MANUELS SCOLAIRES

COURS D’ÉDUCATION CIVIQUE ET MORALE, 5ÈME ANNÉE PRIMAIRE

Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC

Préliminaires

0.1. Introduction Générale au Cours

Ce cours d’Éducation Civique et Morale pour la cinquième année primaire marque une étape décisive, passant de la sphère familiale et scolaire à la conscience nationale et institutionnelle. L’élève explore son identité personnelle en profondeur (qualités, défauts, aspirations) et la connecte à son rôle de citoyen au sein de la République Démocratique du Congo. L’accent est mis sur la connaissance des institutions du pays, la distinction entre pays, nation et État, et l’initiation concrète aux valeurs démocratiques par la gestion de conflits et la compréhension des enjeux nationaux.

0.2. Objectifs Pédagogiques du Degré Terminal

Conformément au programme national, ce cours vise à amener l’élève à traiter avec succès les situations qui lui demandent de se situer en tant que personne humaine et citoyen d’une nation. Il doit connaître les institutions nationales, comprendre ses droits (notamment la Convention relative aux Droits de l’Enfant), analyser les valeurs démocratiques, et apprécier ses propres valeurs culturelles. L’objectif est de former un individu capable de dégager une règle morale d’une situation et de rechercher le mobile de l’acte moral, ses moyens et ses conséquences.

0.3. Compétences Visées à la fin de l’année

À l’issue de cette année, l’élève doit être capable de présenter son identité complète et d’analyser ses propres points forts et faibles. Il saura expliquer la structure administrative de la RDC et le rôle des institutions (Président, Parlement, Gouvernement). L’élève pourra identifier les principes de la démocratie (élections, tolérance), les appliquer à la gestion pacifique des conflits à l’école, et reconnaître les symboles de la nation (Drapeau, Hymne, Devise). Enfin, il maîtrisera les règles de base de la circulation routière et les principes de protection de la voie publique.

0.4. Approche Pédagogique et Matériel

L’enseignement privilégie la discussion dirigée, l’analyse de cas concrets (dilemmes moraux) et les jeux de rôles (simulation d’élections, médiation de conflits). L’enseignant s’appuiera sur des supports visuels (carte administrative de la RDC, photos des institutions, images des symboles nationaux, schémas des signaux routiers) et des textes de référence comme la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE). La mise en place d’un « gouvernement scolaire » est une stratégie centrale pour l’application pratique des valeurs démocratiques.

PARTIE 1. L’INDIVIDU ET LA CONNAISSANCE DE SOI (LA DIGNITÉ PERSONNELLE)

Cette première partie est consacrée à la construction de l’individu. Avant de pouvoir être un bon citoyen, l’élève doit apprendre à se connaître lui-même. L’accent est mis sur l’introspection, l’identification de ses propres forces et faiblesses, et le développement de l’estime de soi. Cette exploration de l’identité personnelle débouche sur le développement d’un caractère moral autonome, capable d’initiative, de gestion rationnelle de son temps et de ses ressources, et d’une posture critique face au monde.

CHAPITRE 1. L’IDENTITÉ PERSONNELLE ET L’ESTIME DE SOI

Ce chapitre explore les fondements de l’identité. L’élève apprend à se définir au-delà de son nom, en prenant conscience de son unicité, de ses droits fondamentaux, de sa valeur intrinsèque (confiance en soi) et de sa relation à la valeur des autres (tolérance).

1.1.1. Identité et conscience de soi

👤 La connaissance de soi implique une introspection approfondie permettant à l’élève d’articuler son identité complète (nom, âge, filiation) et d’entamer une réflexion sur son caractère. L’enseignant guide l’élève pour qu’il identifie objectivement ses propres qualités (ex: « je suis patient », « je partage facilement ») et ses défauts (ex: « je suis colérique », « je suis désordonné »). Cette prise de conscience s’étend à la définition de ses capacités réelles (« je dessine bien ») et de ses aspirations futures (« je voudrais devenir médecin »).

1.1.2. Le droit à l’identité et l’État civil

Ce module établit que l’identité est un droit fondamental, tel que garanti par l’Article 7 de la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE). L’élève apprend que son existence légale dépend de son inscription au registre de l’État civil dès la naissance, qui lui octroie un acte de naissance. Ce document officiel prouve son nom, sa nationalité et sa filiation, et est indispensable pour l’inscription à l’école, l’obtention de documents de voyage et l’exercice futur de ses droits de citoyen.

