COURS DE SYSTÉMATIQUE DES VÉGÉTAUX, 3ème année, option HUMANITÉS SCIENTIFIQUES
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
PRÉLIMINAIRES
Cette section liminaire définit le cadre pédagogique, les objectifs terminaux et les directives méthodologiques régissant l’enseignement de la systématique végétale en troisième année des humanités scientifiques en République Démocratique du Congo. Elle s’inscrit dans la logique de la réforme curriculaire axée sur l’Approche Par Compétences (APC), visant l’acquisition de savoirs opératoires directement applicables à la gestion de la biodiversité locale.
Objectifs Généraux et Compétences Visées L’enseignement de la systématique végétale vise l’acquisition d’une compréhension structurée de la diversité du règne végétal. L’apprenant développera la capacité d’identifier, de nommer et de classer les spécimens végétaux en se fondant sur des critères morphologiques, anatomiques et génétiques rigoureux. Au terme de ce cours, l’élève sera apte à reconnaitre les grandes familles botaniques prédominantes dans les écosystèmes congolais, à établir des corrélations entre la structure d’une plante et son milieu de vie, et à valoriser les espèces d’intérêt économique, alimentaire ou pharmacologique (MSVT 5.15).
Approche Méthodologique et Stratégies Didactiques La didactique préconisée privilégie l’observation directe et la manipulation. L’enseignant organisera des séances de travaux pratiques impliquant la dissection florale, l’analyse des diagrammes floraux et l’utilisation de clés de détermination dichotomiques. L’exploration des écosystèmes locaux, qu’il s’agisse de la forêt du Mayombe, des savanes du Kwilu ou des forêts claires du Haut-Katanga, constitue le laboratoire principal. La constitution d’un herbier individuel ou collectif servira d’outil d’évaluation et de fixation des connaissances taxonomiques.
Matériel Didactique et Ressources L’enseignement requiert l’utilisation de loupes à main, de lames de rasoir pour les coupes histologiques, de pinces fines et d’aiguilles lancéolées. Les planches botaniques, les flores locales (telles que la Flore d’Afrique Centrale) et les collections de référence (herbiers scolaires) sont indispensables. Les ressources numériques permettront de visualiser les structures microscopiques (pollen, stomates) inaccessibles à l’œil nu.
Modalités d’Évaluation L’évaluation portera sur la justesse de l’identification taxonomique, la précision du vocabulaire descriptif utilisé et la qualité de la réalisation de l’herbier. Des épreuves pratiques de reconnaissance visuelle alterneront avec des interrogations théoriques sur les caractéristiques des familles botaniques et les règles de la nomenclature binominale.
PARTIE I : FONDEMENTS DE LA TAXONOMIE ET ÉTUDE DES THALLOPHYTES 🍄
Cette première partie établit les bases théoriques de la classification biologique avant d’aborder les organismes à structure simple. Elle couvre les principes de la nomenclature scientifique indispensables à toute communication biologique internationale et explore le règne des Mycètes (souvent associés à la botanique classique) ainsi que les végétaux non vasculaires. L’objectif est de maîtriser les outils de classification et de comprendre l’évolution de la complexité végétale, depuis les organismes à thalle jusqu’aux premières adaptations à la vie terrestre. Nous étudierons les règles édictées par le Code International de Nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes.
CHAPITRE 1 : PRINCIPES DE SYSTÉMATIQUE ET NOMENCLATURE
Ce chapitre introduit la science de la classification, définissant les règles universelles qui permettent d’ordonner la diversité du vivant.
1.1. La Taxonomie et les Unités Systématiques
La taxonomie constitue la branche de la biologie dédiée à la description, à l’identification, à la nomenclature et à la classification des organismes. Nous définirons la hiérarchie taxonomique linnéenne : Règne, Embranchement (ou Division), Classe, Ordre, Famille, Genre et Espèce. L’enseignant insistera sur le concept d’espèce comme unité de base, définie par l’interfécondité. La notion de taxon sera explicitée pour désigner tout rang hiérarchique. Nous aborderons la classification phylogénétique moderne (APG IV) qui repose sur les affinités génétiques, remplaçant progressivement la classification morphologique traditionnelle.
1.2. La Nomenclature Binominale
La nomenclature binominale, établie par Carl von Linné, est le standard universel. Chaque espèce est désignée par deux mots latins : le nom générique (commençant par une majuscule) et l’épithète spécifique (en minuscule), suivis du nom de l’auteur. Par exemple, le palmier à huile se nomme Elaeis guineensis Jacq. Nous étudierons les règles d’écriture (italique ou souligné), les synonymes et la priorité de publication. La maîtrise de ces règles est impérative pour éviter les confusions liées aux noms vernaculaires (kikongo, lingala, swahili, tshiluba) qui varient selon les régions.
