à partir de son squelette consonantique et de ses indices vocaliques. La lecture à haute voix de textes sténographiés renforce la connexion neuronale entre le signe visuel et le sens linguistique.

CHAPITRE 4 : LES DIPHTONGUES ET LES SEMI-VOYELLES

4.1. Les sons complexes (OI, UI, IEN) 🔗

La langue française regorge de sons composés qui nécessitent des signes fusionnés. La diphtongue OI (comme dans « Loi ») ou UI (comme dans « Lui ») se traite par des signes angulaires spécifiques. L’apprentissage de ces formes composites permet de traiter des vocables complexes en un seul trait, réduisant l’effort graphique pour des mots comme « Bruits » ou « Point ».

4.2. Les semi-voyelles (Yod, Wé) 🌬️

Les sons de transition comme le Y dans « Voyage » ou le W dans « Oui » agissent comme des charnières entre les voyelles. Leur représentation sténographique doit être fluide pour ne pas interrompre le tracé du mot. L’élève s’exerce à intégrer ces glissements sonores dans des mots géographiques comme « Mweka » ou « Mayumbe ».

4.3. L’articulation des diphtongues avec les consonnes 🛠️

La difficulté majeure réside dans la soudure du signe de la diphtongue avec la consonne précédente ou suivante. Cette section étudie les règles d’attache : l’angle doit rester aigu pour être lisible. Des exercices de tracé sur des mots comme « Puits », « Loin » ou « Bien » focalisent l’attention sur la netteté des jonctions graphiques.

4.4. Application sur le vocabulaire commercial de base 💼

L’intégration des diphtongues ouvre l’accès à un vocabulaire commercial plus riche. L’élève apprend à sténographier des termes tels que « Facture », « Avoir », « Caisse » (son è) ou « Douane » (son wa). Ces mots-clés constitueront le quotidien de leur future pratique professionnelle au sein des services administratifs des entreprises congolaises.

PARTIE II : LA DYNAMIQUE DES LIAISONS ET LES SIGNES COMPLEXES 🔄

Une fois l’alphabet maîtrisé, l’enjeu consiste à assembler les signes avec vélocité et élégance. La sténographie est un flux continu ; toute hésitation ou tout arrêt du stylo est une perte de temps. Cette partie explore les règles de liaison, les cercles et les boucles qui permettent d’écrire des syllabes entières sans lever la main. Elle introduit également les sons nasaux, très fréquents en français et dans les langues nationales, exigeant une attention particulière.

CHAPITRE 5 : LE CERCLE « S » ET SES DÉRIVÉS

5.1. Le principe du cercle « S » et « Z » ⭕

Le son S, le plus fréquent de la langue, ne s’écrit pas par un grand trait mais par un petit cercle. Ce gain de place et de temps est considérable. Le cercle S se place différemment selon qu’il est isolé, au début ou à la fin d’un mot. La distinction avec le Z se fait souvent par un épaississement du trait ou par le contexte, permettant d’écrire « Sise » ou « Zéro » avec une économie de geste maximale.

5.2. Le « S » à l’intérieur des courbes ↪️

Lorsque le son S rencontre une consonne courbe, le cercle se loge naturellement à l’intérieur de la courbure pour faciliter le mouvement centrifuge. Cette règle de « concavité » s’applique à des mots comme « Valse » ou « Masque ». L’élève doit développer un réflexe visuel pour placer instantanément le cercle du bon côté, garantissant la fluidité du tracé curviligne.

5.3. Le « S » à l’extérieur des angles 📐

À la jonction de deux traits droits formant un angle, le cercle S se place toujours à l’extérieur pour préserver la netteté de l’intersection. Cette règle géométrique stricte s’observe dans des mots comme « Peste » ou « Casque ». L’entraînement porte sur la précision du tracé pour que le cercle ne déforme pas les consonnes adjacentes, crucial pour la lisibilité de « Poste » versus « Pote ».

5.4. Les boucles terminales et initiales ➰

Le cercle peut s’allonger pour former une boucle représentant des sons doubles comme ST ou STER. Une petite boucle pour ST (dans « Vaste ») et une grande boucle pour STER (dans « Poster ») permettent d’abréger des syllabes finales lourdes. Cette technique d’agglutination syllabique est une première incursion dans la sténographie de vitesse, applicable immédiatement aux participes passés et adjectifs substantivés.

CHAPITRE 6 : LES VOYELLES NASALES

6.1. La représentation des sons AN et EN 👃

Les nasales AN et EN, omniprésentes, possèdent des signes propres, souvent dérivés des signes vocaliques simples mais marqués d’une nasalisation. L’élève apprend à distinguer le son AN de « Maman » du son A simple. La précision de ce signe est vitale dans un contexte administratif où « Plan » et « Plat » désignent des réalités distinctes.