1.1.3. Le développement de la confiance en soi

La confiance en soi se construit sur la base de la connaissance de ses capacités. L’élève est encouragé à reconnaître ses succès et ses compétences, même modestes. L’enseignant favorise un climat de classe où l’élève ose prendre la parole, proposer des idées, et assumer la responsabilité d’une tâche (chef de groupe, responsable du matériel) sans crainte excessive de l’échec ou du jugement des autres. La confiance en soi est la base de l’initiative.

1.1.4. L’acceptation des autres et de leurs différences

🤝 La valorisation de sa propre identité s’accompagne nécessairement de la reconnaissance de la valeur des autres. L’élève apprend que les différences (de langue, de tribu, de religion, de sexe, d’opinions ou de race) ne sont pas des menaces mais une richesse. Ce module développe la tolérance, définie comme la capacité d’accepter et de respecter ce que l’on ne partage pas, une compétence civique essentielle pour vivre en paix dans un pays aussi diversifié que la RDC, de Bunia à Matadi.

CHAPITRE 2. LE DÉVELOPPEMENT DU CARACTÈRE MORAL

Ce chapitre se concentre sur la construction d’une posture morale active. L’élève travaille sur des vertus civiques et personnelles qui définissent un comportement digne : l’initiative, la pudeur, le sens de l’honneur et la recherche d’un bien-être qui respecte les autres.

1.2.1. L’esprit d’initiative et la créativité

💡 L’élève est encouragé à devenir un acteur plutôt qu’un spectateur. L’esprit d’initiative est la capacité d’agir sans attendre un ordre : voir un besoin (la classe est sale) et proposer une action (organiser le nettoyage). La créativité consiste à trouver des solutions nouvelles ou ingénieuses à un problème (inventer un jeu pour la récréation, proposer une nouvelle façon de ranger les cahiers). L’enseignant valorise les propositions des élèves pour stimuler cette compétence.

1.2.2. Le refus des comportements indécents (pudeur)

Ce module aborde la décence et la pudeur comme des formes de respect de soi et des autres. L’élève apprend que certains comportements sont considérés comme impudiques ou indécents dans la vie en société. Cela concerne une tenue vestimentaire correcte et adaptée à l’école, un langage poli (éviter les injures et la vulgarité), et une attitude respectueuse dans ses gestes et son regard envers autrui.

1.2.3. Le développement du sens de l’honneur

Le sens de l’honneur est défini comme l’attachement à sa propre dignité et à sa réputation, basé sur l’honnêteté et le respect de la parole donnée. L’élève apprend qu’avoir de l’honneur, c’est refuser de tricher lors d’une évaluation, même si personne ne regarde. C’est aussi admettre ses erreurs (reconnaître avoir cassé un objet) et tenir ses promesses (rendre un livre emprunté à la date promise).

1.2.4. La recherche du bien-être et ses implications

La recherche du bien-être est un objectif légitime. L’élève apprend que ce bien-être n’est pas seulement matériel (avoir de beaux objets), mais aussi physique (être en bonne santé) et moral (être en paix avec sa conscience). Ce module insiste sur le fait que le bien-être personnel doit s’arrêter là où commence la nuisance pour les autres (ex: écouter de la musique très fort dérange les voisins).

CHAPITRE 3. LE DÉVELOPPEMENT DE L’ESPRIT CRITIQUE ET DE L’ACTION

Ce chapitre forme l’élève à devenir un individu rationnel et organisé. Il apprend à analyser l’information (esprit critique), à gérer ses biens (économie) et son temps (ponctualité), et à appliquer ces compétences à son environnement immédiat (ordre et propreté).

1.3.1. L’esprit critique et l’indépendance

🧠 L’élève s’exerce à ne pas tout accepter passivement. Il apprend la différence fondamentale entre un fait (objectif et vérifiable, ex: « Il pleut ») et une opinion (un jugement personnel, ex: « La pluie est triste »). L’esprit critique consiste à poser des questions avant de croire une information. L’enseignant le guide pour rejeter les préjugés (jugements faits sans savoir), les stéréotypes (clichés sur un groupe) et les superstitions (croyances irrationnelles).

