MANUELS SCOLAIRES

COURS D’ANATOMIE (SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE), 7ème ANNÉE, ÉDUCATION DE BASE

Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC

PRÉLIMINAIRES

0.1. Note pédagogique à l’attention de l’enseignant

Ce manuel constitue un outil didactique de référence pour l’enseignement de l’Anatomie, intégrée au sous-domaine des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), destiné aux classes de 7ème année de l’Éducation de Base en République Démocratique du Congo. Il matérialise les directives du Programme National en vigueur, spécifiquement les matrices MSVT 1.1 à MSVT 1.8. L’approche privilégiée place l’élève au centre de son apprentissage par l’observation directe, la manipulation et l’analyse de situations concrètes puisées dans son environnement immédiat, qu’il s’agisse des réalités urbaines de Kinshasa ou des contextes ruraux du Kwilu ou du Kasaï.

0.2. Objectifs généraux du cours

L’enseignement de l’anatomie à ce niveau vise la compréhension de l’organisation structurelle du vivant, de l’échelle microscopique à l’organisme entier. L’apprenant développera des compétences essentielles pour identifier les niveaux d’organisation biologique, maîtriser l’utilisation du microscope optique, et comprendre le fonctionnement du système locomoteur humain (squelette et muscles). Ce savoir fonde l’adoption de comportements responsables en matière d’hygiène corporelle et de prévention des accidents.

0.3. Méthodologie et approche par compétences

La méthodologie repose sur l’Approche Par les Compétences (APC). Chaque chapitre s’ouvre sur une mise en situation qui suscite le questionnement scientifique. Les savoirs essentiels se construisent progressivement à travers des activités d’exploration (telles que l’observation de coupes histologiques ou la manipulation de maquettes squelettiques) et de synthèse. L’évaluation vérifie la capacité de l’élève à mobiliser ces ressources pour résoudre des problèmes liés à la santé et au fonctionnement du corps humain.

0.4. Bibliographie sélective et sources

Les contenus s’alignent rigoureusement sur le « Programme éducatif du Domaine d’Apprentissage des Sciences » du Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (2018). Les références incluent les manuels agréés et les ressources pédagogiques validées par la Direction des Programmes Scolaires et Matériel Didactique (DIPROMAD).

APERÇU DU CONTENU DU COURS

PARTIE 1 : FONDEMENTS BIOLOGIQUES ET MICROSCOPIE

🔬 Aperçu de la première partie : Cette partie introductive pose les bases conceptuelles et techniques nécessaires à l’étude du vivant. Elle initie l’élève à l’utilisation rigoureuse du microscope, outil indispensable pour explorer l’infiniment petit, et établit la hiérarchie structurelle des êtres vivants, de la cellule élémentaire à l’organisme complexe. L’élève acquiert ici les compétences d’observation et de classification qui seront transversales à tout le programme de SVT.

Chapitre 1 : L’exploration du monde invisible : La Microscopie

1.1. Découverte et description du microscope optique

L’étude débute par la familiarisation avec le microscope optique, instrument central de la biologie. L’élève identifie et nomme les parties mécaniques (socle, potence, platine, vis macrométrique et micrométrique) et les parties optiques (oculaire, objectifs, condenseur, miroir). L’objectif est de comprendre le rôle de chaque composant dans l’agrandissement de l’image.

1.2. Manipulation et techniques de mise au point

La maîtrise technique est primordiale. L’élève apprend à manipuler le microscope avec précaution, à régler le miroir pour capter la lumière optimale et à effectuer la mise au point en coordonnant l’usage des vis. L’accent est mis sur la séquence correcte des gestes pour éviter de briser les lames ou d’endommager les objectifs.

1.3. Réalisation d’une préparation microscopique

L’élève s’exerce à réaliser des préparations simples, directes et indirectes. Il apprend à prélever un échantillon fin (comme l’épiderme d’oignon ou la muqueuse buccale), à le déposer sur une lame porte-objet, à ajouter une goutte de liquide (eau ou colorant) et à recouvrir le tout d’une lamelle sans emprisonner de bulles d’air, garantissant ainsi une observation de qualité.

1.4. Entretien et mesures de sécurité du matériel optique

La pérennité du matériel scolaire exige un entretien rigoureux. Ce sous-chapitre inculque les règles de nettoyage des optiques, le rangement adéquat du microscope dans sa housse ou son armoire, et les précautions de transport. Ces habitudes de laboratoire forment l’élève à la responsabilité vis-à-vis de l’équipement collectif.