1.3. Les Critères de Classification
La classification repose sur des caractères discriminants. Nous analyserons les critères morphologiques (forme des feuilles, type d’inflorescence), anatomiques (structure des vaisseaux conducteurs), cytologiques (nombre de chromosomes) et biochimiques (présence de métabolites secondaires comme les alcaloïdes). L’enseignant expliquera la différence entre caractères homologues (hérités d’un ancêtre commun) et analogues (résultant d’une convergence évolutive). L’objectif est d’apprendre à sélectionner les caractères pertinents pour construire des groupes naturels.
1.4. L’Herbier : Outil de Référence
L’herbier constitue une banque de données botaniques essentielle. Cette section détaille les techniques de récolte, de séchage, de montage et d’étiquetage des spécimens. Un échantillon d’herbier doit comporter les organes végétatifs (tige, feuilles, racines) et reproducteurs (fleurs, fruits) pour permettre une identification fiable. Nous insisterons sur l’importance des notes de terrain (lieu de récolte, date, habitat, description de la plante fraîche) pour conférer une valeur scientifique à la collection.
CHAPITRE 2 : LE RÈGNE DES MYCÈTES (CHAMPIGNONS)
Bien que distincts des plantes, les champignons sont traditionnellement étudiés en botanique. Ce chapitre explore leur diversité et leur importance écologique et économique en RDC (MSVT 5.15).
2.1. Caractéristiques Générales et Structure
Les mycètes sont des organismes eucaryotes, hétérotrophes (absorbotrophes) et pourvus d’une paroi cellulaire chitinoprotéique. Nous décrirons l’appareil végétatif constitué de filaments microscopiques appelés hyphes, dont l’ensemble forme le mycélium. L’enseignant distinguera les champignons inférieurs (siphomycètes à mycélium cœnocytique) des champignons supérieurs (septomycètes à mycélium cloisonné). L’absence de chlorophylle et de photosynthèse marque leur différence fondamentale avec les végétaux.
2.2. Modes de Reproduction et Cycles de Vie
La reproduction chez les champignons présente une grande diversité. Nous étudierons la reproduction asexuée par spores (conidies) ou fragmentation du mycélium, assurant une dissémination rapide. La reproduction sexuée implique la fusion de noyaux haploïdes (caryogamie) suivie d’une méiose. Nous analyserons les cycles de développement des Ascomycètes (spores dans des asques) et des Basidiomycètes (spores sur des basides), groupes majeurs comprenant la plupart des champignons à chapeau.
2.3. Classification des Principaux Groupes
Cette section présente la systématique simplifiée des mycètes. Nous aborderons les Zygomycètes (moisissures du pain), les Ascomycètes (levures, Penicillium, truffes) et les Basidiomycètes (champignons comestibles et toxiques). Une attention particulière sera portée aux genres présents en RDC, tels que les Termitomyces (champignons des termitières très prisés au Katanga et à Kinshasa) ou les Cantharellus (chanterelles de la forêt claire).
2.4. Importance Économique et Écologique
Les champignons jouent un rôle écologique capital comme décomposeurs, recyclant la matière organique. Nous étudierons leurs symbioses : les mycorhizes (essentielles pour les arbres des forêts miombo) et les lichens. Sur le plan économique, nous soulignerons leur importance alimentaire (source de protéines), pharmaceutique (antibiotiques comme la pénicilline) et industrielle (fermentation alcoolique par Saccharomyces cerevisiae). L’aspect pathogène (mycoses humaines et végétales) sera également abordé.
CHAPITRE 3 : LES ALGUES ET LES BRYOPHYTES
Ce chapitre traite des végétaux chlorophylliens primitifs, marquant le passage de la vie aquatique à la conquête du milieu terrestre.
3.1. Les Algues : Diversité et Classification
Les algues sont des thallophytes chlorophylliens autotrophes. Nous les classerons selon leurs pigments photosynthétiques : Chlorophytes (algues vertes, ancêtres des plantes terrestres), Rhodophytes (algues rouges) et Phéophytes (algues brunes). L’enseignant illustrera ces groupes avec des exemples locaux, comme les algues filamenteuses (Spirogyra) abondantes dans les eaux douces du bassin du Congo. Nous aborderons leur rôle fondamental comme producteurs primaires dans les écosystèmes aquatiques et leur potentiel économique (spiruline).
