COURS DE DEVIS ET MÉTRÉ, 3ÈME ANNÉE, OPTION MENUISERIE 📝
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC 🇨🇩
Préliminaires
Objectifs Généraux du Cours
Ce programme de Devis et Métré vise à doter l’élève de troisième année des compétences analytiques et commerciales indispensables à la gestion économique d’un projet de menuiserie. L’objectif central consiste à rendre l’apprenant capable d’établir avec précision les quantités de matériaux nécessaires et de chiffrer le coût global d’un ouvrage avant sa mise en production. Il s’agit de transformer la lecture technique d’un plan en données chiffrées fiables, garantissant la rentabilité de l’artisan et la transparence envers le client.
Approche Pédagogique et Méthodologie
L’enseignement adopte une démarche inductive, partant de l’analyse concrète des ouvrages fabriqués en atelier (portes, meubles, charpentes) pour en déduire les coûts. Les séances alternent entre des rappels géométriques appliqués, l’étude de plans architecturaux réels et la rédaction de documents administratifs standardisés. L’élève manipule des catalogues de prix locaux et simule des situations de commande, intégrant les réalités du marché congolais, telles que les fluctuations des coûts de transport ou la disponibilité des essences.
Profil de Sortie de l’Élève
Au terme de cette formation, l’élève maîtrise l’élaboration complète d’un dossier de devis, depuis le métré sur plan jusqu’au bon de commande. Il sait calculer les surfaces et les volumes de bois brut et fini, en tenant compte des coefficients de perte au corroyage. Il est apte à rédiger un devis descriptif technique clair et un devis estimatif rigoureux, documents essentiels pour l’exercice du métier, que ce soit en auto-emploi ou au sein d’une entreprise industrielle.
Bibliographie et Ressources
Le cours s’appuie sur le Programme National de Menuiserie (Module 5), les normes de construction en vigueur en RDC, ainsi que sur les tarifs actuels des fournisseurs de matériaux (quincailleries, scieries, dépôts de bois). Les plans d’architectes et les cahiers des charges types servent de supports didactiques pour les exercices de métré.
Partie 1 : Fondements Géométriques et Quantification des Matériaux 📐
Cette première partie établit les bases mathématiques et techniques nécessaires à l’évaluation des quantités. Elle connecte la géométrie pure à la réalité physique du matériau bois, en intégrant les notions de standardisation commerciale et de pertes liées à l’usinage, prérequis absolu pour éviter les sous-estimations ruineuses.
Chapitre 1 : Géométrie Appliquée au Métré en Menuiserie
Ce chapitre révise et approfondit les calculs de surfaces et de volumes spécifiquement adaptés aux formes rencontrées dans les ouvrages de menuiserie et de charpente.
1.1. Calcul des surfaces planes et complexes La détermination précise des aires constitue la première étape du métré pour les panneaux, les parquets et les lambris. Cette section traite du calcul des surfaces rectangulaires, triangulaires et trapézoïdales, ainsi que de la décomposition des surfaces complexes en formes simples. Elle aborde également le calcul des surfaces de finition (vernis, peinture) qui diffère souvent de la surface débitée.
1.2. Cubage et calcul des volumes de bois L’achat de bois massif s’effectue généralement au volume. Ce point focalise sur le calcul du cubage des pièces prismatiques (montants, traverses) et cylindriques. Il enseigne les formules de conversion pour passer des dimensions linéaires aux mètres cubes, unité de facturation standard des scieries du Kongo Central ou de la Tshopo.
1.3. Trigonométrie appliquée aux charpentes et escaliers Les ouvrages inclinés nécessitent la maîtrise des angles et des longueurs réelles. Cette section applique le théorème de Pythagore et les fonctions trigonométriques pour déterminer les longueurs de chevrons, de limons d’escalier ou d’arbalétriers sans avoir à les mesurer physiquement sur un chantier inaccessible, permettant un chiffrage précis sur plan.
1.4. Unités de mesure et conversions usuelles La fluidité dans le maniement des unités est vitale. Ce point traite des conversions entre le système métrique (mm, cm, m) utilisé dans les plans techniques et les unités parfois encore utilisées dans le commerce du bois ou l’importation (pouces, pieds). Il insiste sur la cohérence des unités lors des opérations arithmétiques pour éviter les erreurs d’échelle.