Chapitre 2 : L’organisation structurale du vivant

2.1. Les niveaux d’organisation : concepts de base

Ce chapitre définit les concepts fondamentaux qui structurent la biologie. L’élève apprend à distinguer et à définir précisément la cellule, le tissu, l’organe, l’appareil (ou système) et l’organisme. L’analogie avec la construction d’une maison (brique, mur, chambre, maison) permet de concrétiser cette hiérarchie complexe.

2.2. De la cellule à l’organisme : hiérarchisation du vivant

L’élève intègre la logique d’emboîtement des niveaux d’organisation. Il comprend que les cellules s’assemblent pour former des tissus spécifiques, que les tissus s’organisent en organes fonctionnels, et que les organes collaborent au sein d’appareils pour assurer la survie de l’organisme entier. Cette vision systémique est illustrée par des exemples locaux comme l’organisation d’un plant de manioc ou d’un animal d’élevage.

2.3. La notion de tissu et d’organe

L’étude s’approfondit sur la spécificité des tissus et des organes. L’élève observe, à travers des documents ou des pièces anatomiques animales (cœur de bœuf, feuille de bananier), comment la structure d’un tissu est adaptée à sa fonction. Il apprend à identifier les principaux organes vitaux et à les situer dans les cavités corporelles.

2.4. La notion d’appareil et de système

Ce point finalise la vue d’ensemble en regroupant les organes par grandes fonctions vitales (nutrition, relation, reproduction). L’élève identifie les principaux appareils (digestif, respiratoire, circulatoire, locomoteur) et comprend l’interdépendance de leurs fonctions pour le maintien de la vie de l’organisme.

Chapitre 3 : La cellule, unité de base de la vie

3.1. Structure comparée de la cellule animale et végétale

La cellule est présentée comme l’unité structurale et fonctionnelle de tout être vivant. L’élève compare, schémas à l’appui, la cellule animale et la cellule végétale. Il relève les ressemblances (noyau, cytoplasme, membrane cytoplasmique) et les différences fondamentales (paroi cellulosique, vacuole développée et chloroplastes chez les végétaux).

3.2. Rôles des constituants cellulaires majeurs

L’élève découvre la physiologie cellulaire élémentaire. Il associe chaque organite à sa fonction principale : le noyau comme centre de contrôle contenant l’information, la membrane comme barrière sélective, et le cytoplasme comme lieu des réactions vitales. Cette compréhension fonctionnelle dépasse la simple mémorisation des noms.

3.3. Diversité cellulaire et unicellularité

Le cours aborde la diversité du monde vivant à travers le nombre de cellules. L’élève distingue les organismes unicellulaires (comme l’amibe ou la paramécie, présents dans les eaux stagnantes de Kinshasa ou de Kisangani) des organismes pluricellulaires. Il comprend qu’une seule cellule peut accomplir toutes les fonctions vitales.

3.4. Observation et schématisation des cellules

La théorie s’ancre dans la pratique par l’observation microscopique. L’élève réalise des croquis scientifiques précis des cellules observées (épithélium buccal, épiderme d’oignon), en respectant les règles du dessin scientifique : titre, légendes alignées, grossissement et fidélité à l’observation.

PARTIE 2 : OSTÉOLOGIE ET SOUTIEN DU CORPS HUMAIN

🦴 Aperçu de la deuxième partie : Cette partie se concentre sur la charpente du corps humain. Elle étudie le squelette non comme une structure inerte, mais comme un système vivant et dynamique assurant le soutien, la protection et le mouvement. L’élève explore l’anatomie des os, la mécanique des articulations et l’importance cruciale de l’hygiène posturale et alimentaire pour la santé osseuse.

Chapitre 4 : Organisation générale du squelette humain

4.1. Rôles et fonctions du squelette

Le squelette est présenté dans sa globalité fonctionnelle. L’élève identifie ses trois rôles majeurs : le soutien des tissus mous (charpente), la protection des organes délicats (cerveau, cœur, poumons) et, en association avec les muscles, la réalisation des mouvements (locomotion).

4.2. Les grandes régions du squelette : Tête, Tronc, Membres

L’élève apprend à segmenter le squelette en grandes régions anatomiques. Il identifie les os de la tête (crâne et face), du tronc (colonne vertébrale, côtes, sternum) et des membres (supérieurs et inférieurs), en utilisant la nomenclature scientifique appropriée (humérus, fémur, tibia, etc.).