1.3.2. La gestion rationnelle des ressources (esprit d’économie)

💸 L’élève est initié à l’esprit d’économie, qui est une forme de responsabilité. Il apprend que les ressources (argent, nourriture, fournitures scolaires, eau, électricité) sont limitées et précieuses. Il doit utiliser à bon escient ce qui est mis à sa disposition : ne pas gaspiller l’eau en laissant couler le robinet, éteindre la lumière en quittant une pièce, prendre soin de son cahier pour qu’il dure toute l’année.

1.3.3. La gestion rationnelle du temps

⏱️ Le temps est présenté comme une ressource non renouvelable qu’il faut gérer intelligemment. L’élève apprend l’importance de la ponctualité (arriver à l’heure à l’école) et de la régularité (faire ses devoirs chaque jour). Il est encouragé à planifier son temps (établir un emploi du temps personnel pour les leçons et les moments de jeu) afin d’accomplir ses tâches sans précipitation ni retard.

1.3.4. La pratique de l’ordre et de la propreté

Ce module applique l’esprit d’organisation à l’environnement physique. L’élève comprend que l’ordre et la propreté contribuent au bien-être et à l’efficacité. Il apprend à maintenir son banc de travail propre, à ranger ses affaires (livres, cahiers) à une place définie, et à participer activement au maintien de la propreté de la classe et de la cour d’école, en lien avec le cours d’éducation à la santé.

PARTIE 2. LA VIE EN SOCIÉTÉ (COMMUNAUTÉ ET CITOYENNETÉ)

Cette deuxième partie élargit la perspective de l’élève de l’individu à la collectivité. L’élève explore son appartenance à un ensemble plus vaste : la Nation et l’État congolais. Il étudie l’organisation administrative du territoire, la signification des concepts de patrie, et le fonctionnement des institutions qui régissent le pays. Cette connaissance débouche sur une compréhension claire de ses droits fondamentaux en tant qu’enfant et de ses devoirs en tant que membre de la communauté.

CHAPITRE 4. L’APPARTENANCE À LA NATION

Ce chapitre construit l’identité citoyenne. L’élève apprend à se situer administrativement sur le territoire de la RDC et à différencier les concepts clés qui définissent son appartenance au pays. Il découvre également les figures qui incarnent l’histoire et la fierté nationales.

1.4.1. La division administrative de la RDC

🗺️ L’élève apprend la structure administrative de la RDC, en partant de son milieu de vie le plus proche pour remonter jusqu’au pays. Il mémorise cette hiérarchie : la localité ou le village (milieu rural) ou le quartier (milieu urbain), regroupés en groupement, puis en secteur ou chefferie. Ceux-ci forment le territoire (rural) ou la commune (urbain), qui composent le district (dans certaines provinces) et enfin la province. L’ensemble des provinces constitue le pays.

1.4.2. Distinction des concepts : Pays, Nation, Patrie, État

Ce module de vocabulaire civique clarifie quatre notions souvent confondues. Le Pays est le territoire géographique délimité par des frontières. La Nation est le peuple qui vit sur ce territoire et partage une histoire, une culture et une volonté de vivre ensemble. La Patrie est une notion affective, c’est le « pays des pères » (la terre natale) auquel on est attaché sentimentalement. L’État est l’organisation politique et administrative (le gouvernement, les lois, la police) qui gère le pays.

1.4.3. Les dates importantes de la RDC

🗓️ L’élève mémorise les dates clés qui rythment la vie nationale et constituent la mémoire collective. Celles-ci incluent les fêtes légales et les jours fériés, comme le 30 juin (Indépendance), le 17 janvier (Héros national Lumumba), le 16 janvier (Héros national Kabila), le 4 janvier (Martyrs de l’indépendance), et d’autres dates significatives qui rappellent les moments fondateurs de l’histoire du pays.

1.4.4. Les figures modèles : Héros nationaux et personnalités

L’histoire du pays est incarnée par des figures modèles. L’élève apprend à reconnaître les héros nationaux officiels (Patrice Lumumba et Laurent-Désiré Kabila) et d’autres hommes et femmes qui ont marqué le pays par leurs qualités morales, civiques, intellectuelles ou sportives (scientifiques comme Malu Wa Kalenga, figures religieuses comme le Cardinal Malula ou Isidore Bakanja, artistes ou sportifs ayant honoré le pays).

CHAPITRE 5. LES INSTITUTIONS ET LES STRUCTURES SOCIALES

Ce chapitre explique « qui dirige le pays » et « qui protège les citoyens ». L’élève découvre l’architecture de base de l’État congolais, le principe de la séparation des pouvoirs, et identifie les forces chargées de la sécurité ainsi que les organisations qui veillent au respect de ses propres droits.