Chapitre 2 : Analyse de la Matière d’Œuvre et Standards Commerciaux
Ce chapitre confronte la théorie géométrique aux contraintes réelles du marché des matériaux en RDC.
2.1. Dimensions commerciales des bois et panneaux Le menuisier ne commande pas des dimensions exactes, mais des standards. Cette section détaille les sections courantes (madriers, bastings, planches) et les formats de panneaux (contreplaqués, particules) disponibles à Kinshasa ou Lubumbashi. Elle apprend à l’élève à adapter sa conception aux standards pour limiter les chutes.
2.2. Coefficients de perte et majorations Le passage du bois brut au bois fini engendre une perte de matière inévitable. Ce point définit les coefficients de majoration à appliquer pour le trait de scie, le corroyage (rabotage) et les purges de défauts (aubier, nœuds). Il établit les pourcentages de perte moyens selon les essences (Wenge, Sipo, Limba) et la qualité du lot.
2.3. Quantification des matériaux connexes et quincaillerie Un ouvrage ne se limite pas au bois. Cette section méthode le comptage des éléments de fixation (vis, pointes, boulons), des organes de rotation (paumelles, charnières) et des produits de finition (colle, vernis). Elle insiste sur l’importance de ne rien omettre, du papier de verre aux chevilles de fixation murale.
2.4. Gestion des chutes et optimisation du débit L’économie de matière est une source de profit directe. Ce point introduit les techniques de calepinage (mise en page des pièces sur un panneau ou une planche) pour minimiser les déchets. Il aborde la valorisation des chutes pour des petites pièces (parcloses, cales), réduisant ainsi le coût matière imputé au projet principal.
Chapitre 3 : Documents Préparatoires à l’Estimation
Ce chapitre structure la démarche administrative qui précède le chiffrage financier, organisant les données techniques de manière lisible.
3.1. Le relevé de mesures sur chantier L’exactitude du devis dépend de la fiabilité des mesures initiales. Cette section décrit la méthodologie du relevé sur site (prise de cotes, vérification des équerrages et des aplombs) en milieu occupé ou sur gros œuvre brut. Elle souligne l’importance de croquis clairs et annotés pour éviter les retours inutiles sur le terrain.
3.2. L’avant-métré et le dépouillement des plans Avant de chiffrer, il faut lister. Ce point explique comment décomposer un ouvrage complexe (ex: une toiture) en articles élémentaires (pannes, chevrons, voliges) à partir des plans d’architecte. Il présente la structure d’un tableau d’avant-métré classant les ouvrages par nature et par localisation.
3.3. Élaboration de la feuille de débit Document pivot entre le bureau d’étude et l’atelier, la feuille de débit est aussi un outil d’achat. Cette section enseigne la rédaction rigoureuse de la feuille de débit, précisant pour chaque pièce : l’essence, les cotes finies, les cotes brutes et le nombre. Elle sert de base incontestable pour le calcul du volume bois.
3.4. La feuille de fourniture et d’approvisionnement Au-delà du bois, il faut lister les achats extérieurs. Ce point traite de l’établissement de la liste exhaustive des fournitures à acheter spécifiquement pour l’affaire. Elle permet de grouper les commandes et de négocier les prix auprès des fournisseurs de matériaux de construction.
Partie 2 : Structure et Élaboration du Devis 💰
Cette partie centrale focalise sur la transformation des quantités physiques en valeurs monétaires. Elle couvre l’analyse des coûts, la rédaction des descriptifs techniques et la présentation formelle de l’offre commerciale, respectant les normes professionnelles et légales.
Chapitre 4 : Analyse des Coûts et Prix Unitaires
Ce chapitre décompose le mécanisme de formation du prix de vente, distinguant les dépenses directes des charges structurelles.
4.1. Calcul du coût matière (Déboursé sec matériaux) Le prix d’achat n’est pas le seul coût. Cette section explique comment intégrer les frais de transport, de manutention et de stockage au prix du matériau rendu atelier. Elle traite de l’impact du taux de change (Franc Congolais / Dollar) sur les matériaux importés et la nécessité d’actualiser les prix.
4.2. Estimation de la main-d’œuvre et temps d’exécution Le temps, c’est de l’argent. Ce point méthode l’estimation des temps unitaires pour chaque phase de fabrication : débit, usinage, montage, finition et pose. Il aborde le calcul du taux horaire de l’ouvrier, incluant le salaire net, les charges sociales et les frais liés aux équipements de protection individuelle.