4.3. La colonne vertébrale : axe de soutien

La colonne vertébrale fait l’objet d’une étude spécifique en tant qu’axe central du corps. L’élève distingue les différentes courbures physiologiques et les segments vertébraux (cervical, dorsal, lombaire, sacré, coccygien). Il comprend le rôle des vertèbres et des disques intervertébraux dans la flexibilité et la protection de la moelle épinière.

4.4. La cage thoracique et la protection des organes vitaux

L’étude du tronc se complète par l’analyse de la cage thoracique. L’élève comprend l’agencement des côtes, du sternum et des vertèbres dorsales, et leur rôle crucial dans la protection des organes cardio-respiratoires ainsi que dans la mécanique de la respiration.

Chapitre 5 : Morphologie et structure des os

5.1. Classification des os : longs, courts et plats

L’élève apprend à classifier les os selon leur forme géométrique dominante. Il distingue les os longs (fémur, humérus) qui agissent comme des leviers, les os courts (vertèbres, carpes) qui assurent la solidité, et les os plats (omoplate, os du crâne) qui ont un rôle protecteur.

5.2. Anatomie d’un os long : épiphyse et diaphyse

L’os long sert de modèle type. L’élève identifie ses parties externes : la diaphyse (corps de l’os) et les épiphyses (extrémités). Il localise le cartilage articulaire et le périoste, membrane essentielle à la croissance en épaisseur et à la réparation osseuse.

5.3. Structure interne et composition de l’os

L’analyse se porte sur la structure interne (os compact, os spongieux, canal médullaire). L’élève découvre la composition chimique de l’os, alliant une substance organique (osséine) conférant la souplesse, et des sels minéraux (calcium, phosphore) assurant la dureté. Des expériences simples de décalcification (os dans le vinaigre) ou de calcination illustrent ces propriétés.

5.4. Croissance et ossification

L’élève comprend que l’os est un tissu vivant en perpétuel remaniement. Le cours explique les mécanismes de la croissance en longueur (cartilage de conjugaison) et en épaisseur (périoste), soulignant l’importance de l’alimentation durant l’enfance et l’adolescence.

Chapitre 6 : Les articulations et la mobilité

6.1. Définition et classification des articulations

L’articulation est définie comme le point de contact entre deux ou plusieurs os. L’élève apprend à les classer selon leur degré de mobilité, distinguant les diarthroses (mobiles), les amphiarthroses (semi-mobiles) et les synarthroses (immobiles).

6.2. Les articulations mobiles (Diarthroses)

Ce sous-chapitre détaille la structure complexe des articulations mobiles (genou, coude, épaule). L’élève identifie les éléments clés : surfaces articulaires, cartilage, capsule, ligaments et synovie, et comprend leur rôle dans la facilitation du mouvement fluide.

6.3. Les articulations semi-mobiles et fixes

L’élève étudie les articulations permettant des mouvements limités (vertèbres) ou nulles (sutures du crâne). Il comprend l’importance de la solidité et de l’amortissement dans ces types de jonctions osseuses.

6.4. Mécanique articulaire et mouvements

L’analyse fonctionnelle permet de lier l’anatomie au mouvement. L’élève identifie les différents types de mouvements permis par les articulations : flexion, extension, rotation, abduction et adduction, en prenant exemple sur ses propres mouvements corporels.

Chapitre 7 : Hygiène et pathologie du système squelettique

7.1. Les déformations de la colonne vertébrale

Ce point aborde les pathologies liées à la statique vertébrale : scoliose, cyphose, lordose. L’élève apprend à identifier les causes posturales de ces déformations, fréquentes en milieu scolaire, et les moyens de les prévenir.

7.2. L’alimentation et la minéralisation osseuse

L’accent est mis sur le lien vital entre nutrition et santé osseuse. L’élève identifie les sources locales de calcium (poissons, fretins, légumes verts comme le fumbwa) et de vitamine D, essentielles pour prévenir le rachitisme et assurer une ossature solide.

7.3. Les fractures et premiers soins

L’élève apprend à reconnaître les signes d’une fracture et d’une entorse. Il acquiert les connaissances de base en secourisme pour immobiliser un membre traumatisé en attendant les soins médicaux, évitant ainsi d’aggraver les lésions.

7.4. Les mauvaises postures et leurs conséquences

L’éducation à la santé se concrétise par l’analyse des postures quotidiennes. L’élève comprend les risques liés au port de charges lourdes sur la tête ou le dos, aux positions assises prolongées sur des bancs inadaptés, et apprend à adopter des postures ergonomiques protectrices.