6.2. La représentation des sons ON et OM 🌑

Le son ON, rond et fermé, s’écrit par un signe spécifique qui doit se distinguer nettement du AN. L’étude de mots comme « Bon », « Nom » ou « Patron » permet de fixer ce phonème. Dans l’administration congolaise, la fréquence des termes en « tion » (Action, Gestion) rend la maîtrise de cette nasale et de ses dérivés abréviatifs absolument prioritaire.

6.3. La représentation des sons IN et UN ☝️

Bien que phonétiquement proches dans certaines prononciations locales, les sons IN (Matin) et UN (Lundi) conservent des graphies distinctes pour la précision orthographique lors de la transcription. L’élève s’exerce sur des jours de la semaine et des chiffres pour automatiser ces sons fins qui terminent de nombreux mots du lexique courant.

6.4. Les combinaisons nasales complexes 🔄

Les nasales se combinent souvent avec d’autres voyelles (OIN, ION). L’apprentissage des signes fusionnés pour « Coin », « Lion » ou « Union » demande une dextérité fine. Ces signes complexes sont indispensables pour transcrire fidèlement les noms des services (Direction, Division, Section) et les toponymes locaux.

CHAPITRE 7 : LES HAMEÇONS ET LES CROCHETS INITIAUX

7.1. L’hameçon R (Série PR, BR, TR, DR) 🎣

L’ajout d’un petit crochet au début d’une consonne droite permet d’intégrer le son R. Ainsi, le signe P précédé d’un crochet devient PR. Ce mécanisme puissant permet d’écrire « Prix », « Bras », « Trésor » en un seul trait modifié. C’est un accélérateur d’écriture fondamental pour les groupes consonantiques insécables.

7.2. L’hameçon L (Série PL, BL, CL, GL) ↩️

Symétrique à l’hameçon R, l’hameçon L se place du côté opposé ou s’ouvre différemment selon le système. Il transforme le P en PL (« Place »), le B en BL (« Table »). La maîtrise de la latéralisation de ces crochets exige une coordination psychomotrice fine pour ne pas confondre « Plier » et « Prier » dans la prise de notes rapide.

7.3. Les crochets finaux (N, F/V) 🔚

Des crochets placés à la fin des traits consonantique servent à noter les sons finaux fréquents comme N ou F/V. Le mot « Pain » s’écrit par le signe P terminé par le crochet N. Cette technique d’apocope graphique permet de « fermer » les mots proprement et rapidement, structurant la fin des mots comme « Fin », « Don », « Bon ».

7.4. Combinaison des cercles et des crochets 🔗

La complexité s’accroît lorsque le cercle S doit se combiner avec un crochet (SPR, STR). L’écriture de mots comme « Esprit » ou « Instruction » demande d’inscrire le cercle à l’intérieur du crochet initial. Ces exercices de haute technicité graphique préparent l’élève à la transcription de textes administratifs denses comportant des termes techniques élaborés.

CHAPITRE 8 : RÈGLES DE LIAISON ET FLUIDITÉ DU TRACÉ

8.1. La suppression des angles obtus 📐

Pour gagner en vitesse, la sténographie tend à adoucir les angles qui freinent la main. L’élève apprend les règles qui permettent d’arrondir certaines liaisons entre consonnes sans nuire à la lisibilité. Cette « curvilinéarité » transforme l’écriture saccadée en une onde continue, essentielle pour suivre le débit de la parole lors d’une dictée soutenue.

8.2. Les liaisons impossibles et le détachement ✂️

Certaines rencontres de signes sont géographiquement impossibles ou illisibles. Dans ce cas, l’élève apprend à détacher le mot en deux parties, en plaçant la seconde partie à proximité immédiate de la première. Ce « saut de plume » calculé doit être exceptionnel mais maîtrisé pour traiter des mots composés ou des structures phonétiques rares.

8.3. L’optimisation du retour à la ligne ↩️

La gestion de l’espace sur le bloc-notes est cruciale. L’élève apprend à calibrer la longueur de ses lignes pour minimiser le temps de retour du bras gauche à droite. L’utilisation de colonnes étroites sur la page est encouragée pour réduire la fatigue oculaire et musculaire, technique standard chez les sténographes parlementaires et judiciaires.