3.2. Passage de l’Eau à la Terre : Adaptations
La conquête du milieu terrestre a nécessité des adaptations majeures. Nous analyserons les contraintes de la vie aérienne : dessiccation, pesanteur et reproduction hors de l’eau. L’enseignant expliquera l’apparition de la cuticule cireuse pour limiter l’évaporation, des gamétanges protégés pour la reproduction et des structures d’ancrage (rhizoïdes). Les Bryophytes représentent le premier stade de cette adaptation, bien qu’encore dépendants de l’humidité.
3.3. Les Bryophytes : Mousses et Hépatiques
Les Bryophytes sont de petites plantes non vasculaires. Nous décrirons leur cycle de vie digénétique haplodiplophasique, caractérisé par la prédominance du gamétophyte (la plante feuillée) sur le sporophyte (le parasite). Nous distinguerons les Mousses (tiges feuillées dressées) des Hépatiques (thalles aplatis). L’étude portera sur des espèces communes dans les sous-bois humides de l’Équateur ou les zones de brume des montagnes du Kivu.
3.4. Écologie des milieux humides
Les Algues et Bryophytes sont d’excellents bio-indicateurs. Nous étudierons leur rôle dans la formation des sols (colonisateurs primaires), la régulation hydrique (éponges naturelles dans les forêts de montagne) et la fixation du carbone. L’enseignant montrera comment la prolifération des algues (eutrophisation) dans des plans d’eau comme le fleuve Congo ou le lac Kivu peut indiquer une pollution organique.
PARTIE II : LES CORMOPHYTES VASCULAIRES (DES FOUGÈRES AUX GYMNOSPERMES) 🌲
Cette partie aborde les plantes vasculaires (Trachéophytes), caractérisées par la présence de tissus conducteurs de sève (xylème et phloème) et la différenciation en organes vrais : racines, tiges et feuilles (le cormus). Nous suivrons l’évolution depuis les Cryptogames vasculaires (Fougères) jusqu’aux Phanérogames Gymnospermes (plantes à graines nues). Cette progression illustre l’affranchissement progressif de l’eau pour la reproduction sexuée et la complexification des structures végétales, permettant la domination des plantes sur les terres émergées.
CHAPITRE 4 : LES PTÉRIDOPHYTES (FOUGÈRES ET ALLIÉS)
Les Ptéridophytes constituent le groupe de transition possédant des vaisseaux mais se reproduisant encore par spores.
4.1. Caractéristiques Générales et Cycle de Vie
Les Ptéridophytes sont des cryptogames vasculaires. Nous décrirons leur cycle de développement digénétique haplodiplophasique où le sporophyte (la plante visible) est prédominant et autonome. L’enseignant expliquera le rôle des sores, sporanges et spores, ainsi que l’existence d’un prothalle (gamétophyte) éphémère nécessitant de l’eau pour la fécondation. L’anatomie de la fronde (feuille) et du rhizome sera détaillée.
4.2. Classification : Filicophytes (Fougères vraies)
Ce groupe comprend la majorité des fougères. Nous étudierons la morphologie des fougères arborescentes (cyathea) présentes dans les forêts d’altitude du Ruwenzori et des fougères épiphytes (comme Platycerium ou « corne d’élan ») fréquentes sur les vieux arbres de la Cuvette Centrale. L’enseignant insistera sur la vernation circinée (jeunes feuilles enroulées en crosse) caractéristique de ce groupe.
4.3. Lycophytes et Équisétophytes
Nous aborderons brièvement les groupes alliés. Les Lycophytes (Lycopodes et Sélaginelles) sont caractérisés par des microphylles (petites feuilles). Les Équisétophytes (Prêles), reconnaissables à leurs tiges articulées et riches en silice, se trouvent souvent dans les zones marécageuses ou sablonneuses le long du fleuve Congo. Ces plantes sont des reliques de flores géantes du Carbonifère qui ont formé les gisements de charbon (bien que peu présents en RDC).
4.4. Écologie et Importance
Les fougères occupent des niches écologiques variées, du sous-bois ombragé aux zones ouvertes (fougère aigle Pteridium aquilinum indicatrice de sols acides et dégradés). Nous discuterons de leur rôle dans la succession écologique après les feux de brousse et de leur utilisation ornementale ou médicinale traditionnelle. Certaines espèces aquatiques comme Azolla sont utilisées comme engrais vert dans les rizières (Bas-Uélé) grâce à leur symbiose avec des cyanobactéries fixatrices d’azote.