4.3. Frais généraux et amortissement des équipements L’entreprise a des coûts fixes même sans commande. Cette section définit les frais généraux (loyer atelier, électricité, salaire du patron, amortissement des machines-outils). Elle enseigne comment calculer un coefficient de frais généraux à appliquer sur le coût direct pour couvrir ces charges invisibles.
4.4. Marge bénéficiaire et aléas L’objectif est la rentabilité. Ce point traite de la détermination de la marge bénéficiaire nette souhaitée par l’entreprise et de la provision pour aléas (risques de casse, retards, erreurs). Il explique comment fixer un prix de vente psychologique et concurrentiel tout en garantissant la survie de l’activité.
Chapitre 5 : Le Devis Descriptif Technique
Ce chapitre se concentre sur la partie qualitative de l’offre, définissant précisément ce que le client achète.
5.1. Description technique des ouvrages Une description vague est source de litige. Cette section entraîne à la rédaction de descriptifs précis : nature de l’essence (ex: Iroko premier choix), type d’assemblage (ex: tenon-mortaise collé), section des bois, type de finition (ex: vernis polyuréthane 3 couches).
5.2. Prescriptions de mise en œuvre La qualité dépend aussi de la pose. Ce point aborde la mention des normes de pose respectées (DTU ou règles de l’art locales), les types de fixations utilisés et les conditions préalables requises sur le chantier (séchage des maçonneries, vitrage).
5.3. Limites de prestations et exclusions Il faut définir ce qui n’est pas inclus. Cette section apprend à formuler clairement les exclusions (ex: travaux de maçonnerie, échafaudages, raccordements électriques, peinture murale), protégeant l’artisan contre des demandes abusives non chiffrées.
5.4. Organisation et présentation du descriptif La clarté inspire confiance. Ce point traite de la structuration du document par lots ou par pièces (ex: Lot Menuiserie Extérieure, Lot Agencement Cuisine), facilitant la lecture et la comparaison par le client ou l’architecte.
Chapitre 6 : Le Devis Quantitatif et Estimatif
Ce chapitre aboutit à la production du document chiffré final remis au client.
6.1. Structure du devis estimatif Le devis doit respecter un formalisme. Cette section détaille les colonnes obligatoires : Numéro de poste, Désignation, Unité, Quantité, Prix Unitaire, Prix Total. Elle insiste sur l’alignement et la lisibilité des montants.
6.2. Récapitulatif et calcul des totaux L’addition finale doit être sans erreur. Ce point couvre le calcul des sous-totaux par chapitre, le report des montants, et le calcul du montant total Hors Taxe (HT).
6.3. Application des taxes (TVA et impôts) La fiscalité doit être transparente. Cette section explique le calcul de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) ou des impôts sur le chiffre d’affaires en vigueur en RDC. Elle montre comment présenter le montant Toutes Taxes Comprises (TTC) qui sera le montant à payer par le client.
6.4. Validité et conditions de l’offre Un devis est un contrat potentiel. Ce point aborde les mentions légales indispensables : durée de validité de l’offre (ex: 1 mois, vu l’inflation), délais de livraison prévisionnels, modalités de paiement (acompte, solde) et coordonnées bancaires ou mobiles de l’entreprise.
Partie 3 : Gestion Commerciale et Suivi de Chantier 📊
Cette dernière partie dépasse le simple chiffrage pour aborder la concrétisation de la commande et le suivi économique durant la réalisation. Elle assure que le devis théorique se traduit par une opération réellement rentable et bien gérée administrativement.
Chapitre 7 : Documents de Commande et d’Approvisionnement
Ce chapitre traite de la transformation du devis en ordre de travail et en achats.
7.1. Le bon de commande client L’acceptation du devis doit être formalisée. Cette section présente le bon de commande, document contractuel signé par le client, déclenchant les obligations de l’artisan. Elle insiste sur la perception de l’acompte de démarrage pour sécuriser la trésorerie.
7.2. Établissement des bons de commande fournisseurs L’achat des matériaux doit correspondre strictement aux besoins. Ce point méthode la rédaction des bons de commande destinés aux scieries et quincailleries, précisant les quantités, les références exactes et les dates de livraison souhaitées pour éviter les arrêts de production.