8.4. Révision générale et dictée progressive de niveau 1 📝

Ce sous-chapitre clôture la deuxième partie par une série de dictées intégrant toutes les notions vues. Les textes, tirés de notes de service simples ou de courriers internes d’entreprises congolaises (SNEL, REGIDESO), sont dictés à une vitesse lente (30-40 mots/minute) pour vérifier la correction du tracé et la solidité des liaisons avant d’aborder la vitesse supérieure.

PARTIE III : ABRÉVIATIONS, SIGLAISON ET INITIATION À LA VITESSE 🚀

La dernière partie du programme de première année transforme l’élève de « dessinateur de sons » en « sténographe débutant ». Elle introduit les abréviations conventionnelles (grammalogues) qui remplacent les mots les plus fréquents par un simple signe. C’est ici que se construit véritablement la vitesse. L’accent est mis sur le vocabulaire administratif et commercial spécifique à la RDC, préparant directement l’élève aux stages et à la pratique professionnelle.

CHAPITRE 9 : LES GRAMMALOGUES ET MOTS-SIGNES

9.1. Les pronoms et articles usuels (Le, La, Les, Un, Une) 🆔

Les petits mots grammaticaux qui constituent 50% du discours ne s’écrivent plus phonétiquement mais par des points, des traits ou des positions symboliques. « Le » devient un point sur la ligne, « La » un point au-dessus. L’automatisation absolue de ces signes est impérative ; l’élève ne doit plus réfléchir pour écrire ces connecteurs logiques.

9.2. Les verbes auxiliaires et modaux (Être, Avoir, Pouvoir, Devoir) 🛠️

Les formes conjuguées fréquentes des verbes être et avoir se réduisent à leur lettre initiale ou à un symbole conventionnel. « Nous sommes », « Vous avez » deviennent des contractions graphiques instantanées. Cette simplification radicale libère l’esprit pour se concentrer sur les mots porteurs de sens (substantifs et verbes d’action) lors de la prise de notes.

9.3. Les prépositions et conjonctions (Pour, Par, Avec, Mais, Donc) 🔗

Ces articulateurs du discours sont remplacés par des signes arbitraires ou simplifiés reconnus universellement dans le système enseigné. « Pour » peut s’écrire P sous la ligne, « Sur » S sur la ligne. La maîtrise de ces abréviations assure la cohérence syntaxique du texte transcrit sans effort d’écriture, fluidifiant la capture des phrases longues.

9.4. Liste de fréquence et drill de mémorisation 🧠

L’enseignant propose des listes de fréquence des 100 mots les plus utilisés en français administratif. Par des exercices de répétition intensive (drill), l’élève ancre ces signes dans sa mémoire réflexe. L’objectif est la reconnaissance et l’écriture instantanée, sans passage par l’analyse phonétique, pour ces termes à haute récurrence.

CHAPITRE 10 : LES PRÉFIXES ET SUFFIXES COURANTS

10.1. Les préfixes (RE, DE, CON, COM, IN, IM) 🏁

Le début des mots est souvent standardisé. Les préfixes comme « Com- » dans « Compagnie » ou « In- » dans « Inspecteur » se notent par un signe détaché ou une modification du début du mot. L’élève apprend à anticiper ces structures pour entamer le mot correctement, gagnant un temps précieux sur des termes administratifs longs.

10.2. Les terminaisons verbales et nominales (ER, IR, MENT, TION) 🔚

Les finales standards permettent des raccourcis puissants. La terminaison « -ment » (dans « Rapidement ») s’écrit par un signe détaché spécifique. La finale « -tion » (dans « Administration ») est souvent une grande boucle ou un crochet final. Ces suffixes sont des accélérateurs indispensables pour le vocabulaire bureaucratique formel.

10.3. Les terminaisons plurielles et accords grammaticaux ➕

Bien que phonétique, la sténographie doit permettre de restituer l’orthographe correcte. Des artifices graphiques permettent de noter le pluriel si le contexte est ambigu, ou les marques du féminin. L’élève apprend à insérer ces indices grammaticaux subtils sans ralentir sa main, garantissant une transcription fidèle aux règles de l’accord français.

10.4. Application aux titres et civilités (Monsieur, Madame, Directeur) 🎩

Les titres honorifiques et fonctions, omniprésents dans la correspondance officielle en RDC (« Son Excellence », « Monsieur le Gouverneur »), possèdent leurs propres abréviations codifiées. L’apprentissage de ce protocole sténographique est essentiel pour respecter la hiérarchie et la courtoisie administrative lors de la rédaction des courriers.