CHAPITRE 5 : LES GYMNOSPERMES (PLANTES À GRAINES NUES)
L’apparition de la graine (Spermatophytes) marque une rupture évolutive majeure. Ce chapitre se concentre sur les plantes dont les ovules sont nus, portés par des écailles.
5.1. L’Ovule et la Graine : Une Révolution Évolutive
Nous définirons l’ovule comme un macrosporange tégumenté et la graine comme un embryon accompagné de réserves nutritives et protégé par des téguments. L’enseignant expliquera l’avantage adaptatif de la graine (protection, dormance, dissémination) par rapport à la spore. La fécondation devient indépendante de l’eau grâce au tube pollinique (siphonogamie).
5.2. Les Conifères (Pinophytes)
Bien que peu abondants naturellement en RDC, les conifères sont présents via les reboisements (ex: Pinus et Cupressus au Kivu et en Ituri). Nous décrirons leur port pyramidal, leurs feuilles en aiguilles adaptées à la sécheresse, et leurs cônes reproducteurs (strobiles). L’anatomie du bois (homoxylé, présence de canaux résinifères) sera comparée à celle des feuillus.
5.3. Les Cycadophytes et Gnetophytes
Ce groupe revêt une importance particulière en RDC. Nous étudierons les Cycas et surtout le genre Encephalartos, endémique de certaines zones de savane (Kwango, Ituri), ressemblant à des palmiers mais produisant des cônes. Les Gnetophytes seront illustrés par Gnetum africanum (Fumbwa ou Mfumbwa), une liane forestière dont les feuilles sont un légume très consommé à travers tout le pays. L’enseignant soulignera la position taxonomique particulière du Gnetum, intermédiaire morphologique vers les Angiospermes.
5.4. Importance Économique et Conservation
Nous analyserons l’importance économique du bois de conifères (bois d’œuvre, pâte à papier) et le commerce alimentaire du Fumbwa (Gnetum). La conservation des Encephalartos, plantes menacées par le commerce illégal et la destruction de l’habitat, sera abordée comme un enjeu de protection de la biodiversité nationale.
CHAPITRE 6 : GÉNÉRALITÉS SUR LES ANGIOSPERMES 🌺
Les Angiospermes, ou plantes à fleurs, dominent la flore terrestre actuelle. Ce chapitre décrit leur organisation structurale et reproductive, préparant l’étude systématique détaillée de la partie III.
6.1. La Fleur : Structure et Diversité
La fleur est l’organe reproducteur caractéristique. Nous détaillerons les verticilles floraux : le périanthe (calice/sépales et corolle/pétales) protecteur et attractif, l’androcée (étamines) producteur de pollen, et le gynécée (carpelles/pistil) contenant les ovules protégés dans un ovaire. L’enseignant expliquera les variations de symétrie (actinomorphe, zygomorphe) et de position de l’ovaire (supère, infère) utilisées dans la classification.
6.2. La Double Fécondation et le Fruit
La double fécondation est une spécificité des Angiospermes. Nous expliquerons le mécanisme : un anthérozoïde féconde l’oosphère (donnant le zygote principal diploïde) et l’autre fusionne avec les noyaux polaires (donnant l’albumen triploïde, tissu de réserve). La transformation de l’ovaire en fruit et de l’ovule en graine sera décrite. Nous classifierons les fruits : charnus (baies, drupes) et secs (déhiscents, indéhiscents), en prenant des exemples locaux (mangue, avocat, arachide, safou).
6.3. Appareil Végétatif : Racine, Tige, Feuille
Nous rappellerons les distinctions anatomiques fondamentales. L’organisation racinaire (pivotante, fasciculée), la structure de la tige (bois hétéroxylé avec vaisseaux et trachéides) et la phyllotaxie (disposition des feuilles) seront revues. L’enseignant insistera sur la nervation des feuilles (reticulée vs parallèle) comme critère de distinction entre les grandes classes d’Angiospermes.
6.4. Inflorescences et Pollinisation
Les fleurs sont souvent groupées en inflorescences. Nous décrirons les types indéfinis (grappe, épi, ombelle, capitule) et définis (cyme). L’étude des modes de pollinisation (entomophile par les insectes, anémophile par le vent, ornithophile par les oiseaux) permettra de comprendre la coévolution entre les plantes et les animaux, essentielle pour la productivité agricole.
