INTRODUCTION AUX SCIENCES SOCIALES, 1ère année, Option Technique Sociale
Edition 2025 / Enseignement primaire, secondaire et technique en RDC
PRÉLIMINAIRES
Introduction générale
Ce cours fondamental établit les bases de la compréhension scientifique des sociétés humaines. Il vise à équiper l’élève des outils conceptuels et méthodologiques nécessaires pour observer, analyser et interpréter les réalités sociales complexes de la République Démocratique du Congo. Loin d’une simple accumulation de savoirs, il constitue une initiation à une démarche rigoureuse, indispensable au futur technicien social pour appréhender avec objectivité les contextes dans lesquels il interviendra.
Objectifs du cours
L’enseignement de l’introduction aux sciences sociales poursuit des objectifs précis et complémentaires. Il s’agit de permettre à l’élève de découvrir les principales disciplines qui étudient l’homme en société, de distinguer leurs objets et leurs méthodes spécifiques. Le cours doit le rendre capable d’identifier un phénomène social, de le décrire objectivement et de le situer dans son contexte. Finalement, il prépare l’élève à l’observation méthodique sur le terrain, une compétence essentielle pour l’action sociale.
Compétences visées
Au terme de ce cours, l’élève doit avoir développé plusieurs compétences fondamentales. Il sera capable de différencier une analyse scientifique d’une opinion courante sur un fait social. Il maîtrisera le vocabulaire de base des sciences sociales et pourra l’utiliser avec justesse. Il saura situer la sociologie parmi les autres disciplines et comprendre sa portée. Enfin, il sera apte à mener une observation simple et structurée d’un phénomène social dans son environnement immédiat, que ce soit un marché à Boma, une association de jeunes à Kisangani ou une tontine à Mbuji-Mayi.
Directives méthodologiques pour l’enseignant
L’approche pédagogique privilégiera la méthode active et inductive. L’enseignant partira systématiquement de l’expérience vécue et des observations concrètes des élèves pour construire les concepts théoriques. Les phénomènes sociaux tels que le mariage, le chômage ou les migrations ne seront pas introduits comme des abstractions, mais à partir d’exemples locaux précis. L’utilisation d’articles de presse, de témoignages et de courtes enquêtes de terrain est fortement encouragée pour rendre l’apprentissage tangible et favoriser la participation active des élèves. Le rôle de l’enseignant est celui d’un guide qui aide les élèves à systématiser leurs observations et à passer du concret à l’abstrait.
PREMIÈRE PARTIE : FONDEMENTS ET DÉMARCHE DES SCIENCES SOCIALES
1. Le Phénomène Social : Observation et Définition
Ce chapitre inaugural apprend à l’élève à reconnaître et à qualifier ce qui constitue un fait social. Il s’agit de passer d’une vision intuitive du monde social à une première conceptualisation, en identifiant les caractéristiques qui distinguent un phénomène social d’un simple événement individuel.
1.1. Identification des phénomènes sociaux observables
L’élève apprend à identifier dans son environnement quotidien – la famille, le quartier, l’école – des situations et des comportements qui relèvent de l’analyse sociale. Des exemples concrets comme la gestion des déchets dans une commune de Kinshasa, les rituels entourant un deuil à Kananga, ou l’organisation du transport en commun sont utilisés pour illustrer la notion de phénomène social.
1.2. Analyse du caractère collectif
Cette section explore la dimension collective des faits sociaux. Il est démontré qu’un phénomène social, bien que vécu individuellement, s’impose au groupe et possède une existence propre, extérieure aux consciences individuelles. L’étude de la langue lingala, par exemple, montre comment une réalité collective transcende chaque locuteur individuel.
1.3. Examen du caractère contraignant
L’élève découvre ici la nature coercitive des faits sociaux. Les normes, les coutumes et les attentes sociales exercent une pression sur les individus, orientant leurs actions et leurs pensées. L’analyse des codes vestimentaires lors de cérémonies ou dans le milieu professionnel illustre cette force contraignante qui façonne les comportements.
1.4. Distinction entre le social et le psychologique
Il est crucial d’apprendre à distinguer l’explication sociologique de l’explication psychologique. Cette section clarifie que les sciences sociales cherchent les causes des phénomènes dans l’organisation de la société et non dans les motivations psychologiques individuelles. Le phénomène du chômage des jeunes diplômés à Lubumbashi, par exemple, est analysé sous l’angle des structures économiques et éducatives plutôt que celui de la volonté individuelle.