1.5.1. Les institutions de la RDC

🏛️ L’élève est initié aux quatre grandes institutions qui dirigent la République Démocratique du Congo. Il apprend à nommer : le Président de la République (le chef de l’État), le Parlement (composé de l’Assemblée Nationale et du Sénat, qui votent les lois), le Gouvernement (dirigé par le Premier Ministre, qui exécute les lois) et les Cours et Tribunaux (qui rendent la justice).

1.5.2. Les trois pouvoirs (Législatif, Exécutif, Judiciaire)

Ce module explique le principe de la séparation des pouvoirs pour garantir la démocratie. L’élève apprend que le Pouvoir Législatif (le Parlement) « fait la loi ». Le Pouvoir Exécutif (le Président et le Gouvernement) « applique la loi ». Le Pouvoir Judiciaire (les Cours et Tribunaux) « juge ceux qui ne respectent pas la loi ». Cette séparation évite qu’une seule personne ou un seul groupe ait tous les pouvoirs.

1.5.3. Le rôle de l’armée et de la police nationale

L’élève apprend la distinction entre les deux forces de sécurité. L’Armée (les FARDC) a pour rôle principal de défendre l’intégrité du territoire national contre les menaces extérieures (guerre, rébellion) et de protéger les frontières, par exemple dans l’Est du pays. La Police Nationale a pour rôle d’assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens à l’intérieur du pays, de maintenir l’ordre public et de faire respecter les lois au quotidien.

1.5.4. Les structures de protection des droits (ONG, UNICEF)

L’élève apprend qu’il n’est pas seul pour défendre ses droits. Il identifie les structures qui veillent à leur respect. Au niveau international, l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance) est l’organisation principale. Au niveau national, il découvre l’existence des ONG (Organisations Non Gouvernementales) de défense des droits de l’homme et de l’enfant (comme La Voix des Sans Voix, AZADHO, BICE, etc.) qui agissent comme des gardiens.

CHAPITRE 6. DROITS ET DEVOIRS DU CITOYEN

Ce chapitre est le cœur de la morale civique. L’élève prend conscience de l’équilibre entre ce que la société lui doit (ses droits) et ce qu’il doit à la société (ses devoirs). Il explore ses droits fondamentaux en tant qu’enfant et la liste de ses responsabilités envers sa famille, son école et sa patrie.

1.6.1. La pratique des valeurs morales

L’élève identifie les valeurs morales qui cimentent la vie en communauté. L’honnêteté (ne pas voler, ne pas mentir), la franchise (dire la vérité avec courage) et la solidarité (aider ceux qui sont en difficulté, partager ses fournitures avec un camarade qui n’en a pas) sont présentées comme des piliers indispensables pour une société juste et harmonieuse.

1.6.2. La conscience des droits et libertés (CDE)

📘 L’élève explore ses droits fondamentaux, tels qu’ils sont définis dans la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE). Il étudie spécifiquement : le droit de vivre avec ses parents (Art. 9), le droit à l’information (Art. 17), le droit aux loisirs (Art. 31), le droit à la santé, et les droits à la protection contre toute forme de violence, d’abus ou d’exploitation (Art. 19, 32-37). Il apprend aussi sa liberté d’expression (Art. 13).

1.6.3. L’accomplissement des devoirs

En contrepartie de ses droits, l’élève identifie ses devoirs (inspirés de l’Art. 29 de la DUDH). Cela inclut le respect et l’obéissance à l’autorité (parents, enseignants, autorités politico-administratives). Il doit respecter les biens d’autrui et les biens communs (ne pas casser les bancs de l’école), respecter le règlement intérieur de l’école, et pratiquer la solidarité (partage, générosité, serviabilité) envers les autres.

1.6.4. Les devoirs de l’État envers l’enfant

L’élève apprend que l’État a des obligations spécifiques envers lui, comme stipulé dans la CDE. Le devoir principal de l’État est d’assurer la protection de l’enfant et de sa famille. L’État doit prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger l’identité de l’enfant (garantir son enregistrement à l’État civil), assurer son accès à l’éducation, aux soins de santé et le protéger contre l’exploitation économique (travail des enfants) ou la violence.