CHAPITRE 11 : ABRÉVIATIONS SPÉCIFIQUES AU CONTEXTE CONGOLAIS

11.1. Sigles des institutions et entreprises publiques (RDC, SNEL, OCC) 🇨🇩

La réalité économique congolaise regorge de sigles (DGI, DGRAD, INSS/CNSS). L’élève apprend à les écrire soit en alphabet sténographique complet, soit par des raccourcis conventionnels (lettres majuscules croisées ou juxtaposées). Cette compétence permet de suivre des réunions techniques où ces acronymes fusent rapidement.

11.2. Terminologie administrative et juridique locale ⚖️

Des termes comme « Bourgmestre », « Chefferie », « Arrêté ministériel », « Feuille de route » reviennent constamment. Ce sous-chapitre crée des sténogrammes optimisés pour ce lexique spécifique, évitant à l’élève de devoir décomposer phonétiquement des mots longs et fréquents dans son environnement professionnel immédiat.

11.3. Les noms des villes et provinces de la RDC 🗺️

Une géographie sténographique est indispensable. Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Goma, Bukavu doivent s’écrire d’un seul jet. L’enseignant fournit les tracés canoniques pour les 26 provinces et les principaux chefs-lieux, facilitant la prise de notes lors de dictées portant sur la logistique nationale ou l’administration territoriale.

11.4. Les devises monétaires et unités de mesure 💰

La notation rapide des montants en Francs Congolais (FC) ou en Dollars (USD), ainsi que des mesures (Kg, Tonnes, Mètres), est cruciale pour le secrétariat commercial. Des symboles simplifiés remplacent l’écriture littérale, permettant de saisir des données chiffrées et comptables à la volée sans erreur d’unité.

CHAPITRE 12 : INITIATION À LA PRISE DE VITESSE ET TRANSCRIPTION

12.1. Technique de la prise de notes en continu ⏱️

L’élève apprend à gérer son effort sur la durée : tourner la page rapidement, maintenir une pression constante, gérer le stress du décrochage. L’enseignant inculque des stratégies de rattrapage (laisser un blanc, noter le mot clé) pour ne jamais perdre le fil du discours, compétence vitale pour le futur secrétaire de direction.

12.2. La dictée progressive (40 à 60 mots/minute) 📈

Les exercices montent en intensité. Des textes cohérents de 3 à 5 minutes sont dictés à vitesse croissante. L’objectif de fin d’année est d’atteindre le palier de 40 à 60 mots/minute avec une graphie propre. C’est le seuil de validation pour le passage en année supérieure. Les thèmes abordés couvrent la vie de l’entreprise, l’accueil et le courrier simple.

12.3. La méthodologie de la transcription (Déchiffrage) ⌨️

Sténographier n’est que la moitié du travail ; l’autre moitié est de restituer un texte français impeccable. Ce sous-chapitre enseigne comment relire ses notes, reconstituer les phrases, rétablir la ponctuation et l’orthographe. L’élève pratique la saisie informatique directe à partir de ses notes sténographiées, simulant la situation réelle de bureau.

12.4. Évaluation finale et critères de qualité ✅

Le cours se termine par des simulations d’examens : dictée suivie de transcription. Les critères de notation sanctionnent la fidélité du sens (pas de contresens), la correction de la langue (orthographe/grammaire) et, secondairement, l’esthétique du sténogramme. C’est l’épreuve de vérité qui valide l’acquisition des compétences fondamentales de la 3ème année.

ANNEXES

A.1. Table récapitulative des signes alphabétiques 🔡

Un tableau synthétique sur une double page reprenant l’intégralité des signes (consonnes, voyelles, nasales) avec leur sens de tracé, leur épaisseur et leur position. Cet outil visuel sert de référence permanente à l’élève pour ses révisions individuelles.

A.2. Dictionnaire des grammalogues et abréviations usuelles 📚

Un glossaire alphabétique recensant tous les mots-signes et abréviations appris durant l’année. Il inclut une section spécifique pour les sigles administratifs congolais standards, constituant un aide-mémoire précieux pour les exercices de dictée.

A.3. Grille d’autocorrection et de progression 📊

Un outil pédagogique permettant à l’élève de mesurer ses progrès. Il y note ses vitesses atteintes lors des dictées hebdomadaires et identifie ses erreurs récurrentes (confusions de signes, problèmes de dimension), favorisant une remédiation autonome et ciblée.

A.4. Recueil de textes gradués pour l’entraînement personnel 📖

Une sélection de vingt textes courts, reflétant la réalité socio-économique de la RDC (commerce, transport, administration locale), classés par difficulté croissante. Ces textes permettent à l’élève de s’entraîner à la lecture et à la copie en dehors des heures de cours pour fortifier son poignet.