2. Le Caractère Scientifique des Sciences Sociales
Ce chapitre établit la légitimité des sciences sociales en tant que disciplines scientifiques. Il présente les règles de la méthode qui garantissent l’objectivité et la rigueur de l’analyse, en opposition aux préjugés et au sens commun.
2.1. Le principe de la rupture épistémologique
L’élève apprend la nécessité de rompre avec les prénotions et les évidences du sens commun pour aborder un objet d’étude social. Il s’agit de se défaire des jugements de valeur pour traiter les faits sociaux « comme des choses », selon le précepte durkheimien, afin de garantir l’objectivité de l’analyse.
2.2. La construction de l’objet d’étude
Un phénomène social ne se donne pas à voir de manière évidente ; il doit être construit intellectuellement par le chercheur. Cette section explique comment délimiter un sujet, formuler une problématique et poser des hypothèses de recherche. Par exemple, étudier « la jeunesse de Goma » est trop vague ; il faut construire un objet précis comme « les stratégies économiques des jeunes vendeurs de rue à Goma ».
2.3. La vérification par les faits
L’analyse en sciences sociales repose sur la confrontation des hypothèses avec des données empiriques recueillies sur le terrain. L’élève comprend que toute affirmation doit être étayée par des preuves observables et vérifiables, qu’il s’agisse de statistiques, d’entretiens ou d’observations directes.
2.4. La neutralité axiologique
Cette section aborde l’impératif de neutralité de la part du chercheur. L’objectif n’est pas de juger si un fait social est « bon » ou « mauvais », mais de le comprendre et de l’expliquer. L’analyse de la polygamie dans certaines régions rurales de la RDC, par exemple, doit être menée sans porter de jugement moral, en se concentrant sur ses fonctions sociales et économiques.
3. Les Outils de l’Analyse Sociale
Ce chapitre offre une première initiation aux méthodes et techniques de collecte et d’analyse des données en sciences sociales. Il s’agit de présenter concrètement les instruments qui permettent de passer de l’observation à l’explication.
3.1. L’observation directe et participante
L’élève découvre comment l’observation systématique permet de recueillir des informations précieuses sur les comportements sociaux en situation réelle. La différence entre l’observation simple (à distance) et l’observation participante (immersion dans le groupe étudié) est expliquée à travers des exemples comme l’étude d’un marché ou d’une communauté de pêcheurs sur le fleuve Congo.
3.2. L’entretien
L’entretien est présenté comme une technique clé pour accéder aux représentations, aux motivations et aux récits des acteurs sociaux. Les distinctions entre l’entretien directif (questionnaire structuré), semi-directif (guide thématique) et non-directif (récit libre) sont clarifiées.
3.3. Le questionnaire et l’enquête statistique
Cette section initie à la méthode quantitative. L’élève apprend les bases de la construction d’un questionnaire (questions ouvertes, fermées), la notion d’échantillon et la manière dont les enquêtes statistiques permettent de mesurer la fréquence et la répartition de certains phénomènes au sein d’une population.
3.4. L’analyse de documents
Le recours aux sources écrites, visuelles ou sonores est un aspect important de la recherche. L’élève apprend comment des archives administratives, des articles de journaux, des photographies ou des chansons populaires peuvent être analysés pour comprendre les dynamiques sociales d’une époque ou d’un lieu.
4. L’Éthique de la Recherche en Sciences Sociales
Ce chapitre, essentiel pour la formation d’un futur praticien social, aborde les responsabilités morales et déontologiques du chercheur. Il souligne que l’étude des êtres humains impose des règles strictes pour garantir le respect et la protection des personnes.
4.1. Le consentement éclairé des participants
L’élève apprend qu’il est impératif d’obtenir l’accord libre et informé des personnes avant de les inclure dans une étude. Cela implique d’expliquer clairement les objectifs de la recherche, la manière dont les informations seront utilisées et de garantir qu’il n’y aura aucune conséquence négative pour elles.