7.3. Réception des matériaux et contrôle La qualité commence à l’entrée de l’atelier. Cette section définit la procédure de réception des marchandises : vérification de la conformité avec le bon de commande (qualité, quantité), détection des défauts visibles et gestion des réserves ou des refus de livraison.
7.4. Gestion des stocks et inventaire Le stock est de l’argent immobilisé. Ce point introduit les principes de base de la gestion de stock (FIFO – First In, First Out), la tenue de fiches de stock pour les consommables courants et l’importance de l’inventaire périodique pour ajuster les coûts de revient futurs.
Chapitre 8 : Facturation et Suivi Financier
Ce chapitre clôture le cycle économique du projet par la réclamation du paiement.
8.1. Établissement de la facture (Pro forma et définitive) La facture est la pièce comptable justificative. Cette section distingue la facture Pro forma (pour les démarches bancaires ou douanières) de la facture définitive. Elle détaille les mentions obligatoires et la correspondance stricte avec le devis accepté ou les travaux supplémentaires validés.
8.2. Situations de travaux et acomptes Sur les longs chantiers, le paiement est échelonné. Ce point explique comment rédiger une situation de travaux (facture intermédiaire) basée sur l’avancement réel du chantier (pourcentage d’exécution), permettant de financer la suite des opérations sans creuser la trésorerie.
8.3. Gestion des travaux supplémentaires (Avenants) Les modifications en cours de route sont fréquentes. Cette section insiste sur la nécessité absolue de chiffrer et de faire signer un devis complémentaire (avenant) avant d’exécuter toute tâche non prévue au devis initial, évitant les conflits au moment du règlement final.
8.4. Recouvrement et clôture du dossier Se faire payer est la finalité. Ce point aborde les modalités de réception de l’ouvrage (procès-verbal de réception), le déblocage de la retenue de garantie éventuelle et les démarches amiables de relance en cas de retard de paiement.
Chapitre 9 : Études de Cas et Projets de Synthèse
Ce chapitre pratique permet d’appliquer l’ensemble des connaissances sur des projets complets représentatifs du marché congolais.
9.1. Étude de cas : Mobilier (Table ou Armoire) Application sur un ouvrage d’ébénisterie. L’élève réalise le métré complet, la feuille de débit et le devis pour une série de tables d’école ou une armoire en bois massif, gérant les problématiques de chutes de panneaux et de temps de finition.
9.2. Étude de cas : Menuiserie Bâtiment (Portes et Fenêtres) Application sur un lot de menuiseries. L’élève chiffre la fourniture et la pose des portes et fenêtres d’une maison d’habitation, intégrant les huisseries, les ouvrants, la vitrerie et la quincaillerie, avec une analyse des coûts de transport vers le site.
9.3. Étude de cas : Ouvrage complexe (Escalier ou Charpente) Le défi technique. L’élève élabore le devis d’un escalier ou d’une petite charpente, nécessitant des calculs de volumes précis, des assemblages complexes et une évaluation fine des temps de main-d’œuvre qualifiée pour le taillage et le levage.
9.4. Simulation d’appel d’offres Mise en situation concurrentielle. Les élèves, par groupes, répondent à un cahier des charges fictif pour l’équipement d’un bâtiment public (école, bureau), comparant leurs stratégies de prix et la qualité de leurs dossiers techniques pour remporter le marché.
Annexes
Annexe A : Modèles de Documents Commerciaux
Recueil de modèles vierges prêts à l’emploi pour les exercices et la vie professionnelle : Feuilles de débit, Bons de commande, Modèles de devis (Descriptif et Estimatif), Factures types.
Annexe B : Tarifs de Référence (Matériaux et Main-d’œuvre)
Base de données indicative des prix moyens pratiqués dans les grandes villes de RDC pour les essences de bois courantes (Wenge, Limba, Kambala), les panneaux dérivés et les taux horaires par qualification (Manœuvre, Menuisier, Chef d’atelier).
Annexe C : Formulaire de Géométrie et Conversion
Aide-mémoire synthétique regroupant les formules de calcul des surfaces et volumes usuels, ainsi que les tables de conversion d’unités (pouces/cm, pieds/mètres) et les densités moyennes des bois tropicaux pour le calcul des poids de transport.
Annexe D : Lexique Technique du Devis
Glossaire définissant les termes spécifiques au chiffrage et à l’administration des travaux (Avenant, Retenue de garantie, Maître d’ouvrage, Déboursé sec, Marge brute), facilitant la compréhension du langage contractuel.