PARTIE 3 : MYOLOGIE ET PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

💪 Aperçu de la troisième partie : Cette dernière partie explore le moteur de l’organisme : les muscles. Elle établit le lien fonctionnel entre le système nerveux qui commande, le squelette qui soutient et le muscle qui actionne. L’élève découvre la physiologie de la contraction, l’importance de l’activité physique pour la santé et les risques liés aux excès ou aux accidents sportifs.

Chapitre 8 : Structure et typologie des muscles

8.1. Classification des muscles : striés, lisses et cardiaque

L’élève apprend à distinguer les trois types de tissus musculaires : les muscles squelettiques (striés, volontaires), les muscles viscéraux (lisses, involontaires) et le muscle cardiaque (strié, involontaire). Il comprend que cette diversité structurale répond à des fonctions physiologiques distinctes.

8.2. Anatomie macroscopique du muscle squelettique

L’étude se focalise sur le muscle squelettique, moteur du mouvement volontaire. L’élève décrit sa structure : le ventre (partie contractile rouge) et les tendons (attaches blanches aux os). Il observe l’organisation en faisceaux de fibres musculaires.

8.3. Les propriétés physiologiques du muscle

L’élève expérimente et définit les propriétés fondamentales du tissu musculaire : l’excitabilité (réponse à un stimulus), la contractilité (raccourcissement), l’élasticité (retour à la forme initiale) et la tonicité (tension permanente).

8.4. Relation muscle-os : les tendons

Ce point explicite la connexion mécanique entre le système musculaire et le squelette. L’élève comprend comment la force générée par la contraction musculaire est transmise aux os via les tendons pour produire le mouvement au niveau des articulations.

Chapitre 9 : La mécanique du mouvement

9.1. Le mécanisme de la contraction musculaire

Sans entrer dans la biochimie complexe, l’élève appréhende le principe global de la contraction : raccourcissement, épaississement et durcissement du muscle, entraînant le rapprochement des points d’insertion osseux.

9.2. Antagonisme musculaire : flexion et extension

L’élève découvre le principe de coordination musculaire à travers l’exemple du couple biceps/triceps. Il comprend que le mouvement fluide résulte de l’action coordonnée de muscles agonistes (qui se contractent) et antagonistes (qui se relâchent).

9.3. Production d’énergie et fatigue musculaire

Le cours aborde les besoins énergétiques du muscle. L’élève comprend que le travail musculaire consomme du glucose et de l’oxygène, et produit des déchets (acide lactique) et de la chaleur. L’accumulation de déchets est liée à la sensation de fatigue.

9.4. Coordination nerveuse du mouvement

L’élève fait le lien avec le système nerveux. Il comprend que le muscle ne se contracte que sous l’impulsion d’un ordre nerveux (influx) et que la précision du mouvement dépend de cette commande nerveuse.

Chapitre 10 : Hygiène du système musculaire et accidents

10.1. Bienfaits de l’exercice physique sur la musculature

L’éducation physique est valorisée comme facteur de santé. L’élève apprend que l’entraînement régulier augmente la force, l’endurance et le volume musculaire, tout en améliorant la circulation et la respiration.

10.2. Accidents musculaires : crampes, élongations, déchirures

L’élève apprend à distinguer les différents traumatismes musculaires : la crampe (contraction involontaire douloureuse), l’élongation (étirement excessif) et la déchirure (rupture de fibres). Il identifie les causes (manque d’échauffement, surmenage) pour mieux les prévenir.

10.3. Dangers du dopage et des anabolisants

Ce sous-chapitre aborde une question de santé publique et d’éthique sportive. L’élève est sensibilisé aux risques graves liés à la consommation de substances dopantes pour augmenter artificiellement la masse musculaire ou les performances, détruisant la santé à long terme.

10.4. Récupération et relaxation musculaire

Le cours se clôture sur l’importance du repos. L’élève comprend que le muscle a besoin de phases de récupération, de sommeil et de massage pour éliminer les toxines et se reconstituer après l’effort, prévenant ainsi le surmenage.

ANNEXES

A.1. Planches anatomiques de référence

Un recueil de schémas muets et légendés (Squelette humain complet, coupe d’os long, muscles du bras, articulation du genou) pour supporter les exercices d’évaluation.

A.2. Glossaire des termes techniques

Définitions concises des termes clés : Ostéine, Synovie, Diaphyse, Périoste, Antagoniste, Myofibrille, etc.

A.3. Grilles d’évaluation des compétences

Outils pour l’enseignant permettant d’évaluer la maîtrise des savoirs (ex: légender un schéma) et des savoir-faire (ex: réaliser une préparation microscopique).