4.2. La confidentialité et l’anonymat
Le respect de la vie privée des participants est un principe non négociable. Cette section insiste sur l’obligation de garantir l’anonymat des personnes et la confidentialité des informations recueillies, en particulier lorsqu’il s’agit de sujets sensibles.
4.3. L’objectivité dans la restitution des résultats
Le chercheur a la responsabilité de présenter ses résultats de manière honnête, sans les déformer pour qu’ils correspondent à ses opinions personnelles ou à ses hypothèses initiales. L’intégrité intellectuelle exige de rapporter les données telles qu’elles ont été recueillies, y compris si elles contredisent les attentes.
4.4. La responsabilité sociale du chercheur
Cette section ouvre une réflexion sur l’utilité sociale de la recherche. Le travail du chercheur peut avoir des implications pour les communautés étudiées et pour la société en général. Il est important de réfléchir à la manière de partager les résultats de la recherche d’une façon qui puisse être bénéfique aux populations concernées.
DEUXIÈME PARTIE : PANORAMA DES DISCIPLINES DES SCIENCES SOCIALES
5. Disciplines Étudiant les Structures et les Groupes
Ce chapitre présente les sciences qui s’intéressent aux formes d’organisation sociale, des plus petites interactions aux sociétés globales, en passant par la diversité des cultures.
5.1. La Sociologie
La sociologie est définie comme la science des faits sociaux, des relations et des institutions. Son objet est d’étudier comment la société est structurée, comment elle fonctionne et comment elle se transforme. Elle analyse des phénomènes comme la famille, l’éducation, le travail, la religion ou les classes sociales.
5.2. L’Anthropologie
L’anthropologie (ou ethnologie) est présentée comme la science de la diversité culturelle humaine. Elle s’intéresse aux mœurs, aux croyances, aux techniques et aux organisations sociales des différentes sociétés, en cherchant à comprendre à la fois leur singularité et les universaux de la condition humaine.
5.3. La Psychologie Sociale
Située à l’intersection de la psychologie et de la sociologie, la psychologie sociale étudie les interactions entre l’individu et la société. Elle analyse comment les pensées, les sentiments et les comportements des individus sont influencés par la présence réelle ou imaginaire d’autrui, en s’intéressant aux attitudes, aux préjugés et à la dynamique des groupes.
5.4. L’Interconnexion des disciplines
Cette section montre que les frontières entre ces disciplines sont poreuses et que leur collaboration est souvent nécessaire pour comprendre un phénomène complexe. L’étude de la sorcellerie, par exemple, bénéficie de l’approche sociologique (sa fonction de régulation sociale), anthropologique (sa place dans un système de croyances) et de la psychologie sociale (son rôle dans la gestion des conflits interpersonnels).
6. Disciplines Étudiant l’Espace et la Population
Ce chapitre se concentre sur les sciences qui analysent la dimension spatiale et démographique des sociétés humaines, en étudiant comment les populations se répartissent, se déplacent et évoluent.
6.1. La Géographie Humaine
La géographie humaine est définie comme l’étude des relations entre les sociétés et leurs territoires. Elle analyse comment les groupes humains organisent et aménagent leur espace, que ce soit à travers l’urbanisation, l’agriculture ou les réseaux de transport, et comment l’environnement influence en retour les formes sociales.
6.2. La Démographie
La démographie est la science quantitative de la population. Elle étudie les dynamiques de la natalité, de la mortalité et des migrations pour comprendre l’évolution de la taille, de la structure par âge et de la répartition d’une population. Ses outils sont essentiels pour la planification sociale et économique.
6.3. L’Urbanisme et la Sociologie Urbaine
Ces approches se focalisent sur le phénomène urbain. L’élève découvre comment les villes sont des espaces sociaux complexes, marqués par des inégalités, des modes de vie spécifiques et des défis particuliers en matière de logement, de transport et de cohésion sociale, que ce soit à Kinshasa, Bukavu ou Matadi.
6.4. La Sociologie Rurale
En contrepoint, la sociologie rurale étudie les transformations des communautés villageoises. Elle analyse l’impact de la modernisation agricole, de l’exode rural et des changements dans les structures foncières sur les modes de vie, les solidarités traditionnelles et l’organisation sociale en milieu rural.