PARTIE III : SYSTÉMATIQUE DES ANGIOSPERMES (DICOTYLÉDONES ET MONOCOTYLÉDONES) 🌿
Cette dernière partie constitue le cœur du cours de systématique végétale. Elle explore la diversité des plantes à fleurs en se focalisant sur les familles botaniques prépondérantes en RDC. La classification adoptée suit la division traditionnelle (pratique pour l’enseignement secondaire) en Dicotylédones (Apétales, Dialypétales, Gamopétales) et Monocotylédones, tout en établissant des ponts avec la classification phylogénétique APG. L’accent est mis sur la reconnaissance des caractères distinctifs des familles et sur la connaissance des espèces d’intérêt agronomique, médicinal, forestier et ornemental du pays.
CHAPITRE 7 : DICOTYLÉDONES ARCHICHLAMYDÉES (APÉTALES ET DIALYPÉTALES)
Ce chapitre regroupe les Dicotylédones (embryons à deux cotylédons, feuilles à nervation réticulée, fleurs pentamères ou tétramères) dont les fleurs sont sans pétales ou à pétales libres.
7.1. Les Apétales : Moracées et Euphorbiacées
Les plantes sans pétales apparents (ou à périanthe simple). Nous étudierons la famille des Moraceae, caractérisée par la production de latex et des inflorescences particulières (sycones). Exemples : Ficus, Milicia excelsa (Kambala, bois d’œuvre précieux), Artocarpus (Arbre à pain). Les Euphorbiaceae seront étudiées pour leur ovaire triloculaire et leur latex souvent toxique. Exemples majeurs : Manihot esculenta (Manioc, base de l’alimentation en RDC) et Hevea brasiliensis (Hévéa, caoutchouc).
7.2. Les Dialypétales Thalamiflores : Malvacées et Sterculiacées
Ce groupe possède des fleurs à pétales libres insérés sur le réceptacle. Nous étudierons les Malvaceae, reconnaissables à leurs étamines soudées en tube (colonne staminale) et leur calice doublé d’un calicule. Exemples : Gossypium (Coton), Abelmoschus esculentus (Gombo/Dongo-dongo), Hibiscus. Les Sterculiacées (souvent incluses dans les Malvaceae sensu lato) seront citées pour Theobroma cacao (Cacao) et Cola acuminata (Noix de cola).
7.3. Les Dialypétales Caliciflores : Fabacées (Légumineuses)
C’est l’une des familles les plus importantes économiquement. Nous décrirons la structure de la fleur papilionacée (étendard, ailes, carène) et le fruit de type gousse. Nous distinguerons les trois sous-familles (souvent élevées au rang de familles) : Mimosoideae (Acacia), Caesalpinioideae (beaucoup d’arbres forestiers) et Faboideae (Papilionacées). Exemples clés : Arachis hypogaea (Arachide), Phaseolus vulgaris (Haricot), Glycine max (Soja). L’importance de la fixation symbiotique de l’azote pour l’agriculture congolaise sera soulignée.
7.4. Autres Familles d’Intérêt : Myrtacées et Rutacées
Nous aborderons les Myrtaceae, caractérisées par des feuilles à poches sécrétrices (odeur aromatique) et de nombreuses étamines. Exemples : Eucalyptus (reboisement), Psidium guajava (Goyavier), Syzygium aromaticum (Giroflier). Les Rutaceae seront étudiées pour leurs fruits de type hespéride (agrumes). Exemples : Citrus (Orange, Citron, Pamplemousse), cultures fruitières majeures au Kongo Central.
CHAPITRE 8 : DICOTYLÉDONES GAMOPÉTALES (MÉTACHLAMYDÉES)
Ce chapitre traite des Dicotylédones les plus évoluées, caractérisées par des fleurs à pétales soudés (corolle en tube), favorisant une pollinisation spécialisée.
8.1. Les Solanacées et Convolvulacées
Les Solanaceae sont cruciales pour l’alimentation. Caractéristiques : fleurs actinomorphes, étamines soudées à la corolle, ovaire supère. Exemples : Solanum tuberosum (Pomme de terre), Solanum lycopersicum (Tomate), Capsicum (Piment), Nicotiana tabacum (Tabac). Les Convolvulacées, plantes volubiles à corolle en entonnoir, incluent Ipomoea batatas (Patate douce) et Ipomoea aquatica (Légume matebele).