PARTIE 3. L’EXERCICE DE LA CITOYENNETÉ ACTIVE

Cette troisième et dernière partie est celle de l’engagement pratique. L’élève applique les connaissances morales et civiques acquises pour devenir un acteur de changement dans son milieu. Il explore les valeurs démocratiques à travers la gestion de l’école, apprend à résoudre les conflits sans violence, et s’engage concrètement dans la protection de son environnement. Cette partie couvre également les symboles de la nation et les règles de la vie collective dans l’espace public (circulation routière).

CHAPITRE 7. PRATIQUE DES VALEURS DÉMOCRATIQUES ET DE LA PAIX

Ce chapitre initie l’élève aux fondements de la démocratie et de la paix. Il apprend les valeurs de base (justice, tolérance) et les applique à des situations scolaires concrètes, notamment l’identification des causes de violence et l’apprentissage de la médiation pour résoudre les désaccords.

1.7.1. Les valeurs démocratiques et les élections

⚖️ L’élève identifie les piliers de la démocratie : la justice (traiter chacun équitablement), l’égalité (personne n’est supérieur à un autre), la liberté (d’expression, d’opinion) et la tolérance (accepter les avis différents). La manière la plus concrète d’appliquer ces valeurs à l’école est l’organisation d’élections (pour les chefs de classe ou le gouvernement scolaire), où le droit de vote et le respect du résultat sont exercés.

1.7.2. Le gouvernement scolaire et l’esprit de participation

Le gouvernement scolaire est présenté comme une structure essentielle pour l’apprentissage de la citoyenneté (lié à l’Art. 21 de la DUDH sur le droit à la participation). L’élève apprend l’importance de cette structure pour représenter les élèves auprès de la direction, organiser des activités (sportives, culturelles) et gérer des projets (propreté de l’école). Y participer développe le sens des responsabilités et le leadership.

1.7.3. Analyse des formes de violence et leurs causes

🕊️ Pour promouvoir la paix, l’élève doit d’abord comprendre la violence. Il apprend à identifier ses différentes formes : la violence physique (frapper), la violence verbale (insulter) et la violence psychologique (rejeter, humilier). L’enseignant guide une discussion pour analyser les causes de ces violences à l’école (malentendus, jalousie, intolérance, frustration) afin de mieux les prévenir.

1.7.4. La gestion pacifique des conflits

Ce module propose des outils concrets pour résoudre les conflits sans violence. L’élève apprend les principes de la négociation et de la médiation. Il étudie les étapes : écouter calmement les deux parties en conflit (sans prendre parti), les aider à identifier le vrai problème (la connaissance des besoins), et les amener à trouver une solution « gagnant-gagnant » où chacun se sent respecté. La présence d’un médiateur (un autre élève ou l’enseignant) est souvent nécessaire.

CHAPITRE 8. CONSCIENCE CITOYENNE ET ENGAGEMENT COMMUNAUTAIRE

Ce chapitre élargit la conscience de l’élève aux grands enjeux sociaux et environnementaux. Il est sensibilisé aux conséquences des guerres, à l’importance de l’engagement associatif, et à la responsabilité fondamentale de protéger la vie et l’environnement.

1.8.1. Conséquences des conflits armés (mines, déplacés, réfugiés)

Ce module aborde les conséquences sociales des guerres (en lien avec l’Art. 38 de la CDE). L’élève apprend à identifier le danger des mines antipersonnel et des restes explosifs de guerre, en reconnaissant les objets suspects et les zones à risque. Il apprend aussi la différence entre un déplacé de guerre (une personne qui a fui sa maison mais reste dans son propre pays, comme à l’Est de la RDC) et un réfugié (une personne qui a dû fuir son pays pour un autre).

1.8.2. Mouvements et associations pacifiques

L’élève découvre que la citoyenneté peut s’exercer dans des mouvements de jeunesse qui véhiculent des valeurs positives. Il étudie les objectifs du Scoutisme (débrouillardise, service de la communauté, respect de la nature), de la Croix-Rouge (aide humanitaire, secourisme, neutralité) et de la PAX (mouvements de la paix), comme autant de cadres pour son engagement.

1.8.3. Le principe de la protection de la vie

L’élève étudie l’Article 6 de la CDE, qui stipule que chaque enfant a un droit inhérent à la vie. Ce module insiste sur la responsabilité de chacun de protéger sa propre vie (en évitant les dangers, comme jouer sur la route ou avec des objets inconnus) mais aussi de protéger la vie des autres (en portant secours, en refusant la violence, en faisant preuve de solidarité).