7. Disciplines Étudiant le Pouvoir et l’Économie
Ce chapitre aborde les sciences qui s’intéressent à la manière dont les sociétés produisent et distribuent les richesses, et comment elles organisent l’exercice du pouvoir et de l’autorité.
7.1. La Science Politique
La science politique est présentée comme l’étude des phénomènes de pouvoir. Elle analyse l’État, les régimes politiques, les partis, les élections, les mouvements sociaux et les relations internationales. Son objectif est de comprendre comment le pouvoir est conquis, exercé, et contesté au sein des sociétés.
7.2. La Science Économique
La science économique étudie la production, la distribution et la consommation des biens et services. Elle analyse les mécanismes du marché, la monnaie, l’inflation, le chômage et la croissance, en cherchant à comprendre comment les sociétés allouent des ressources rares pour satisfaire leurs besoins.
7.3. L’Économie Sociale
L’économie sociale se distingue en étudiant les activités économiques qui ne sont pas principalement motivées par le profit, comme les coopératives, les mutuelles et les associations. Elle met l’accent sur les valeurs de solidarité, d’utilité sociale et de gestion démocratique.
7.4. La Sociologie Économique
Cette discipline examine comment les activités économiques sont encastrées dans des relations sociales, des normes culturelles et des rapports de pouvoir. Elle montre que l’économie n’est pas un domaine séparé de la société, mais qu’elle est profondément influencée par des facteurs sociaux.
8. Disciplines Étudiant le Passé et le Droit
Ce chapitre conclut le panorama en présentant les disciplines qui analysent la dimension temporelle des sociétés et le cadre normatif qui régule les comportements.
8.1. L’Histoire
L’histoire est définie comme la science du passé des sociétés humaines. Elle cherche à reconstituer et à comprendre les événements, les structures et les mentalités des époques antérieures, montrant comment le présent est le produit des dynamiques passées.
8.2. La Sociologie Historique
À l’intersection de l’histoire et de la sociologie, cette approche utilise les méthodes de l’analyse sociologique pour comprendre les transformations sociales sur le long terme. Elle s’intéresse aux processus de formation de l’État, de développement du capitalisme ou de naissance des révolutions.
8.3. Le Droit
Le droit est présenté comme un ensemble de règles qui organisent la vie en société et dont le respect est garanti par la puissance publique. Il constitue un objet d’étude pour les sciences sociales, qui analysent son origine, ses fonctions et ses effets sur les comportements.
8.4. La Sociologie du Droit
La sociologie du droit étudie le droit comme un phénomène social. Elle s’intéresse à la manière dont les règles juridiques sont produites, interprétées et appliquées, ainsi qu’à l’écart qui peut exister entre le droit officiel (la loi) et les pratiques sociales réelles (la manière dont les gens agissent).
TROISIÈME PARTIE : LA SOCIOLOGIE : UNE SCIENCE AU CŒUR DU SOCIAL
9. La Sociologie Générale : Objets et Méthodes
Ce chapitre approfondit la définition de la sociologie, en clarifiant son champ d’étude spécifique et en revenant sur les principes méthodologiques qui la fondent en tant que science.
9.1. L’objet de la sociologie : le lien social
La sociologie a pour objet fondamental l’étude du lien social, c’est-à-dire l’ensemble des relations qui unissent les individus et les groupes au sein d’une société. Elle cherche à comprendre ce qui fait tenir une société ensemble (intégration, solidarité) et ce qui la divise (conflits, inégalités).
9.2. Les méthodes quantitatives en sociologie
Cette section revient sur les méthodes statistiques, en montrant comment elles permettent de mesurer des régularités sociales et d’établir des corrélations. Par exemple, l’analyse statistique peut montrer un lien entre le niveau de diplôme et le type d’emploi occupé.
9.3. Les méthodes qualitatives en sociologie
En complément, les méthodes qualitatives (entretiens, observations, récits de vie) sont présentées comme des outils pour comprendre le sens que les acteurs donnent à leurs actions. Elles permettent d’analyser en profondeur les logiques, les motivations et les expériences des individus.
9.4. La complémentarité des approches
L’élève apprend que les approches quantitative et qualitative ne s’opposent pas mais se complètent. Une analyse complète d’un phénomène social, comme la déscolarisation des filles, combine souvent des données statistiques pour mesurer l’ampleur du problème et des entretiens pour comprendre les raisons familiales et culturelles qui le sous-tendent.