8.2. Les Rubiacées et Apocynacées
Les Rubiaceae se distinguent par leurs feuilles opposées avec stipules inter-pétiolaires et ovaire infère. C’est la famille du Coffea canephora (Café Robusta) et Coffea arabica, cultures de rente vitales dans le Grand Nord (Beni-Butembo) et l’Ubangi. Nous mentionnerons aussi le Cinchona (Quinquina) pour la quinine. Les Apocynacées, riches en alcaloïdes et latex, incluent Rauvolfia vomitoria (médicinale) et Landolphia (liane à caoutchouc).
8.3. Les Cucurbitacées
Famille de plantes herbacées rampantes ou grimpantes grâce à des vrilles. Leurs fleurs sont unisexuées et le fruit est une péponide. Exemples essentiels dans l’alimentation congolaise : Cucurbita pepo (Courge, dont on consomme les feuilles et les graines « mbika »), Citrullus lanatus (Pastèque). L’enseignant soulignera l’importance nutritionnelle des graines de cucurbitacées.
8.4. Les Astéracées (Composées)
C’est la famille la plus vaste des Dicotylédones, considérée comme la plus évoluée. Caractéristique majeure : l’inflorescence en capitule simulant une fleur unique. Nous étudierons la structure des fleurs ligulées et tubuleuses. Exemples : Helianthus annuus (Tournesol), Lactuca sativa (Laitue), Tithonia diversifolia (plante envahissante utilisée comme engrais vert), Vernonia amygdalina (Kolo, légume amer et médicinal).
CHAPITRE 9 : LES MONOCOTYLÉDONES
Ce chapitre clôture l’étude systématique avec les plantes possédant un seul cotylédon, des feuilles à nervation parallèle et des fleurs généralement trimères (pièces par 3).
9.1. Les Poacées (Graminées)
Famille la plus importante pour l’alimentation mondiale. Caractéristiques : tige creuse (chaume) avec nœuds, feuilles à gaine fendue, inflorescence en épillet, fruit caryopse. Nous étudierons les céréales majeures en RDC : Zea mays (Maïs, base de l’alimentation au Kasaï et Katanga), Oryza sativa (Riz, cultivé à Bumba et dans la vallée de la Ruzizi), Saccharum officinarum (Canne à sucre à Kwilu-Ngongo). Nous mentionnerons aussi les bambous et les herbes de savane (Hyparrhenia).
9.2. Les Arécacées (Palmiers)
Plantes ligneuses au port caractéristique (stipe non ramifié terminé par un bouquet de feuilles). Inflorescence en spadice protégé par une spathe. L’espèce clé en RDC est Elaeis guineensis (Palmier à huile), source de l’huile de palme (pulpe) et palmiste (amande), et du vin de palme. Nous citerons aussi le Cocotier (Cocos nucifera) et le Palmier raphia (Raphia), source de fibres textiles et de vin.
9.3. Les Musacées et Zingibéracées
Les Musaceae sont représentées par le Bananier (Musa sp.), herbe géante au pseudo-tronc formé de gaines foliaires. Nous distinguerons la banane plantain (légume, « lituma ») de la banane douce. Les Zingiberaceae, plantes aromatiques à rhizome, incluent Zingiber officinale (Gingembre) et Aframomum melegueta (Mondjo/Maniguette), épices locales importantes.
9.4. Les Liliacées et Amaryllidacées
Plantes souvent à bulbes ou rhizomes. Fleurs trimères voyantes. Exemples : Allium cepa (Oignon), Allium sativum (Ail), Aloe vera (médicinale). Nous aborderons aussi les Dioscoreaceae pour l’Igname (Dioscorea), tubercule alimentaire important, bien que taxonomiquement distincte mais souvent étudiée en lien avec les plantes à tubercules monocotylédones.
ANNEXES
- Guide de Réalisation d’un Herbier Scolaire Fiche technique détaillée expliquant les étapes de la récolte (choix des spécimens représentatifs), du séchage (changement des papiers journaux, pressage), du montage sur papier bristol et de l’étiquetage normalisé (Famille, Nom scientifique, Nom vernaculaire, Lieu, Date, Récolteur).
- Glossaire Botanique Illustré Lexique des termes techniques essentiels : stipule, pétiole, limbe, sépale, pétale, étamine, anthère, filet, stigmate, style, ovaire, drupe, baie, gousse, akène, caryopse, etc. (Les illustrations sont suggérées par des descriptions textuelles précises).
- Liste des Espèces Végétales Protégées en RDC Extrait de la liste nationale des espèces végétales menacées ou protégées (ex : Afrormosia, Ébène, Wengé) pour sensibiliser les élèves à la conservation de la flore nationale.