1.8.4. La promotion de l’équité de genre et de la parité

L’élève prend conscience de l’importance fondamentale de l’égalité entre les garçons et les filles. L’équité de genre et la parité sont définies comme le principe selon lequel les filles et les garçons doivent avoir les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes chances de réussite à l’école et dans la société. L’élève apprend à rejeter les stéréotypes qui limitent les filles (ex: « les filles sont moins bonnes en maths ») ou les garçons (ex: « un garçon ne doit pas pleurer »).

CHAPITRE 9. SYMBOLES DE LA NATION ET SÉCURITÉ ROUTIÈRE

Ce dernier chapitre consolide l’identité nationale par la connaissance des symboles et ancre la citoyenneté dans l’espace public par la maîtrise des règles de la circulation. Il s’agit de savoir à la fois ce qui unit (les symboles) et comment partager l’espace (la route).

1.9.1. Les symboles de la nation

🇨🇩 L’élève étudie les quatre symboles qui représentent l’identité et la souveraineté de la RDC.

  • Le Drapeau : Il apprend la signification de ses couleurs (bleu ciel pour la paix, étoile jaune pour l’unité et l’avenir radieux, bande rouge pour le sang des martyrs, bandes jaunes pour la richesse).
  • L’Hymne national (« Debout Congolais ») : Il apprend à le chanter et à en comprendre le message d’unité et de travail.
  • Les Armoiries : Il décrit les symboles (tête de léopard, défense d’ivoire, lance, palme, pierre).
  • La Devise : Il mémorise et explique la devise : « Justice – Paix – Travail ».

1.9.2. La circulation routière : la voie publique et la signalisation

🚦 L’élève apprend à analyser l’espace routier. Il identifie les différentes parties de la voie publique : la chaussée (réservée aux véhicules), le trottoir (réservé aux piétons) et l’accotement (le bord de la route en l’absence de trottoir). Il apprend également à reconnaître et à obéir aux principaux signaux routiers (feux tricolores, panneaux de danger, panneaux d’interdiction comme le « sens interdit »).

1.9.3. Le civisme sur la route

Ce module porte sur le comportement citoyen dans l’espace public. L’élève apprend son devoir d’aider les personnes vulnérables (enfants plus jeunes, personnes âgées, personnes vivant avec un handicap) à traverser la voie publique en toute sécurité. Il apprend également son devoir de protéger la voie publique : ne pas y jeter de déchets, ne pas boucher les caniveaux, ne pas dégrader la chaussée ou les panneaux.

1.9.4. La sécurité routière : dangers des jeux sur la voie

🚫 Ce module de prévention se concentre sur un risque majeur. L’élève est sensibilisé aux dangers mortels de jouer sur la voie publique (chaussée, accotements). Il comprend que la chaussée est un lieu de vitesse et que les conducteurs ne peuvent pas anticiper un enfant qui surgit. L’élève doit prendre l’engagement de pratiquer ses jeux (football, course) uniquement dans des espaces sécurisés (cour de récréation, terrain de jeu, cour de la parcelle).

Annexes

Annexe 1. Extraits de la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE)

Cette annexe propose une version simplifiée et illustrée des articles clés de la CDE étudiés en classe : Art. 6 (Droit à la vie), Art. 7 (Droit à l’identité), Art. 9 (Droit de vivre avec ses parents), Art. 13 (Liberté d’expression), Art. 19 (Protection contre la violence), Art. 31 (Droit aux loisirs) et Art. 38 (Protection en cas de conflit armé).

Annexe 2. Texte de l’Hymne National « Debout Congolais »

Le texte complet de l’hymne national (« Debout Congolais ») est fourni, avec une brève explication des termes difficiles, pour en faciliter la mémorisation et la compréhension du message.

Annexe 3. Visuels des Symboles de la Nation

Une planche pédagogique présentant :

  1. Le Drapeau de la RDC en couleurs.
  2. Les Armoiries de la RDC avec ses composantes légendées (léopard, ivoire, lance).
  3. La Devise « Justice – Paix – Travail » mise en forme.

Annexe 4. Guide Visuel de la Signalisation Routière

Une fiche illustrée présentant les principaux signaux routiers que l’élève doit connaître : les feux tricolores (rouge, orange, vert), le panneau « STOP », le panneau « Sens interdit », le panneau « Passage pour piétons », et les panneaux de danger (triangle avertissant d’une école ou d’enfants).