10. Les Sociologies Spécialisées : Champs d’Application
Ce chapitre illustre la richesse et la diversité de la sociologie en présentant quelques-uns de ses principaux champs d’application. Chaque sociologie spécialisée applique les outils de la sociologie générale à un domaine particulier de la vie sociale.
10.1. La sociologie de la famille
Cette branche étudie les transformations des structures familiales. Elle analyse l’évolution du mariage, des relations entre parents et enfants, des rôles masculins et féminins, et la diversité des modèles familiaux (nucléaire, élargie, monoparentale) dans la société congolaise contemporaine.
10.2. La sociologie de l’éducation
Elle s’intéresse à l’école en tant qu’institution sociale. Elle analyse son rôle dans la transmission des savoirs et des valeurs, mais aussi dans la reproduction des inégalités sociales. Elle étudie les trajectoires scolaires des élèves, les relations entre enseignants et élèves, et les liens entre l’école et le marché du travail.
10.3. La sociologie du travail
La sociologie du travail examine le monde professionnel. Elle étudie l’organisation du travail dans les entreprises, les relations professionnelles (syndicats, patronat), les conditions de travail, le chômage et l’impact des nouvelles technologies sur les métiers.
10.4. La sociologie de la religion
Cette discipline analyse la religion comme un fait social. Elle étudie les croyances, les rites et les organisations religieuses, ainsi que le rôle de la religion dans la cohésion sociale, les conflits et les transformations culturelles. Elle s’intéresse par exemple à l’essor des Églises de réveil dans les villes congolaises.
11. Concepts Clés de la Sociologie
Ce chapitre a pour but de doter l’élève d’un bagage conceptuel de base, en définissant les notions fondamentales qui sont au cœur de toute analyse sociologique.
11.1. Culture et socialisation
La culture est définie comme l’ensemble des manières de penser, de sentir et d’agir partagées par un groupe social. La socialisation est le processus par lequel les individus apprennent et intériorisent les normes et les valeurs de leur culture, principalement au sein de la famille et de l’école.
11.2. Normes, valeurs et contrôle social
Les valeurs sont les idéaux d’une société (par exemple, la solidarité, le respect des aînés), tandis que les normes sont les règles de conduite concrètes qui en découlent. Le contrôle social désigne l’ensemble des mécanismes (formels et informels) par lesquels la société assure le respect de ses normes.
11.3. Statut et rôle
Le statut désigne la position qu’un individu occupe dans la structure sociale (père, enseignant, chef de quartier). Le rôle est l’ensemble des comportements attendus d’un individu en fonction de son statut. Chaque individu occupe plusieurs statuts et joue plusieurs rôles.
11.4. Groupes sociaux et stratification sociale
Un groupe social est un ensemble d’individus ayant des caractéristiques communes et des relations entre eux. La stratification sociale désigne le fait que toute société est organisée en une hiérarchie de groupes (classes sociales, castes, ordres) disposant d’un accès inégal aux ressources (richesse, pouvoir, prestige).
12. Les Grands Courants de la Pensée Sociologique
Ce chapitre offre une brève introduction historique aux principales traditions intellectuelles qui ont façonné la sociologie, montrant qu’il n’existe pas une seule manière d’analyser la société, mais plusieurs perspectives théoriques.
12.1. Le holisme et l’individualisme méthodologique
L’élève découvre la distinction fondamentale entre deux grandes approches. Le holisme (Émile Durkheim) explique les faits sociaux par d’autres faits sociaux et considère que la société prime sur l’individu. L’individualisme méthodologique (Max Weber) part des actions individuelles et de leur sens pour comprendre les phénomènes sociaux.
12.2. Le fonctionnalisme
Le fonctionnalisme conçoit la société comme un organisme dont les différentes parties (institutions, groupes) remplissent des fonctions nécessaires à sa survie et à son équilibre. Il s’interroge sur l’utilité de chaque élément pour le maintien de l’ordre social.
12.3. Les théories du conflit
Inspirées par Karl Marx, ces théories voient la société non pas comme un ensemble harmonieux, mais comme une arène où des groupes aux intérêts opposés (classes sociales, groupes ethniques) luttent pour le contrôle des ressources et du pouvoir. Le changement social est le résultat de ces conflits.
12.4. L’interactionnisme symbolique
Cette perspective se concentre sur les interactions sociales à petite échelle. Elle considère que la réalité sociale est constamment produite et reproduite à travers les significations que les individus donnent à leurs actions et à celles des autres au cours de leurs interactions quotidiennes.
QUATRIÈME PARTIE : L’APPLICATION PRATIQUE : L’OBSERVATION SUR LE TERRAIN
13. La Préparation de l’Observation de Terrain
Ce chapitre final vise à traduire les connaissances acquises en une compétence pratique. Il guide l’élève pas à pas dans la préparation d’un travail d’observation simple, en insistant sur la nécessité d’une démarche méthodique.
13.1. Le choix d’un sujet et la délimitation du terrain
L’élève apprend à choisir un sujet d’observation réalisable à son niveau et à délimiter un terrain précis. Plutôt que « le commerce », il choisira « l’organisation de la vente de légumes dans une allée spécifique du marché de la Liberté à Masina ».
13.2. La recherche documentaire préalable
Avant d’aller sur le terrain, il est nécessaire de se documenter sur le sujet pour ne pas partir de zéro. Cette section explique comment chercher des informations de base sur le lieu ou le groupe qui sera observé.
13.3. La formulation de questions d’observation
L’observation n’est pas un simple regard passif ; elle doit être guidée par des questions précises. L’élève apprend à formuler une grille d’observation : Qui sont les acteurs ? Que font-ils ? Comment interagissent-ils ? Comment l’espace est-il organisé ?
13.4. La prise de contact et la posture de l’observateur
Cette section aborde les aspects pratiques et relationnels de l’entrée sur le terrain. L’élève apprend comment se présenter, expliquer sa démarche, et adopter une attitude de respect, de discrétion et de curiosité bienveillante.
14. La Collecte et l’Analyse Initiale des Données
Ce chapitre conclut le cours en se concentrant sur le travail d’observation lui-même et sur la manière de transformer les notes brutes en une première analyse structurée.
14.1. La prise de notes sur le terrain
La mémoire étant faillible, la prise de notes rigoureuse est essentielle. L’élève apprend à noter de manière factuelle et détaillée ce qu’il observe et entend, en séparant bien la description des faits de ses propres impressions ou interprétations.
14.2. La description et le compte-rendu d’observation
De retour du terrain, le travail consiste à rédiger un compte-rendu d’observation. Il s’agit d’organiser les notes de manière thématique pour produire une description riche et structurée de la situation observée.
14.3. L’identification des régularités et des logiques sociales
À partir de la description, l’élève est guidé pour repérer des régularités dans les comportements, des routines, des normes implicites et des relations récurrentes. Il s’agit de passer de la simple description à une première tentative d’interprétation des logiques sociales à l’œuvre.
14.4. La rédaction d’un rapport d’observation
Le cours se termine par l’apprentissage de la rédaction d’un rapport simple. Ce rapport doit inclure une introduction présentant le sujet et le terrain, une partie descriptive organisée, et une brève conclusion synthétisant les principaux éléments observés et les questions que cela soulève.
ANNEXES
Glossaire des termes clés
Cette section fournit des définitions claires et concises des concepts fondamentaux abordés tout au long du cours (par exemple : phénomène social, culture, socialisation, norme, statut, stratification sociale, etc.). Elle constitue un outil de référence permanent pour l’élève et l’enseignant.
Guide pour la rédaction d’un rapport d’observation
Ce guide pratique détaille la structure et les exigences formelles d’un rapport d’observation. Il propose un plan type, des conseils de rédaction et des exemples pour aider l’élève à organiser et à présenter son travail de manière claire et méthodique.
Exemples de questionnaires simples
Cette annexe propose quelques modèles de questionnaires courts portant sur des thèmes accessibles (les loisirs des jeunes, les habitudes alimentaires, l’utilisation des transports en commun). Ces exemples servent de support concret pour les exercices pratiques en classe.
Bibliographie indicative
Une liste d’ouvrages et de ressources simples et accessibles est proposée pour permettre aux enseignants et aux élèves les plus curieux d’approfondir certains points du programme. La sélection privilégie les auteurs et les études portant sur les réalités congolaises et africaines.